
Cette chronique est destinée à recentrer l'alarmisme actuel sur la fonte des glaces et l'évolution des océans à partir d'articles publiés récemment dans des revues scientifiques de bonne qualité. Elle est en relation directe avec celle qui concerne les planctons . Elle fait aussi écho à celle qui traite des "calamités" comme les ouragans ou les sécheresses, de manière plus générale..Comme vous allez le voir, les résultats des recherches en cours n'ont que peu à voir avec ce que l'on vous raconte dans les médias et avec le catastrophisme qui y règne en maître. Bien au contraire !
18 Décembre 2011 : Des reconstructions récentes de l'évolution des températures depuis des millénaires : Comme je l'ai souvent écrit dans ce site, la science poursuit imperturbablement sa progression. Les méthodes et les techniques d'observation s'enrichissent et s'affinent, et contrairement à une croyance généralement entretenue par les médias, les idées évoluent. Il en va ainsi des connaissances que nous accumulons, jour après jour, sur les climats et les températures de surface qui ont existé sur notre planète bien avant l'ère industrielle. En bref, il s'agit de l'histoire du, ou plutôt des climats de notre planète dont la connaissance est indispensable pour juger de l'évolution des climats contemporains. Et il ne s'agit évidemment pas de se limiter à l'étude de l'évolution du climat durant les 30 dernières années (C'est-à-dire l'âge des observations faites à partir de l'espace) comme certains voudraient nous le faire croire. 1- Le climat au Groenland depuis 4000 ans :
1National Institute of Polar Research, Tokyo, Japan. Voici le résumé de cette publication aux GRL, intitulée " Haute variabilité de la température de surface du Groenland durant les 4000 ans écoulés, estimée à partir des bulles d'air piégées dans un carottage glaciaire" publiée en ligne le 10 Nov. 2011. Elle résulte d'une collaboration entre des chercheurs Américains (USA), Japonais, Danois et Français. Voici, tout d'abord Le résumé original, suivi d'une traduction en français.
Remarques : Cet article adopte une démarche scientifique traditionnelle mais qui peut sembler résolument novatrice par rapport à celle que l'on pouvait trouver sur ce sujet (et quelques autres), il y a quelques années, sous la plume des chercheurs affiliés ou proches du GIEC et qui sont répertoriés dans les rapports successifs du GIEC. La technique, récemment mise au point par Kobashi et al et utilisée par les auteurs de cette article, relève d'une analyse isotopique apparentée à celle qui a été utilisée, entre autres, pour les forages GISP2 effectués au Groenland. Cependant, à la différence des analyses traditionnelles des carottages qui utilisent le rapport O18/O16 pour estimer la température et pour des raisons exposées dans plusieurs travaux antérieurs, les auteurs de cet article utilisent, cette fois-ci, les isotopes de l'azote et de l'argon. C'est ainsi que Kobashi et al obtiennent les mesures de la température de la neige en surface, comme cela est précisé dans le corps de l'article. Voici quelques mots d'explication, extraits du corps du texte :
Voici maintenant à titre d'illustration pour le résumé qui précède, la Figure 1 de l'article en question, accompagnée de l'extrait de légende correspondant à la section qui couvre les 4000 années passées.. La Figure 1 regroupe les trois reconstructions pertinentes :
-Les 1000 dernières années : On perçoit parfaitement l'Optimum Médiéval vers l'an mil, ainsi que le Petit Age Glaciaire (de 1600 à 1850). La température durant l'Optimum Médiéval était semblable à ce qu'elle est de nos jours.
-Les 4000 dernières années : A l'évidence, il y a également eu des périodes nettement plus chaudes que l'OM et que la période actuelle au cours des millénaires précédents, comme cela est précisé dans le texte (ci-dessous) extrait de l'article. Voici la légende de la figure du bas : "Les 4000 dernières années de la température au Groenland. La ligne bleue épaisse et les bandes bleues représentent respectivement la température reconstruite au Groenland et l'erreur à un sigma. La ligne verte épaisse représente la moyenne glissante sur 100 ans.La température actuelle et les deux sigmas sont indiqués par les lignes horizontales dans le graphique. Le cercle vert montre la température actuelle moyennée sur 10 ans (−29.9°C, 2001–2010)" Kobashi et al donnent plusieurs détails intéressants dans le courant de l'exposé. En voici deux extraits significatifs :
A noter également que Kobashi et al ont effectué une analyse spectrale des graphes précédents. Ils notent un certain nombre de périodes dont celles de 87 ans et 210 ans qui pourraient être celles des cycles de Suess et de Gleissberg [Wanner et al., 2008], ce qui suggérerait une possible influence solaire sur la température de la neige au Groenland [Vinther et al. [2009]. Ils retrouvent également un cycle de 64,5 ans qui s'apparente aux cycles récurrents très souvent évoqués dans ce site. ---------------------------------------------------------------
Partant du Sommet du Groenland, nous allons maintenant survoler une grande partie de l'hémisphère Nord en direction des hauts plateaux du Tibet situés à quelques 9000 km au Sud-Est du Groenland. Comment la température a-t-elle évolué au cours des millénaires passés dans cette région particulièrement continentale, proche de l'Himalaya ?
2- L'évolution des températures sur les hauts plateaux du Tibet, depuis 2845 ans. Avec l'aide de trois collaborateurs et d'un chercheur suédois, Liu Yu vient de publier un article remarquable sur l'évolution du climat de cette région depuis 2845 ans. Voici l'entête de cet article qui est la traduction en anglais, relayée par Springer, d'un article du Bulletin des Sciences de l'Académie des Sciences Chinoise. Cet article (disponible ici) figure dans un numéro spécial consacré au "Changement climatique durant le dernier millénaire en Chine". Il a été publié en Octobre 2011.
Voici le résumé de l'article intitulé "Amplitudes, taux de variation, périodicités et causes des variations de température, durant les 2485 années passée et tendances futures pour la partie centre Est du plateau Tibétain".
Liu Yu, Directeur de l'Institut pour l'Environnement Terrestre de l'Académie des Sciences Chinoise, a répondu à un interview d'un journaliste chinois du .South China Morning Post (4 Décembre 2011). En voici quelques extraits significatifs qui éclairent le sujet :
Voici la figure maîtresse, accompagnée de sa légende, de l'article de Liu et al.
"Figure 1 : Reconstruction des températures basées sur les cernes des arbres pour la partie du centre-Est du plateau Tibétain pendant les 2845 années passées (ligne en gris). La moyenne glissante sur 40 ans est représentée en trait noir épais et la moyenne glissante sur 40 ans de la déviation standard en trait noir fin. La ligne horizontale représente la température moyenne pour les 2845 ans."
Comme on peut le constater et comme cela est précisé dans l'article, l'Optimum Médiéval aux alentours de l'an 1000 est clairement visible sur ce graphe. La température était supérieure à ce qu'elle est de nos jours. De même, le petit âge glaciaire (environ 1600-1800) est clairement perceptible. Liu et al nous précisent que " les minima froids coïncident avec les minima d'activité solaire". En effet, on distingue nettement une période de refroidissement intense vers 1600-1700 qui coïncide avec le Minimum de Maunder. On peut aussi percevoir une baisse des températures autour de 1800 (Minimum de Dalton) et vers 1450 (Minimum de Spörer), ou encore vers 1300 (Minimum de Wolf). A noter que la hausse des températures de la période récente, observée dans le graphe de Liu et al, correspond également à la montée de l'activité solaire vers ce que l'on appelle "Le Grand Maximum" actuel dont Samir Solanki a montré qu'il correspondait à l'activité éruptive du soleil la plus intense depuis, au moins, 7000 ans. Forts de ces observations, Liu et ses collègues ont effectué une analyse des fréquences contenues dans les variations de température obtenues par dendrochronologie des genévriers Qilian, rapportées dans la Figure 1. Plus précisément, ils ont effectué une analyse en "spectre de puissance" dans l'esprit de ce qu'avait réalisé Nicola Scafetta pour des variations de la température de 1850 à nos jours. Voici le graphique et sa légende qui figurent dans leur article :
Figure 5 : Prédiction des tendances de température sur la partie centrale Est du plateau Tibétain pour les prochaines 120 années. Ligne bleue : séries initiales. Ligne orange : séries utilisées pour la calibration de 464 BC à 834 AD. Ligne rouge : séries projetées de 1980 à 2134 AD. Selon Liu et al, les températures pourraient baisser jusqu'en 2068, puis remonter par la suite. A noter que Liu et al pensent que la montée des températures actuelles résulte de la sortie du Petit âge Glaciaire (cycles de 600 ans). C'est une idée qui est chère à S. I. Akasofu. Voici la conclusion de l'article de Liu Yu et al :
Tous les détails sur l'article, les auteurs, le matériel supplémentaire etc. 3- Prolongements et conclusion : J'ai sélectionné deux articles qui me semblaient représentatifs des nombreux travaux tout récents de reconstruction des températures des siècles (des millénaires) écoulés. Il en existe beaucoup d'autres qui concernent d'autres régions de la planète. Que peut-on en conclure ? 1) Plusieurs reconstructions modernes montrent que le Petit Age Glaciaire et l'Optimum médiéval ont affecté de nombreuses régions, pourtant très éloignées, de la planète. Et ceci dans l'hémisphère Sud comme dans l'hémisphère Nord. De plus il apparaît que les températures de l'Optimum Médiéval étaient au moins égales sinon supérieures à celles que nous connaissons actuellement. 2) De la même manière, on constate que plusieurs reconstructions récentes montrent qu'à plusieurs reprises au cours des siècles et des millénaires écoulés, les températures de la planète étaient nettement plus élevées que les températures de l'OM et que celles nous connaissons actuellement. Il serait donc important que les chercheurs proches du GIEC (et les médias) se posent des questions quant "au réchauffement sans précédent" que nous subissons actuellement. Je me demande quel écho sera réservé à ces articles importants, pourtant tous revus par les pairs et publiés par des chercheurs estimables, dans le prochain rapport AR5 du GIEC. Hélas, probablement aucun. Quand aux mentions qu'en feront nos médias, nos grands journaux etc. j'ai déjà la réponse : Aucune !
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05 Novembre 2011 : Après la "ola", encore de multiples évidences des cycles de 60 ans de l'Oscillation Nord Atlantique, retrouvés dans l'évolution de la température globale de surface des océans, dans la vitesse de rotation de la planète (LOD) ainsi que dans les observations des aurores boréales observées en Europe, depuis 1700. A. Introduction :
Comme je l'ai déjà fait remarquer à plusieurs reprises, la présence de ces oscillations de période 60 ans et donc de demi-période trentenaire, est d'une importance considérable dans le débat actuel sur l'évolution du climat ainsi que l'illustre le dessin évocateur ci-contre, dû au Prof. Syun Ishi Akasofu, maintes fois mentionné dans ce site, à côté d'autres collègues scientifiques (tels William Gray et al, Scafetta et al, Mojib Latif, Swanson et al, Klyashtorin et Lyubishin, Joseph d'Aleo) qui partagent, en grande partie, le même point de vue. En bref, l'accroissement de la température du globe observée au cours du XXème siècle a commencé dans les années 1970-75, soit près de 25-30 ans avant la stabilisation des températures que nous connaissons depuis 2000 c'est à dire depuis une dizaine d'années. Si le cycle de 60 ans est bien une réalité, nous devrions donc assister à une baisse (ou, au moins, à une stagnation) de la température pendant au moins deux décennies comme cela a été exposé à plusieurs reprises et à partir de différents arguments dans cette page du site. B. L'article sujet de ce billet : Voici donc les résultats d'une publication (peer-reviewée) récente qui apporte des éléments nouveaux et intéressants à ce sujet : Le 25 Août dernier est paru dans le journal Theor. Appl. Climatol. (Theoretical Applied Climatology, DOI 10.1007/s00704-011-0499-4) un article intitulé : "Evidences pour une oscillation Nord-Atlantique de période environ 60 ans depuis 1700 et sa signification pour le changement climatique global." Sous la signature de Dont voici les affiliations : A. Mazzarella (*) L'article que je vais commenter est disponible en pdf sur le site de Nicola Scafetta à l'Université de Duke (USA). Le présent site a déjà, à plusieurs reprises, fait état de ses publications (Par exemple, ici et là).
Une explication simple (et en français) de l'Oscillation Nord-Atlantique (la NAO) est rappelée sur le site de l'Ifremer. La NAO est intimement liée à l'Oscillation Arctique (AO) dont on peut suivre les variations au jour le jour dans la page indicateurs. Comme cela a été montré dans l'article précédent (ci-dessous), la NAO ou l'AO jouent un rôle très important sur le climat par le biais des téléconnexions. A noter que pour pouvoir comparer les variations de la NAO avec les autres indices pertinents, Mazzarella et Scafetta utilisent un indice dérivé de la NAO (qui est spécifique d'une date donnée), qu'ils appellent INAO et qui représente la NAO intégrée à l'aide d'une sommation séquentielle. J'ai extrait de l'article en question quelques graphiques représentatifs du travail de Mazzarella et Scafetta. Dans la suite, ces deux auteurs superposent, en remontant dans le temps aussi loin que les données sont disponibles (parfois jusqu'en 1700), les variations temporelles de :
Voici les extraits des figures en question accompagnées de leurs légendes traduites en français :
"Fig. 3 Je rappelle en passant que, l'année dernière, V. Courtillot, J-L Le Mouël et al ont mis en évidence une corrélation marquée entre le LOD et les cycles solaires, ce qui peut être mis en relation avec la conclusion de Mazzarella et Scafetta sur "l'origine astronomique et solaire" de ces oscillations.
"Fig. 4
A noter que l'article de Mazzarella et Scafetta était déjà soumis à publication lorsque le Hadley Center (UK) a publié une série de données améliorées des mesures de la température de la surface des océans. C'est cette dernière série de mesures appelée HadSST3 qui a été utilisée pour ce graphique. Les auteurs se félicitent du fait que la superposition des graphes est encore plus convaincante avec l'utilisation de HadSST3 au lieu de HadSST2 comme ci-dessus. "Fig. 8 La superposition de ces trois observables est remarquable.
Comparaison entre les cycles des aurores boréales (observées en Europe du Nord) et le cycles NAO, depuis l'année 1700 :
"Fig. 7 Graphes des variations temporelles (corrigées de leur tendance à long terme) annuelles pour le INAO et les aurores, lissées suivant une moyenne courante sur 23 ans. Les deux enregistrements sont décalés (NdT verticalement) pour améliorer la visibilité. Les enregistrements sont comparés à une variation sinusoïdale qui montre l'existence d'une oscillation cohérente des variations avec une période d'environ 60 ans. La période des deux cycles sinusoïdaux est obtenue avec un fit (ajustement) de meilleure régression. Noter que bien que le coefficient de meilleure régression, T=63 ans et T=61 ans apparaissent différents, ils sont, en réalité, identiques compte tenu de l'erreur statistique qui est d'environ 8 à 10 ans."
A l'évidence, ces graphiques parlent d'eux-mêmes. Quoiqu'il en soit, et comme nous le verrons ci-dessous (section C), peu à peu, les modélisations (et les observations) progressent. La conclusion de l'article de Mazzarella et Scafetta :
_________________________________________________________________________________ C. Un complément récent sur le lien entre l'activité solaire et le climat : L'origine "astronomique et solaire" des oscillations, suggérée par Mazzarella et Scafetta dans l'article mentionné ci-dessus, pourrait être mise en relation avec les résultats d'un autre article paru tout récemment. Dans la lignée des articles de Mike Lockwood de Reading suivant lesquels les émissions d'UV durant les éruptions solaires jouent un rôle important sur le climat (hivernal), des modélisateurs britanniques et US sont parvenus à tenir compte de ces observations (les grandes variations des UV) dans leurs modèles. Un article sur ce sujet vient de paraître dans NATURE Geosciences. Ce modèle établit un lien entre les éruptions solaires et les régimes de vents et de pression qui "ressemblent aux phases négatives de l'Oscillation Arctique et Nord Atlantique". Sarah Ineson, Adam A. Scaife, Jeff R. Knight, James C. Manners, Nick J. Dunstone, Lesley J. Gray & Joanna D. Haigh Publié online le 09 Octobre 2011 dans Nature Geoscience 4, 753–757 (2011) doi:10.1038/ngeo1282
Je rappelle que les rapports successifs du GIEC (FAR, SAR, TAR, AR4) ont écarté, d'emblée, l'influence solaire, au profit de celle des gaz à effet de serre, pour expliquer l'évolution du climat durant le XXème siècle et le début du XXIème. L'argument invoqué était que la variation d'irradiance solaire (donc intégrée sur toutes les longueurs d'ondes perceptibles) durant cette période n'était que de l'ordre de 0,1%. Inutile de préciser que ceci ne remet nullement en cause les observations et les recherches menées par le projet CLOUD du CERN. Le but poursuivi par ce dernier projet, abondamment commenté dans cette page, est la compréhension de la variation de la nébulosité en fonction des rayons ionisants et de la nature des aérosols présents dans l'atmosphère. Ces résultats sont encourageants. Ceux de Mazzarella et Scafetta comme ceux de l'article de Nature Geosciences. Comme d'habitude, il est peu probable, pour ne pas dire tout à fait improbable, que vous n'entendrez jamais parler de ces articles importants, pourtant dûment peer-reviewés et parus dans d'excellentes revues, dans la "grande" presse. Sans aucun doute : A suivre !
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09 Mai 2011 : La ola et les oscillations climatiques : Une analyse détaillée de la périodicité d'environ 60 ans qui se retrouve dans de nombreux (sinon dans la plupart) des indicateurs climatiques. Comme le savent bien les lecteurs de ce site, les chercheurs aiment bien donner une représentation imagée des concepts qu'ils utilisent. C'est ainsi que nous avons déjà évoqué, dans cette page, la "bascule polaire" (alias le "tape-cul polaire").
Comme tout le monde le sait, les spectateurs qui font la "ola" ne quittent pas leurs sièges. Ils se dressent en levant les bras en imitant leur voisin le plus proche , après un temps de retard, et cette onde se propage en faisant le tour du stade donnant un effet spectaculaire bien connu. En langage plus technique, on dirait qu'il s'agit d'une onde transversale (le déplacement est perpendiculaire au vecteur de propagation de l'onde). I - L'article : "Oscillation Multidécennale Atlantique et variabilité du climat de l'hémisphère Nord. " Atlantic Multidecadal Oscillation and Northern Hemispheres climate variability Publié dans "Climate Dynamics": DOI: 10.1007/s00382-011-1071-8. Les auteurs : Cet article qui constitue une partie de la thèse de Doctorat (PhD) de Marcia Glaze Wyatt à l'Université du Colorado-Boulder, est également disponible (en format condensé) avec un poster accessible sur Internet.
Abstract : Résumé : Les auteurs de cet article ont rédigé un billet invité sur le site de R. Pielke Sr qui qualifie cet article de "very important new paper" (un nouvel article très important). La démarche utilisée dans ce travail y est parfaitement décrite. J'invite les lecteurs anglophones à lire ce billet. En particulier, les auteurs nous expliquent que : "L'onde de stade" (Fig. 1) intègre une collection de téléconnexions atmosphériques et océaniques retardées qui se propagent au sein de notre espace de phases des indices climatiques. Elle décrit comment le signal climatique généré par l'Atlantique produit des changements du régime climatique hémisphérique. En particulier, un Atlantique Nord chaud (froid) initie une téléconnexion qui génère des circulations Pacifique froides (chaudes) en, à peu près, 20 ans, culminant dans un refroidissement (réchauffement) hémisphérique. Cette réponse hémisphérique est perçue dans la température de surface de l'hémisphère Nord (NHT, en retranchant la variation linéaire à l'échelle du siècle) : on peut le voir comme une somme pondérée des anomalies des températures de surface de l'Atlantique Nord et du Pacifique Nord (Fig. 2). (Ndt : Ces deux figures sont reproduites ci-dessous). Tandis que les téléconnexions de l'onde de stade évoluent, ainsi fait la NHT (la température de surface de l'hémisphère Nord). +AMO → – AT → –NAO → –NINO3.4 → –NPO/PDO → –ALPI → –NHT → –AMO →+AT → +NAO → +NINO3.4 → +NPO/PDO → +NHT → +AMO…" Le décodage de cet enchaînement d'acronymes est assez simple. Le signes + ou - qui précèdent les noms des noeuds du réseau (par exemple +AMO) indiquent que l'on se trouve en phase respectivement positive ou négative de l'indicateur en question.
Si, maintenant on cherche à obtenir une chronologie détaillée de la "ola", la voici telle qu'elle est indiquée dans l'article : -AMO → (7 ans) → +AT → (2 ans) → +NAO → (5 ans) → +NINO3.4 → (3 ans) → +NPO/PDO → (3 ans) → +ALPI → (8 ans) → +NHT → (4 ans) → +AMO → (7 ans) → -AT → (2 ans) → -NAO → (5 ans) → -NINO3.4 → (3 ans) → -NPO/-PDO → (3 ans) → -ALPI → (8 ans) → -NHT → (4 ans) → -AMO Ce qui donne un cycle complet de 64 ans et un demi-cycle, avec renversement de l'AMO de 32 ans. Il est évident que toutes ces téléconnexions et les évolutions subséquentes n'ont pas la précision d'une horloge. Les fluctuations s'additionnent et c'est sans doute pour cette raison que le cycle total peut varier de 50 à 80 ans comme indiqué par les auteurs. Il va de soi que cet article et les estimations qui précédent résultent d'un grand nombre d'études antérieures, citées par les auteurs de l'article. La méthodologie utilisée est expliquée comme suit : " Méthodologie : Nous avons utilisé l'analyse " Multi-channel Singular Spectrum Analysis" (MSSA; Ghil et al. 2002) pour identifier le signal multidécennal dominant dans notre réseau climatique, lequel comprend 15 indices. Le choix des indices a été guidé par notre hypothèse de l'influence hémisphérique de l'AMO. Les indices considérés incluent ceux basés sur l'anomalie de la SST (Température de surface des océans) dans l'Atlantique Nord ..[NdT suit une explication des acronymes cités plus haut]...Le signal climatique est représenté par la paire dominante M-SSA dont la reconstruction est visible sur la Fig. 1." La Figure 1 de l'article permet de visualiser la notion de "Stadium Wave" (Ola) invoqué par les auteurs pour illustrer le processus de propagation dans le réseau de phases des indicateurs climatiques. Cette figure, tracée dans l'espace des phases (c'est à dire des temps), s'appelle diagramme de Hoffmuller. Voici la figure accompagnée de sa légende.
