25 Janvier 2012 : Bilan 2011 : Températures du Globe et de la France. Extrêmes climatiques ?

L'année 2011 a été, en moyenne, nettement plus fraîche pour le Globe mais plus chaude pour la France.

A l'opposé de ce qu'ils avaient fait l'année dernière, cette année, les médias francophones ont beaucoup parlé de la France et généralement plus ou moins "oublié" de parler du Globe.
Pensee-Unique vous propose donc un bilan chiffré de l'évolution des températures du Globe à partir des données officielles publiées par les grands organismes responsables des mesures de températures.

La stagnation manifeste et imprévue de la température moyenne du Globe qui ne monte pratiquement plus depuis près de quinze ans, suscite, ici ou là, quelques inquiétudes compréhensibles pour ceux qui ont beaucoup investi dans le Réchauffement (prudemment rebaptisé "changement") Climatique Anthropique.
Dès lors, changeant leur fusil d'épaule, certains vous assurent que les modèles climatiques prévoient une augmentation des événements extrêmes tels que les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur etc. Certains croient déjà les discerner dans les aléas climatiques actuels. Il n'en est rien.

Nous verrons ce que nous dit un rapport très récent du GIEC à ce sujet, et aussi, ce que nous apprend l'histoire.

Tels sont les trois sujets de ce billet : Le Globe, la couverture médiatique tendancieuse de la "chaleur" en France, les événements climatiques extrêmes et, bien entendu, la traditionnelle distribution de bonnets d'âne (bien mérités).

1) Le Globe

Nous allons utiliser les données extraites des quatre bases officielles dont j'ai indiqué les adresses lors du bilan 2010 . Je rappelle que les données UAH et RSS MSU sont obtenues via des observations satellitaires. Les autres, HadCRUT et GISTEMP résultent essentiellement de données thermométriques (voir des explications détaillées dans ce billet)

A noter que les données satellites UAH, RSS MSU et GISTEMP LOTI sont complètes pour toute l'année 2011. Par contre, les données du mois de décembre 2011 pour le HadCRUT ne sont pas encore parvenues au jour ou je rédige ce billet. Il est très improbable que le classement que je donne ci-dessous (le rang des années selon leur température moyenne) pour ce dernier organisme en soit affecté. Néanmoins, si une modification du classement du HadCRUT3 intervenait, j'apporterais les corrections nécessaires.
MAJ 28/01/12 : La température moyenne pour le mois de Déc. 2011 vient dêtre publiée par le HadCRUT3. Elle entraîne une très légère baisse de la température moyenne pour l'année 2011, mais, come prévu, cette faible modification ne change pas le classement (le rang) des années indiqué plus bas pour le HadCRUT3..

Comme je l'ai déjà expliqué dans le billet qui concernait l'année 2010, il n'est pas aisé de comparer, entre elles, les données des anomalies indiquées par les différents organismes. En effet, les anomalies de température sont calculées par rapport à la température moyenne d'une période différente pour les quatre institutions. Je rappelle le tableau des périodes de référence pour les quatre institutions :

Source Période de référence
GISTEMP Jan 1951 - Dec 1980 (30 ans)
HADCRUT3 Jan 1961 - Dec 1990 (30 ans)
RSS Jan 1979 - Dec 1998 (20 ans)
UAH Jan 1981 - Dec 2010 (30 ans)

Note : Les anomalies de température issues des données satellites UAH (mais pas RSS) ont, au début de l'année 2011, été établies sur la base de la température moyenne de la période (Jan. 1981 à Déc. 2010) (soit une période de 30 ans, comme les données thermométriques) alors qu'auparavant la valeur moyenne était calculée sur une période de 20 ans (Jan 1981-Déc 2000). Ceci a pour effet d'abaisser les anomalies de températures de l'UAH de 0,11°C environ.

tempmix

Pour pouvoir superposer les quatre données de température UAH, HadCRUT3v, GISTEMP et RSS MSU, il est nécessaire de les référencer par rapport à la même période choisie comme base. Bien entendu, s'agissant d'observer les tendances et les évolutions des températures durant une période donnée, le choix de cette période de référence ne change rien au résultat,

Ainsi, avons nous choisi pour période de référence commune à tous ces graphes et comme l'auteur de ce site bien connu, la plus récente, c'est à dire celle de l'UAH, soit Jan 1981-Déc. 2010.

Les autres données sont donc décalées verticalement avec des déplacements qui prennent en compte des différentes périodes de référence. Soit -0,35 pour le GISTEMP, -0,26 pour le HadCRUT3 et -0,11 pour le RSS MS. Les donnes UAH restant, évidemment, inchangées.

Tout ceci est expliqué en détails dans ce site interactif qui collationne (automatiquement) les données et trace les graphes correspondant aux quatre organismes nommés ci-dessus. Ce site est à l'origine du graphe ci-contre.
Outre le site interactif mentionné ci-dessus, vous pourrez également trouver les tracés des données des différents organismes sur le site Climate4you du climatologue Ole Humlum.

Je rappelle - mais cela va de soi - que les translations verticales n'affectent aucunement les tendances des températures de chaque organisme, ni, bien entendu, le classement des années qui est donné ci-dessous.

Les variations de la température moyenne du Globe, enregistrées, mois par mois, durant l'année 2011 par les différents instituts sont représentées dans la zone d'environ 1cm qui se situe à droite du graphique ci-dessus et qui commence aux environs du pic négatif qui caractérisait la fin de l'année 2010.
On peut déjà percevoir, à l'oeil nu, que la moyenne des températures de l'année 2011 se situe dans la partie inférieure du classement des températures moyennes des années précédentes. De même, on constate que la température est restée, aux fluctuations près, à peu près constante ou en légère baisse depuis les quatorze dernière années.

Pour clarifier et préciser la situation de la moyenne de l'année 2011 par rapport aux années précédentes, nous effectuons un classement de la température moyenne des années 1998 à 2011. Et ceci, pour chacune des institutions mentionnées ci-dessus.

Voici donc le classement (le rang) de la température moyenne de l'année 2011, par rapport aux 13 années précédentes, selon les quatre institutions de référence :

hadcrut01 rssmsu10
uah1 gistemp10

Comme on peut le constater, l'année 2011 est plutôt froide dans le contexte des années précédentes. De fait et selon les quatre institutions représentatives, elle se situe entre le 11ème et le 9ème rang de ces quatorze dernières années classées par ordre de température décroissante. Si on classe l'année 2011 dans le contexte du XXIème siècle, comme le font certaines publications, elle est la 2ème, 3ème ou 4ème année la plus froide depuis l'an 2000, c'est à dire depuis 11 ans.

Le refroidissement observé en 2011 est loin d'être négligeable par rapport à la totalité du réchauffement climatique que l'on observe depuis l'année 1950
(date à laquelle les émissions de CO2 ont sérieusement augmenté). Si on se base sur les données HadCRUT3, ce dernier est proche de +0,7°C. Ainsi et si on calcule le pourcentage de variation par rapport au maximum de température de chaque institut, on trouve que la baisse de température observée en 2011 représente :
Pour le RSS MSU : ~ -54% ( soit ~ -0.38°C) du réchauffement maximum depuis 1950.
Pour le HadCRUT :~ -26 % (soit ~ -0,18°C) du réchauffement maximum depuis 1950.
Pour le GISTEMP : ~ -16% (soit ~ -0.11°C) du réchauffement maximum depuis 1950.
Pour l'UAH : ~ -40% (soit ~ -0.28°C) du réchauffement maximum depuis 1950.

A l'évidence, les constats pour l'année 2011 sont plutôt dérangeants pour les tenants de la théorie du GIEC qui affirment que le Globe doit, au contraire, se réchauffer du fait des rejets de CO2 résultant des activités humaines. D'autant plus que le taux de CO2 dans l'atmosphère a, lui, effectivement sérieusement augmenté (+30 ppm environ) durant les quinze dernières années.

De fait, comme on peut le voir sur le premier graphe de ce billet qui rapporte les résultats des 4 grands instituts pour les 14 dernières années, ce n'est pas le cas.
Il s'agit plutôt d'une stabilisation ou d'un plateau, sinon d'une baisse.
Rappelons que
Pachauri, le Président du GIEC, s'en inquiétait dès 2008. Evoquant le "plateau des températures" déjà très visible à l'époque, il avait confié à la presse (Reuters) :
"Il faudrait réellement voir sur la base de quelques analyses ce qu'il représente en fait. Y a-t-il des facteurs naturels qui compensent l'effet des gaz à effet de serre résultant de l'activité humaine ?"

Trois ans plus tard, les choses ne se sont pas arrangées pour lui et pour les prédictions (scénarios) du GIEC. Au contraire.
En effet, il serait temps de s'en préoccuper au moins "sur la base de quelques analyses".