"Fig. 1. Diagramme de Hoffmuller de la propagation de la "ola"dans l'espace des 15 indices climatiques. Les sections horizontales dans les endroits indiquées par les acronymes des indices représenteraient les séries temporelles des reconstructions basées sur les paires maîtresses M-SSA ; ces séries temporelles sont, en fait, reportées pour des indices choisis dans la Fig. 2 [...]. La distance verticale entre des indices adjacents représente le temps de retard entre les séries temporelles reconstruites. " L'axe des ordonnées est gradué en retard cumulé (en fonction du temps écoulé). Voici la Figure 2 de l'article accompagnée de sa légende. Cette figure représente une reconstruction de l'anomalie de température ("detrended", c'est à dire à laquelle on a retranché une variation linéaire croissante de l'ordre de 0,5°C/100 ans (voir ci-dessous)) en fonction du temps.
"Fig. 2. La reconstruction M-SSA des séries temporelles de la température de l'hémisphère Nord peut être presque parfaitement représentée par une somme pondérée des reconstructions de l'AMO et de la PDO. " Notez que la somme 0,83*PDO + 0,44*AMO (courbe en tireté rose-rouge) se superpose de manière remarquable à la courbe de variation de température de l'hémisphère Nord (courbe en bleu foncé). .
Nous avons déjà signalé à plusieurs reprises des articles qui insistaient sur la coïncidence frappante existant entre différents observables climatiques et l'Oscillation Multidécennale Atlantique. En voici quelques exemples. II - Rappels :
La fonte des glaciers alpins : Figure 3 de l'article de Huss et al, avec sa légende. b) accumulation annuelle (en trait épais) et anomalie de précipitations (en tiretés (par rapport à la moyenne 1908-2008)
(d) Indice de l'Oscillation Multidécennale Atlantique AMO [Enfield et al., 2001].
La bascule polaire :
Selon un article de P. Chylek et al, rapporté dans ce billet, la bascule polaire (c'est à dire le fait que les périodes de fonte et de regel des pôles Nord et Sud sont en opposition de phase) serait lié à l'AMO, comme on le voit sur ces graphes tirés de la référence suivante : Bascule bi-polaire du vingtième siècle des températures de surface de l'Arctique et de l'Antarctique. GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS, VOL. 37, L08703, doi:10.1029/2010GL042793, 2010 (publié le 22 Avril 2010). Légende de la figure ci-contre : "Figure 2. (a) Séries temporelles de température corrigées Vous noterez que l'article de Glaze Wyatt et al mentionné ci-dessus ne s'intéresse qu'à l'hémisphère Nord, tandis que celui de Chylek et al fait référence aux pôles Nord et Sud. L'explication donnée par Chylek et al est rappelée dans ce billet.
Voici une autre superposition intéressante des températures arctiques et des indices AMO (Parker et NOAA), publiée dans un article plus ancien de P. Chylek et al (ce billet).
Enfin, tout récemment, nous avons rapporté ( billet ci-dessous) sur un article qui reconstruisait l'indice de fonte du Groenland depuis les 100 dernières années. La fonte du Groenland
Ci-contre, le graphe (tronqué à partir de 1900 pour pouvoir le comparer avec le graphe ci-dessus), de l'article commenté dans le billet ci-dessous. On retrouve, de nouveau, une forte fonte (comme pour les glaciers alpins) vers 1940-1950 suivi d'un regel jusque vers 1976, lui-même suivi d'une nouvelle fonte qui se poursuit jusqu'à nos jours.
Couverture neigeuse du plateau Tibétain et AMO depuis 200 ans : "Variabilité décennale de la couverture neigeuse sur le plateau Tibétain pendant les deux derniers siècles " Le résumé de cet article qui retrouve, une fois encore, une corrélation marquée d'un indicateur climatique (la couverture neigeuse du Tibet) avec l'AMO (par l'intermédiaire de la NAO, selon les auteurs) se conclut par les phrases suivantes : ...The analysis suggests that the snow cover exhibits significant decadal variability with major shifts around 1840s, 1880s, 1920s, and 1960s. Its variations are found to be closely correlated with the Atlantic Multidecadal Oscillation: Cool/warm phases coincide with large/small snow cover. A plausible mechanism linking the North Atlantic climate to Asian monsoon is presented. (Figure ci-contre : en bleu l'AMO. En rouge, la couverture neigeuse du plateau tibétain)
Si les oscillations océaniques évoquées précédemment sont effectivement actives au niveau des pertes de glaces, aussi bien dans les massifs alpins que pour le Groenland et les pôles, et sans doute dans de nombreuses autres circonstances comme pour l'enneigement du plateau Tibétain, on peut penser que les glaciers devraient regeler dans les années qui viennent, la neige devenir plus abondate etc. comme je l'avais mentionné dans ce billet. III - Compléments : Au sujet de la superposition des effets résultant des oscillations climatiques évoquées ci-dessus et d'une hausse progressive des températures de l'ordre de 0,5°C par siècle : Comme je l'ai mentionné ci-dessus, l'article cité fait usage de séries données de températures "detrended", c'est à dire auxquelles on a soustrait une hausse linéaire des températures mentionnée par de nombreux autres chercheurs. Vous retrouverez dans ce billet, d'autres graphes du même genre, publiés par d'autres auteurs tels que William Gray et al, Scafetta et al, Mojib Latif, Swanson et al, Klyashtorin et Lyubishin, Joseph d'Aleo ... Il est tentant d'attribuer cette hausse sous-jacente aux variations cycliques naturelles des observables climatiques, aux effets des gaz à effet de serre. C'est d'ailleurs ce que suggèrent Anastasios Tsonis et Mojib Latif, par exemple. D'autres auteurs, comme Syun Ichi Akasofu penchent plutôt pour une hausse naturelles des températures due à la sortie du petit âge glaciaire précédent. Un des arguments essentiels d'Akasofu repose sur la constatation que le réchauffement observé actuellement a commencé dès le début du XIXème siècle, comme le montre l'analyse d'un certains nombre d'indicateurs, c'est à dire bien avant que les émissions de gaz à effet de serre deviennent notables. Il est crucial de réaliser, que lorsque l'on tient compte des oscillations naturelles du climat, la pente de la hausse des températures est notablement inférieure à celle de l'arche montante de la quasi-sinusoïde (allant de 1979 à 1998) qui est souvent présentée comme un argument décisif par les adhérents du GIEC.
Le graphe ci-contre que les lecteurs de ce site connaissent bien, est de la main du Prof. Syun Ishi Akasofu. Je l'avais rapporté dans ce billet. Son article le plus récent (et copieux) à ce sujet est intitulé : "Composantes naturelles du changement climatique" (attention ! chargement très long. Soyez patient). Le point indiqué par une flèche rouge indique la situation actuelle.
IV Conclusion : L'article de Glaze Wyatt et al, cité ci-dessus, vient compléter la longue série des observations déjà publiées ou en voie de publication dans les revues à comité de lecture qui montrent que le climat du globe obéit à des variations cycliques, avec une périodicité marquée qui se situe aux environs de 60 ans. Plusieurs auteurs attribuent cette périodicité à l'Oscillation Multidécennale Atlantique qui influence, au moyen de diverses téléconnexions retardées, les autres acteurs du climat. Il se trouve que les études de climatologie ont connu un fort regain d'intérêt depuis une trentaine d'années environ. Malencontreusement, cette période correspond assez précisément avec une arche montante de la quasi-sinusoïde des variations cycliques naturelles auxquelles sont apparemment soumis les observables climatiques tels que la fonte des glaciers, la température etc. Dans ces conditions, il n'est ni étonnant, ni alarmant, que l'on observe actuellement un "réchauffement climatique". Celui-ci n'est pas un cas isolé dans l'histoire récente. Jusqu'à présent, il n'est exceptionnel ni par son amplitude ni par ses conséquences. Pour terminer, voici un petit conseil : A l'appui de leur thèse, les tenants de l'hypothèse anthropique du GIEC mettent fréquemment en avant, des graphiques (de fonte des glaces, de hausse des températures etc.) qui couvrent justement la période allant de 1976 à nos jours. __________________________________________________________ Addendum : A noter qu'un livre récemment publié chez Springer (Praxis Publishing, Chichester) dont les auteurs sont des chercheurs russes spécialistes de l'Arctique (Frolov, Gudkovitch, Karlin, Kovalev et Smolyanitsky), sous le titre "Climate Change in Eurasian Arctic Shelf Seas -Centennial Ice cover Observations", tient exactement le même langage que les articles mentionnés ci-dessus : Tout cela est géré par des cycles de 60 ans... |
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26 Avril 2011 : Rien de bien nouveau du côté de la fonte du Groenland...depuis 200 ans. Une des difficultés majeures auxquelles se trouvent confrontées les sciences du climat, tient au fait que si les données de l'observation de toutes natures L'article qui fait l'objet de ce billet, a été publié le 19 avril au Journal of Geophysical Research. Il nous montre que la fonte récente du Groenland, fréquemment utilisée comme argument massue par les alarmistes (qui limitent le plus souvent leurs graphiques aux trente dernières années) n'est pas inhabituelle dans le contexte historique des deux siècles précédents. "Une reconstruction de l'extension de la fonte annuelle du Groenland de 1784 à 2009." A reconstruction of annual Greenland ice melt extent, 1784–2009 JOURNAL OF GEOPHYSICAL RESEARCH, VOL. 116, D08104, doi:10.1029/2010JD014918, 2011
Manuscrit reçu le 17 Août 2010; révisé le 21 Décembre 2010; accepté le 31 Janvier 2011; Publié le 19 Avril 2011. Cet article constitue le prolongement d'un travail présenté, par les mêmes auteurs, en 2008, lors de la conférence d'automne de l'AGU (American Geophysical Union) où il avait beaucoup été question du Groenland, comme je l'avais mentionné à l'époque. Voici le résumé de cet article en version originale d'abord, suivie d'une traduction en français. Résumé : " L'étendue totale de la fonte des glaces de la surface glacée du Groenland a augmenté durant les trois dernières décennies. En particulier, l'étendue de la fonte observée en 2007 a été la plus importante selon les données de l'étendue totale de la fonte du Groenland, d'après les observations de plusieurs satellites. Le corps de l'article porte essentiellement sur l'analyse des données anciennes de température et de la circulation atmosphérique disponibles à partir de multiples sources déjà publiées ainsi que sur les trois modèles statistiques utilisés pour extraire les données utiles à la reconstruction de l'indice de fonte du Groenland à partir des observations précédant l'ère satellitaire. Voici la figure maîtresse de l'article en question, accompagnée de sa légende.
Figure 2. Comme on peut le voir sur ce graphique et conformément aux conclusions des auteurs, la période de fonte actuelle n'est pas significativement différente de celles qui l'ont précédé. A noter que les marges d'erreurs de ces mesures ( la zone encadrée par les lignes fines en grisé) sont près de deux fois plus grandes que le signal. C'est assez fréquent en climatologie. Les conclusions de cet article replacent les observations rapportées dans le contexte de la hausse du niveau des mers qui pourrait résulter de la fonte des glaces Groenlandaises. Ici encore, les conclusions vont à l'encontre de bien des idées reçues et généreusement propagées par quelques activistes et par les médias 6. ConclusionsWe have created a record of total annual ice melt extent across Greenland extending back approximately 226 years by combining satellite‐derived observations with melt extent values reconstructed with historical observations of summer temperatures and winter circulation patterns. This record of ice melt indicates that the melt extent observed since the late 1990s is among the highest likely to have occurred since the late 18th century, although recent values are not statistically different from those common during the period 1923–1961, a period when summer temperatures along the southern coast of Greenland were similarly high as those experienced in recent years. Our reconstruction indicates that if the current trend toward increasing melt extent continues, total melt across the Greenland ice sheet will exceed historic values of the past two and a quarter centuries. [28] Of primary concern is the impact that Greenland ice melt will have on the rate of global sea level rise. A number of factors including snowfall accumulation variations, and any impact that surface melting has on glacial flow rates complicate this determination. Currently, surface mass balance estimates considering only loss from surface melting and input from precipitation (not including loss from glacial outflow) suggest that in recent years there has been a decline in the surface mass balance of Greenland. Mass loss from melting has exceeded small increases in snowfall accumulation [Fettweis, 2007; Hanna et al., 2008] leading to a positive contribution to global sea level rise. Mass loss from increased glacial discharge adds an additional contribution [Rignot and Kanagaratnam, 2006] and is well correlated to surface mass balance [Rignot et al., 2008]. However, the strength and duration of glacial discharge exhibits shortterm (days to years) variability and it remains unclear to what level glacial flow rates will be sustained even under a future regime of rising temperatures [Nick et al., 2009;Schoof, 2010]. [29] The forces acting in concert with ice melt across Greenland to produce higher global sea levels currently, should also have been acting during the extended high‐melt conditions from the mid‐1920s to the early 1960s. There is some qualitative indication of an observable influence of the variations in input from Greenland in the decadal rates of sea level change over the course of the past century [Jevrejeva et al., 2006; Church and White, 2006]. However, there is no indication that the increased contribution from the Greenland melt in the early to mid 20th century, a roughly 40 year interval when average annual melt was more or less equivalent to the average of the most recent 10 years(2000–2009), resulted in a rate of total global sea level rise that exceeded around 3 mm/yr. This suggests that Greenland’s contribution to global sea level rise, even during multidecadal conditions as warm as during the past several years, is relatively modest. Conclusions, en français : "[27]Nous avons créé un enregistrement de l'étendue totale annuelle de la fonte du Groenland qui s'étend sur environ 226 années en combinant les observations issues des satellites avec les observations historiques des températures et des modes de circulation hivernaux. Cet enregistrement de la fonte des glaces montre que l'extension de la fonte observée depuis la fin des années 1990 figure parmi les plus élevées qui se sont produites depuis la fin du XVIIIème siècle, bien que les valeurs récentes ne soient pas statistiquement différentes de celles qui ont été observées durant la période 1923-1961, qui est une période pendant laquelle les températures estivales le long de la côte Sud du Groenland était aussi élevées que celles que nous avons connues dans les années récentes. Notre reconstruction montre que si la tendance actuelle vers une augmentation de l'extension de la fonte continue, la fonte totale de la nappe glacée du Groenland excédera les valeurs historiques des deux siècles et un quart écoulés.[28] L'impact de la fonte des glaces du Groenland sur le taux de montée de la hausse du niveau des mers est la première cause de préoccupation. Un grand nombre de facteurs incluant les variations de l'accumulation de la neige ainsi que n'importe quel impact que pourrait avoir la fonte de la surface sur les taux d'écoulement des glaces rend cette détermination délicate. Dans l'état actuel, l'équilibre entre les estimations des masses surfaciques, en ne considérant que les pertes dues à la fonte en surface, avec les entrées provenant des précipitations (en ne prenant pas en compte les pertes dues aux flux sortant dus aux courants glaciaires) suggèrent que durant ces dernières années, il y a eu un déclin de l'équilibre de la masse surfacique du Groenland. La perte de masse résultant de la fonte a dépassé la faible augmentation de l'augmentation des chutes de neige [[Fettweis, 2007; Hanna et al., 2008] induisant une contribution positive à la hausse du niveau global des mers. La perte de masse résultant de l'augmentation de la décharge glaciale ajoute une contribution supplémentaire [Rignot and Kanagaratnam, 2006] et ceci est bien corrélé avec l'équilibre de la masse surfacique [Rignot et al., 2008]. Cependant, la force et la durée de la décharge glaciaire montre une variabilité à court terme (de la journée à l'année) et la détermination du taux de décharge glaciaire qui pourrait survenir même en cas d'un régime futur de hausse de la température [Nick et al., 2009; Schoof, 2010] reste problématique. [29] Les forces qui agissent de concert avec la fonte des glaces au Groenland pour contribuer à provoquer, dans les conditions actuelles, une hausse du niveau marin devraient aussi avoir été à l'oeuvre pendant les conditions de forte fonte généralisée qui ont eu cours depuis la moitié des années 1920 jusqu'au début des années 1960. Il existe certaines indications qualitatives d'une influence observable des variations dues au Groenland dans le taux décennal de la variation du niveau des mers au cours du siècle passé [Jevrejeva et al., 2006; Church and White, 2006]. Cependant, il n'existe aucune indication que l'augmentation de la contribution de la fonte du Groenland, du début à la fin du XXème siècle, c'est à dire durant une période d'environ 40 ans durant lequel la fonte moyenne annuelle était plus ou moins équivalente à celle des dix dernières années (2000 à 2009), ait conduit à un taux d'augmentation du niveau global des océans qui ait excédé environ 3 mm/an. Ceci suggère que la contribution du Groenland à la hausse globale du niveau des océans est relativement modeste, même durant des conditions multidécennales aussi chaudes que durant les dernières années." _____________________________________________________ En résumé, et bien qu'elle soient, ici ou là, subtilement édulcorées par quelques concessions à "l'establishment climatique" (publication oblige ! voir ci-dessous), les conclusions de cet article sont parfaitement claires : - La fonte actuelle des glaces Groenlandaises n'est actuellement pas statistiquement distinguable de celles qui l'ont précédé durant les deux siècles précédents, notamment de celle qui s'est prolongée durant près de la première moitié du XXème siècle jusque vers les années 60. Ce qui - vous l'avez compris - ne va pas du tout dans le sens alarmiste prôné par les tenants du GIEC et par la quasi-totalité des médias (qui éviteront soigneusement de rapporter sur cet article dérangeant)... Pour la petite histoire : Il est inutile de préciser également que si cet article a finalement été accepté et publié, c'est sans nul doute que les relecteurs n'ont pu y déceler de faute rédhibitoire. Le processus de revue par les pairs qui a duré 6 mois environ, peut sembler très long aux lecteurs profanes. Il n'est cependant guère inhabituel en matière de publication dans les revues réputées, et tout spécialement dans ce domaine où les controverses vont bon train.
Voici, ci-contre, une illustration du processus de la relecture par les pairs, tel qu'il est perçu par beaucoup de chercheurs. Notamment, par ceux qui s'aventurent, à leurs risques et périls, à publier des articles qui ne "sont pas dans la ligne" et qui, lorsqu'un "consensus" s'installe, ont toutes les chances de tomber sur un referee qui lui, y est. L'article de Frauenfeld et al., rapporté ci-dessus, a été soumis au JGR en Août 2010, c'est à dire avant que les données de l'année 2010 soient connues. Contrairement à la règle d'or du processus de relecture, et une fois encore (voir les emails du climategate), le referee principal s'est fait connaître. "La faute, bien entendu, est d'avoir pensé que le processus de revue par les pairs était autre chose qu'un moyen grossier de découvrir l'acceptabilité - et non pas la validité - d'une nouvelle découverte. Les éditeurs, tout comme les scientifiques, insistent sur l'importance cruciale du processus de revue par les pairs. Nous donnons une image du peer review au public comme s'il s'agissait d'un processus quasi-sacré qui aide à faire de la science notre garant le plus objectif de la vérité . Mais nous savons que le système de la relecture par les pairs est biaisé, injuste, irresponsable, incomplet, facilement truqué, souvent insultant, couramment ignorant, parfois stupide et fréquemment erroné." Rien n'est parfait et la recherche n'est certainement pas le "long fleuve tranquille" que le public imagine. A suivre....
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05 Avril 2011 : Pas d'accélération de la hausse du niveau moyen des mers du globe ! Les lecteurs avertis se souviennent de la vive polémique qui avait agité les sphères spécialisées dans les prédictions de la hausse du niveau des océans lors de la publication du rapport AR4 du GIEC en 2007. Ce rapport, se basant essentiellement sur les travaux de Bindoff et al (2007), avait annoncé que, la hausse du niveau moyen des océans du globe devrait se situer quelque part entre 18 et 59 cm en 2100 par rapport au niveau des mers en 1990. Pour rester sur des bases plus solides que ces spéculations et comme toujours, il vaut mieux dans ce domaine comme dans les autres, se baser sur les observations plutôt que sur des "projections". "Accélération du niveau des mers basée sur les marégraphes des USA et extension des analyses publiées précédemment à partir de jauges de niveau à l'échelle du globe." Les deux auteurs sont J. R. Houston and R. G. Dean J. R. Houston : Director Emeritus Abstract : Voici, indiquées par des points noirs, les emplacements des 57 jauges de niveau utilisées par les auteurs de cet article.
Comme on peut le voir, il s'agit d'une série de jauges distribuées le long des côtes atlantiques et Pacifiques des USA. D'autres jauges, également utilisées, sont situées dans le Pacifique sur des îles telles que Hawaï ou Midway. La liste complète des sites de mesures figure dans l'article. .