Dès lors, placés devant l'évidence des chiffres, les contorsions sémantiques de la presse mainstream ou des institutions alarmistes vont bon train. En voici quelques exemples parmi une kyrielle d'autres du même genre :

  • L'AFP, L'Agence France Presse, (la grand inventrice des "rayons cosmétiques") dont les dépêches sont, le plus souvent intégralement copiées-collées par les grands journaux, ne voudrait surtout pas démobiliser :
    Elle titre :
    "La Terre moins chaude en 2011 mais la tendance au réchauffement persiste".
    Curieux raisonnement ! Cette tendance au réchauffement doit être bien cachée car on ne la voit guère depuis près d'une quinzaine d'années.

  • La WMO (L'OMM) dont le représentant officiel est Michel Jarraud qui titrait l'année dernière en affirmant que l'année 2010 était la plus chaude (avec quelques autres... en "oubliant" de préciser que 2010 et les deux années de température maximales (1998-2005) étaient toutes des année El Niño), affirme cette année "2011: Dixième année la plus chaude, année la plus chaude en présence d'un événement La Niña."

  • USAtoday titre sans hésitation, "La Niña refroidit le Globe" ... en oubliant que les précédents El Niño l'avait réchauffé.

  • La libre Belgique ne veut pas démobiliser ses lecteurs. Elle titre : "La Terre moins chaude en 2011 mais la tendance au réchauffement persiste" comme l'AFP. D'ailleurs, le texte du billet est tiré d'une dépêche américaine (Washington) de cette agence de presse. Laquelle rapporte plusieurs déclarations de James Hansen qui évoquerait "le courant El Niño".
    Tout le monde sait (sauf le reporter de l'AFP) que El Niño n'est nullement un"courant" mais un phénomène ou un événement ou encore une zone chaude de l'océan Pacifique. Espérons que Hansen ne l'ignore pas et qu'il ne s'agit que d'une erreur due à l'ignorance (avérée) des journalistes de l'AFP. Une de plus.

Il est donc clair que "les éléments de langage" comme on dit maintenant, consistent à attribuer au La Niña qui a sévi (en partie seulement) en 2011, la responsabilité d'avoir fait baisser les températures de l'année 2011.
Ce n'est certes pas impossible. Il est connu depuis longtemps que les oscillations ENSO (le froid La Niña mais tout autant, son contraire, le chaud El Niño) affectent la température du globe comme je l'ai montré plusieurs fois dans ce site.

Cependant, ces affirmations concernant le La Niña qui proviennent de proches du GIEC et qui sont (à ma connaissance) les premières de leur part à invoquer (officiellement) l'effet de la variabilité naturelle telle que l
'ENSO (i.e. El Niño, La Niña) (ainsi que l'affaiblissement du soleil comme l'a fait James Hansen) pour expliquer que les variations de température observées ne suivent pas la trajectoire prévue par les modèles, doivent poser au moins quelques questions au lecteur averti :

Pourquoi évoquer, seulement aujourd'hui, l'influence des oscillations naturelles de l'ENSO (Ici d'un opportun La Niña) alors qu'"ils" ont constamment "oublié" de mentionner le défilé des puissants El Niño (qui, eux, réchauffent) auquel on a assisté depuis 1976 jusqu'à la fin du XXème siècle (comme on peut le voir sur le graphe de l'indice ENSO, ci-contre) et qui a culminé en 1998, en parfaite coïncidence avec la phase de réchauffement de la planète et le grand maximum de température du siècle dernier ?enso1


Pourquoi n'avoir rien dit de l'ENSO (El Niño) lorsque le Globe se réchauffait (par exemple en 1998, 2005 ou 2010 qui sont les trois années "records") et ne l'évoquer, qu'en 2011, en mentionnant un La Niña précisément lorsque la température baisse ?

Par exemple, pour respecter une cohérence minimale, USA Today qui a titré cette année son article par "La Niña refroidit le globe" aurait dû titrer son article publié en fin 2010 :"El Niño réchauffe le Globe". Et de même en 1998.
Il n'en a évidemment rien fait.

De même, le communiqué de l'OMM (Michel Jarraud) qui affirmait en début de l'année dernière que 2010 était une des années les plus chaudes (a égalité avec 1998 et 2005, qui sont deux autres années El Niño (!)), avait tout simplement "oublié" de préciser que cette année 2010 avait, elle-aussi, en grande partie, coïncidé avec un épisode notable El Niño, comme on le voit sur ce graphique ci-dessus et comme je l'avais noté dans mon billet du bilan 2010.
Cette fois-ci, Michel Jarraud de l'OMM n'a pas oublié le La Niña...

A l'évidence, nous assistons à l'utilisation d'un double langage de la part des journalistes et, hélas aussi - c'est impardonnable - de la part de quelques scientifiques, ainsi que de la part des institutions de l'ONU telles que l'OMM et le GIEC : On ne mentionne les oscillations ENSO (El Niño, La Niña) que lorsque celles-ci vont dans les sens de la doxa en vigueur et on les "oublie" dans le cas contraire.
Ainsi la présentation qui est faite des bilans annuels de température met en évidence une exposition tendancieuse des résultats.

A dire vrai, tout ceci ressemble beaucoup plus à de la politique et à de la pseudo-science qu'à de la Science.

Rappels : Comme on peut le voir sur le graphique de la NOAA ci-dessus qui indique les variations de l'indice ENSO depuis 1950 jusqu'à time77nos jours, les La Niña étaient nettement majoritaires jusqu'en 1976, accompagnant une période de refroidissement pour la planète qui faisait craindre la venue d'un petit âge glaciaire, à l'époque (ci-contre, couverture du TIME en 1977 : "Comment survivre à l'âge glaciaire qui approche "). J'ai évoqué ce curieux épisode dans le bêtisier où on trouvera quelques autres images et citations qui prennent toute leur saveur lorsqu'on les relit dans le contexte actuel.

De manière symétrique, la période 1976-2002 (environ) a été marquée par une succession d'événements El Niño qui ont poussé les températures à la hausse, sonnant dès lors l'alarme au réchauffement climatique (qui a commencé en 1988 par une présentation de James Hansen devant le sénat US au cours de laquelle il avait présenté une série de prévisions démenties par les faits), exactement comme la succession des La Niña précédente (1947-1976) avait refroidi le globe.

De fait, l'année 1976 a marqué le basculement de l'Oscillation Décennale Pacifique (PDO) de la phase froide vers la phase chaude, riche en El Niño, exactement comme les années 2003-2005 ont marqué le basculement inverse vers une phase froide, donc riche en La Niña. Cest une oscillation naturelle, comme le savent notamment les lecteurs de ce site, qui fonctionne avec une période d'environ 60 ans. De fait, nous sommes actuellement bien rentrés dans la phase froide de la PDO et nous rentrons dans la phase froide de l'AMO (Atlantic Multidécennal Oscillation) ce qui implique sans doute un refroidissement à venir de la planète.

2) Pendant ce temps-là, en France ...

Comme nous l'avons vu ci-dessus, les principaux indicateurs montrent indubitablement que la température du Globe a notablement baissé en 2011. Il se trouve (nous en verrons une explication simple ci-dessous), que pendant la même période, la France (en particulier) a bénéficié d'une année particulièrement douce, avec un climat globalement nettement plus chaud ou plus doux que la normale. J'écris plus doux, car comme le note Météo-France, les jours de canicule ont été plutôt rares durant l'année passée et l'élévation de la température s'est, en réalité, trouvée répartie sur plusieurs saisons de l'année 2011. Et de fait, ce sont surtout les températures élevées observées au printemps et en automne (alors que l'été, et notamment le mois de Juillet a été particulièrement frais) qui ont fait monter la moyenne.

Voici d'ailleurs ce que déclare le bulletin de
Météo-France qui se révèle factuel sur cette question de météorologie :

Météo-France: "Après une année 2010 particulièrement fraîche en France métropolitaine (la plus froide de ces deux dernières décennies à égalité avec 1996), l'année 2011 se révèle être l’année la plus chaude que l’Hexagone ait connue depuis 1900. Avec une température moyenne annuelle dépassant de 1,5 °C la normale, l’année 2011 détrône ainsi l’année 2003 qui détenait le précédent record avec un écart de température de +1,3 °C Le printemps et l’automne remarquablement chauds ont largement contribué à faire de l’année 2011 une année exceptionnellement chaude....

Evidemment et bien que Météo-France ait été parfaitement clair sur la question en précisant qu'il ne s'agissait que de l'hexagone, il n'en fallait pas plus pour déclencher une véritable logorrhée catastrophiste de la part des médias, au détriment des lecteurs peu attentifs et désinformés.On entendait :
"Vous vous rendez compte ? 2011 est l'année la plus chaude depuis 1900 ! +1,5°C ! C'est bien la preuve du réchauffement climatique dû au CO2. Le GIEC a raison. On va tous mourir etc.".

Comme vous allez en voir quelques exemples ci-dessous, les radios; les télés, les journaux et malheureusement aussi, quelques scientifiques, se sont donné beaucoup de mal pour tenter de redonner corps au vieux rêve cher au coeur des français du XVIIIème siècle et de Louis XIV : La France (métropolitaine), c'était le Monde voire le centre du Monde ou de la Planète toute entière. Et, hélas, beaucoup l'ont cru, et, sans doute, le croient encore.