Voici un résultat typique de l'analyse effectuée par les deux auteurs de cet article : " Pour chacune des 57 des 25 séries de données des marégraphes, nous avons déterminé le décalage à l'origine, α0 en mm, la pente α1 en mm/y, et le terme quadratique correspondant à l'accélération, α2 in mm/y2, en utilisant une méthode des moindres carrés qui satisfait à l'équation : y(t) = α0 + α1t + (α2/2)(t2) Dans laquelle le temps est exprimé en années et y(t) est la mesure du niveau marin à la date t. La figure ci-contre (Fig. 4) donne un histogramme du nombre de données enregistrées par les jauges selon l'accélération observée. L'histogramme présente une légère dissymétrie vers les décélérations ce qui justifie les affirmations des auteurs qui observent une stabilité de la hausse du niveau des mers ou une légère décélération. "Notre première analyse a déterminé une valeur de l'accélération α2 pour chacun des 57 enregistrements, dont les résultats sont tabulés dans la Table 1 et montrés dans le Figure 4. Il y a pratiquement un équilibre avec 30 enregistrements marégraphiques indiquant une décélération et 27 montrant une accélération, le tout se regroupant autour de 0.0 mm/y2. La moyenne indique une légère décélération correspondant à α2 = -0.0014 ± 0.0161 mm/y2 (avec un taux de confiance de 95%)." La conclusion de l'article attire l'attention sur la contradiction entre les résultats des observations directes et les prédictions de plusieurs articles parus précédemment. En bref, et bien que la température moyenne ait augmenté de quelques 0,7°C, et contrairement aux analyses précédentes, depuis le début du XXème siècle et jusqu'en 2010, on n'a vu aucune accélération de la hausse du niveau des mers. Conclusion: Conclusion : "Nos analyses ne montrent pas d'accélération du niveau des mers dans les bases de données des jauges de niveau des USA durant le XXème siècle. Au contraire, pour chaque période de temps considérée, les bases de données indiquent de faibles décélérations qui sont cohérentes avec les études précédentes des enregistrements des jauges de niveau pour le globe entier. Les décélérations que nous obtenons sont de signe opposé et d'un ou deux ordres de grandeurs plus faibles que les accélérations de +0,07 à 0,28 mm/an/an qui sont exigées pour atteindre des niveaux des mers en 2100 prédits par Vermeer et Rahmstorf (2009), Jevrejeva, Moore, et Grinsted (2010), et Grinsted, Moore, et Jevrejeva (2010). Bindoff et al. (2007) note une augmentation de la température du globe de 1906 à 2005 de 0,74°C. Il est essentiel que les recherches soient poursuivies afin de comprendre comment cette augmentation globale de la température n'a pas provoqué une accélération du niveau des mers du globe durant les 100 dernières années et en en réalité, pourquoi le niveau des mers du globe a peut-être décéléré depuis, au moins, les 80 dernières années." Ces résultats de Houston et Dean sont conformes aux observations et à l'analyse sophistiquée (par les réseaux neuronaux) de Manfred Wenzel et Jens Schröter de l'Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research, (Bremerhaven, Allemagne) publié le 13 Août 2010 dans le J. Geophys. Res., 115, C08013, doi:10.1029/2009JC005630. (2010), telles que je les avais rapportées dans ce billet. Bibliographie des articles cités par J. R. Houston et R. G. Dean : Bindoff, N.L., Willebrand, J., Artale, V., Cazenave, A., Gregory, J., Gulev, S., Hanawa, K., Le Quere, C., Levitus, S., Noijiri, Y., Shum, C.K., Talley, L.D. and Unnikrishnan, A. 2007. Observations: oceanic climate change and sea level. In: Solomon, S. et al. (Eds.), Climate Change 2007: The Physical Science Basis. Intergovernmental Panel on Climate Change, Cambridge University Press, New York, New York, USA. ___________________________________ En complément de cet article de Houston et Dean, il est intéressant d'examiner les résultats des mesures satellitaires (disponibles depuis les années 90) et les rapprocher de deux observables pertinents : l'évolution de la température du globe et le contenu calorique des océans.
Ainsi et comme on peut le constater, la température moyenne de surface, le contenu calorique des océans et la hausse du niveau moyen des océans marquent le pas depuis quelques années, en opposition avec la théorie '"standard" de l'effet de serre mise en avant par le GIEC. Pour l'instant, les observations sur le niveau moyen des mers rapportées ci-dessus vont dans leur sens.
1) Les observations de Houston et Dean confirment les résultats obtenus et publiés en 2010 par les chercheurs du Wegener Institute, tous obtenus à partir des données marégraphiques qui, seules, permettent de remonter suffisamment dans le temps. 2) D'autre part, il est fréquemment répété (à tort) que la hausse du niveau marin résulte de trois facteurs : D'une part, la fonte des glaces continentales (Groenland etc.). D'autre part, la dilatation des océans due à la hausse des températures et enfin la variation de la pression atmosphérique qui n'a d'ailleurs, aucune raison de n'agir que dans un seul sens. C'est, en particulier, ce que nous affirme, assez naïvement, un article typique sur ce sujet. . D'autre part et comme cela a été expliqué dans ce billet, l'effet de "gyre" contribue de manière très significative à la variation du niveau des océans comme l'ont montré entre autres, P. L. Woodworth, N. Pouvreau, et G. Wöppelmann. Je rappelle qu'en 2004, deux scientifiques américains, Laury Miller de la NOAA et Bruce C. Douglas de l’Université de Floride pointaient déjà du doigt, dans un article publié dans la revue Nature, le fait que la dilatation thermique et la fonte des glaces ne permettaient pas d’expliquer l’élévation moyenne globale de 2 mm/an environ, car les vitesses d’augmentation de volume et les quantités de glaces fondues ne pouvaient se traduire que par une hausse, d’au mieux, 0,5 mm/an.
Il reste donc encore bien des questions à résoudre pour analyser correctement les moteurs de la hausse récente du niveau moyen des océans de la planète qui a commencé il y a quelques... 20000 ans comme le rappelle ce graphique très connu. C'est ainsi que l'entrée de la grotte Cosquer qui se trouve actuellement à quelques 37 m en dessous du niveau de la mer, se trouvait sans doute, à l'origine, située sur le flanc d'une colline. Plusieurs médias anglophones ont honnêtement informé leurs lecteurs de cette bonne nouvelle en rapportant sur l'article de Houston et Dean. Compléments du 12 Avril 2010 : Caractère oscillatoire de la tendance du niveau des mers Toujours à propos de l'article de Houston et Dean, mentionné ci-dessus, j'ai omis de vous présenter un de leurs graphiques (leur Fig. 6, plus bas) qui est, en fait le prolongement d'un graphe antérieur publié par Holgate S. J. en 2007 qui a lui même prolongé un graphique antérieur (Holgate et Woodworth 2004- HW04). Le graphique de Holgate (2007) est particulièrement intéressant. Ce dernier a, lui-même, été complété successivement par Houston et Dean, puis, peu après, par Pat Michaels. Michaels a utilisé les dernières données altimétriques (satellitaires) disponibles à ce jour. Holgate S. J. ( 2007). Voici la figure 2 de cet article. Elle a été obtenue en compilant les résultats des données marégraphiques d'un grand nombre de stations (du moins après 1950) réparties dans le monde, sélectionnées pour leur fiabilité. La légende de cette figure est la suivante : Figure 2 : Comparaison des taux de variations décennaux de la hausse du niveau des océans, sur la base des 9 enregistrements avec les taux mesurés par les 177 stations marégraphiques utilisées dans HW04. Tous les taux sont corrigés de l'ajustement isostatique et des effets barométriques inverses. La zone grisée correspond à l'erreur standard de ±1. Voici les dernières lignes de la conclusion de l 'article de Holgate (2007):: "Finalement, en prolongeant le travail de HW04 (Ndt : HW04 = l' article précédent de Holgate et Woordworth, 2004), on trouve que le taux de montée élevé et décennal du niveau moyen des océans, durant les 20 dernières années des données, n'était pas particulièrement inhabituel dans un contexte de longue durée." Pour leur part, Houston et Dean ont superposé les résultats des mesures altimétriques (donc satellitaires) récentes au graphe précédent de Holgate qui est obtenu à partir des mesures marégraphiques, jusqu'en 2003. La figure 6 de l'article de Houston et Dean qui est complétée avec les données altimétriques disponibles jusqu'en avril 2010, est accompagnée de la légendesuivante :
Figure 6. Données altimétriques (points noirs) reportés sur la figure de Holgate (2007). A ce propos et dans leur article, Houston et Dean remarquent que : "Lorsqu'on les replace dans un contexte historique, les mesures altimétriques (satellitaires) semblent similaires aux multiples oscillations qui ont eu lieu au cours des cent dernières années et il n'est pas possible de déterminer si l'augmentation du taux de hausse mesuré par les altimètres représentent le front montant d'une accélération ou, simplement, une oscillation décennale typique; De fait, le fait que la moyenne décroisse suggère une oscillation."
Pour sa part, Pat Michaels (Climatologue US, ancien Professeur à l'Université de Virginie) a prolongé les données altimétriques utilisées par Houston et Dean jusqu'aux dernières données disponibles actuellement. Comme on le constate et comme je l'ai déjà signalé plus haut, les données altimétriques sont systématiquement plus élevées que les données marégraphiques pour des raisons qui demeurent encore mystérieuses. Cependant la tendance des données altimétriques (satellitaires, seulement disponibles depuis 1993), semble suivre la tendance oscillatoire décennale relevée depuis 100 ans à partir des données marégraphiques. Nous sommes actuellement dans une phase décroissante, depuis 2003 environ, comme nous l'avons vu plus haut. Les données complétées par Pat Michalels s'arrêtent en Décembre 2010. Nous sommes en Avril 2011. Il se trouve que l'Université du Colorado qui gère cette base de données des mesures altimétriques a cessé de mettre à jour ce fichier depuis la fin de l'année dernière sans que l'on en connaisse la raison. C'est bien dommage... En conclusion, cher(e)s lecteurs (-trices), vous voilà armé(e)s pour répondre aux innombrables affirmations de ceux qui clament, haut et fort, dans les médias et dans les livres que "la hausse du niveau des océans est trois fois plus rapide qu'auparavant". C'est faux. Il est donc totalement vain de sonner le tocsin, comme le font certains, lorsque l'on se trouve dans une phase d'augmentation. Evidemment, personne ne sait comment tout cela va évoluer, mais le caractère oscillatoire du taux de hausse des océans avec une période de l'ordre de 10 ans est une réalité objective et ceci depuis au moins cent ans. D'autre part, rien ne dit que le taux de hausse des océans est en voie d'accélération. Bien au contraire. A suivre (bien sûr !). Rappel : Pat Michaels, cité ci-dessus, est un climatologue "critique" du travail des ses collègues "mainstream" proches du GIEC. Il ne s'est pas fait que des amis. C'est ainsi que dans les courriels du Climategate, l'un des protagonistes de ces échanges de emails affirme que lorsqu'il rencontrera Pat Michaels lors d'une conférence, il sera tenté de lui "faire sa fête" comme l'on dit.. L'expression anglaise utilisée est beaucoup plus explicite. |
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1er Mars 2011 : La machine à remonter le temps (pour le temps météorologique). Certaines idées sont si lumineuses, si évidentes, qu'on se demande pourquoi on ne les a pas eues avant... S'agissant de cette évolution, supposée apocalyptique, des événements météorologiques (et non pas climatiques), la première question qui vient à l'esprit d'une personne raisonnable, est évidemment : Cette idée aussi sensée qu'évidente est enfin parvenue à percer l'épaisse carapace des certitudes essentiellement basée sur les "projections/scénarios /prédictions" climatiques basées sur les simulations numériques issues des ordinateurs, quand ce n'est pas sur les affirmations péremptoires de quelques activistes du climat. Comme vous le savez si vous avez suivi la longue série des articles publiés ici (depuis la fin 2006), à Pensee-Unique.fr nous avons une préférence marquée pour les mesures et les observations plutôt qu'aux résultats des simulations numériques des multiples observables du climat et la mise en place d'un tel projet ne peut que nous réjouir. L'article de revue forcément très copieux que je vais vous décrire très brièvement ci-dessous, rassemble les analyses et les résultats d'un grand nombre d'observations historiques, cruciales pour l'évolution du climat et sa modélisation. Ces observations, très variées, couvrent une période de 138 ans, s'étendant de 1872 jusqu'à nos jours. Une telle entreprise qui équivaut, à peu près, à regarder tous les détails d'un éléphant avec une loupe grossissante, pour ne pas dire un microscope, est évidemment gigantesque. Elle ne pouvait être menée à bien qu'à l'occasion d'une vaste coopération internationale. C'est ce qui a été fait, sans aucune doute sous l'impulsion du jeune chef de projet, Gil Compo, dont je parlerai un peu plus loin. Il est publié dans cette revue bien connue : Quarterly Journal of the Royal Meteorological Society, Volume 137, Issue 654. Voici la liste des auteurs et leurs affiliations : Comme vous le constatez, il s'agit bien d'un projet de coopération internationale d'envergure dans laquelle on retrouve tous les "poids lourds" du domaine tels que la NOAA (US), le NCAR (US) , le CRU et le MetOffice (UK), le CRU (UK), le NMI Norvégien, le British Antarctic Survey (UK), Le Hadley Center (UK), l'ETH de Zurich et Météo-France (Fr). Parmi d'autres, les lecteurs attentifs de ce site reconnaîtront, au passage, le nom du représentant Français de Météo-France qui n'est autre que Pierre Bessemoulin (l 'ancien Directeur de la Climatologie à Météo-France, actuel président de la commission de Climatologie de l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM)), dont nous avons déjà cité les travaux (rassurants) portant sur l'évolution de la fréquence des tempêtes en France, publiés en 2002. Enfin, les lecteurs qui suivent de près l'actualité, ne manqueront pas de remarquer que le Climate Research Unit (le CRU de l'Université d'East Anglia) est représenté par son directeur (reconduit après une courte suspension), Phil Jones qui est l'un des principaux protagonistes (avec Michael Mann) de l'affaire des courriers dérobés (le Climategate) qui n'a cessée de défrayer la chronique (dans les pays anglophones) depuis le mois de novembre 2009 et dont les conséquences se font encore sentir (outre-Manche et outre-Atlantique). "La mise au point de cette gigantesque base de données a nécessité un effort international pour collecter les observations historiques et les données de sources aussi diverses que celles de capitaines de vaisseaux du XIXème siècle, des explorateurs du tournant du siècle et des médecins, toutes collationnées en utilisant quelques uns des plus puissants ordinateurs du monde au US Department of Energy's National Research Scientific Computing Center en Californie et au Oak Ridge Leadership Computing Facility dans le Tennessee," En référence aux affirmations de certains selon lesquelles les extrêmes climatiques devraient devenir plus nombreux, voici ce que déclare Gil Compo qui "La nouvelle base de données va permettre aux climatologues de placer les extrêmes météorologiques actuels dans une perspective historique et de déterminer dans quelle mesure ces extrêmes évoluent " dit Gil Compo [...] Aucun scientifique digne de ce nom, ne rejetterait un tel discours..."L'amnésie historique" est, hélas, beaucoup trop pratiquée de nos jours. Replacer les événements dans leur contexte historique est sans aucun doute la meilleure démarche à adopter pour essayer de discerner en quoi et dans quelle mesure les événements climatiques actuels sortent de la norme des fluctuations naturelles. Cela relève du simple bon sens et on se demande pourquoi une idée aussi évidente (quoiqu'assez difficile à mettre en pratique), n'est venue à l'esprit qu'après quelques trente années de modélisation numérique... Voici donc le résumé de l'article cité ci-dessus et qui représente une étape marquante du déroulement du "20CR project" :
La circulation de Walker résulte du gradient de pression qui provient du système de hautes pressions qui réside au dessus de l'Est de l'océan Pacifique et du système de basse pression qui règne au dessus de l'Indonésie. Lorsque la circulation de Walker s'affaiblit ou s'inverse, il en résulte un El Niño qui réchauffe la surface de l'océan parce que les remontées d'eaux froides sont moins intenses ou n'existent plus. Une circulation de Walker particulièrement active produit un La Niña, ce qui entraîne un refroidissement de l'océan dû à une augmentation des remontées d'eau froide. La variation de l'indice de la circulation de Walker est donc un indice précieux pour apprécier, entre autres, la variation des occurrences des El Niño et La Niña qui jouent un rôle très important dans la détermination de la température du globe. A noter qu'un article paru dans Nature en 2004 avait affirmé que la fréquence des El Niño augmentait du fait du réchauffement climatique. Le bilan effectué par le projet 20CR montre qu'il n'en est rien (voir ci-dessous). En fait, rien n'a changé depuis 1872. A noter que l'article de Wikipedia est remis à jour régulièrement puisqu'il mentionne l'article, tout récent, qui est commenté dans cette page. De même la NAO (L'oscillation Atlantique Nord) résulte du différentiel de pression qui existe, au niveau de la mer, entre l'Islande et la zone des Açores. Je rappelle ici quelques notions que doivent connaître les nombreux lecteurs qui fréquentent la page des indicateurs : Voici maintenant comment la NOAA décrit le troisième indice important : Le PNA (The Pacific/ North American teleconnection pattern soit Le comportement de la téléconnexion du Pacifique proche de l'Amérique du Nord). Cest un peu compliqué.
Figure 16 : Séries temporelles moyennées des indices climatiques représentant (a) la circulation de Walker du Pacifique (de Septembre à Janvier) (PWC) , (b) l'Oscillation Atlantique Nord (NAO) de Décembre à Mars, et (c) le comportement du Pacifique Nord américain de Décembre à Mars. [... suite : des détails techniques] Comme on le constate et qui motive la surprise exprimée par les auteurs de l'article du 20CR, l'évolution des trois indices principaux qui déterminent la météorologie (et le climat) d'une grande partie du globe, est pratiquement imperceptible de 1872 à nos jours et, en tout cas, nettement inférieure aux fluctuations naturelles. En langage courant, on peut dire que les trois principaux indicateurs des variations de pression ou de courants atmosphériques qui déterminent les sécheresse, les inondations, les vagues de froid et de chaud etc. n'ont pas évolué depuis 138 ans et ceci jusqu'à nos jours. Ils ont, par contre, subi de grandes fluctuations naturelles au cours de l'histoire. Un autre résultat mis en avant par les auteurs de cet article et qui justifie la dernière phrase du résumé " Les tendances à long terme des précipitations moyennées par zones, moins l'évaporation, diffèrent aussi du point de vue de leurs caractéristiques de celles des modélisations numériques du climat du XXème siècle." porte sur la comparaison entre la réanalyse des précipitations observées avec les résultats des modélisations numériques. Outre que les rétro-prédictions numériques, s'écartent sensiblement des observations, on peut noter qu'il arrive que les signes de l'évolution des précipitations soient carrément inversés dans les modèles par rapport aux observations.
Comme l'auront certainement remarqué les lecteurs avertis, une des caractéristiques fondamentales du projet 20CR est sa capacité à intégrer des données relatives à des pas de temps très courts (quelques heures à quelques jours). Ceci est absolument essentiel en ce sens que cette approche permet d'utiliser les algorithmes et les raisonnements bien rodés de la météorologie (visions synoptiques). Cette technique qui nécessite évidemment l'utilisation d'une quantité astronomique de données et de très puissants ordinateurs, fait écho à ce que nous disait Pierre Morel qui évoquait le fossé, difficilement franchissable, qui existe entre la météorologie et la climatologie. En bref, les auteurs de l'article commenté ici, ont utilisé ce que Pierre Morel appelle "l'assimilation des données" sur une très longue période de temps pour restituer le climat du passé. Il est malheureusement évident que ceci reste impossible pour le futur et les prédictions/scénarios du type de ceux du GIEC dont on voit d'ailleurs qu'ils sont défaillants même pour rétro-prédire les évolutions des principaux indicateurs du XXème siècle.
- La conclusion du climatologue Roger Pielke Sr sur les résultats présentés par cet article, est sans concession : " Les résultats obtenus jusqu'à maintenant sont tout à fait provoquants en ce sens qu'ils soulèvent encore des questions sur la capacité des modèles du GIEC à reproduire (i.e. à faire des rétro-prédictions) l'évolution du système climatique durant les cent dernières années." - L'historien Emmanuel Garnier, l'auteur de "Les dérangements du temps : 500 ans de froid et de chaud en Europe" que nous avons signalé dans la pages des liens, a déclaré récemment, au cours d'un minicolloque organisé par l'Institut Français du Vin à Colmar, que : "Le caractère inédit et trop souvent mis en avant du réchauffement observé ces dernières années ou des événements extrêmes qui lui sont souvent associés comme les sécheresses, canicules, inondations et autres tempêtes, n'est pas fondé au regard des sources historiques." Voilà qui rejoint les résultats présentés par le projet 20CR (qui ne remonte pas si loin, cependant). A noter également qu'un groupe composé majoritairement de physiciens de l'Université de Berkeley (Ca) a également entrepris un vaste projet de remise à plat des mesures de températures du globe, comme je vous l'avais signalé dans ce billet. Tout cela va dans le bon sens ! Pour terminer sur une note plus amusante et grâce aux numérisations des articles de journaux effectuées par Google, il est maintenant relativement aisé de relire des dépêches qui remontent jusqu'au XIXème siècle. C'est ainsi qu'on peut lire qu'en 1922, l'Arctique s'était tellement réchauffé et avait tellement fondu que certains clamaient que le Nord des USA aurait bientôt un climat Sub-tropical (!)... Quelques années plus tard (en 1975) on nous affirmait que nous risquions un nouvel âge glaciaire, et ainsi de suite.