Rappels : J'ai toujours conseillé à mes amis de disposer d'un globe terrestre (ceux de la maison Geodus sont superbes). Cela pousse à l'humilité et permet de ne pas perdre de vue quelques ordres de grandeurs tels que ceux-ci :
Du point de vue géographique, la France métropolitaine n'occupe guère qu'
un petit peu plus d'un millième de la surface de notre planète.
Elle ne représente qu'environ 0,4 % des terres émergées. Elle se trouve centrée autour du 46ème parallèle ce qui la place assez précisément au point de rencontre de l'influence des masses d'air chaudes tropicales-équatoriales et des masses d'air froides venant de l'arctique. C'est, en particulier, cette situation centrale du point de vue des latitudes qui lui procure un climat tempéré où les quatre saisons sont nettement différenciées, ce qui n'est pas si courant sur notre planète. C'est aussi pour cette même raison et quelques autres que le climat de la France est plutôt varié ( +6°C environ quand on passe du Nord au Sud). Et de fait, compte tenu des importantes fluctuations qui affectent les zones de pression atmosphériques, elle aussi dotée d'un climat relativement variable en comparaison avec d'autres grandes zones continentales, compte tenu aussi de l'influence apaisante de sa grande façade maritime.
Bref, sans entrer dans les détails, on peut considérer que la France est un pays particulièrement favorisé du point de vue climatique. Ce qui est également avéré, c'est qu'elle n'est en rien représentative du climat du Globe, comme certains ont essayé de la faire croire.
Il suffit d'ailleurs pour s'en convaincre de constater que si 2010 a été une année particulièrement froide pour la France, elle a été l'une des années les plus chaudes pour le Globe. Et c'est pratiquement l'inverse qui s'est produit pour l'année 2011.
Comme l'on dit, la température du Globe ne se mesure pas à Bécon les Bruyères.

Afin d'illustrer ce que j'écrivais plus haut, c'est à dire la réaction quasi-frénétique de la plupart des médias (heureusement, pas tous) qui ont, plus ou moins subrepticement, fait passer la publication du bulletin de Météo-France pour un bilan global des températures de notre planète dans le but évident d'alarmer les lecteurs, j'ai constitué un petit florilège (non exhaustif) des titres de la presse écrite parus en fin du mois de décembre 2011.
Il est exact que dans nombre de publications, le fait que le bulletin de Météo-France concernait l'hexagone a été mentionné, mais il l'a été en petits caractères dans le corps du texte. Hélas, cela n'a été que rarement le cas pour les "brèves" des journalistes que l'on pouvait entendre sur les radios. Jusqu'aux émissions de télévision où certains sont venus disserter sur le bulletin de Météo-France, sans préciser qu'il ne s'agissait que de la France et en tirant des conclusions (forcément hasardeuses) pour la planète toute entière.
Voici donc quelques titres accrocheurs et suffisamment ambigus pour être tendancieux, relevés dans la presse francophone de la fin d'année 2011 :

L'express (d'après AFP) : "2011, année la plus chaude depuis le début du XXe siècle"
Actualités News et Environnement : "Météo France annonce que 2011 est l'année la plus chaude jamais enregistrée"
France-soir : "Météo : 2011 l'année la plus chaude depuis plus de 100 ans"
La Dépêche : "2011, l'année la plus chaude depuis un siècle - climat"
Libération : " 2011, année la plus chaude depuis plus d'un siècle"; Le texte qui suit est la copie de la dépêche AFP
Sciences et Avenir : "2011, année la plus chaude depuis plus d'un siècle selon Météo France"
Terra Femina : " Météo 2011 : l’année la plus chaude du siècle"
Le Républicain Lorrain : "L’année la plus chaude depuis un siècle"
Le Parisien : " Météo : 2011, année la plus chaude depuis 111 ans". Ce journal est coutumier du fait.
Témoignages : "La confirmation de la gravité de la crise environnementale : 2011, année la plus chaude depuis 1900".
La Montagne : "2011, année la plus chaude depuis plus d'un siècle selon Météo France."
....et beaucoup d'autres.

A noter que ceux qui ont précisé, dans le titre, que la source venait de Météo France, ne sont guère dédouanés. En effet, Météo France s'occupe également de climatologie globale. L'ambigüité demeure.
En revanche, certains journalistes sont restés honnêtes et factuels (ou prudents ?) quant à la rédaction de leurs titres. C'est le cas de la Chaîne Météo qui, elle, sait de quoi elle parle.
Cette fois-ci, le Monde, pourtant déjà titulaire de quelques bonnets d'âne; nous a agréablement surpris. En effet, il a titré honnêtement "2011; l'année la plus chaude en France depuis 1900", un siècle ou cent ans. Ce qui est exact, selon les relevés de Météo France.

Alors, pourquoi a-t'il fait particulièrement doux en France en 2011,
alors que l'année 2010 y avait été plutôt froide ?

Quelques graphes suffisent pour comprendre en quoi et pourquoi l'année 2011 (mais aussi 2010, dans une moindre mesure) a été une année exceptionnelle, en particulier, en France.

Comme vous le savez si vous êtes un familier de la page des indicateurs, l'indice AO (Oscillation Arctique) (l'alter ego de la NAO ) constitue une mesure du différentiel de pression existant entre la zone des Açores et une zone située au dessus de l'Islande. L'indice NAO (et l'indice AO) est régulièrement enregistré par la NOAA.

Dans le cas d'une NAO+ ou AO+, c'est à dire lorsque cet indice est positif, il règne une zone de haute pression au niveau des Açores (qui détermine en grande partie, le climat de la France) et une zone de basse pression au dessus de l'Islande. Dans ce cas, l'air doux souffle d'ouest en est, sur les USA et l'Europe . C'est un facteur qui favorise le réchauffement.
Il se trouve que l'indice AO est resté positif pendant la majeure partie de l'année 2011. C'est à dire que le climat de la France a été dominé par des hautes pressions situées à proximité des Açores. D'où une douceur persistante au moins jusqu'au début de l'hiver 2011 C'est effectivement une situation assez exceptionnelle.
La figure de droite ci-dessous représente la situation de l'AO durant la fin de l'année 2011. Tous ceux qui disposent d'un baromètre ont pu constater, par eux mêmes, que les hautes pressions ont largement dominé durant l'année 2011, à quelques notables exceptions près.

En situation de NAO- (AO-), la situation des hautes et basses pressions est pratiquement inversée. Les hautes pressions sont au Nord, les basses au Sud. En hiver, les descentes d'air frais venues de l'Arctique sont fréquentes. On a un hiver froid.
C'est exactement ce qui s'est passé en 2010 qui a été une année essentiellement AO- et donc particulièrement fraîche (Figure de gauche ci-dessous).

AO1 AO2

Ce qui précède concerne la France hexagonale. Mais que s'est-il passé pour le reste du Globe ?

Le NOAA Climate Service propose un texte intéressant et un schéma explicatif qui montre la répartition des anomalies de températures chaudes (en rouge) et froides (en bleu), pendant le début de l'hiver 2010 ( situation AO négative) et pendant le début de l'hiver 2011 (situation AO positive) .
Voici une comparaison de la situation des anomalies de températures pour une grande partie de l'hémisphère nord (Vue de la verticale du pôle Nord).

A gauche du 1er Novembre au 15 Décembre 2010. En situation d'Oscillation Arctique négative(AO-)
A droite
du 1er Novembre au 15 Décembre 2011. En situation d'Oscillation Arctique positive (AO+).

Comme on le voit, durant cette période, la France a subi une anomalie plutôt froide en 2010 et très chaude en 2011.
AO2011

Plusieurs remarques :

- Les deux situations sont pratiquement complémentaires l'une de l'autre du point de vue géographique.
-L'écart (l'excursion) des températures (14°C) lorsque l'on passe de A0+ à AO- (ou l'inverse) est très important dans certaines régions du Globe, comme, par exemple en Turquie , en Suède et dans la pointe Nord Est de la Russie et à l'Ouest de l'Alaska.

Quant il faisait froid en France, en 2010, il faisait particulièrement chaud dans le Nord du Canada etc.
Quand il faisait doux en France en Automne 2011, il faisait froid, voire très froid, entre autres, dans tout le Sud du continent Eurasien et au Sud Ouest des Etats-Unis.

Toujours concernant la France et une partie de l'hémisphère Nord, voici quelques images issues des sondes de températures AMSU à bord des satellites de la NASA utilisés, entre autres, par l'Université d'Alabama (UAH, John Christy et Roy Spencer).
Je conseille vivement la consultation régulière de ces images à ceux qui ont tendance à confondre l'hexagone français avec la planète toute entière.


Le code représenté ci-dessous est toujours le même : Bleu=froid. Chaud=rouge.

uahscale
uahapr11
uahjul11
uahdec10

 

 

En Avril 2011, la France a connu un printemps particulièrement chaud et sec, faisant craindre la sécheresse. Les foins ont germé prématurément faisant craindre un déficit en aliment pour les bovins, en fin 2011. En réalité, l'été suivant, froid et humide, a, en partie, comblé les pertes. A noter que la zone chaude couvrait aussi la plus grande partie de l'Europe du Nord et le Nord de la Russie.

Mais, pendant ce temps-là, le Groenland et le Nord du Canada subissaient des anomalies très froides. De même, les température de la région de la mer Noire, et du Nord de la Turquie étaient anormalement basses.

 

 

 

En Juillet 2011, comme s'en souviennent les vacanciers, en France, les températures n'étaient pas à la fête comme on le voit sur cette image. Il est intéressant de remarquer que cette anomalie froide du mois de Juillet 2011 n'a guère concerné qu'une petite partie de l'Europe de l'Ouest (tache bleue ci-contre).

 

 

 

Toujours dans le but de montrer que "La France, ce n'est pas le Monde", voici la situation qui a prévalu au mois de Décembre 2010 et de manière générale pendant le long hiver 2010 et qui s'est prolongé jusqu'au printemps.

Effectivement, comme on le voit, la France et une petite partie de l'Europe du Nord a connu un mois de décembre très frais (plus bas que -2,5°C par rapport à la moyenne !). Il s'agissait d'une grosse goutte d'air froid qui a stagné au dessus de la pointe ouest du Continent Eurasiatique.
Par contre, à peu près à l'inverse de ce qu'on a connu en Avril 2011, le Groenland, le Nord du Canada etc. avaient chaud à cette même époque.

 

Et de fait, si on passe en revue ces cartes de température, on constate que l'année 2010 a été froide et que l'année 2011 a été chaude, pour la France et que la situation a été sensiblement l'inverse pour le Globe comme le montre l'examen des bases de données des quatre institutions citées ci-dessus.
On voit donc qu'il est absurde de tirer quelque conclusion que ce soit à partir d'événements météorologiques plus ou moins localisé pour en déduire quoique ce soit sur le "Réchauffement Climatique". Même devant des caméras de télévision.

S'agissant d'événements localisés dans l'espace comme dans le temps, les fameux "extrêmes climatiques (soi-disant) sans précédents", constituent l'un des chevaux de bataille favoris de ceux qui pratiquent l'alarmisme climatique. Les températures du Globe ne montant plus depuis une quinzaine d'années, comme nous l'avons vu, il fallait trouver autre chose, semble-t-il...

3) Les événements climatiques "extrêmes" :

Un lecteur que je remercie a attiré mon attention sur une brève du Figaro, (c'est un commentaire au sujet d'une photographie. Il faut faire défiler la galerie pour trouver celle à laquelle je fais allusion) qui est constituée d'une photo représentant un cycliste indien qui pratique le vélo au bord de la mer parmi les embruns qui l'éclaboussent.
La photo est agréable. Malheureusement, cette belle photo sert surtout de prétexte à un journaliste (photographe ?) qui profite de l'occasion pour essayer de faire passer son angoisse quant au réchauffement climatique et à l'évolution des événements extrêmes (tempêtes et autres inondations). aux malheureux lecteurs captifs du Figaro.
Son texte constitue un monument de désinformation. Le commentaire dit :

"...Mais cette photo n’en est que plus parfaite pour illustrer la fin d’une année 2011 marquée par un important réchauffement climatique (+2,4°C) ainsi que par de très nombreux événements météorologiques d’une ampleur exceptionnelle : inondations en Thaïlande, tornade de force 5 sur le Missouri, crues gigantesques en Australie, typhon meurtrier (2300 morts) sur les Philippines, tempête de sable de 80 km de large en Arizona et hiver historique sur les États-Unis… alors que chez nous, en France, il fait pour l’instant si doux que les arbres fruitiers commencent à bourgeonner."


Après avoir constaté (ci-dessus) que l'année 2011 a été, au contraire, marquée par un refroidissement, il est inutile de préciser que l"important réchauffement climatique (+2,4°C)" auquel fait allusion le commentateur est totalement délirant. Le chiffre avancé est évidemment absurde comme chacun le sait.

S'agissant de l'augmentation supposée du nombre d'événements climatiques extrêmes, claironnée par nombre de médias, journaux, télés, radios et, malheureusement aussi, par quelques scientifiques, il est intéressant de savoir ce que le GIEC, lui-même, en pense.
Que nous prédisent les modèles climatiques à ce sujet ?
Existe-t-il un lien, scientifiquement avéré, entre les événements climatiques extrêmes et le réchauffement climatique ?
Les événements climatiques "extrêmes" sont-ils propres à notre époque ?

Voici la réponse à ces deux premières questions données par le texte officiel publié par le GIEC, le 18 Novembre 2011 :

IPCC, 2011: Summary for Policymakers. In: Intergovernmental Panel on Climate Change Special Report on
Managing the Risks of Extreme Events and Disasters to Advance Climate Change Adaptation

"GIEC, 2011 : Résumé pour les Décideurs. Dans "Rapport spécial du GIEC sur la gestion des risques dus aux événements extrêmes et aux désastres et démarche vers une adaptation au changement climatique."

Page 9.

" Projected changes in climate extremes under different emissions scenarios generally do not strongly diverge in the coming two to three
decades, but these signals are relatively small compared to natural climate variability over this time frame. Even the sign of projected changes in some climate extremes over this time frame is uncertain. For projected changes by the end of the 21st century, either model uncertainty or
uncertainties associated with emissions scenarios used becomes dominant, depending on the extreme. "

"Les changements projetés des extrêmes climatiques, effectués avec des scénarios variés d'émission (NdT : de CO2) ne divergent pas fortement pour les deux ou trois décennies à venir, mais ces signaux sont relativement faibles si on les compare à la variabilité climatique durant cette même période. Le signe lui-même des projections des variations d'un certain nombre d'extrêmes climatiques, pendant cette période, est incertain. Pour ce qui est projections des changements vers la fin du XXIème siècle, l'incertitude ou les incertitudes de chaque modèle, associées avec les scénarios des émissions choisis, devient prédominante et ceci dépend des extrêmes. "


En bref, Le GIEC avoue honnêtement que les modèles sont actuellement incapables d'avancer la moindre projection fiable quant à l'évolution des événements climatiques extrêmes
et ceci pour les vingt ans qui viennent et jusqu'à la fin du siècle. Les résultats sont lourdement entachés d'incertitudes et les projections sont indistinguables de la variabilité naturelle. Jusqu'au signe lui-même, c'est à dire quant à l'augmentation ou à la diminution des événements extrêmes, qui demeure incertain.

On peut en déduire que tous ceux et celles qui nous affirment fréquemment à la radio, à la télévision ou dans les journaux que tel ou tel événement récent comme les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur, les tornades, les typhons (jusqu'aux tsunamis !) etc., décrit comme extrême, "s'inscrit dans la ligne de ce que nous attendons", n'ont pas lu le tout récent rapport du GIEC, font des spéculations et pratiquent l'alarmisme à bon marché.

Enfin, et tout particulièrement pour ce qui concerne les événements climatiques dits "extrêmes", il est indispensable de se replonger dans le contexte historique.
On ne peut donc que conseiller la lecture du livre de l'historien Emmanuel Garnier qui s'est précisément penché sur l'histoire des événements climatiques extrêmes, depuis 500 ans. Son livre est intitulé : "Les dérangements du temps : 500 ans de froid et de chaud en Europe". La quatrième page de couverture de ce livre rapporte les textes suivants

"La réponse de l'historien est sans appel. Bien avant le Global Warming, nos ancêtres connurent des épisodes parfois très chauds dont l'intensité fit reculer les glaciers alpins à des niveaux inférieurs à ceux d'aujourd'hui" [...] "il est en revanche certain que les événements extrêmes qui focalisent tant l'attention de l'opinion publique aujourd'hui faisaient déjà partie du quotidien des sociétés anciennes. La sévérité des catastrophes observées sur cinq siècles démontre qu'elles n'eurent rien à envier à nos désastres récents. Confrontées à l'adversité climatique, nos sociétés, croit-on, passent d'une interprétation religieuse, avec son cortège de processions, à une sécularisation du fait météorologique dans le sillage de la pensée rationaliste et de l'intervention croissante des Etats."

viz

 

On ne peut être plus clair.

Ce que l'on pourrait illustrer par le sketch un peu moqueur ci-contre (traduit de l'anglais).

Quoique, pour ce qui concerne la "pensée rationaliste", évoquée par E. Garnier, on pourrait se poser quelques questions....

 

 

 

 

 

 



 

4) Dans ces conditions, quels sont les heureux récipiendaires des bonnets d'âne du mois de Janvier 2011 ?
Ils sont particulièrement nombreux.

  • Evidemment, les bonnets d'âne reviennent de droit à tous ceux qui ont tenté de minimiser, dans l'esprit du public, la baisse de température globale qui s'est produite en 2011, soit en ne la mentionnant pas soit en invoquant un phénomène La Niña, alors que les mêmes n'avaient jamais songé à invoquer le phénomène inverse et symétrique (El Niño) lorsque les températures étaient en hausse.
    Ce comportement anti-scientifique consiste à prendre en compte la variabilité naturelle lorsqu'elle vous arrange et à l'ignorer dans le cas contraire.
    Parmi ceux-ci, on trouve, hélas, des scientifiques connus (des médias), l'OMM et son responsable (déjà primé) ainsi que les médias que j'ai cités plus haut.