Lors de l'une de ses récentes conférences, Richard Lindzen, lui-même, n'avait pas hésité à tirer un pied de nez aux alarmistes de la glace fondue, en présentant ce texte du Weather Bureau (l'Office de Météorologie US de l'époque) qui date de 1922. Ce texte officiel nous raconte, entre autres, que les "phoques trouvaient l'eau trop chaude" et qu'il s'agissait d'un "changement radical du climat" et que "beaucoup de glaciers bien connus avaient entièrement disparu"
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04 Octobre 2010 : Océans : A la recherche de la chaleur perdue... Comme tous les lecteurs de ce site le savent, le réchauffement (ou changement) climatique résulte, d'un point de vue global, de la différence entre l'énergie entrante (apportée par le soleil, la géothermie étant pratiquement négligeable de ce point de vue) et l'énergie sortante rayonnée vers l'espace à partir du sommet de l'atmosphère (appelée TOA, "top of atmosphere"). Si l'énergie entrante est supérieure à l'énergie sortante (par exemple, à cause de l'effet de serre); la planète se réchauffera. Et l'inverse, mutatis mutandis. L'évaluation aussi exacte que possible du budget énergétique global (c'est-à-dire, ce qui rentre dans le système climatique, ce qui y reste et ce qui en sort), sa clôture et sa confrontation avec les modèles constituent, à l'évidence, un test crucial pour les théories soutenues par les climatologues proches du GIEC et évidemment pour la "théorie de l'effet de serre anthropique".
Dans un email du mois d'octobre 2009 (que j'avais rapporté dans ce billet), révélé lors du Climategate du CRU de l'Université d'East Anglia, Kevin Trenberth exprimait ses inquiétudes au sujet de la clôture défaillante du budget énergétique de la planète, auprès de son célèbre collègue Michael Mann. A noter que Kevin Trenberth s'est fait connaître en publiant un célèbre schéma du bilan des échanges énergétiques soleil-planète-atmosphère (au Watt/m2 près), dès 1997, suivi par une nouvelle version publiée en 2008 (au demi watt/m2 près). Mann, lui, est, et restera sans doute à jamais, l'auteur de la très célèbre courbe en crosse de hockey, publiée en 1998-99 et icône du rapport TAR du GIEC, que j'ai évoquée dans ce billet, rédigé il y a (déjà) quatre ans. Tous deux sont des auteurs principaux et des leaders du Working Group I du GIEC.
Kevin Trenberth
Mike Mann
Inutile d'ajouter que le "It's a travesty" ("c'est grotesque") de Kevin Trenberth a fait couler beaucoup d'encre (ou d'octets sur le WEB). Et de fait, Kevin Trenberth avait de très bonnes raisons d'être inquiet : il s'agit d'un point clef sur lequel repose la plus grande partie de l'édifice construit par les climatologues proches du GIEC. Il y a déjà plusieurs années que les scientifiques indépendants du GIEC s'efforcent d'attirer l'attention sur le fait que les résultats des modèles s'écartent de plus en plus en plus de la réalité observée, notamment depuis le début du XXIème siècle et pour ce qui est du budget énergétique, comme je l'avais rapporté dans ce billet. En bref, les modèles prévoient que la Terre (et surtout les océans) devraient amasser plus de chaleur qu'elle ne le fait. Et de fait, les mesures montrent que la Terre est plutôt en train de perdre de la chaleur et ceci depuis plusieurs années... Trenberth, l'auteur du email rappelé ci-dessus et qui est "LE" spécialiste (pro-GIEC) du bilan énergétique de la planète, n'a pas hésité à en informer l'ensemble de ses collègues climatologues en écrivant un article très important, pour ne pas dire crucial...mais qui est passé inaperçu (au moins des médias français, à ma connaissance).
Le titre : "A la recherche de l'énergie de la Terre." Voici les deux figures (et une traduction des légendes) de l'article de Trenberth et Fasullo (caractères engraissés par l'auteur du site) : "Où s'en va l'énergie ?
Pour les non-anglophones, voici la même figure avec ses indications en français. La figure originale est en accès libre sur le site de la National Science Foundation (US).
" Figure (B) : La croissance continue du dioxyde de carbone et la hausse du niveau des mers sont en opposition avec la variation de la température de l'air à la surface. Ndt : Tout comme le graphe (A), le graphe (B) met en évidence, mais d'une manière différente, le grave problème soulevé par Trenberth et Fasullo (et par nombre de scientifiques indépendants, tels que Roger Pielke Sr ou Craig Loehle, avant eux) . En bref, les températures ne montent plus ou baissent, après 2000, tandis que le taux de CO2 continue à augmenter et, avec lui, pensent Trenberth et Fasullo, le déséquilibre radiatif... Voici quelques phrases clefs extraites de l'article de Trenberth et Fasullo : Traduction : "Depuis les cinquante dernières années, les océans ont absorbé environ 90% de l'énergie ajoutée au système climatique; le reste a servi a faire fondre les mers glacées, à réchauffer la surface des terres et l'atmosphère (4). Les concentrations de CO2 ont poursuivi leur croissance depuis 2003 et encore encore plus de chaleur derait s'être accumulée une vitesse plus grande, depuis lors. Où donc est passée cette énergie (voir la figure) ? "
A l'évidence, tout le monde est d'accord pour considérer que cette "chaleur perdue" doit être recherchée dans les océans qui, comme chacun le sait, recouvrent quelques 70% de la planète et absorbent 90% de l'énergie ajoutée au système climatique (selon Trenberth et Fasullo eux-mêmes)... Comme je l'ai déjà expliqué, du point de vue thermique, il est raisonnable de considérer que les océans sont constitués de trois couches superposées, entre lesquelles, bien entendu, se produisent des échanges plus ou moins efficaces, en fonction des grandes circulations thermohalines que j'ai brièvement évoquées, entre autres, dans ce billet. : -Une couche superficielle qui part de la surface et s'étend jusqu'à une profondeur de quelques centimètres. C'est la couche dont la température est mesurée par les satellites sous le nom de SST (Sea Surface Temperature). Cette couche de surface est particulièrement sensible aux vents dominants qui la refroidissent par évaporation. Le temps de réponse de cette couche aux diverses sollicitations est évidemment très court. Les variations de température sont pratiquement instantanées. Compte tenu de son très faible contenu thermique, cette couche présente une très faible inertie thermique. La couverture géographique des quelques 3300 balises ARGO qui explorent cette zone critique des océans est particulièrement fournie comme le montre l'image ci-contre, à droite, dans laquelle les points noirs représentent les balises en activité. Elle ne peut évidemment couvrir les régions des mers glacées comme on le voit sur cette image. -La couche dite "abyssale" qui va d'environ -1000m jusqu'au fond des océans. Comme chacun le sait la température des profondeurs océaniques est sensiblement constante et égale à environ 4°C. La lumière n'y parvient que très difficilement, pour ne pas dire pas du tout. C'est le domaine des grands fonds. L'inertie thermique de cette couche abyssale est considérable. On estime qu'il faut plusieurs centaines d'années pour que les variations thermiques de cette couche soient perceptibles à la surface. Cette énorme inertie thermique est souvent invoquée pour expliquer le retard des quelques 500 à 800 ans qu'a subie la variation de la concentration de CO2 atmosphérique par rapport à la température de la surface lors des dernières déglaciations (voir dans ce billet). Comme l'ont précisé Trenberth et Fasullo, 90% de la chaleur emmagasinée par suite du "réchauffement climatique", doit se trouver dans les océans. C'est donc là qu'il faut chercher. Nous allons considérer successivement les trois couches océaniques mentionnées ci-dessus... à la recherche de la chaleur manquante..
Pour comprendre comment la lumière (visible, UV et Infrarouge) est absorbée par l'eau, il est bon de se référer au graphe ci-contre (tiré d'un article publié dans Applied Optics en 1973). Pour le sujet qui nous préoccupe ici, il n'est pas question que les radiations infrarouges, en principe amplifiées par l'effet de serre du CO2 anthropique, restent stockées dans la couche surfacique des océans. Autrement dit encore, ce n'est pas ici que nous trouverons la "chaleur perdue". Et, du reste, personne ne le prétend. Bien entendu, la lumière visible (et ultraviolette) parvient à pénétrer en profondeur dans les océans, au moins dans quelques mètres ou quelques dizaines de mètres comme tous les plongeurs sous-marins l'ont constaté. Mais ceci est constant et n'a rien à voir avec l'effet de serre, ni avec la "chaleur perdue". La couche intermédiaire 0-1000 m est évidemment de la plus grande importance pour le sujet qui nous préoccupe puisqu'elle participe directement aux échanges océans-atmosphère. Si la "chaleur manquante" se trouve quelque part, c'est là que nous devrions la trouver. Nous allons nous y attarder.
L'évaluation du contenu thermique de cette couche, examiné à la loupe, notamment à l'aide des balises ARGO, a fait l'objet de plusieurs études. Les mesures des balises ARGO étant maintenant considérées comme fiables, les résultats sont désormais difficilement contestables. Voici donc un article publié tout récemment online. Il est encore sous presse et ne paraîtra sous forme imprimée qu'en Novembre prochain.
International Journal of Geosciences, 2010, vol. 1, no. 3 (November) – Sous presse Donc plus récent que l'article de Trenberth et Fasullo indiqué ci-dessus. Résumé :" Une estimation de la tendance au réchauffement global, publiée récemment, indique 0.63 ± 0.28 W/m2. Elle est calculée à partir de l'anomalie du contenu thermique des océans de 1993 à 2008. Cette valeur n'est pas représentative du récent (2003-2008) taux de refroidissement/réchauffement à cause d'une stagnation qui s'est produite vers 2001-2002. En utilisant seulement les données des bouées Argo de 2003 à 2008, nous trouvons, à l'aide de quatre algorithmes différents que la tendance récente s'étend de –0.010 à –0.160 W/m2 avec une incertitude typique de ±0.2 W/m2.
"Figure 1. Contenu thermique des océans déduit des mesures ARGO (échelle de gauche, en bleu, données originales, en rouge : données filtrées) et température de surface des océans (échelle de droite, en vert). A noter que les résultats (moyennés, en vert) publiés par le Hadley Center (qui est aussi responsable aussi des mesures de températures HadCruT) sont cohérents avec le résultats montrés par Knox et Douglass.
La conclusion de cet article est tout à fait explicite : "Trenberth and Fasullo (TF) [2] believe that missing energy has been accumulating at a considerable rate since 2005. According to their rough graph, as of 2010 the missing energy production rate is about 1.0 W/m2, which represents the difference between FTOA ~ 1.4 and FOHC ~ 0.4 W/m2. It is clear that the TF missing-energy problem is made much more severe if FOHC is negative or even zero. In our opinion, the missing energy problem is probably caused by a serious overestimate by TF of FTOA, which, they state, is most accurately determined by modeling. "Trenberth et Fasullo (TF) pensent que l'énergie manquante s'est accumulée à un taux considérable depuis 2005. A partir de leur graphique simplifié, et pour ce qui est de 2010, la production d'énergie manquante est d'environ 1 W/m2, ce qui représente la différence entre le FTOA ~1,4 et le FOHC~0,4W/m2 (Ndt : FTOA est le flux de chaleur rentrant à partir du sommet de l'atmosphère, FOHC celui qui part dans les océans). Il est clair que le problème de l'énergie manquante de Trenberth et Fasullo est rendu beaucoup plus sévère si la FOHC est négative ou même égale à zéro. Nous pensons que le problème de l'énergie manquante est probablement dû à une forte surestimation par Trenberth et Fasullo du FTOA, qui, affirment-ils, est déterminé avec une grande précision à partir des modèles. Ndt : Je précise que le flux venant du sommet de l'atmosphère, le FTOA est défini par Knox et Douglass comme "le flux radiatif net rentrant (inward) qui passe à travers la sphère externe". FOHC est défini comme la vitesse de variation du contenu thermique des océans divisé par la surface de la terre, ce qui donne l'équivalent d'un flux d'énergie. Autrement dit, Knox et Douglass ne trouvent pas "d'énergie manquante" dans les océans. Au contraire, ces derniers se refroidissent... A noter qu'en première approximation, le flux radiatif FTOA est donné par la formule suivante : FTOA = 0,62 (dH0/dt) -Fg FTOA est en W/m2. L'unité de temps est une année. H0 est le contenu thermique de la tranche considérée. Il est exprimé en unités de 1022 joules. Fg est le flux correspondant à la géothermie.
Voici le graphe maître de cet article de 2009, avec sa légende : "Fig. 3. Valeur de la FTOA résultante, au cours de différentes périodes montrant la relation entre les variations du climat (lignes en tiretés) . De 1960 à 1975: −0.15 ± 0.10 W/m2; de 1975 à 2000: 0.15 ± 0.07 W/m2; et après 2000: −0.303 ± 0.187 pour les mesures CERES; −0.224 ± 0.99 W/m2 pour Argo; −0.087±0.03 W/m2 tirés de Levitus [ref 18]. Chacune de ces valeurs est corrigée de +0.060 W/m2 si on veut prendre une valeur plus "conservatrice" pour Fg (Cf section 5.2) " Comme on le constate, l'anomalie du flux sortant de l'atmosphère vers l'espace aurait changé plusieurs fois de signe au cours de cette période. Knox et Douglass précisent qu'ils rejoignent, également et entre autres, les observations de Swanson et Tsonis ( Geophys. Res. Lett. 36 (2009) L06711, doi:10.1029/ " White et al.[44] state: “global warming and cooling arise from fluctuations in the global hydrological balance, not the global radiation balance.”"
La mesure du réchauffement ou du refroidissement (forcément très faible, voir ci-dessous) des mers, dans les profondeurs abyssales est, comme on s'en doute, extrêmement délicate. A vrai dire, il n'existe pas d'autre méthode que celle qui consiste à laisser descendre un thermomètre (ou encore un appareil de mesure de la salinité) au bout d'un fil. Obtenir des mesures précises et fiables sur les immenses surfaces couvertes par les océans avec une telle méthode relève d'un exploit... Très loin d'être réalisé. Les mesures de ce genre sont donc aussi rares que sujettes à caution. C'est d'ailleurs ce que nous disait, en 2009, un spécialiste de la question, Gregory Johnson de la NOAA dans une communication dont voici les références : Extraits : "Les grandes distances qui séparent les sections hydrographiques (Ndt : autrement dit, le fait que les points de mesure sont très dispersés) et le fait qu'ils sont réoccupés seulement de décennie en décennie (Ndt : autrement dit, les mesures sont aussi très espacées dans le temps) rendent difficile la quantification de la contribution du récent réchauffement abyssal observé au budget de la chaleur du globe. La quantification de la contribution du réchauffement et du refroidissement observés pour le budget de la hausse du niveau des mers est difficile, pour les mêmes raisons." Ce qui est pure vérité. La rareté des points de mesures dans l'espace et dans le temps ne permet pas de tirer de conclusions scientifiquement établies. Ce qui n'empêche pas Johnson d'affirmer dans la suite du même papier que "Cependant, l'analyse quantitative suggère que les variations abyssales peuvent jouer un certain rôle dans la chaleur globale et dans les budgets de la hausse du niveau des mers." Ce qui, vous en conviendrez est quelque peu contradictoire et fait appel à une certaine imagination, pour ne pas dire à une certaine croyance. Affirmer dans le même article que "la quantification est difficile ", puis expliquer pourquoi, et enfin déclarer qu'une "analyse quantitative" pourrait prouver quelque chose est plutôt étonnant. Malgré ces difficultés compréhensibles, le même auteur de la NOAA (Greg Johnson) n'a pas hésité à rédiger un article tout récent (encore sous presse) dans lequel il nous donne quelques informations sur la "chaleur perdue" dans les profondeurs abyssales. Voici les références de cet article : "Warming of Global Abyssal and Deep Southern Ocean Waters Between the 1990s and 2000s: Contributions to Global Heat and Sea Level Rise Journal of Climate (accepté le 18 août 2010) (sous presse) Une version pre-print de cet article de 49 pages est disponible à cette adresse. Compte tenu de la rareté des mesures et des méthodes d'interpolation employées, c'est évidemment très compliqué. "Cette étude montre que les profondeurs des océans -en dessous de 3300 pieds- prélèvent environ 16% de ce que la partie supérieure des océans absorbe. Les auteurs notent qu'il existe différentes causes possible pour ce réchauffement en profondeur : Un déplacement des vents des océans du Sud, une variation de la densité de ce qui est appelé "Eau du Fond de planétarium", ou encore de la vitesse avec laquelle cette "eau du fond" est formée près de l'Antarctique et à quel endroit elle s'enfonce pour remplir les portions les plus profondes et les plus froides de l'océan autour de la plus grande partie du globe. Que faut-il en retirer ? D'autre part, cet article pose quand même quelques problèmes aux lecteurs avertis :
Si vous avez eu le courage de lire ce billet in extenso (bravo !), vous connaissez déjà la réponse à la question que tout le monde se pose : La "chaleur perdue "ou "l'énergie manquante" considérable (selon les modèles) qui résulte de la différence entre l'énergie entrante et l'énergie sortante de la planète, ne se trouve pas à l'endroit où elle devrait se trouver : dans les océans. Elle ne se trouve ni dans la couche surfacique, ni dans la couche intermédiaire, ni dans les profondeurs abyssales. De fait, on ne la trouve nulle part. Dès lors, on comprend l'inquiétude de Kevin Trenberth qui déclare "It's a travesty". C'est grotesque, en effet. A vrai dire, Trenberth reconnaît honnêtement qu'il n'a pas de réponse. Même si, selon lui, on considère les énergies qui ont été nécessaires pour la fonte des glaces, des glaciers etc... le compte n'y est pas et on en est très loin. Alors ? Tout d'abord, il est intéressant, au moins du point de vue de la psychologie des chercheurs qui travaillent pour le GIEC, de se souvenir que Kevin Trenberth a déclaré, à propos de la "chaleur perdue" et sous différentes formes : "The heat will come back to haunt us sooner or later." C'est à dire "La chaleur reviendra nous hanter, tôt ou tard".
L'article de la NSF, précise que "Scientists at the National Center for Atmospheric Research (NCAR) in Boulder, Colorado., warn that satellite sensors, ocean floats, and other instruments are inadequate to track this "missing" heat, which may be building up in the deep oceans or elsewhere in the climate system." Soit : " Des scientifiques du Centre National Pour la Recherche Atmosphérique (le NCAR) à Boulder dans le Colorado (Ndt : en fait essentiellement Trenberth), avertissent que les capteurs des satellites, les bouées flottantes (Ndt :Allusion au système ARGO) et d'autres instruments sont inadéquats pour retrouver la trace de la "chaleur manquante" qui est peut-être en train de s'installer dans les profondeurs des océans ou quelques part ailleurs dans le système climatique." Certes mais dans cette hypothèse qui n'est pas vérifiée par les mesures les plus récentes et compte tenu de l'énorme inertie des profondeurs abssales la chaleur prendrait son temps... avant de revenir "nous hanter". Bref, selon Trenberth, rien ne marche dans les instruments d'observations qui sont incapables de retrouver sa "chaleur manquante"... Sans aller bien loin, et avant d'essayer de se faire une opinion, il faut se souvenir que :
En bref, c'est parfaitement clair : A l'instar de la quasi-totalité des climatologues, Trenberth pense que les modèles et, en particulier, les modèles numériques (sur ordinateur) sont forcément corrects et que si les mesures et les observations ne les confirment pas, c'est que les mesures et les observations sont erronées ou "inadéquates" comme il le dit. Malheureusement, cette croyance (cette foi) dans les modélisations du climat qui sont pourtant très loin d'être assurées, est extrêmement répandue.
Cependant, j'en connais certains qui accuseront certainement les climato-sceptiques d'avoir dérobé la chaleur manquante....Les Klimaseptiks sont comme le réchauffement climatique : Ils sont toujours responsables de tout. Y compris d'avoir caché la "chaleur perdue", comme on le voit sur l'affichette ci-contre (due au talent de Yann Goap -Jean le Moqueur.) A suivre : C'est une affaire... brûlante ! |
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9 Septembre 2010 : Les glaces polaires fondent deux fois moins vite qu'on l'affirmait auparavant. On avait largement sous-estimé un paramètre crucial, nous indique un article tout récent, paru dans Nature Geoscience. Comme vous le savez, la Science progresse, jour après jour, contre vents et marées, loin des parti-pris médiatico-politiques qui ont sérieusement dévoyé la progression des sciences du climat. Cette page, comme quelques autres, apporte de multiples preuves que ce qui avait été tenu pour certain et affirmé comme tel il y a peu encore (y compris dans les rapports du GIEC), était, en fait, gravement erroné. 1) Introduction : La fonte de la masse des glaces polaires, susceptible de faire monter le niveau des océans, a été suivie avec beaucoup d'attention depuis 2002, à l'aide d'un instrument satellitaire remarquable (appelé GRACE) capable de mesurer de très faibles variations du champ gravitationnel de notre planète. Ces changements du champ gravitationnel sont évidemment liés à la distribution des masses sur la terre, incluant l'eau et la glace. Quand la glace fond et que l'eau de fonte s'écoule dans la mer, ceci est perçu comme une variation du champ gravitationnel. Ces mesures sont couramment nommées mesures gravimétriques. Quelques mots sur la mission GRACE ("Gravity Recovery and Climate Experiment", déjà évoquée dans deux billets de Nov. 2006 et Nov. 2007. ). On trouvera des informations beaucoup plus complètes sur le site de la NASA.