  • Sont également récompensés, la cohorte des journalistes auteurs des titres du genre "La température la plus chaude depuis 100 ans " omettant de préciser qu'il ne s'agissait que de la France (et que le Globe, lui, s'était refroidi). Les auteurs de ces titres trompeurs et alarmistes figurent dans le petit florilège encadré ci-dessus.
    En réalité, beaucoup, sinon la plupart, ont échappé à ma sagacité (ou à ma patience) qui ont pratiqué la même désinformation consistant à assimiler dans l'esprit des lecteurs peu attentifs, les températures de la France avec celles du Monde. Ils se reconnaîtront.
    Comme d'habitude, l'
    AFP figure parmi les candidtas primés. De fait, cette agence accumule les récompenses. Elle est à l'origine d'une grande partie des affirmations infondées qui sont reprises, sans aucune analyse ni esprit critique, par les médias.

  • Le Figaro, qui n'en est pas à son coup d'essai, complète sa collection de bonnets d'âne (avec les palmes et les félicitations du jury) pour avoir publié un texte ultra-fantaisiste qui n'a strictement rien à voir avec la réalité objective et constitue, en soi, un monument de désinformation. Lequel ne dépare pas toute une série d'articles régulièrement publiés sur ces sujets depuis plusieurs années. .

  • Le bonnet d'âne avec palmes et félicitations du jury récompense également tous ceux et celles qui, sur les antennes et dans les journaux, persistent à agiter perpétuellement le spectre des événements climatiques extrêmes qui, selon eux, seraient déjà apparents et ne font aucun doute pour les années à venir.
    Il est évident que ce pernicieux travail d'instillation de la peur (infondée) ne peut qu'avoir des conséquences désastreuses sur l'esprit malléable de nos enfants et de nos petits enfants. Les persuader qu'ils vont devoir vivre durant un siècle de catastrophes "sans précédents", n'est guère motivant.
    De fait, la science actuelle est incapable d'affirmer quoi que ce soit dans ce domaine et l'histoire nous apprend que les événements actuels n'ont rien à envier à ceux qui ont affligé nos aïeux.

Bref, voilà qui constitue une très remarquable collection de bonnets d'âne, au seuil de cette nouvelle année !
Félicitations aux primés ! Perséverez !
(Je ne doute pas qu'ils le feront).

 

Stay tuned !

04 Décembre 2011 : Les courriels du CRU - Climategate 2.0 : Le retour.

A vrai dire, je préparais des billets sur des sujets totalement différents. Mais actualité oblige, n'est-ce-pas ?
Et je ne crois pas que les lecteurs de PU m'auraient pardonné de laisser passer un événement aussi renversant que la nouvelle et considérable livraison d'un hacker inconnu (sans aucun doute le même qui avait publié les courriels du CRU du Climategate 1.0, en Novembre 2009) qui vient de déposer sur plusieurs sites, un complément substantiel (5200 courriels !) aux fameux 1073 courriels révélés en 2009, qui résidaient sur le serveur du CRU (Climate Research Unit) de l'Université d'East-Anglia (UK).

1- Introduction :

Le dossier appelé FOIA2011 tout récemment (le 22 Novembre 2011) mis à la disposition du public par le (les) hacker inconnu est constitué d'un "batch" (une liasse) qui inclut :
- un texte explicatif (README.TXT).
- une liasse de près de 5200 emails échangés entre les divers protagonistes qui se situent au coeur des divers rapports du GIEC et d'autres rapports propres aux USA.
- un énorme dossier subtilement encrypté (et donc indéchiffrable dans l'état actuel de la technique sans connaître le mot de passe) qui contiendrait quelques 220.000 (!) emails supplémentaires que le (les) hacker n'a pas souhaité révéler... pour l'instant. On se perd en conjectures sur les raisons qui ont poussé le (les) hacker à garder secret le code d'accès à cette énorme base de données.

Je rappelle que la FOIA (US) (Loi Pour la Liberté d'Information) dont le nom a été choisi par le (les) hacker pour intituler les dossiers rendus publics, est une loi votée par le congrès US en 1966. Elle est fondée sur le principe de la liberté d'information. Elle oblige les agences fédérales à transmettre leurs documents, à quiconque en fait la demande, quelle que soit sa nationalité. Le Royaume Uni possède aussi sa propre FOIA.
Certains échanges de courriels de FOIA2011 font mention de cette loi et font même état de conversations avec le représentant responsable de l'application de la FOIA à l'Université UEA... et des moyens de s'en prémunir qui consistent à effacer les courriels que l'on juge compromettants. Ceci sans aucun succès d'ailleurs car il semble que ceux qui recommandent ce genre de méthode (tel Phil Jones, le responsable du CRU, largement mis en cause lors du Climategate 1.0, ultérieurement blanchi par des commissions "indépendantes"), ignorent qu'il ne suffit pas d'effacer un message de la boîte email de son ordinateur personnel pour qu'il disparaisse. En réalité, les copies demeurent sur le serveur, ainsi qu'on peut le constater.

A noter, comme je l'avais fait en 2009, qu'à mon avis, l'organisation même des courriels révèle une très bonne connaissance des problèmes de la climatologie. Je pense (mais je peux me tromper) que le hacker est un "insider". C'est à dire, une personne du sérail.

Le "README.TXT" consiste en une présentation de la base de données mise à la disposition du public ainsi qu'une déclaration liminaire qui explique les motivations du ou des hackers.

Je vous rappelle que la première série des 1073 emails qui avait été déposée sur le WEB en Novembre 2009 (FOIA2009), sans doute par le (les) même personne, était précédée du message explicatif suivant :

" Nous pensons que, dans la situation actuelle, la science du climat est trop importante pour demeurer dissimulée.
C'est pourquoi nous mettons dans le domaine public une sélection, prise au hasard, de correspondances, de codes (NDT: informatiques) et de documents. Nous espérons que cela ouvrira les yeux sur cette science et sur les gens qui sont derrière".


Comme en 2009, je présenterai les textes sous forme de tableau à deux colonnes. Celle de gauche contient le texte original. Celle de droite en donne une traduction en français.
Les fonds jaunes sont réservés aux citations. Mes commentaires ou mes présentations sont affichées sur ce fond bleu-vert.
Dans la suite de ce billet, pour faire court, j'utiliserai le mot "Team" (l'équipe) comme le font les américains pour désigner les membres des divers laboratoires ou instituts (essentiellement US et UK) qui participent à ces échanges de courriels et qui constituent le coeur même du groupe I (sciences de bases et attributions) du GIEC.
Comme vous le constaterez en lisant les échanges, les membres actifs du "Team"sont peu nombreux. Les noms des membres les plus actifs (notamment Mike Mann (US) et Phil Jones (UK)) reviennent très souvent, tout comme dans les courriels du Climategate 1.0.

Le message liminaire du FOIA2011 est le suivant.

/// FOIA 2011 — Background and Context ///

“Over 2.5 billion people live on less than $2 a day.”
“Every day nearly 16.000 children die from hunger and related causes.”
“One dollar can save a life” — the opposite must also be true.
“Poverty is a death sentence.”
“Nations must invest $37 trillion in energy technologies by 2030 to stabilize greenhouse gas emissions at sustainable levels.”
Today’s decisions should be based on all the information we can get, not on hiding the decline.

This archive contains some 5.000 emails picked from keyword searches. A few remarks and redactions are marked with triple brackets.
The rest, some 220.000, are encrypted for various reasons. We are not planning to publicly release the passphrase.

We could not read every one, but tried to cover the most relevant topics such as…

///FOIA 2011 - Arrière-plan et contexte ///

"Près de 2,5 milliards de personnes vivent avec moins de 2$ par jour."
"Chaque jour, près de 16.000 enfants meurent de faim et de causes afférentes."
"Un dollar peut sauver une vie" - L'inverse doit aussi être vrai.
"La pauvreté est une sentence de mort."
"Les Nations doivent investir 37 mille milliards de dollars dans les technologies de l'énergie jusque vers 2030 afin de stabiliser les émissions de gaz à effet de serre à des niveaux supportables."
Les décisions d'aujourd'hui devraient reposer sur toutes les informations que nous pouvons obtenir, et non pas sur "cacher le déclin" (NdT :"hide the decline" : est une expression utilisée dans la précédente série des emails, qui avaient déclenché une sévère polémique).

Les archives contiennent quelques 5000 emails extraits à partir de recherche par mot-clefs. Quelques remarques et rédactions sont indiquées par des triple-crochets.
Le reste, qui sont au nombre de 220.000, est encrypté pour diverses raisons. Nous ne prévoyons pas de publier le mot de passe.
Nous n'avons pas pu les lire tous, mais nous avons essayé de couvrir les sujets les plus pertinents tels que...