La mission GRACE consiste en un couple de deux satellites identiques qui sont placées en orbite basse à 500 km au dessus de la terre. Ces deux satellites voyagent en tandem sur la même orbite, l'un derrière l'autre. Ils sont distants de 220 km (l'image n'est pas à l'échelle). La détection et l'évaluation de très faibles variations du champ gravitationnel terrestre est obtenue par une mesure très précise de la distance qui sépare les deux satellites jumeaux ainsi que de leurs vitesses.
Les applications des mesures de la mission GRACE sont très nombreuses. Elles vont de l'étude des courants marins, de la mesure de la pression au fond des océans, de l'étude des plissements de la croûte terrestre à la suite des tremblements de terre, à la découverte (en 2006) de "masses cachées" comme le cratère Wilkes qui doit dater de 250 millions d'années et qui est enfoui sous les glaces de l'Antarctique, entre autres exemples. C'est très exactement ce que nous dit un article très récent paru dans la revue Nature Geoscience 2) L'article qui nous explique que les mesures de la fonte de la glace des pôles était largement surestimée : NATURE Geoscience Vol 3, 642-646, Septembre 2010. (Publié on-line le 15 août. DOI: 10.1038/NGEO938) "Simultaneous estimation of global present-day water transport and glacial isostatic adjustment" "Estimation simultanée du transport d'eau global actuel et l'ajustement glaciaire isostatique." Jet Propulsion Laboratory, California Institute of Technology,USA
Résumé : "Le transport des eaux à l'échelle globale entre les océans et les continents pendant la transition entre les périodes glaciaires et interglaciaires, a été gigantesque. La terre considérée comme un solide visco-élastique a répondu à ces décharges de vastes masses de glace par une hausse des masses continentales, suivant un processus nommé ajustement glacial isostatique. De plus, des variations significatives dans la distribution terres/océans se produisent actuellement. Comme la variation actuelle de l'épaisseur eau/glace et de l'ajustement glaciaire isostatique actuel affectent les mesures géodésiques vue de l'espace, il est difficile de séparer les contributions relatives de ces deux processus. Quelques mots d'explications: "La terre est considérée comme un solide visco-élastique" signifie, par exemple, que lorsqu'un continent est assez brusquement soulagé d'une couverture de glace, la croûte terrestre va relaxer lentement et sans oscillations pour s'adapter à cette variation de masse. Ce "rebond" glaciaire isostatique suit approximativement les lois d'un oscillateur amorti (par la viscosité) au delà du régime critique, c'est à dire que la déformation tend asymptotiquement vers une limite... jamais atteinte. C'est exactement comme si vous lâchiez un ressort, préalablement comprimé, dans un liquide très visqueux comme de la mélasse. Le ressort n'oscillera pas et retournera lentement vers sa position détendue. Un des auteurs de l'article indique l'analogie avec le retour à l'équilibre d'un matelas, lorsqu'on se lève après y avoir passé toute la nuit.
C'est cet ajustement glaciaire isostatique qui avait été largement mésestimé lors des précédentes études. Plutôt que d'utiliser les mesures directes ( y compris avec des GPS convenablement disposés) comme les auteurs de cet article, les chercheurs s'étaient basés essentiellement sur des hypothèses et des résultats de modèles qui s'avèrent donc, et pour le moins, gravement déficients. Le résultat final de la fonte des glaces était surestimé d'un bon facteur 2, ce qui est évidemment considérable. L'image ci-contre est extraite de l'article de Wu et al. Estimation moyenne de la PDMT du globe (PDMT : Present Day Mass Trend :Evolution actuelle des masses) incluant la masse atmosphérique en équivalent d'épaisseur d'eau. Code des sigles : AIS (Abbott Ice Shelf), ASE (Amundsen Sea embayment), DML (Dronning Maud Land), KIS (Kamb Ice Stream), RIS (Ross Ice Shelf), Totten (Glacier), WIS (Whillans Ice Stream), WL (Wilkes Land). Les parties colorées en bleu indique les fontes de glace. Les parties colorées en jaune ou orange indiquent un renforcement. Dans l'état actuel, la principale source d'eau de fonte se trouve au Groenland et dans le Yukon. La contribution de l'immense continent Antarctique est nettement moins importante. A vrai dire, la plus grande partie ne fond absolument pas. Comme on le voit, la situation est nettement plus complexe qu'on voudrait nous le faire croire.
Cette autre image; extraite du même article illustre une comparaison entre les résultats des mesures de l'ajustement glaciaire isostatique (à gauche) effectuées par Wu et ses collaborateurs d'une part et, d'autre part, les tendances précédemment utilisées (à droite) déduites d'un modèle appelé ICE-5G/IJ05/VM2 . Comme on peut le voir les divergences mesures/modèles sont considérables, notamment sur le Groenland, l'Antarctique et le Continent Asiatique. Comme chacun le sait (ou devrait le savoir) les résultats des modèles peuvent s'avérer complètement erronés.
La conclusion de l'article aborde la question cruciale qui concerne la contribution de la fonte de glaces à la hausse du niveau des mers. Comme on l'imagine, les estimations précédentes qui figurent dans tous les rapports qui traitent de ces question, devront être sérieusement revues à la baisse. Voici cette conclusion : Implications and perspectives Implications et perspectives "L'inversion cinématique simultanée globale présentée ici nous permet de séparer les signatures de l'Evolution Actuelle de la Masse (PDMT) et l'Ajustement Glaciaire Isostatique (GIA) dans les données géodésiques avec une précision sans précédent. Ces résultats sont obtenus en combinant les données géodésiques multi-satellites de haute précision avec des informations a priori de la dynamique (GIA) de l'ajustement glaciaire isostatique ainsi que de l'étendue spatiale (relativement bien délimitée) de la déglaciation à partir des données géologiques glaciaires. L'amélioration de l'ajustement glaciaire isostatique et l'augmentation de la résolution et de la précision obtenue à partir de la combinaison des données, résultent en une estimation en baisse (environ d'un facteur deux) de la perte de glace du Groenland et de l'Antarctique pendant la période 2002-2008 par rapport aux autres estimations (corrigées de l'ajustement glacial isostatique) obtenues par GRACE. La hausse non-stérique (NDT : C'est à dire, hors dilatation thermique) du niveau des mers est estimée à 0,54±0,3mm/an (globale) et à 0,70±0,3 mm/an (entre les latitudes +66 et -66°). Cependant, la période couverte par les données géodésiques, est encore courte. Par exemple, la hausse du niveau des mers observée par Jason-2 de 2002 à 2008 contredit fortement la tendance pour une plus longue durée (33 ans). Ceci montre que l'estimation de la PDMT (Le mouvement de masse actuel) observé dans Jason-2 ou de tout autre coefficient PDMT, doit être de nature interannuelle ou décennale plutôt qu'une tendance à l'échelle centennale. Notre estimation de l'ajustement glacial isostatique met en évidence de nouvelles observations dans des zones où les modèles de l'ajustement glaciaire isostatique sont connus pour être défaillants...." 3) Sur le site de l'Université TU de Delft, on trouve un article explicatif ainsi que des déclarations de chercheurs qui ont participé à cette étude. "S'appuyant sur ce principe (NDT : c'est à dire sur les mesures de GRACE), les estimations antérieures pour la couverture glacée du Groenland avaient calculé que la glace fondait au rythme de 230 gigatonnes par an. Ceci résulterait en une hausse du niveau moyen des mers d'environ 0,75mm/an. Pour ce qui est de l'Antarctique Ouest, l'estimation était de 132 gigatonnes par an. Cependant, il apparaît maintenant que ces résultats n'étaient pas correctement corrigés de l'ajustement glacial isostatique qui correspond au phénomène de rebond de la croûte terrestre du fait de la fonte des couvertures massives de glace depuis le dernier âge glaciaire, il y a quelques 20.000 ans. Ces mouvements de la croûte terrestre doivent être incorporés dans les calculs, parce que ces mouvements verticaux modifient la distribution de la masse terrestre et, en conséquence, ont aussi une influence sur le champ gravitationnel." ... "L'aspect innovant de notre méthode consiste à comparer de manière simultanée le changement présent de la masse glaciaire et l'ajustement glacial isostatique avec les observations, plutôt que de supposer que tel ou tel modèle d'ajustement isostatique est correct " a déclaré le Dr Vermeesen. " Pour ce qui concerne en particulier le Groenland, nous avons trouvé que l'ajustement glacial isostatique diffère assez fortement des hypothèses généralement acceptés."... 4) Dans le même volume de la revue NATURE Geoscience et dans la section "news and views" (Nature Geoscience 3, 596 - 597 (2010)), d'autres chercheurs, spécialistes des glaces polaires, illustrent les résultats obtenus par Wu et al :
Voici, extraite de ce court article, la figure qui nous dit tout sur la différence considérable qui existe entre les précédents estimations et les nouvelles : Légende la figure : " Cumulative mass loss of Greenland’s ice sheet. The estimate by Wu and colleagues of Greenland ice-mass loss since 2003 (red) is considerably lower than an earlier predicted value (blue), owing in part to larger than previously estimated subsidence rates of the underlying bedrock. Only the blue curve was corrected for changes in atmospheric mass, but these corrections are small over Greenland, and the curves and their differences can thus be interpreted in terms of contribution to global mean sea level (right-hand scale). The shaded areas reflect stated uncertainties." "La perte de masse cumulée de la glace du Groenland. Comme vous le voyez, il ne s'agit pas d'un détail : Les glaces fondent deux fois moins vite que ce qui avait été affirmé auparavant (y compris dans le rapport AR4 du GIEC). Soit environ 0,3 mm/an d'équivalent de hausse du niveau des mers au lieu de 0,63 mm/an. 5) Quelques commentaires : - Tout d'abord, il est évident qu'il faut revoir à la baisse les estimations du rapport AR4 (2007) du GIEC qui prévoyait une hausse du niveau des mers de quelques 18-59 cm en 2100. Il est tout aussi évident que les estimations catastrophiques de certains (telles que celles de Rahmstorf et de ses collègues qui avaient, à tort, protesté contre les "sous-estimations" (selon eux) du GIEC, (ainsi que je l'avais évoqué dans un billet de Jan. 2009 au sujet du Groenland) devraient être sérieusement corrigées. Idem pour les quelques mètres de hausse prévues par Al Gore ou J. Hansen. - Les résultats de cette recherche sur la fonte des glaces polaires sont franchement rassurants. La fonte des glaces polaires et environ deux fois moins importante qu'on le pensait. Cependant, dans certains pays démocratiques, une partie de la presse, surtout via Internet, tente de faire son travail en rapportant aussi bien sur les bonnes nouvelles que sur les moins bonnes. Daily Mail (UK): " Les calottes polaires fondent "deux fois moins vite que prévu". Une petite fraction de la presse francophone (merci aux lecteurs attentifs pour les compléments) a publié quelques infos sur cette nouvelle importante : Suisse : Vingt Minutes online : "La calotte glaciaire fond moins vite" Comme on le constate, les titres sont très semblables. En réalité, ces dépêches sont très largement inspirées voire copiées-collées sur celle de l'AFP. Beaucoup, et pas des moindres (télés, radios, grands quotidiens), manquent encore à l'appel (sauf omission de ma part). Ils n'avaient pourtant pas laissé passer ça. (le 20 Janvier 2010) à propos de la fonte des glaces. On trouve, dans cet article journalistique, des phrases typiques de ce genre de prose, telles que " l’accélération récente de leur fonte est encore plus marquée que ce que l'on pensait " (sic).
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31 Août 2010 : Un traitement élaboré des données disponibles montre qu'il n'y a pas d'accélération de la hausse du niveau des mers depuis au moins cent ans, contrairement aux prévisions apocalyptiques et aux affirmations maintes fois répétées. C'est le résultat auquel sont parvenus deux chercheurs allemands (Manfred Wenzel et Jens Schröter) de l'Alfred Wegener Institute for Polar and Marine Research, Bremerhaven, Allemagne) et qui vient d'être publié ( le 13 Août 2010) dans le : J. Geophys. Res., 115, C08013, doi:10.1029/2009JC005630. (2010) Sous l'intitulé : "Reconstruction des anomalies du niveau moyen des océans à l'échelle locale, mesurées par les jauges de niveau, au moyen de réseaux neuronaux." Abstract : Résumé: Quelques explications préliminaires :
1) Les marégraphes (figure ci-contre de l'Université du Colorado) qui mesurent le niveau des océans en bordure des côtes sont basés sur un principe assez simple. On mesure, à l'aide d'un laser et par rapport à un pylône planté dans le sol, l'élévation d'un flotteur placé à l'extrémité d'un ponton qui s'avance dans la mer. C'est dans le but de de tenir compte de ces variations du niveau de référence que sont disposés les différents appareils que l'on voit sur la droite de cette image.
Par exemple, le niveau de la mer baisse au voisinage de la côte Est de l’Afrique et de la côte Ouest de l’Amérique du Sud et de l’Amérique du Nord, comme on le voit sur l''image ci-contre qui indique l'évolution des niveaux océaniques entre 1993 et 2003 mesurée à partir des données altimétriques des satellites TOPEX-POSEIDON. Il est visible que le niveau des océans a monté dans l'Ouest de l'océan Pacifique mais qu'il a baissé à l'Est. La comparaison des mesures indiquées par les marégraphes ( 1.56 ± 0.25 mm/an) avec les mesures satellitaires récentes (3,2
± 0.4 mm/an), tout en tirant la conclusion que la hausse du niveau des océans s'accélère est pour le moins fallacieuse. Il s'agit de deux méthodes de mesures différentes qu'il semble, pour l'instant, difficile de réconcilier. Il n'en reste pas moins que le traitement des mesures marégraphiques (et satellitaires) est particulièrement délicat. C'est pourquoi, l'idée des auteurs de l'article commenté ici, est aussi astucieuse que novatrice. La technique des réseaux neuronaux est tout spécialement adaptée au traitement de données complexes affectées par un nombre important de variables plus ou moins bien connues. A ma connaissance, elle n'a pas encore été appliquée au traitement des diverses données climatiques, telles que les températures ou les données dendrochronologiques, par exemple. L'idée fondamentale des réseaux neuronaux artificiels (ou formels) repose sur la notion d'apprentissage. A l'inverse des logiciels informatiques qui procèdent pas à pas et qui requièrent la connaissance et la compréhension de chaque processus devant conduire au résultat, les réseaux neuronaux sont basés sur la connaissance acquise par l'expérience. De manière un peu caricaturale, on pourrait rapprocher l'idée des réseaux neuronaux formels de celle du savoir-faire par opposition au savoir scientifique. Ainsi, un forgeron a-t-il acquis suffisamment d'expérience pour être capable d'avoir une idée précise de la température d'un métal chauffé sans qu'il lui soit nécessaire de connaître la loi de Wien. Un parallèle concernant les réseaux de neurones biologiques peut être fait en remarquant que l'on peut apprendre à distinguer et à identifier le champ du rossignol par rapport à celui du merle, par simple observation, sans posséder aucune connaissance musicale. . Du point de vue formel, un réseau de neurones formels est représenté de la même manière qu'un réseau de neurones vivants, c'est à dire comme un réseau de neurones interconnectés par des synapses. Le succès de la technique des réseaux neuronaux formels dépend évidemment de la multiplicité des exercices d'apprentissage qui permettent peu à peu d'élaborer avec précision les éléments des fonctions de transfert. La structure du réseau de neurones peut être extrêmement complexe comme c'est le cas de celui qui est utilisé par les auteurs de l'article commenté ici. Pour le cas qui nous intéresse ici, les bases de données nécessaires à l'apprentissage des réseaux neuronaux sont issues de différents organismes qui pratiquent les mesures du niveau des mers à l'aide des marégraphes, tels que le CSIRO australien (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation, l'équivalent du CNRS pour les français) ou le GFZ ( Deutsches GeoForschungsZentrum, Centre de Recherche en Sciences de la Terre) allemand.
Fig. 2 : Position des 56 marégraphes sélectionnés, indiqués par des cercles rouges. La quantité de données mensuelles disponibles pour chacun de ces marégraphes est indiquée par la longueur des barres verticales. Les zones colorées indiquent les régions qui sont concernées par cet article.
Variation du niveau moyen global (C'est à dire la hausse moyenne de tous les bassins océaniques). A noter que dans ce graphe comme dans les suivants, les variations annuelles ont été éliminées par filtrage préalable.
La forme de la courbe est cependant sensiblement différente de celle qui est reportée dans le graphe ci-dessus. En effet, celle-ci montre une concavité notable analogue à celle qui avait été rapportée dans les articles des auteurs précédents ( Church et White, et Jevrejeva et al). Inutile de rappeler que l'allure de cette courbe, contredite par l'analyse toute récente de Manfred Wenzel et Jens Schröter, a fait couler beaucoup d'encre. Beaucoup y ont vu l'indice d'une accélération de la hausse du niveau des mers et en ont déduit des prévisions apocalyptiques... Comme je l'ai précisé ci-dessus et dans un billet précédent, les variations du niveau des océans sont très loin d'être homogènes d'un point à l'autre du globe. Les niveaux de certains océans ont baissé. D'autres ont monté. Les comportements sont très variés.
Variation du niveau du bassin Sud de l'Océan Indien de 1900 à 2007.
Variation du niveau du bassin Sud de l'Atlantique de 1900 à 2007.
Variation du niveau du bassin de l'Atlantique Nord.
Manfred Wenzel et Jens Schröter ont étudié en détail les corrélations entre les variations du niveau des mers des différents bassins représentés sur la carte ci-dessus. Ils en concluent qu'il existe des transferts significatifs entre les bassins contigus. A noter aussi que ces chercheurs ont détecté, dans la variation du niveau des mers, des oscillations multidécennales de 50-70 ans de périodes très proches ou identiques à celles que d'autres chercheurs ont retrouvé, entre autres, dans l'analyse des données de température. Si vous êtes intéressé par cette problématique de la hausse du niveau des mers, je vous invite à relire un billet précédent qui traite d'un article remarquable : P. L. Woodworth1, N. Pouvreau2, and G. Wöppelmann3
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1er Août 2010 : Encore une nouvelle rassurante : Non seulement Les îlots coralliens du Pacifique ne sont pas submergés par la hausse du niveau des océans, mais au contraire, ils "repoussent" quand l'eau monte ! Ils s'adaptent aux variations du niveau des mers. C'est le constat surprenant que viennent de publier deux chercheurs géologues néo-zélandais dans la revue "Globe and Planetary Change". Je me fais un plaisir de vous relater le contenu de cet article novateur, non pas tant parce qu'il représente un énorme pavé dans la mare des alarmistes du réchauffement climatique, mais surtout parce qu'il nous montre, une fois de plus, que la Nature a plus d'un tour dans son sac qui déjoue, toujours et encore, notre imagination ainsi que les prévisions et les modèles aussi simplistes que pessimistes. En guise d'introduction, quelques rappels : En effet, que n'avons nous pas lu, vu et entendu au sujets des atolls coralliens des Maldives, des chapelets d'îlots coralliens du Pacifique etc...qui devaient tous s'engloutir dans les océans, provoquant l'exode de milliers de "réfugiés climatiques"? France 5, la spécialiste du genre, nous racontait, la larme à l'objectif de la caméra, que les habitants de Tuvalu, désespérés, abandonnaient précipitamment leur île (ce qui est complètement faux). Le président des Maldives organisait un conseil des ministres sous-marin, à 3m sous l'eau, le 17 Octobre 2009, c'est à dire peu de temps avant la réunion de Copenhague, afin d'alerter l'opinion publique internationale sur le risque de disparition de son pays (point culminant à 3 mètres) et des autres pays de l'AOSIS (Association de petits états insulaires vulnérables) (photo ci-contre) etc... Souvenez-vous aussi de l'histoire de l'atoll de Takuu (un îlot peuplé, situé à l'Est de la Nouvelle Guinée) qui, selon un "expert" de l'Université d'Auckland, devait être engloutie en 2001, au grand dam de la population. Ce qui ne s'est jamais produit, bien entendu. Tout va bien à Takuu. Le professeur Niels Axel Mörner, un (sinon le) grand spécialiste de ces questions avait beau s'évertuer à essayer de rétablir la vérité sur cette inquiétante perspective (pourtant démentie par les mesures effectuées sur le terrain). Rien n'y faisait. Mörner alla jusqu'à écrire une lettre furibonde au Président des Maldives en lui précisant que les jauges de niveau placées sur les atolls maldiviens n'indiquaient aucune variation depuis 30 ans. Peine perdue. Il faut reconnaître que les résultats indiqués par les jauges de niveau du Professeur Mörner et de ses collègues, ainsi que les nombreuses observations faites sur place (par exemple, un vieil arbre qui avait poussé sur la plage, à peine au dessus du niveau de la mer, portait récemment encore toutes ses feuilles, jusqu'à ce qu'une nuit, il soit mystérieusement tronçonné...), avaient de quoi surprendre. Les mesures effectuées en d'autres points des océans montraient que le niveau de ces derniers montait de 1 à 3 mm/an. Comment cela est-il possible ? Pour comprendre l'étonnante découverte rapportée par les deux chercheurs Néo-zélandais, il est important de savoir comment se sont formés les atolls coralliens. Le dessin ci-contre nous l'explique :
1) Il y a des millions d'années, les coraux commencèrent à se développer sur les flances de volcans émergés, créant ainsi des récifs coralliens de forme circulaire. 2) Tandis que le niveau des mers montait (par exemple, +14 mètres depuis 8000 ans), après la fin du dernier âge glaciaire, les coraux ont continués à croître. Les volcans éteints ont disparus sous l'eau du fait de l'érosion et de la hausse du niveau des mers. 3) Les matériaux calcifères résultant des coraux morts se sont déposé sur les récifs semi émergés, créant ainsi des plateformes circulaires. 4) Ces récifs coralliens ont constitué des sortes de pièges qui, du fait des tempêtes, ont été plus ou moins comblés par de nouveaux sédiments (dont du sable de silice). S'y sont ajoutées des débris calcifères provenant des coraux, des squelettes de mollusque, de coquillages qui constituent l'essentiel du sable des plage. Les îlots sont donc entourés d'un cercle de récifs coralliens qui enserrent des lagons. Le squelette de ces îles est donc constitué d'une matière vivante, les coraux, qui évoluent au gré des circonstances et confèrent un caractère dynamique à la conformation des ces îlots. L'efficacité de ce processus auto-adaptatif par rapport aux variations du niveau marin est indéniable comme le montre l'article paru le 21 Mai 2010 dans la revue Global and Planetary Change.
Comme à l'accoutumée, voici le résumé original suivi d'une traduction en français. ABSTRACT : Low-lying atoll islands are widely perceived to erode in response to measured and future sea-level rise. Using historical aerial photography and satellite images this study presents the first quantitative analysis of physical changes in 27 atoll islands in the central Pacific over a 19 to 61 yr period. This period of analysis corresponds with instrumental records that show a rate of sea-level rise of 2.0 mm yr−1 in the Pacific. Results show that 86% of islands remained stable (43%) or increased in area (43%) over the timeframe of analysis. Largest decadal rates of increase in island area range between 0.1 to 5.6 ha. Only 14% of study islands exhibited a net reduction in island area. Despite small net changes in area, islands exhibited larger gross changes. This was expressed as changes in the planform configuration and position of islands on reef platforms. Modes of island change included: ocean shoreline displacement toward the lagoon; lagoon shoreline progradation; and, extension of the ends of elongate islands. Collectively these adjustments represent net lagoonward migration of islands in 65% of cases. Results contradict existing paradigms of island response and have significant implications for the consideration of island stability under ongoing sea-level rise in the central Pacific. First, islands are geomorphologically persistent features on atoll reef platforms and can increase in island area despite sea-level change. Second, islands are dynamic landforms that undergo a range of physical adjustments in responses to changing boundary conditions, of which sea level is just one factor. Third, erosion of island shorelines must be reconsidered in the context of physical adjustments of the entire island shoreline as erosion may be balanced by progradation on other sectors of shorelines. Results indicate that the style and magnitude of geomorphic change will vary between islands. Therefore, island nations must place a high priority on resolving the precise styles and rates of change that will occur over the next century and reconsider the implications for adaption.
Photo ci-contre : Paul Kench au travail dans les Maldives. Comme on le voit, son activité est probablement moins pénible que celle qui consiste à prélever des carottes de glace au sommet de l'Antarctique... Résumé : L'idée universellement répandue au sujet des îlots (atolls) de faible élévation au dessus du niveau, c'est qu'ils devraient s'éroder en réponse à la hausse du niveau des mers mesurée et prévue pour le futur. Si on voulait résumer le résumé en quelques mots, plus aisément compréhensibles, on dirait que : Des géologues néozélandais, spécialisés dans l'étude des îlots coralliens, ont comparé des photos aériennes historiques, notamment datant de la dernière guerre (en 1943-44), avec les observations satellitaires récentes.
Voici, ci-contre, la zone du Pacifique où se trouvent les 27 îlots coralliens explorés au cours de cette étude. Comme on le voit, les îlots se situent à l'est de l'australie et de la Nouvelle Guinée et au Nord de la Nouvelle Zélande. Tuvalu et Vanuatu situés au centre de la carte sont les plus connus. Je rappelle que les Maldives qui présentent un comportement semblable et sur lesquels travaillent aussi Paul Kench et ses collègues, se trouvent au Sud Ouest de l'Inde. A noter qu'une série de forages prélevés dans les Maldives montre que les îlots actuels ont atteint leur configuration actuelle depuis 4000 à 5000 ans.
Deux exemples, parmi beaucoup d'autres, extraits de l'article, de la comparaison entre les photos aériennes prises en 1944 (côtes indiquées en tiretés) et les photos récentes (côtes en trait plein). Ci-contre à droite : Fig. 8. Lignes de côtes 1944–2006, Îlot de Mwandhom, Atoll Mokil, Etats Fédérés de Micronésie. "Reef rim" désigne la bordure de récifs (coralliens). Comme on le constate, la superficie de l'île a augmenté presque partout, de 1946 à 2006, à l'exception d'une petite portion située à l'opposé du lagon. L'îlot s'est donc légèrement déplacé vers le lagon comme 65% des îlots répertoriés dans l'article. Ci-dessous : Fig. 7. Îlot de Sukoru, Atoll Pingelap, Etats Fédérés de Micronésie.
A noter qu'une série importante d'îlots coralliens montrent des comportements analogues que l'ont peut observer sur des durées aussi courtes que les 20 dernières années, ce qui signifie que le temps de réponse de ces îlots à une hausse, même faible, du niveau de la mer, est relativement rapide. Il n'en reste pas moins que nul ne peut prévoir ce qu'il se passerait si le niveau des eaux augmentait très rapidement, au point de dépasser la capacité d'adaptation des plateformes coralliennes. Cependant, dans l'état actuel des choses, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Bien entendu, une partie importante de l'article est consacrée à l'analyse des facteurs qui pourraient faire évoluer dans un sens ou dans l'autre, la protection des îlots vis à vis de la hausse du niveau des mers, offerte par la Nature. On y apprend, en particulier, que les poissons perroquets ainsi que des algues spécifiques jouent un rôle déterminant dans la survie des coraux et donc pour l'avenir des îlots coralliens. Un certain nombre d'organes de la grande presse anglophone ou germanophone ont rapporté sur ces observations. L'article le plus complet qui a manifestement servi de références à la plupart des autres publications, provient d'un organe de la grande presse allemande, le Spiegel. Voici quelques, déclarations de Paul Kench, recueillies par des organes de presse anglophone ou germanophones : "Ces îles sont comme des organismes vivants qui grossissent. Elles évoluent constamment et parfois même, cessent d'exister". (IPCC news) ""Nous prenons le changement climatique très au sérieux" dit Kench. "Mais de manière à prédire correctement les conséquences réelles pour les atolls, nous devons d'abord comprendre comment ils vont effectivement répondre à une hausse future du niveau des mers". Jusqu'à présent, la recherche sur les conséquences du changement climatique est partie d'un modèle relativement simpliste selon lequel les îlots devraient avoir déjà rétréci depuis un certain temps. En dépit de ses faiblesses, ce modèle est encore utilisé aujourd'hui et a même joué un rôle dans le rapport du GIEC. Kench et ses collègues qui ont baptisé leur groupe de recherche sur les atolls du nom de REEForms (Ndt : Probablement un jeu de mots : REEform (forme des récifs) pour REForme, sous-entendu, réforme du modèle) pensent qu'il est grand temps d'abandonner le modèle." (IPCC news) Après la révérence requise au "changement climatique", Kench émet de sérieuses réserves sur les modèles "simplistes", utilisés et propagés par les organismes internationaux comme le GIEC.. D'ailleurs, au sein même de l'article commenté ici, Webb et Kench critiquent vertement le modèle utilisé par le GIEC en écrivant (à la page 245) : "Whilst numerous studies have critiqued the use of this model for predicting shoreline change in response to sea level rise on sandy shorelines (e.g. Cooper and Pilkey, 2004) its continued use and advocacy at an international level is perplexing and ultimately misleading." "Alors que de nombreuses études ont critiqué l'utilisation de ce modèle (NdT : celui qui est utilisé par le GIEC) pour la prédiction du déplacement de la ligne de côte en réponse à une hausse du niveau marin sur les lignes de côtes sablonneuses, (par exemple : Cooper et Pilkey, 2004), (NdT: soit plusieurs années avant la rédaction du rapport AR4 du GIEC publié en 2007), son utilisation persistante et son apologie au niveau international laissent perplexe et, en définitive, sont trompeuses." “Tout le monde pense que toutes les îles sont pareilles. Les gens s’imaginent qu’il s’agit de gros blocs de béton immobiles qui se retrouvent automatiquement noyés lorsque l’eau monte.” Mais les îles ne sont pas statiques. Tuvalu et les autres atolls - des îles coralliennes en forme d’anneau autour d’un lagon - sont particulièrement dynamiques. Les morceaux de corail qui se détachent des récifs sont projetés vers le rivage. “L’histoire de la plupart de ces petits Etats le montre : les îles grandissent, s’érodent ou se modifient en réaction aux tempêtes ou aux cyclones.” Selon Paul Kench, le cyclone Bebe de 1972 a ainsi fait grandir quelques petites îles en y apportant des rocailles. " (Source : Réseau Action Climat qui est évidemment particulièrement alarmiste sur le réchauffement climatique mais qui a repris un article de Leslie Allen du Smithsonian Magazine) A noter que tout en affirmant que le nombre et l'intensité des cyclones augmente (ce qui est démenti par les observations et qui va à l'encontre de ce que disent les auteurs de l'article qui déclarent que les cyclones et tempêtes sont plutôt des acteurs de renforcement des îles) ), l'article du Smithsonian Magazine, repris par le RAC, cite aussi les observations du Professeur Wolfgang Scherer (en 2000) qui rejoignaient assez précisément celles du Professeur Niels Axel Mörner : "... Wolfgang Scherer, le directeur du National Tidal Centre (NTC) [centre d’observation des marées], a déclaré qu’après sept ans d’observations et de mesures rien ne permettait d’affirmer que les eaux montaient. Tuvalu a reçu une vraie gifle : le NTC annonçait que le niveau de la mer à Funafuti avait, en réalité, baissé de 8,7 cm depuis 1993. Cet article retentissant de Paul Kench et de son collègue Webb a donc fait l'objet d'une diffusion notable dans les autres pays développés et tout spécialement en allemagne, grâce à l'article, fort bien documenté du très réputé Spiegel. Le sort des Maldives, des Seychelles et des autres îlots coralliens, ce n'est pas suffisamment intéressant ? Il est clair que les constats de Webb et Kench ne doivent pas faire plaisir à tout le monde, en sus du Président des Maldives et des membres de l'AOSIS... ______________________________________________________________________________________________________________________ Addendum du 8 juillet 2010 : Charles Darwin avait correctement décrit (et publié) le processus de construction et d'évolution des atolls, dès 1878 ! Tout le monde sait que Charles Darwin (1809-1882), l'auteur de la célèbre théorie de l'évolution, était un naturaliste hors-pair. Pour ce qui nous concerne ici, c'est au cours de son périple à bord du Beagle que Charles Darwin émit l'hypothèse selon laquelle les atolls coralliens se formeraient sur des cônes volcaniques en cours de submersion, (comme cela est expliqué ci-dessus), ce qu'il a confirmé par son séjour dans l'archipel corallien de l'océan Indien des îles Cocos (autrefois, îles Keeling). Un lecteur érudit (que je remercie) m'a transmis des photocopies de quelques pages de la quatrième édition du livre (publié en 1878) que Darwin publia dès 1845, ainsi que l'article de W. J. Sollas (1898), et quelques autres documents, eux aussi à propos des atolls coralliens. Voici ci-contre le fac similé de la couverture du livre de Darwin, traduit par M. L. Cosserat:
On trouve dans ce livre un certain nombre de remarques et de dessins qui corroborent les découvertes de Webb et Kench décrites ci-dessus. On y lit, en particulier ce texte visionnaire (ci-dessous) de Darwin sur la formation des atolls :
Ainsi Darwin avait déjà compris, en 1845, que ce sont les détritus, accumulés par la mer qui déterminent la hauteur maximale des récifs situés sur des plateformes coralliennes. Quelques décennies plus tard, en 1898, un autre chercheur anglais, W. J. Sollas écrivit un article de revue ("Funafuti : The story of a corall atoll", Natural Science, vol. XIV, N°83) reprenant et développant les idées de Darwin sur la formation et l'évolution des atolls coralliens, appliquées à Funafuti. Son texte et ses observations sont aussi en accord avec l'article de Webb et Kench commenté ci-dessus.
Il faut reconnaître que la perspective de l'engloutissement des îlots coralliens permet à certains de faire de la "pédagogie" à bon marché et à d'autres, des "documentaires catastrophes" que l'on passe aux heures de grande écoute pour faire monter l'audimat. Sans préjuger d'autres arrière-pensées. Tout comme mon lecteur averti qui m'a aussi transmis ce document, je vous invite à prendre connaissance de la plaquette en forme de bande dessinée coéditée par l'Association Alofa-Tuvalu et par l'ADEME qui est une agence gouvernementale, donc financée par l'argent public et censée promouvoir les économies d'énergie à partir de bases scientifiques solidement établies. En voici, la couverture, ci-contre. On y trouve une chanson savoureuse, écrite par l'auteur de cette plaquette (le chanteur Kent). On y parle de "CouleTuvalu, Venise des mérous".
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18 Juillet 2010 : Il n'y a rien d'exceptionnel dans la fonte actuelle de la glace de la Péninsule Ouest de l'Antarctique. Elle s'est déjà produite plusieurs fois et a été, au moins aussi intense, au cours de l'histoire récente. Tel est le message rassurant d'un article scientifique qui vient de paraître dans la revue GEOLOGY, en ce mois de Juillet 2010, sous la signature de trois chercheurs américains. En effet, que n'avons nous pas entendu et lu, sur la disparition "'apocalyptique" et soi-disant "sans précédent" d'énormes blocs de glace détachés de la péninsule Ouest de l'Antarctique ?
A défaut d'observer la moindre diminution de la banquise de l'immense continent Antarctique qui, bien au contraire, s'agrandit d'année en année, comme le montre le graphique ci-contre du NSIDC (actualisé au 16 juillet 2010, voir sur cette page), l'attention des médias et de certains "experts" s'était entièrement focalisée sur la petite péninsule Ouest qui n'est d'ailleurs rien d'autre que le prolongement de la Cordillère des Andes américaine. Ainsi, faute de faire les gros titres avec la banquise du vaste continent du pôle Sud qui "ne va pas dans le bon sens", la Péninsule Ouest de l'Antarctique est devenue, pour beaucoup, "le canari dans la mine" du réchauffement climatique anthropique au pôle Sud, à l'instar de la mer glacée Arctique pour le pôle Nord. Tout ce qui se produisait dans la Péninsule résultait de l'activité humaine, bien entendu.... Comme toujours et plus spécialement pour ce qui concerne le climat de notre planète, les leçons du passé sont bonnes à prendre. En effet, l'alarmisme ambiant prend sa source dans le caractère soi-disant "sans précédent" des observations objectives effectuées sur le terrain. Lesquelles se limitent, en général, et pour ce qui concerne le pôle Sud, au trois dernières décennies correspondant à l'ére spatiale (c'est à dire l'ère des satellites). C'est très (trop) peu, pour déclarer que ce qu'il se passe actuellement est "sans précédent", comme va nous le montrer l'article scientifique qui est le sujet de ce billet. Inutile de dire que les découvertes que je vais décrire ci-dessous ne vont pas faire plaisir à tout le monde. Et de fait, cet article est particulièrement perturbant puisqu'il montre explicitement, preuves à l'appui, que la fonte locale de la Péninsule Ouest de l'Antarctique n'est pas du tout "sans précédent"....Bien au contraire. GEOLOGY 38 (7): 635. (Juillet 2010) Réduction de la couverture de glace dans la Péninsule Ouest de l'Antarctique, de 700 à 970 ans avant le présent. Comme à l'accoutumée, voici le résumé original en anglais suivi d'une traduction en français. Résumé : "Le réchauffement rapide et l'écroulement subséquent d'importantes plaques de glace ont attiré l'attention sur l'évolution de la glace de la Péninsule Antarctique. Dans cet article, nous présentons les premières données tirées de matériaux organiques terrestres qui ont été mis à jour lors des retraits glaciaires récents. Ils apportent des enseignements sur l'étendue passée du glacier et sur le climat de cette région sensible. La datation au radio-carbone montre que la glace sur l'île d'Anvers était identique ou en retrait par rapport à sa position actuelle pendant la période 770-970 BP (NdT : Before Present : avant le présent), ce qui coïncide avec la réduction de la glace observée ailleurs dans l'hémisphère Sud. Où ont été faites les observations rapportées dans cet article ?
Extrait de la Figure 1. : Carte détaillée de la péninsule Ouest de l'Antarctique avec indication de la position de l'île d'Anvers où ont été prélevés les échantillons utilisés pour cet article. Insert en haut à gauche : situation de la Péninsule Ouest de l'Antarctique par rapport au continent Antarctique.
Voici comment ont été obtenus les échantillons de matériaux organiques anciens qui sont utilisés dans cette publication :
Comme on le voit sur la photo ci-contre qui est un extrait de la Figure 2 de l'article, le retrait récent de la couverture glacée de l'île d'Anvers, laisse à découvert certaines zones qui apparaissent en noir sur la photo. Voici, maintenant les résultats des datations effectuées par les chercheurs sur les échantillons prélevés dans les divers sites découverts par le retrait du glacier.
Table 1 : Données issues de la datation au radio-carbone (C14) tirées des mousses et des coquillages récemment découverts par le retrait de la glace. La datation est indiquée dans la 5ème colonne (Cal. age yr BP) (années avant le présent). On y voit que des coquillages datent de 3719 et 5535 avant le présent.Les mousses, elles, datent de la période 700-970 avant le présent.
Dans la suite de l'article, les chercheurs comparent leurs résultats avec ceux qui ont été obtenus dans différentes régions du monde. Pour l'hémisphère Nord, ils prennent l'exemple des glaciers Suisses que nous avons déjà évoqués dans cette page. Pour l'hémisphère Sud, et outre la Péninsule Ouest Antarctique, les chercheurs ont collecté les données issues de mesures effectuées en Nouvelle Zélande. Voici une reproduction de la Fig. 4 de l'article, accompagnée d'une traduction de sa légende :
Figure 4. "Comparaison des datations des mousses avec des données bien datées provenant des hémisphères Nord et Sud, modifiées selon Schaefer et al (2009). Le graphe en haut montre les fluctuations des glaciers Alpins (Holzhauser et al., 2005), tandis que celui du dessous indique les températures en Nouvelle Zélande tirées des cernes de croissance des arbres (Cook et al, 2002), les dates des épisodes de construction des moraines en Nouvelle Zélande obtenues à partir du Be10 cosmogénique (Shaefer et al, 2009, indiquées comme des probabilités, les probabilités élevées indiquant l'époque de la formation des moraines), ainsi qu'un graphique de probabilité indiquant l'époque des mousses (cet article). Noter que la période de chaleur déduite de ces observations (déduite des dates des mousses et représentée en grisé) de la Péninsule Ouest de l'Antarctique est contemporaine d'un réchauffement analogue et d'un retrait des glaciers observé en Nouvelle Zélande."
Notez que cette période de réchauffement du pôle Sud correspond, comme le précisent les auteurs, au premier "blip" du refroidissement de l'hémisphère Nord, annonçant la venue du petit âge glaciaire (les glaciers Suisses ont avancé) subséquent. Le petit âge glaciaire s'est prolongé pendant plusieurs siècles jusque vers 1900. Comme toujours, la conclusion de cet article résume le contenu de la publication et ouvre des perspectives. Elle est intéressante à plusieurs titres et se distingue notablement de celles de nombreux articles que nous avons commentés, en ce sens qu'on n'y trouve aucune "phrase magique", ni aucune révérence au réchauffement climatique anthropique. Au contraire, même, si on en juge par les quelques dernières phrases de cet article que voici : Fin de la conclusion de l'article : ..."Moreover, in contrast to our data, glacial records from Europe show that the first pulse of the Little Ice Age occurred at ca. 700–970 cal. yr B.P. (Fig. 4). If our interpretations of western Antarctic Peninsula data are correct, then this hints at asynchronous behavior between at least parts of the two hemispheres, a conclusion also reached by Schaefer et al. (2009) and Ljung and Björck (2007), among others. Such asynchrony, if borne out by additional data, would argue against hypotheses of millennial-scale climate change involving direct solar or greenhousegas forcing and favor instead mechanisms such as the bipolar seesaw (Broecker, 1998, 2001) or control by local insolation or wind patterns." Et une traduction de cet extrait : "De plus, et à l'opposé de nos données, les enregistrements de glace Européens montrent que la première impulsion du Petit Âge Glaciaire s'est produite vers 700-970 avant le présent (Fig. 4). Si nos interprétations sur la Péninsule Ouest de l'Antarctique sont correctes, ceci met en évidence le comportement asynchrone d'au moins des parties des deux hémisphères. C'est une conclusion à laquelle sont déjà parvenus Schaefer et al (2009), ainsi que Ljung et Björck (2007), parmi d'autres. Une telle asynchronisation, si elle est supportée par des mesures supplémentaires, irait à l'encontre de changements climatiques à l'échelle du millénaire impliquant l'action directe du soleil ou du forçage par les gaz à effet de serre. Au contraire, elle irait en faveur de mécanismes tels que celui de la bascule bipolaire (Broeker, 1998, 2001) ou du contrôle par l'insolation locale ou les régimes de vents." Voilà qui nous ramène, en particulier, à l'excellent article de Petr Chylek et al sur la bascule polaire que vous trouverez ci-dessous. _____________________________________________________________________________________________________ Cet article montre clairement que le recul des glaciers de la Péninsule Ouest de l'Antarctique s'est produit plusieurs fois au cours de l'histoire récente, à des époques où l'influence humaine ne peut être mise en cause. J'espère me tromper.