Suit une série de paragraphes incluant chacun un certain nombre de citations, extraites des emails directement accessibles dans la base de données rendue publique. Les titres des différents paragraphes sont les suivants :

/// Le fonctionnement du GIEC ///,
/// Communiquer sur le changement climatique ///,
/// L'optimum Médiéval ///,
/// L'effet d'îlot urbain (UHI)///,
/// Reconstructions des températures///,
/// Science et Religion ///,
/// Les modèles du climat///,
/// La Cause///,
/// Liberté de l'information ///

Vous trouverez sur le site "The Air Vent" (un site anglophone sceptique bien connu) le détail du contenu de chacun de ces paragraphes, c'est à dire l'intégrale du contenu du fichier README.TXT. A noter que The Air Vent a été un des tout premiers sites sur lequel a été déposé, sans doute par le (les) hacker, le lien vers le dossier FOIA2011.

2 - Comment accéder à la liste et au contenu intégral des emails ? :

Les lecteurs intéressés pourront trouver la totalité des quelques 5200 emails du Climategate 2.0 et leur contenu intégral dans la base de données foia2011.org. sur laquelle on peut effectuer des recherches par mot-clef ou trouver des emails dont on connaît le N° de référence, comme les quelques-uns (référencés par leur numéro) qui sont cités ci-dessous.
Le site FOIA2022.org a maintenant complété sa base de données en lui incluant également la totalité des 1073 emails du Climategate 1.0. Vous avez donc accès aux quelques 6300 emails des FOIA2009 et FOIA2011.

Enfin, une base de données Excel de la totalité des emails des climategate 1.0 et 2.0 a également été mise à la disposition du public (h/t B. Minton via WUWT et Air Vent).
-Soit en format Excel (Office 2002-2003)
-Soit en format Excel (Office >2007).

L'intérêt de cette mise en forme sous Excel réside évidemment dans le fait que la base de données ainsi constituée, est ordonnée par date, ce qui permet souvent de suivre le fil des échanges entre les personnes impliquées.
A noter que toutes les données personnelles (téléphones, adresses emails etc.) relatives aux protagonistes de ces échanges, ont été effacées (notées REDACTED) par le (les) hackers. Seules demeurent les affiliations lorsqu'elles étaient indiquées.

Contrairement aux affirmations de certains, les bases de données FOIA2009 et FOIA2011 sont totalement différentes et ne semblent, en aucune manière, se superposer.
De fait, la nouvelle
FOIA2011 couvre des sujets d'intérêts nettement plus vastes que ne le faisait la base FOIA2009.
On y trouve, notamment, nombre de courriels révélateurs, à consonance fortement politique et/ou stratégique, de la part des membres du
"Team" (de l'équipe), comme ils disent. Les nouveaux emails concernent, également et entre autres, les relations avec les médias (dont très notablement, la BBC et le New York Times), avec des ONG (WWF et Greenpeace entre autres), ou encore, les relations avec les bailleurs de fonds tels que le DOE (Le département de l'énergie US), voire avec des personnes proches des gouvernements, ainsi qu'avec d'autres organisations impliquées dans cette affaire de réchauffement climatique.
Le moins que l'on puisse dire, au vu des emails du FOIA2011, c'est que les membres du "Team" qui sont, en principe, des scientifiques indépendants, n'hésitent pas à s'engager dans la politique. Tout cela est analysé avec quelques détails (mais tout n'y est pas) dans la série publiée par WUWT.

Il est inutile de préciser que l'ouverture de cette nouvelle base de données du CRU de l'Université d'East Anglia, a motivé les efforts concertés de la part d'un nombre impressionnant d'amateurs (ou professionnels) anglophones qui s'intéressent à ces questions. C'est ainsi qu'un grand nombre d'emails dont le contenu est franchement impressionnant et qui figurent dans FOIA2011, a été porté à la connaissance du public anglophone, notamment via le site d'Anthony Watts (WUWT) qui contient une série d'analyses de plusieurs de ces emails qui n'avaient pas été mentionnés par le hacker dans son texte liminaire README.TXT.

3- Quelques exemples significatifs relevés dans les courriels du Climategate 2.0
Ce chapitre est divisé en 4 parties qui me semblent caractéristiques du ton, de l'esprit et du contenu des messages échangés par les membres du "Team".

A - Le Doute

Visiblement, des chercheurs du "Team" sont inquiets de certaines anomalies observées dans le comportement de leur entourage et aussi de ce que l'avenir leur réserve. Et ils l'écrivent. Certains le font vertement et n'y vont pas de main morte :

Par exemple, Doug Maraun, chercheur du CRU de l'UEA est inquiet sur la perception du "Team" par l'extérieur. Il a des états d'âme sur le comportement de certains membres du "Team". Il propose à ses collègues d'organiser une discussion autour de quelques questions dont celles-ci :

Courriel N° 1656 de Doug Maraun à ses collègues du Team, le 24 oct 2007, donc après la publication du rapport AR4 du GIEC)

-Is it true that only climate sceptics have political interests and are potentially biased? If not, how can we deal with this?
-How should we deal with flaws inside the climate community? I think, that "our" reaction on the errors found in Mike Mann's work were not especially honest.

-Est-il exact que seuls les climato-sceptiques ont des arrières-pensées politiques et sont potentiellement biaisés ? Si ce n'est pas le cas, comment gérer ce problème ?

-Comment devons nous gérer les erreurs commises à l'intérieur de la communauté qui travaille sur le climat (NdT : Le Team) ?
Je pense que "nos" réactions vis à vis des erreurs trouvées dans le travail de Mike Mann n'étaient pas spécialement honnêtes.

Peter Thorne qui est Climate Research Scientist du Hadley Centre for climate prédiction and research, associé au Met-Office UK, lequel entretient des relations, en principe, confraternelles avec du CRU de l'UEA, pense à l'avenir. Il ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'adresse à ses collègues du CRU.

Courriel 3066 (De Peter Thorne à Phil Jones , le 20 février 2005)

...]I note that my box on the lapse rates was completely and utterly ignored which may explain to some extent my reaction, but I also think the science is being manipulated to put a political spin on it which for all our sakes might not be too clever in the long run.

...] Je remarque que mon insert au sujet du taux de variation de la température dans l'atmosphère a été complètement et intégralement ignoré, ce qui peut expliquer, en partie, ma réaction, mais je pense que la science est manipulée pour lui donner un objectif politique. Ce qui, pour notre bien à tous, pourrait ne pas être très malin pour le long terme.

A noter que cette dernière phrase du courrier adressée par Peter Thorne (qui porte bien son nom puisque thorn signifie "épine" en français) à Phil Jones, nous rappelle le texte de la lettre de démission (du GIEC, écrite en Janvier 2005) de Christopher Landsea qui se terminait ainsi :
" Pour ce qui me concerne, je ne peux pas, en toute honnêteté, continuer à contribuer à un processus que je considère comme motivé par des objectifs pré-conçus et qui sont scientifiquement infondés. Comme les responsables du GIEC n'ont rien trouvé de mal dans les actions du Dr. Trenberth et l'ont maintenu à son poste d'Auteur Principal pour l'AR4, j'ai décidé de ne plus participer à la préparation de l'AR4 du GIEC."

A l'époque de la "bataille de la Crosse de hockey" qui a fait les beaux jours des rapports du GIEC jusqu'en 2007 et qui s'est prolongée pendant quelques années, Michael Mann défendait bec et ongles (et certains persistent encore aujourd'hui (!)) sa fameuse "reconstruction" historique des températures de l'hémisphère Nord qui éliminait, tout de go, l'optimum médiéval et le petit âge glaciaire.
Les courriels du Climategate 2.0 montrent que les collègues de Mann s'en inquiétaient et en redoutaient les conséquences. Ainsi Edward Cook écrivit à Tim Osborn :

Courriel 4369 de Edward Cook à Tim Osborn (3 avril 2002)

Hi Tim,
I will be sure not to bring this up to Mike. As you know, he thinks that CRU is out to get him in some sense. So, a very carefully worded and described bit by you and Keith will be important.
I am afraid that Mike is defending something that increasingly can not be defended. He is investing too much personal stuff in this and not letting the science move ahead. I am afraid that he is losing out in the process.
Ed

 

Hello Tim,
Je m'assurerai de ne pas rapporter ça à Mike. Comme tu le sais, il pense que le CRU est à ses trousses d'une certaine manière. Ainsi, un petit mot écrit avec soin et documenté par toi et Keith (NdT Briffa) sera important.
J'ai peur que Mike soit en train de défendre quelque chose qui devient de plus en plus indéfendable. Il investit trop de sa personne dans cette affaire et ne laisse pas la science progresser. J'ai peur qu'il soit perdant dans cette affaire.
Ed (Cook).

Comme je l'avais noté lors du Climategate 1.0, Keith Briffa semble éprouver de sérieux doutes et en particulier, sur les "reconstructions", ce qui est significatif de la part d'un dendrochronologue comme lui. Il écrivait dans ce sens à Edward Cook :

Courriel 2009, De Keith Briffa à Edward Cook (20 Janvier 2005)

...]Really happy to get critical comment here . There is no doubt that this section will attract all the venom from the sceptics. I find myself in the strange position of being very skeptical of the quality of all present reconstructions, yet sounding like a pro greenhouse zealot here!