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08 Juillet 2010 : La bascule polaire : Quand l'antarctique se refroidit, l'arctique se réchauffe et vice-versa, et ceci tout au long du XXème siècle. L'Oscillation Multidécennale Atlantique (AMO) serait la cause de ce couplage. Ce basculement, parfaitement naturel, pourrait être responsable d'au moins la moitié du réchauffement de l'Arctique. C'est ce qu'a montré, tout récemment, une équipe de chercheurs américains, canadiens et du royaume-uni.
En guise d'introduction ... Cette découverte (pour ce qui concerne le XXème siècle, car, en réalité, cette observation est connue aussi pour des temps reculés) est d'une assez grande importance dans le débat (pour ne pas dire la bataille), qui oppose les tenants de la thèse officielle du GIEC à ceux qui défendent l'idée que les variations climatiques actuelles sont, sinon en totalité du moins en grande partie, d'origine naturelle. En effet et comme vous l'avez certainement lu et entendu à de multiples reprises, l'Arctique est considéré par les supporters de la thèse officielle, comme "le canari dans la mine". De fait, comme le savent bien ceux qui suivent avec attention les indicateurs climatiques, la banquise Antarctique non seulement ne fond pas (ce qui n'est pas très spectaculaire), mais elle a, actuellement, même tendance à accroître son immense surface, d'année en année. Même si la (relativement) petite péninsule Ouest qui n'est rien d'autre que le prolongement Sud de la cordillère des Andes a tendance à fondre, localement pour des raisons qui n'ont d'ailleurs pas grand-chose à voir avec le réchauffement anthropique. Si vous vous hasardez à poser la question à des supporters du GIEC, ils vous répondront immanquablement que, bien que s'agissant des deux pôles de la planète, l'Antarctique n'a vraiment rien a voir avec l'Arctique et que la situation y est complètement différente.
Et c'est ainsi que l'Arctique et ses ours blancs sont devenus les totems des thuriféraires du réchauffement climatique anthropique, prôné par le GIEC et donc, le sujet favori des journalistes scientifiques francophones, et aussi (hélas) de quelques responsables politiques. Mettre en berne la bannière du Réchauffement Climatique Anthropique que représente l'Arctique, c'est porter un rude coup à l'"Establishment climatique".
Maintenant que vous connaissez le contexte et l'état d'esprit des supporters de "l'Establishment climatique " sur cette question, vous pouvez imaginer le malaise ressenti, ou les haussements d'épaules, quand ils voient publier, dans une des meilleures revues scientifiques, sous la plume d'auteurs reconnus et appréciés, un article qui montre que les températures de l'Arctique et de l'Antarctique ne sont pas du tout indépendantes l'une de l'autre, mais, au contraire, qu'elles sont fortement corrélées et qu'au moins 50% de l'évolution récente de la température Arctique serait due à un phénomène aussi cyclique que naturel...
Comme à l'accoutumé voici le résumé original suivi d'une traduction : 4. Summary 4. Résumé :
J'ai déjà souvent évoqué les articles ou les déclarations de Petr Chylek, le responsable de cette publication, dans plusieurs billets (ici, ici, ici et là (réflexions sur les suites du Climategate). Petr Chylek qui est un scientifique renommé et expérimenté (cad plus très jeune) du SRS de Los Alamos, ne se considère pas comme un climato-sceptique mais plutôt comme un "réaliste". Il se base essentiellement sur les observations et, le plus souvent, ses observations dérangent. Voici, par exemple, comment, Chylek et ses collègues expliquent, dans l'introduction de cet article, la motivation de leur recherche sur l'évolution comparée des températures de l'Arctique et de l'Antarctique. Au paragraphe [3], Chylek et al reconnaissent que les modèles dits AOGCM (Modèles de Circulations Générale de l'Atmosphère et des Océans ont assez correctement prévu le réchauffement récent de l'Arctique par rapport au réchauffement global, mais, au paragraphe suivant [4] Chylek ajoute que : "Cependant, il y a encore des questions non résolues sur le climat de l'Arctique qui jettent un certain doute sur l'explication ci-dessus (NdT : celle des modèles AOGCM). Le premier problème est le fait que le taux de réchauffement de l'Arctique ( 0,63K/décennie) durant la première partie du XXème siècle (1910-1940) était, au moins, aussi élevé que le taux de réchauffement de la période 1980-2008 (0,60K/décennie), ce qui suggère que la variabilité naturelle du climat peut produire un réchauffement similaire au réchauffement actuel. De plus, aucun des modèles AOGCM utilisés dans le rapport sur les attributions du climat du GIEC 2007 (NdT : AR4), n'a été capable de reproduire le réchauffement de l'Arctique du début du XXème siècle (1910-1940) suivi d'une période de refroidissement brutal (1940-1970), bien que tous les modèles simulent la tendance au réchauffement post-1970 [Gillett et al, 2008]. Ainsi, notre compréhension du climat de l'Arctique, de ses moteurs et de ses réponses, n'est pas encore complète."
C'est le moins que l'on puisse dire. Comme vous le voyez et comme Chylek et al le font remarquer pour la température Arctique, le taux de croissance (la pente) de la température du globe de 1910 à 1940 est très semblable à celui qui a été observé de 1980 à 2008. On voit aussi très bien le refroidissement des années 1945-1976, évoqué par Chylek. Alors que, comme chacun le sait, le taux de CO2 atmosphérique a "considérablement" varié entre ces deux périodes, passant de (280-290) ppm pour la première période à 380 ppm en fin de la deuxième période... Ce graphe ne figure pas dans l'article de Chylek et al. Au paragraphe [5] de l'article, Chylek et al nous mettent sur la voie de la conclusion de l'article : [5]. In the following we show that the multidecadal scale variability of detrended Arctic and Antarctic temperature time series were highly anticorrelated during the 20th century. Consequently we suggest that the Atlantic Ocean may provide the physical link leading to the coherent multidecadal scale climate changes of opposite phases in the two polar regions. We further suggest the ocean variability contributed at least as much to the recent Arctic warming as the increase of atmospheric concentration of greenhouse gases (GHGs). [3]" Dans la suite nous montrons que la variabilité, à l'échelle multidécennale, des séries temporelles de la température corrigée (NdT : C'est à dire la température à laquelle on a soustrait une tendance croissante à peu près linéaire pour la période) de l'Arctique et de l'Antarctique ont été fortement anticorrélées pendant le XXème siècle. En conséquence, nous suggérons qu'il est possible que l'Océan Atlantique constitue le lien cohérent qui conduit à des changements climatiques de phases opposées, à l'échelle multidécennale, de ces deux régions polaires. De plus nous suggérons que la variabilité océanique a contribué au moins autant au récent réchauffement de l'Arctique que la concentration de l'atmosphère en gaz à effet de serre (GES). Voilà qui est clair.
"Figure 2. (a) Séries temporelles de température corrigées
"(b) Les valeurs annuelles de indice de l'AMO [d'après Parker et al., 2007] (ligne fine) et la moyenne glissante sur 17 ans (ligne épaisse)."
Ces corrélations se passent de commentaires. D'autant plus qu'elles sont renforcées par un diagramme d'auto-corrélation présenté vers la fin de la l'article. Dans la suite, Chylek et al. envisagent les différents mécanismes de circulations océaniques qui pourraient expliquer cette observation aussi remarquable que dérangeante. Je ne peux détailler, ici, les mécanismes invoqués. On les retrouvera dans l'article original. [16] The Arctic and Antarctic temperature seesaw pattern has also been observed in paleo ice core records [Blunier et al., 1998; Blunier and Brook, 2001] and reproduced in paleoclimate modeling []. Thus polar seesaw patterns similar to the one observed during the 20th century may have indeed existed during the past centuries and millennia. [16]" Le phénomène de bascule des températures de l'Arctique et de l'Antarctique a été aussi observé dans les paléo-enregistrements des carottes de glaces ( [Blunier et al., 1998; Blunier et Brook, 2001] et reproduits dans les modèles paléoclimatiques ( Toggweiler et Bjornsson, 2000). Ainsi, il est possible que le comportement de bascule polaire, semblable à celui qui est observé pour le XXème siècle, ait, en réalité, existé durant les siècles et les millénaires écoulés." Commentaires : 1) On pourrait s'étonner de voir figurer le nom d'un membre du Hadley Center (UK) (C.K. Folland), parmi les auteurs de cet article très dérangeant pour l'Establishment. En effet, le Hadley Center constitue, avec le CRU (de East Anglia, le coeur du Climategate) le fer de lance du GIEC au Royaume Uni, et même, au plan mondial. 2) Au vu des résultats présentés par Chylek et al, dans cet article, on ne peut s'empêcher de faire remarquer que si le GIEC avait été créé dans les années 1950-1975, c'est l'Antarctique, et non pas l'Arctique, qui aurait été désigné comme le "canari dans la mine". Compte tenu du caractère cyclique de l'évolution des températures polaires (période 60 ans, une fois encore), il y a gros à parier que l'Arctique qui avait aussi beaucoup fondu dans les années 1930, va rebondir dans les années qui viennent et que l'Antarctique, se réchauffant à son tour, deviendra l'objet de toutes les attentions du GIEC (si Dieu lui prête vie). On peut, sans trop de risque, commencer à préparer les "processions aéroportées" des alarmistes, des journalistes et des politiques, vers l'antarctique, dans les années qui viennent...Quant aux ours blancs, ils seront remplacés, dans l'imagerie populaire, par les manchots empereur, ou, encore, les krills (petites crevettes indispensables à la survie animale en antarctique). 3) Que va-t-il se passer à la suite de la publication de cet article aussi intéressant que dérangeant ? Compte tenu de notre (longue) expérience dans ce domaine, nous pouvons vous certifier que :
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Juin 2010 : La fonte des glaciers alpins suisses est corrélée à l'Oscillation Multidécennale Atlantique ! Envers et contre tout, loin du battage médiatique, des chercheurs consciencieux continuent à faire progresser nos connaissances sur le climat. Et tout particulièrement celles qui vont dans le sens des variations climatiques naturelles...le plus souvent ignorées par la "science officielle". Une équipe de chercheurs suisses vient de publier un article particulièrement intéressant sur la fonte des glaciers suisses. Ils montrent qu' au moins une grande partie des variations de la fonte et de l'avancée de ces glaciers, sur une durée de 100 ans, suit les oscillations naturelles de la température de l'Atlantique Nord, avec une demi-période proche de 30 ans que l'on retrouve dans de multiples autres observations. D'autre part, ils montrent que la signature de l'Oscillation Multidécennale Atlantique est clairement visible dans la fonte et l'avancée des glaciers suisses depuis 250 ans... Le titre de cet article est : "100‐year mass changes in the Swiss Alps linked to the Atlantic Multidecadal Oscillation" Cet article fait suite au précédent article de l'équipe de Mathias Huss que j'avais commenté en Janvier 2010 et qui était intitulé Voici le résumé : L'original en anglais, puis une traduction en français. Thirty new 100‐year records of glacier surface mass balance, accumulation and melt in the Swiss Alps are presented. The time series are based on a comprehensive set of field data and distributed modeling and provide insights into the glacier‐climate linkage. Considerable mass loss over the 20th century is evident for all glaciers, but rates differ strongly. Glacier mass loss shows multidecadal variations and was particularly rapid in the 1940s and since the 1980s. Mass balance is significantly anticorrelated to the Atlantic Multidecadal Oscillation (AMO) index assumed to be linked to thermohaline ocean circulation. We show that North Atlantic variability had a recognizable impact on glacier changes in the Swiss Alps for at least 250 years. "Nous présentons trente nouveaux enregistrements du bilan de la masse des glaciers de surface pendant 100 ans, ainsi que l'accumulation et la fonte dans les Alpes suisses. Les séries temporelles reposent sur un jeu complet de données d'observations sur le terrain et sur une modélisation distribuée qui procurent des informations sur le lien entre le climat et les glaciers. Une perte de masse considérable est évidente pour tous les glaciers au cours du XXème siècle, mais les taux de fontes diffèrent fortement. La perte de masse des glaciers montre des variations multidécennales. Elle était particulièrement rapide dans les années 1940 et depuis les années 1980. Le bilan de masse est anti-corrélé de manière significative à l'indice de l'Oscillation Multidécennale Atlantique (AMO) qui est supposé être lié à la circulation thermohaline océanique. Nous montrons que la variabilité Nord-Atlantique a un impact reconnaissable sur les variations des glaciers dans les Alpes Suisses depuis, au moins, 250 ans." Comme dans leur précédent article, Huss et ses collègues montrent une carte détaillée situant les 30 glaciers des Alpes Suisses qui ont servi de base à leur étude, puis un graphe indiquant les périodes de fonte et d'avancée de ces glaciers (1910, 1980) de 1905 à nos jours. Voici maintenant les deux figures maîtresses de l'article de Huss et al. Elles sont parfaitement explicites.
La première (Fig 3) permet une comparaison visuelle entre les taux d'accumulation et de précipitation avec la fonte des glaciers ( courbe a) en rouge, melting anomaly), l'anomalie du bilan de masse des glaciers et l'indice de l'Oscillation Multidécennale Atlantique.de 1905 à nos jours.
Figure 3. b) accumulation annuelle (en trait épais) et anomalie de précipitations (en tiretés (par rapport à la moyenne 1908-2008)
(d) Indice de l'Oscillation Multidécennale Atlantique AMO [Enfield et al., 2001]. Les paramètres des fonctions sinusoïdales des figures 3c et 3d sont basés sur une méthode des moindres carrés.
Ainsi que le font remarquer les auteurs de cet article, on observe une anticorrélation entre l'indice de l'AMO et l'anomalie du bilan de masse de la moyenne des trente glaciers. Compte tenu des fluctuations inhérentes à ces mesures, on peut estimer que l'anticorrélation est nette. En bref, elle se traduit par la constatation : Indice de l'AMO en phase positive (c'est à dire océan Atlantique plus chaud) => fonte des glaciers des Alpes Suisses. Et vice-versa. La deuxième figure (Figure 4) remarquable de l'article de Huss et al, remonte plus loin dans le temps en utilisant une reconstruction publiée de l'indice de l'AMO à partir de 1750, un relevé des températures (publié) durant les mois de fonte (Juin-Juillet-Août) depuis 1750 ainsi que les relevés archivés de fonte/avancée d'un glacier suisse (le U. Grindelwaldgletscher) qui remonte jusque vers 1750.
Figure 4. "(a) Reconstruction de l'indice de l'AMO [Gray et al.,2004] (NDT : courbe en bleu) (b)Températures de l'air durant l'été (Juin-Juillet-Août) obtenues par des mesures thermométriques dans la grande Région Alpine (Filtre passe-bas de 11 ans appliqué) [Auer et al., 2007] (NDT : Courbe en rouge) (c) Variation de longueur mesurée du glacier U. Grindelwaldgletscher [Holzhauser and Zumbühl, 1999]; (NDT : Courbe en noir) On observe un retard de l'ordre de 5 à 10 ans entre le refroidissement et l'avancée du glacier. Conclusion : " Our 100‐year glacier mass balance time series, unprecedented in length and coverage, provide a highly resolved data basis in the spatial and temporal domain for analyzing the response of mountain glaciers to the 20th century climate change, and for upscaling measurements from individual glaciers to entire mountain ranges. The data show that the glacier mass budget in the Swiss Alps varies in phase with the AMO, and is thus related to North Atlantic variability. This indicates that up to half of the recently accelerated mass loss might be due to natural multidecadal climate variations that might reduce the rate of Alpine glacier wastage in the next decades. Linking accumulation and ablation processes on mountain glaciers to multidecadal oscillatory modes and large‐scale forcing is important for projections of future glacier change and associated impacts." Conclusion : "Nos séries temporelles du bilan de la masse des glaciers sur 100 ans, sans précédent pour ce qui est de l'étendue temporelle et du nombre de glaciers concernés, procurent une base de données à haute résolution aussi bien pour l'étendue géographique que pour la durée, destinée à l'analyse de la réponse des glaciers montagneux au changement climatique du XXième siècle et aussi pour étendre l'analyse de glaciers spécifiques à l'échelle de montagnes toutes entières. Les données montrent que le bilan de masse des glaciers dans les Alpes Suisses varie en phase avec l'AMO et se trouve donc relié à la variabilité Nord Atlantique. Ceci indique qu'au moins la moitié de la réduction accélérée de la perte de masse pourrait résulter des variations climatiques naturelles multidécennales. Ceci pourrait conduire à une réduction de la perte des glaciers dans les prochaines décades. La considération du lien entre les processus d'accumulation et d'ablation des glaciers de montagne avec les modes oscillatoires multidécennaux et les forçages à grande échelle, est importante pour les prévisions des évolutions futures des glaciers et de leurs impacts associés." Notes complémentaires : 2) Ce n'est pas, loin de là, la première fois que la fonte de glaciers a été finalement attribuée à d'autres causes que le "réchauffement climatique anthropique". Texte original en anglais: " The surge of glaciers draining both the Greenland and West Antarctic ice sheets has alarmed scientists and the public alike. Global warming appeared to be taking an early toll on the planet’s largest stores of ice while acceleratingthe rise of sea level. But two new studies point to random, wind-induced circulation changes in the ocean—not global warming—as the dominant cause of the recent ice losses through those glaciers." " La déferlante des glaciers qui s'écoulent aussi bien du Groenland que des surfaces glacées de la péninsule Ouest de l'Antarctique ont alarmé les scientifiques comme le grand public. Le réchauffement climatique semblait avoir effectué un prélèvement anticipé sur la plus grande réserve de glace de la planète tout en contribuant à une accélération de la hausse du niveau des océans. Cependant, deux études récentes montrent que des changements aléatoires de circulation des océans, dus aux vents, sont la cause principale -et non pas le réchauffement global- des pertes récentes enregistrées sur ces glaciers." (Caractères engraissés par le traducteur).
3) Alors, où en est l'AMO en ce mois de Juin 2010 ? Les données sur la situation de l'Oscillation Multidécennale Atlantique ainsi que sur un grand nombre d'autres indicateurs intéressant le climat, sont collationnées sur le site interactif de l'ESRL de la NOAA. Voici, ci-contre, tirée de ces données, l'évolution de l'AMO (données mensuelles non lissées) de 1948 à nos jours. Comme on le devine sur la droite de ce graphique, (d'autres graphiques sont plus explicites) nous entamons actuellement la phase décroissante de l'AMO ce qui justifie la phrase de la conclusion de l'article de Huss et al. "Ceci pourrait conduire à une réduction de la perte des glaciers dans les prochaines décades." Nos connaissances progressent inéluctablement (irrémédiablement, pensent certains) dans ce domaine comme dans les autres. Comme disent les scientifiques : "Les faits sont têtus". |
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23 Mars 2010 : Une nouvelle machine à remonter le temps : La paléoclimatologie par les coquillages. Tout le monde connaît la dendrochronologie, ses qualités et ses défauts. L'application à la climatologie de cette méthode qui consiste à mesurer l'épaisseur des anneaux de croissance des arbres a fait l'objet de nombreuses controverses, fréquemment évoquées dans ce site. Le principal défaut de cette technique est que la croissance des arbres n'est pas seulement déterminée par la température ambiante mais aussi par l'humidité, le taux de CO2, les attaques parasitaires, le partage des ressources avec les végétaux environnants etc... Sans oublier le fait, découvert récemment, que, dans un certaine mesure, les arbres optimisent leur propre température qui peut-être différente de celle du milieu environnant, de manière à ne pas trop souffrir des écarts de température.
___________________________________________________________________________________________________________________ par Richard A. Lovett Les isotopes de l'oxygène contenu dans les coquilles de palourdes peuvent nous fournir l'enregistrement le plus détaillé, à ce jour, du changement climatique du globe, selon une équipe de scientifiques qui a étudié une collecte de mollusques Islandais anciens . La plupart des données paléoclimatiques nous donnent des informations seulement sur des températures moyennées sur une année, déclare William Patterson, un chimiste des isotopes de l'Université de Saskatchewan au Saskatoon, Canada, et auteur principal de cette étude. Mais les mollusques ont une croissance constante et les niveaux des différents isotopes de l'oxygène contenus dans les coquilles varient avec la température de l'eau dans laquelle ils vivent. Plus l'eau est froide, plus grande est la proportion de l'isotope lourd de l'oxygène, O18. (NDT: Ceci se comprend aisément si on se souvient que la température mesure l'agitation thermique. A haute température, l'agitation thermique est importante et les isotopes O16 et O18 qui ne diffèrent que par leurs masses spécifiques très peu différentes, sont bien mélangés. Par contre, à température plus basse, le mélange ne se fait plus de façon complète et l'élément le plus lourd (O18) se retrouve majoritairement en bas. C'est exactement le même principe qui est utilisé dans l'analyse des carottages glaciaires). L'étude s'est faite à partir de 26 coquilles trouvées dans les noyaux de sédiments extraits dans une baie Islandaise. (NDT : On effectue un forage dans la boue sédimentaire déposée au fond de l'eau au cours des millénaires . La profondeur à laquelle se trouvent les coquilles donne l'âge de ces coquilles. Ceci ressemble encore aux carottages glaciaires). Mais parce que les palourdes ont une durée de vie typique de 2 à 9 ans, le rapport des concentrations des isotopes de chacun de ces coquillages nous procure une fenêtre de 2 à 9 ans sur les conditions environnementales qu'elles ont connu pendant leur vie. L'équipe de Patterson a utilisé un échantillonneur robotisé qui découpe de fines tranches tirées de chaque couche des bandes de croissance des coquillages. Celles-ci sont alors introduites dans un spectrographe de masse qui mesure la quantité d'isotopes dans chaque couche. A partir de ces résultats, les chercheurs ont pu évaluer les conditions dans lesquelles chaque couche a été formée. "Ce que nous obtenons ainsi, c'est de la "paléo-météorologie" (NDT : météorologie sur de courtes durées par opposition à la climatologie sur de longues durées. Patterson veut ainsi dire qu'il obtient une résolution temporelle exceptionnellement fine). Nous pouvons reconstruire les températures avec une résolution temporelle plus petite que la semaine en utilisant ces techniques. Pour des palourdes plus grosses nous pourrions parvenir jusqu'à une résolution d'une journée." "C'est un progrès important en paléoclimatologie", ajoute-t-il, "parce qu'il permet aux chercheurs de déterminer, non seulement les variations des températures moyennes mais aussi comment ces variations ont joué, individuellement, chaque été et chaque hiver". " Nous commettons souvent l'erreur de dire que la température moyenne annuelle était plus élevée ou plus basse à une certaine époque ", dit Patterson "Mais ceci est relativement sans signification en termes de changements saisonniers" "Par exemple, dans l'ancienne Islande Norvégienne - qui couvre une partie des 2000 années sur lesquelles porte cette étude- les fermiers dépendaient des produits laitiers et de l'agriculture". "Pour les produits laitiers, l'été est, de loin, le plus important", dit-il "Une baisse de température estivale de un degré pendant l'été en Islande résulte en une perte de 15% du rendement de l'agriculture . Si ceci se produit deux années de suite, votre famille est sur la paille." Du point de vue technique, les mollusques enregistrent la température de l'eau et non celle de l'air. Mais les deux sont étroitement liées - tout particulièrement à proximité de la côte où la plupart des gens vivaient. "Ainsi, quand les températures de l'eau montent, les températures de l'air aussi. Quand les températures de l'eau baissent, les températures de l'air aussi," déclare Patterson. Voici, ci-dessous, la figure maîtresse qui figure dans l'article de Patterson et de ses collègues. L'axe des ordonnées est gradué en °C. Noter l'amplitude considérable des variations de températures. L'axe des abscisses est en années. On voit que les palourdes ont permis de remonter jusqu'à l'an 350 avant JC. On distingue très bien la période romaine chaude, l'Optimum Médiéval (MWP) avec ses périodes de froidure et de famine que l'on rapporte dans les sagas norvégiennes, ainsi que le petit âge glaciaire (LIA) vers 1700. Les mêmes sagas rapportent aussi les colonisations en Islande (vers 870) et au Groenland (vers 990) en traits gris, comme on le voit sur la figure. A noter que ces mesures basées sur les anneaux des palourdes donnent des résultats assez proches (mais avec une bien meilleure résolution temporelle) de ceux obtenus par les carottages glaciaires GISP2 de la NOAA au Groenland que j'avais évoqués en décembre 2009. D'après ces mesures, la période romaine a été beaucoup plus chaude que l'optimum médiéval qui, lui-même, a été nettement plus chaud que la période actuelle qui se situe à environ à 1,3°C (en moyenne annuelle) au dessus de la température qui régnait en 1700 (Scafetta). Les ronds, croix, triangles etc en couleurs pleines sont relatifs aux températures d'été. Les symboles vides sont relatifs aux températures hivernales.
Voici la fin du résumé de l'article au PNAS (le début ne mentionnant que des éléments rappelés ci-dessus) :(NDT : AD = après JC. BC = avant JC) " Des périodes de froid remarquables (360 B.C. à 240 B.C.; A.D. 410; et A.D. 1380 à 1420) et des périodes chaudes (230 B.C. à A.D. 140 et A.D. 640 à 760) sont observées en termes de contraste entre les températures d'été et d'hiver ainsi qu'en termes de variabilité des températures saisonnières. Sur le site de l'OCN, (L'Université de Patterson) on trouve une autre description de cette découverte. Entre autres, on y lit que " Ainsi, quand la température a baissé de plusieurs degrés en quelque chose comme quelques mois; ceci a affecté toutes les formes de vie. Pour cette raison, Patterson pense que découvrir autant qu'on le peut l'histoire du climat est la seule manière de faire des plans sur le futur du climat qui est en train de changer, une fois de plus, rapidement. Nul ne sait encore quel sera l'avenir de cette découverte qui semble très prometteuse. Cependant, l'un des commentaires qui figure sur le site de Nature News à la suite du texte que j'ai traduit ci-dessus, pourrait, malheureusement, s'avérer exact, tant est biaisé le débat actuel sur la science climatique. Voici ce commentaire d'un dénommé Brian Hall : "Il est très improbable qu'il (NDT : Patterson) obtienne des fonds pour les études complémentaires. Il a déjà mis en évidence le mensonge d'une grande partie des hypothèses en vogue et des conclusions des bailleurs de fonds et on ne lui fournira aucune aide pour provoquer de nouveaux dommages à l'orthodoxie. _____________________________________________________________________________________________________________ Des américains facétieux et qui ne manquent pas d'humour ont baptisé cette nouvelle méthode la "paleo-clamatology" (sachant que clam signifie palourde en anglais)..
D'autres, non moins moqueurs, se sont amusé à bricoler la célèbre photographie de Michael Mann, l'inventeur de la crosse de hockey tant contestée, qu'il a obtenu en 1998 grâce à la dendrochronologie...en substituant aux sections d'arbres que présentait M. Mann, des palourdes de bonne taille !
Conclusion : |
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12 Mars 2010 : Lindzen, l'Arctique et le CO2.
Ne comptant pas trop sur les médias pour vous en parler, je voudrais vous faire partager quelques remarques astucieuses, sur le climat de l'arctique, faites par Richard Lindzen du MIT lors d'une conférence qu'il a donnée récemment (10 février 2010) au FermiLab (célèbre laboratoire des hautes énergies US). Cette conférence que je vous encourage vivement à visionner intégralement était intitulée : " La curieuse question du réchauffement climatique". (Diapo de présentation ci-contre) Comme vous le savez, Richard Lindzen, un éminent climatologue (physique de l'atmosphère) du Massachusetts Institute of Technology, s'efforce, depuis plusieurs années, d'introduire un peu de raison dans un débat qui a été, surtout chez nous et jusqu'à présent, plus ou moins séquestré par le GIEC, les médias, les politiques, sans oublier quelques bloggueurs. J'ai déjà eu l'occasion de citer et de traduire quelques-uns de ses écrits dont celui que vous trouverez sur cette page. (traduit avec deux lecteurs avertis et l'aide de l'épouse de Lindzen, soi-même). Les remarques de Lindzen portent sur l'effet de serre anthropique sur la fonte de l'Arctique, (ou plutôt sur l'absence de cet effet). Nous savons tous que la fonte de l'Arctique est, selon certains, le "canari dans la mine" autrement dit le tout premier indicateur du réchauffement climatique anthropique. Malgré de nombreuses publications qui remettent en doute la fonte anthropique des glaces polaires et notamment celles du Groenland, cette question est ainsi devenue, au cours des années, l'icône médiatico-politique du réchauffement climatique au même titre que la disparition des ours blancs qui continuent à fréquenter, en nombre croissant, les régions polaires.
Lindzen ajoute que l'Arctique est notoirement variable. Il aurait pu relater des affirmations analogues proférées à différentes époque. Il précise que le facteur principal qui détermine l'englacement de l'artique est le vent qui, venant du sud, est poussé dans les détroits entourant la mer arctique.... Un peu plus loin, au cours de cette même conférence, Lindzen présente ses résultats sur les différences entre les flux SW (short wave) sortants de l'atmosphère (dits TOA) donnés par les modèles et mesurés par différents systèmes (ERBE, CERES). Lindzen a tenu compte des remarques de l'article "commentaire" de Trenberth mais cela ne change pas le résultat : Modèles et observations divergent... Conclusion : Bel exemple de sciences de l'observation. N'est-ce pas ?
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23 Février 2010 : Encore une nouvelle rassurante : Contrairement aux prévisions apocalyptiques de certains, un article tout récent, sous presse au Geophysical Research Letters (GRL), indique que la Circulation Méridionale Atlantique (dont fait partie le Gulf Stream) ne montre aucun signe d'essoufflement. Et ceci, en contradiction avec les prévisions des modèles...
Le titre du récent article de Josh Willis, dont il est question ici, est le suivant : "Can In-Situ Floats and Satellite Altimeters Detect Long-Term Changes in Atlantic Ocean Overturning?" Soit : " Les bouées in-situ et les altimètres satellitaires sont-ils capables de détecter les changements à long terme du Renversement de l'Océan Atlantique ?" Comme vous le savez, Josh K. Willis fait partie du Jet Propulsion Laboratory (JPL) Voici le résumé de cet article. Il nous dit tout. L'original d'abord, puis une traduction en français, comme d'habitude. "Il a été prédit que le réchauffement global ralentirait la Circulation Méridionale Atlantique (AMOC), ce qui aurait des impacts significatifs au niveau du climat régional à travers l'Atlantique Nord et au delà. Dans ce travail, les observations satellitaires de la hauteur de la surface de la mer (SSH) conjuguées avec la température, le degré de salinité et la vitesse obtenue à partir de bouées adaptées, sont utilisées pour estimer les variations de la branche haute, s'écoulant vers le Nord, de l'AMOC à des latitudes autour de 41°N. On trouve que le renversement moyen de 2004 à 2006 est égal à 15.5 ± 2.4 Sv* (106 m3/s) avec une variabilité interannuelle et saisonnière un peu plus petite qu'aux plus basses latitudes. Il n'y a pas de tendance significative dans la force du renversement entre 2000 et 2009. Cependant, les données altimétriques suggèrent une augmentation de 2,6 Sv depuis 1993, ce qui est cohérent avec le réchauffement de l'Atlantique Nord pendant cette même période. Malgré des fluctuations saisonnières et internannuelles, ces observations démontrent qu'aucun ralentissement substantiel de l'AOMC s'est produit au cours des 7 dernières années et il est improbable qu'il se soit produit lors des deux dernières décennies."
Voici, ci-contre, la courbe maîtresse de l'article de Josh Willis :
"Geostrophic transport" correspond à la composante horizontale de la circulation thermohaline. (sans frottement, voir explication plus détaillée ici). En bleu, le Geostrophic Transport combinant les mesures satellitaires du niveau des mers et les mesures des balises ARGO. En rouge, le GT en ne prenant pas en compte les mesures satellitaires du niveau des mers :SSH (Sea surface height) Ekmann Transport désigne le transport provoqué par le vent à proximité de la surface. Ces transports vont à droite de la direction du vent dans l'hémisphère nord et à gauche dans l'hémisphère sud. (voir quelques détails ici). Ce qu'il faut retenir de ce graphique c'est qu' aucun changement significatif n'est intervenu dans le transport de l'AMOC, durant ces dernières années, comme le déclare Josh Willis. D'autres observations, consignées dans l'article indiquent qu'il en est probablement ainsi depuis au moins deux décennies. Voilà qui est rassurant ! Conclusion : Je vous conseille de lire cet article de Wikipedia et notamment la dernière partie qui, bien que certainement revue et corrigée par le Torquemada de Wikipédia, l'ingénieur en informatique William Connolley, reflète assez bien le flou considérable qui règne sur cette question. En gros, on ne sait pas vraiment ce qu'il se passerait même si l'AMOC et le Gulf Stream venaient à ralentir. Assez prudemment, le dernier rapport du GIEC (l'AR4) n'envisage pas de catastrophe de ce côté-là pour le 21ème siècle au moins. C'est exceptionnel et mérite d'être noté. Peut-être que cette partie du rapport prend ses sources auprès d'articles scientifiques plutôt qu'auprès des brochures d'activistes environnementalistes ? Dans ces conditions, on peut se demander pourquoi on a entendu, lu, ou vu dans les médias, dans un grand nombre de forums, dont certains à prétention scientifique, que les épisodes froids voire glaciaires que nous avons connu récemment sur une grande partie de l'hémisphère Nord, "sont certainement dus à l'arrêt du Gulf Stream" ? Et que s'il fait froid dans les années à venir, ce sera certainement à cause de l'arrêt du Gulf Stream, mais évidemment, sûrement pas parce que l'hypothèse CO2 et les modèles associés, présentent quelques défauts... Quoiqu'il en soit, faites le savoir : L'AMOC et le Gulf Stream ne se sont jamais si bien portés. Merci pour eux ...
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20 Janvier 2010 : Fonte des glaciers ? Une étude récente montre que la fonte des glaciers Alpins était plus importante dans les années 1940 que de nos jours, bien que la température actuelle soit plus élevée qu'à cette époque. L'analyse de cet article scientifique récent sur la fonte réelle des glaciers alpins depuis 1920 met aussi en lumière l'"amateurisme " (comme dit Paul Reiter) de certaines sections du rapport scientifique du GIEC.
Tout d'abord, voyons ce que le GIEC affirmait dans son dernier rapport scientifique de 2007 au sujet de la "disparition" des glaciers alpins, Andins et Africains, résultants, selon lui, du réchauffement climatique :. Table 1.2. Selected observed effects due to changes in the cryosphere produced by warming. (Fac Simile de l'AR4 : Effets observés dus aux changements de la cryosphère résultant du réchauffement)
Les effets observés pour la réduction des glaciers des montagnes due au réchauffement climatique, sont, d'après ce rapport; la perte de parcours d'escalades sur parois glacées, de 1900 à 2000, dans les Andes, les Alpes et en Afrique. On s'attendrait à ce que cette affirmation soit supportée par un et, si possible, plusieurs articles scientifiques revus par les pairs, pourvus de données chiffrées couvrant la période 1900-2000 et les zones géographiques précisées (Andes, Alpes, Afrique). De plus et pour soutenir les affirmations ( "produced by warming") contenues dans cette table, faudrait-il, au moins, que les données chiffrées sur la perte des zones glacées soient corrélées aux variations de températures constatées dans ces même zones. C'est ce que l'on pourrait exiger d'une micro-thèse d'étudiant en université mais c'était, sans doute, trop demander au rapport scientifique du GIEC. Le (ou les) rédacteurs de ce chapitre du AR4 WGII se sont contentés de deux sources anecdotiques, dépourvues de données chiffrées et de corrélations, évidemment non revues par les pairs et rédigées (une fois encore) par deux propagandistes du réchauffement climatique, pour en tirer des conclusions si hasardeuses qu'elles ont été démenties par les observations rigoureuses effectuées sur le terrain.
En bref, les sources invoquées par le GIEC pour la disparition des glaciers Alpins, Andins et Africains de 1900 à 2000, ne sont rien d'autre qu'une série de témoignages d'alpinistes encore vivants, qui, pour la plupart exercent leur art dans les Alpes et qui n'ont certainement pas connu ni les années 1900, ni même les années 1940-45....Enfin, les sources pour l'affirmation du GIEC sur la disparition des glaciers "en Afrique" sont inexistantes. Et pour cause, ils n 'osent plus trop évoquer le Kilimandjaro. On les comprend.
Une équipe de chercheurs Suisses de Zurich et de Fribourg (M. Huss, M. Funk et A Ohmura) vient de publier un article dans les Geophysical Research Letters intitulé " Strong Alpine glacier melt in the 1940 due to enhanced solar radiation" (ref : Vol 36, L23501, doi : 10.1029/2009GL040789, 2009). Soit, en français : " Forte fonte des glaciers Alpins dans les années 1940 due à une forte irradiance solaire".. Voici le résumé en anglais puis en français : "A 94-year time series of annual glacier melt at four high elevation sites in the European Alps is used to investigate the effect of global dimming and brightening of solar radiation on glacier mass balance. Snow and ice melt was stronger in the 1940s than in recent years, in spite of significantly higher air temperatures in the present decade. An inner Alpine radiation record shows that in the 1940sglobal shortwave radiation over the summer months was 8% above the long-term average and significantly higher than today, favoring rapid glacier mass loss. Dimming of solar radiation from the 1950s until the 1980s is in line with reduced melt rates and advancing glaciers." Résumé en français : " Une série, sur 94 ans, de mesures annuelles de la fonte des glaciers situés à quatre hautes altitudes dans les Alpes Européennes est utilisée pour étudier les effets de l'obscurcissement et de l'augmentation de l'irradiance solaire sur le bilan massique des glaciers. La fonte de la neige et de la glace était plus importante dans les années 1940 que lors des années récentes, malgré une température de l'air plus élevée dans la présente décennie. Un enregistrement de l'irradiance mesurée au sein des Alpes montre que dans les années 1940, l'irradiance à courte longueur d'onde (NDT : dans le visible et l'UV par opposition avec l'infrarouge aux grandes longueurs d'onde) était de 8% au dessus de la moyenne à long terme et, de manière significative, plus élevée qu'aujourd'hui, favorisant ainsi la perte rapide de la masse des glaciers. L'affaiblissement de l'irradiance solaire depuis les années 1950 jusqu'aux années 1980 est en accord avec les taux réduits de fonte et l'avance des glaciers." (Les caractères engraissés sont de l'auteur de ce site).
Les mesures collationnées par ces trois chercheurs suisses concernent les grands glaciers indiqués en grands caractères sur cette carte. Les mesure d'irradiance solaire proviennent essentiellement des bases de données de Davos et d'autres emplacements indiqués par des symboles rouges comme cela est indiqué dans la légende figurant dans le coin inférieur droit. Les taches bleues montrent la disposition des glaciers des Alpes Suisses. Les triangles bleus indiquent la position des stations météo.
Voici, ci-contre, les courbes maîtresses de l'article de nos chercheurs Suisses. Courbes de la partie haute : La courbe en rouge du bas représente l'anomalie d'irradiation solaire enregistrée à la station de Davos pendant les mois d'été (donc pendant les mois de fonte). Cette mesure tient évidemment compte de l'ennuagement présent au dessus de la région. Comme on le voit, l'insolation, au dessus des Alpes Suisse, était supérieure pendant les années 1945 à ce qu'elle est maintenant. D'où la conclusion des auteurs que le soleil est responsable de la fonte des glaciers et non pas la température ambiante. Les auteurs attribuent le fait que l'insolation ait été plus importante dans les années 40, à une plus faible teneur de l'atmosphère en aérosols, sans que l'on puisse en être certain. Les premières mesures satellitaires ont été entreprises dans les années 80. La conclusion des trois auteurs de cet article contient une condamnation, à peine voilée, des affirmations du rapport du GIEC. La voici, en anglais puis en français : "Our data sets provide evidence that the extraordinary melt rates in the 1940s can be attributed to enhanced solar radiation in summertime. Models for past and future glacier changes should take into account the effect of decadal radiation variations as they significantly alter the relationship between glacier melt and air temperature." "Les données issues de nos observations apportent des éléments de preuve que les taux de fontes extraordinaires des années 1940 peuvent être attribués à une irradiance solaire plus élevée pendant les mois d'été. Les modèles pour le passé et le futur de l'évolution des glaciers devraient prendre en compte l'effet des variations d'insolations décennales parce qu'elles altèrent, de manière significative, la relation entre la fonte des glaciers et la température de l'air." En bref et en résumé : Sans doute à cause de leur altitude élevée, les glaces et les neiges éternelles des glaciers ne subissent pas, de manière triviale, les effets du réchauffement climatique comme cela a souvent été imprudemment affirmé. Dans la plupart des situations, aussi bien au Kilimandjaro que dans l'Himalaya (rapport du glaciologue Vijay Kumar Raina qui a observé que les glaciers Himalayens évoluent de manière désordonnée) comme dans les Alpes Suisses, la quantité de glace et de neige supportée par les glaciers dépend surtout de la pluviométrie (de neige) et de l'ensoleillement et non pas de la température ambiante à basse altitude. Ainsi, non seulement les affirmations du rapport scientifique du GIEC étaient-elles infondées du point de vue scientifique mais elles ont été démenties par les observations précises effectuées sur le terrain. D'autres commentaires à propos de l'article sur la fonte des glaciers alpins : Prof. Roger Pielke Sr. |
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23 Décembre 2009 : Contrairement à ce qui est très souvent affirmé, la hausse modérée des températures du XXème siècle ( +0,7°C en cent ans) n'est ni particulièrement rapide ni particulièrement intense par rapport au passé, même récent. On nous dit et on nous répète sans cesse que "la vitesse du changement climatique est sans précédent... depuis les temps les plus reculés". Mais ces expressions alarmistes sont-elles fondées ? Vivons nous réellement dans une période de "catastrophe climatique" ? Il n'est nul besoin d'aller chercher bien loin pour trouver des points de comparaison avec la période actuelle. L'optimum médiéval (l'an mil) et la période Minoéenne ((1200 avant JC) ont fait aussi bien, et même mieux, que le XXème siècle, comme le montrent les mesures isotopiques tirées des forages glaciaires prélevés au sommet du Groenland et publiées par la NOAA en 2000. Vous remarquerez que les données des abscisses sont en milliers d'année BP (before present; avant le présent. Le présent étant 1997) et que le relevé le plus récent est indicé 0,0951409. Ceci signifie qu'il s'agit de l'année 1997-95,1 soit 1902 environ. Vous trouverez une collection complète de c |