Je suis très heureux d'avoir des commentaires critiques, ici. Il n'y a aucun doute que cette section attirera tout le venin des sceptiques. Je me trouve dans une situation étrange où je suis très sceptique sur la qualité de toutes les reconstructions actuelles et pourtant je passe ici pour un zélote pro effet de serre !

Vous trouverez ci-dessous quelques autres exemples de courriels où des chercheurs du Team mettent sérieusement en doute les résultats ou le comportement de quelques-uns de leurs collègues. Beaucoup de courriels vont dans ce sens.

B - La Cause :

A l'évidence, la conception des buts de la recherche scientifique sur le climat de certains membres du Team (mais pas tous) est pour le moins "inhabituelle". Par exemple, dans ses échanges de courriels, Michael Mann fait plusieurs fois référence à "La Cause" (sic) qu'il faut défendre. En voici deux exemples :

Courriel N° 3115 (3 Août 2004, de Mike Mann à Phil Jones)

...] By the way, when is Tom C going to formally publish his roughly 1500 year reconstruction??? It would help the cause to be able to refer to that reconstruction as confirming Mann and Jones, etc...


...] Au fait, quand est-ce que Tom C va publier défintivement sa reconstruction sur environ 1500 ans ???? Cela aiderait la cause de pouvoir citer cette reconstruction en précisant qu'elle confirme celle de Mann et Jones, etc..

Courriel N° 0810 (30 Mai 2008, de Mike Mann à Phil Jones)

...] I gave up on Judith Curry a while ago. I don't know what she think's she's doing, but its not helping the cause, or her professional credibility,

...] J'ai laissé tomber avec Judith Curry, il y a pas mal de temps. Je ne sais pas ce qu'elle pense faire, mais ça n'aide pas la cause, ou sa crédibilité professionnelle.

A noter que Judith Curry qui est très consciente des nombreuses incertitudes qui affectent les théories en vogue, s'intéressait aux arguments des climato-sceptiques bien avant 2008. Elle avait entrepris de rééquilibrer le débat et de discuter avec eux (notamment avec Steve McIntyre, célèbre pour avoir démonté la crosse de hockey de Mike Mann). La création ultérieure (en 2010) de son blog Climate Etc., souvent cité sur ce site et dans lequel elle donne, entre autres, la parole aux scientifiques sceptiques, en est le prolongement logique.
Judy - c'est le moins que l'on puisse dire - n'a aucune estime pour la crosse de hockey de Mann non plus que pour son auteur. A noter que même après 2010, Mike Mann est revenu plusieurs fois à la charge pour essayer de faire rentrer
Judy Curry qui est une climatologue renommée, dans le rang.
En pure perte d'ailleurs. C'était, sans aucun doute, pour aider
"la cause"

Ce vocable, "La cause", n'a pas manqué et ne manquera pas d'inquiéter ceux qui, comme moi, n'avaient jamais, auparavant, entendu un seul scientifique affirmer, dans le cadre de son travail, qu'il défendait ou cherchait à promouvoir "une cause". Le but de la recherche scientifique c'est évidemment de chercher à comprendre "comment ça marche", d'analyser objectivement des faits et des observations et non pas de défendre "une cause", quelle qu'elle soit. C'est d'ailleurs, très exactement ainsi que le conçoit Judith Curry comme on peut le constater en lisant les rubriques de son blog.

C - Quelques coups tordus...

Le Climategate 1.0 de 2009, nous avait alerté sur un certain nombre de libertés prises par des climatologues du "Team" avec la déontologie scientifique. En particulier, et parmi beaucoup d'autres, le très célèbre "Hide the decline" (cacher le déclin. Voir les développements récents) avait fait le tour de la planète, quelles qu'aient pu être les explications, plus ou moins alambiquées, qui avaient été avancées à l'époque.
Les courriels du Climategate 2.0 nous en révèlent bien d'autres. En voici quelques unes, sélectionnées parmi beaucoup d'autres :

Les deux suivantes nous viennent de Mike Mann et de Gavin Schmidt. Schmidt est le bras droit de James Hansen à la NASA et le webmaster du site RealClimate, dit "des climatologues" installé par Michael Mann, "au nom de la vraie science", affirmait ce dernier. Ce site, considéré comme LE site de référence des membres du "Team" et de ses zélotes, défend (évidemment puisque ce sont les mêmes auteurs qui font partie du "Team") les affirmations que l'on trouve dans les rapports successifs du GIEC.
On veut bien, mais alors que signifie cet email de Mike Mann adressé à son collègue Phil Jones lors d'une discussion au sujet d'une intervention sur les ondes de la BBC ?:

Courriel 1485, (de Mike Mann à Phil Jones, 10 Déc. 2004)
...] but the important thing is to make sure they're loosing the
PR battle. That's what the site is about.
...] Mais ce qui est important c'est d'être sûr qu'ils (NdT : les sceptiques) perdent la bataille médiatique. C'est ça le but du site (NdT : RealClimate).

On apprend ainsi que le véritable but du site RealClimate n'est pas tant de faire avancer la connaissance des sciences du climat, mais plutôt de gagner une (hypothétique) bataille médiatique, contre les sceptiques.

Les membres du "Team" ont constamment montré une grande réticence à communiquer les données originales (notamment des stations de mesure des températures) aux collègues qui, comme c'est l'usage dans tous les autres domaines de la science, leur en faisaient la demande.
Entre autres, Vincent Courtillot a évoqué les problèmes qu'il avait rencontré avec Phil Jones, lors de ses conférences.
Bien entendu, les scientifiques qui désiraient utiliser ces données rendues inaccessibles, ont insisté. Lors d'une discussion avec Phil Jones, ceci a suscité cette étonnante suggestion de la part de Gavin Schmidt :

Courriel 3343 (de Gavin Schmidt à Mike Mann, 24 Avril 2007) ...]Frankly, I would simply put the whole CRU database (in an as-impenetrable-as-possible form) up on the web site along with a brief history of it's provenance (and the role of the NMSs) and be done with it. ...]Franchement, je mettrais simplement toute la base de données du CRU ( dans un format-aussi-impénétrable-que-possible), sur un site WEB avec une brève histoire sur sa provenance (et du rôle des NMS) et l'affaire serait bouclée.

Ce qui peut paraître comme passablement cocasse (?), c'est que Gavin Schmidt qui préconise de publier des données indispensables de manière aussi-impénétrable-que-possible, vient justement de recevoir le prix du "meilleur communicateur scientifique" de l'American Geophysical Union, dont le responsable "com" et donc le responsable de cette attribution, est le fraîchement nommé (par l'AGU) et non-scientifique Chris Mooney, lequel est bien connu pour ne pas faire dans la dentelle, en matière d'activisme climatique...

Toujours au sujet de la communication des bases de données relatives aux stations de mesures mondiales, Phil Jones, lui, nous livre une confession et une révélation tout aussi étonnantes. Voici ce qu'il a écrit, à ce sujet, à quelques membres du Team" dont Tim Osborne :

Courriel 1577 (De Phil Jones à plusieurs collègues, 28 Juillet 2009)
...] Any work we have done in the past is done on the back of the research grants we get - and has to be well hidden. I've discussed this with the main funder (US Dept of Energy) in the past and they are happy about not releasing the original station data.
...]Tous les travaux que nous avons effectués dans le passé ont été faits sur le dos des contrats de recherches que nous avons - et ils doivent être bien cachés. J'ai discuté de cette question avec le principal fournisseur de contrats (le Département de l'Energie US) dans le passé et ils sont contents que nous ne donnions pas les données originales des stations de mesure.
Et dans un autre email N°1217, du même (13 Mai 2009): “Work on the land station data has been funded by the US Dept of Energy, and I have their agreement that the data needn’t be passed on. I got this in 2007.” "Le travail sur les stations terrestres a été financé par le Département de l'Energie US et j'ai leur accord que les données ne doivent pas être transmises. J'ai obtenu ça en 2007."

Voilà qui est curieux : Selon Phil Jones, le Directeur du CRU, le Département de l'Energie des USA ne souhaite pas que l'on communique à ceux qui les demandent, les données originales des stations de mesure des températures du globe, utilisées par le CRU ? Pour quelle raison ?
A noter qu'un peu plus haut, dans le même email, Phil Jones avoue qu'il ne possède plus la base des données originales et se plaint de ne pas avoir les moyens pour gérer tout ça. Tout cela est assez étrange pour un organisme qui se targue d'être le dépositaire et le gestionnaire N°1 de ces bases de données et dont on peut penser que ces informations doivent, au contraire, pouvoir servir à la recherche des tiers qui en font la demande.

D'autant plus que par la vertu du FOIA, du moins aux USA, les données, les travaux et les échanges entre collègues des services publics, doivent être rendus accessibles à tous.
Cette décision surprenante du Département de l'Energie (DOE) US, a motivé le dépôt d'une requête officielle de la part du Competitive Enterprise Institute (US).Le texte de cette requête, adressée au responsable de la Liberté de l'Information du DOE, est disponible sur cette page.

Quoiqu'il en soit, Phil Jones et ses collègues se méfie du FOIA, ce qui peut évidemment susciter la suspicion. Jones en vient à donner des conseils à ses collègues à ce sujet. Des conseils qui violent manifestement le principe même du FOIA. Il propose de faire carrément disparaître les preuves des échanges entre les membres du Team. Voici ce qu'il a écrit à ses collègues :

Courrier 2440 (de Phil Jones à Thomas Stocker, le 24 Juin 2009).
...] You might want to check with the IPCC Bureau. I've been told thatIPCC is above national FOI Acts. One way to cover yourself and all those working in AR5 would be to delete all emails at the end of the process. Hard to do, as not everybody will remember to do it.

...]Vous pourriez vérifier auprès du bureau du GIEC. On m'a dit que le GIEC est au dessus des FOIA nationaux. Une des manières de vous couvrir ainsi que tous ceux qui travaillent sur l'AR5 (NdT : le prochain rapport du GIEC), consisterait à détruire tous les emails à la fin du processus. C'est dur à réaliser car tout le monde ne se souviendra pas de le faire.

NdT : D'autant plus que visiblement, Phil Jones ignore qu'il n'est pas si aisé de faire disparaître des emails lesquels sont en général sauvegardés sur des serveurs. Et d'ailleurs, pourquoi faudrait-il "se couvrir" si tout est parfaitement normal ?

Cependant, certains chercheurs du Team ne s'en laissent pas compter et rappellent à l'ordre leurs collègues quand ils "oublient" quelques évidences dérangeantes (que les autres n'ont pas oubliées). Ainsi Peter Thorne écrit à Phil Jones, Kevin Trenberth et al. .

Courriel 1939 (De Peter Thorne à Phil Jones, Kevin Trenberth et al, Mai 2005, au titre d'un commentaire sur un article en préparation)
...] Common question 3.2. You'll be unsurprised to hear that I think this
paints too rosy a picture of our understanding the vertical structure of
temperature changes. Observations do not show rising temperatures
throughout the tropical troposphere unless you accept one single study
and approach and discount a wealth of others. This is just downright
dangerous. We need to communicate the uncertainty and be honest.
Question commune 3.3. Vous ne serez pas surpris d'apprendre que je pense que vous donnez une image trop idéalisée de notre compréhension de la structure verticale du changement climatique. Les observations ne montrent pas de hausse de température à travers la troposphère tropicale (NdT : C'est l'affaire du Hotspot absent) à moins que vous n'acceptiez qu'une seule étude et approche et que vous n'écartiez une foule d'autres études. Ceci est carrément dangereux. Nous devons faire part des incertitudes et être honnêtes.

De même Tom Wigley (de l'UCAR, comme Kevin Trenberth) n'utilise pas la langue de bois quand il s'agit de signaler quelques manquements à l'éthique scientifique par ses collègues. A noter que ce n'est pas la première fois que Wigley intervient de manière critique vis à vis de ses collègues. Entre autres, Il l'avait déjà fait lors de l'affaire de la crosse de hockey.

Couriel 2884 de Tom Wigley à Michael Mann avec cc: à Kevin Trenberth, Stephen H Schneider, Myles Allen, peter stott, "Philip D. Jones", Benjamin Santer, Thomas R Karl, Gavin Schmid, James Hansen, Michael Oppenheimer, le 14 Octobre 2009.
Mike,
The Figure you sent is very deceptive. As an example, historical
runs with PCM look as though they match observations -- but the
match is a fluke. PCM has no indirect aerosol forcing and a low
climate sensitivity -- compensating errors. In my (perhaps too harsh) view, there have been a number of dishonest presentations of model results by individual authors and by IPCC[...]
Mike, la Figure que tu m'as envoyée est très trompeuse. A titre d'exemple, les sorties d'ordinateurs sur le déroulement historique avec le PCM (NdT : Un modèle numérique du climat développé en collaboration entre plusieurs institutions) paraissent coller avec les observations --mais ce n'est qu'un coup de chance. Le PCM n'a pas de forçage indirect par les aérosols et il a une faible sensibilité --ce qui compense les erreurs. De mon point de vue (peut-être trop abrupt), il y a eu un grand nombre de présentations malhonnêtes par des auteurs individuels et par le GIEC.[...]

C'est encore Tom Wigley qui s'interroge au sujet des refus répétés du Team de communiquer les données lors de l'épisode "Crosse de hockey". Voici ce qu'il écrit à K. Briffa, un des dendrochronologues du Team :

Courriel 1017 : de Tom Wigley (UCAR) ) à Keith Briffa (UEA) 10 May 2006
Keith,
See the last item. Why don’t you just give these people the raw data?
Are you hiding something — your apparent refusal to be forthcoming suremakes it look as though you are.
Tom.

Keith,
J'ai vu le dernier sujet. Pour quelle raison ne voulez-vous pas communiquer vos données à ces gens-là ?
Dissimulez-vous quelque chose ? - Votre refus apparent de vous y conformer, donne, sans aucun doute, l'impression que c'est ce que vous faites.


Thomas Crowley est Nicholas Professor of Earth Systems Science à l'Université de Duke (celle où travaille aussi N. Scafetta). Il adresse un courrier à plusieurs membres du Team dans le but d'apaiser une querelle en cours (sur la crosse de hockey ?), ce qui est en soi plutôt louable. Cependant, il achève sa missive par une phrase qui, si elle traduit bien le fond de sa pensée, est extrêmement inquiétante. Surtout venant de chercheurs qui portent une énorme responsabilité sur leurs épaules. En sont-ils vraiment conscients ? On se le demande.

Courriel 4693 de Tom Crowley à plusieurs collègues du Team, dont Mike Mann, en 2002.

...]somehow I am not convinced that the "truth" is always worth
reaching if it is at the cost of damaged personal relationships....

...] D'un certain côté, je ne suis pas convaincu que la "vérité" mérite toujours d'être recherchée si c'est au prix de la détérioration des relations personnelles...

Autrement dit, pour Tom Cowley, "restons bons copains et tant pis pour la vérité scientifique".
Même si, de cette dernière, dépendent quelques centaines de milliards d'investissement inutiles et l'inflexion de la vie de milliards d'êtres humains ?

Une fois de plus, Phil Jones nous révèle un trait peu sympathique de son caractère. Il répond à des courriers de Tim Osborne et Chris Folland (du Hadley Center et Met Office) de la manière suivante :

Courriel 4195 de Phil Jones à Chris Folland, Tim Osborne et quelques autres. (5 Janvier 2009)

Tim, Chris,
I hope you're not right about the lack of warming lasting till about 2020. I'd rather hoped to see the earlier Met Office press release with Doug's paper that said something like - half the years to 2014 would exceed the warmest year currently on record, 1998! Still a way to go before 2014.

I seem to be getting an email a week from skeptics saying where's the warming gone. I know the warming is on the decadal scale, but it would be nice to wear their smug grins away.

Tim, Chris,

J'espère que vous n'avez pas raison au sujet du manque de réchauffement jusque vers 2020. J'aurais plutôt espéré voir le communiqué de presse du Met Office incluant un papier de Doug qui disait quelque chose comme - la moitié des années jusqu'en 2014 devraient excéder l'année la plus chaude actuellement enregistrée, 1998 ! Il y a encore du chemin à parcourir avant 2014.
Il semble que je reçois un email par semaine de la part de sceptiques qui me demandent où est passé le réchauffement. Je sais que le réchauffement est à l'échelle décennale mais ce serait chouette de pouvoir effacer leur sourire suffisant.

Autrement dit, Phil Jones, le Directeur en titre du CRU, qui affirme sans cesse que le réchauffement climatique causera d'énormes dommages à la planète, préférerait que celui-ci se poursuive dans l'avenir. Tout simplement pour prouver qu'il a raison et pouvoir "effacer le sourire suffisant" des sceptiques ? Si on rapproche cet email de Phil Jones du précédent de Tom Cowley, doit-on en déduire que le but de ces chercheurs, c'est essentiellement de "prouver" qu'ils ont raison et, surtout, de ne pas se fâcher avec les copains ?

D - Les relations du Team avec la presse et les médias.

En complément aux 1037 courriels du Climategate 1.0, la vaste collection des 5200 et quelques emails du Climategate 2.0, implique un certains nombres d'échanges avec des journalistes US ou UK influents, ainsi que quelques allusions aux bailleurs de fonds;

Nul n'en doutait auparavant, mais il apparaît désormais, noir sur blanc, que quelques membres du Team (toujours les mêmes, en fait) ont constamment sollicité et obtenu l'aide, souvent enthousiaste de quelques journalistes influents (et sympathisants de "La Cause") qui publiaient, entre autres, dans le New York Times (US), le Guardian UK, ou encore, officiaient (et officient) à la BBC UK . Il en est ainsi et entre autres, de Georges Monbiot du Guardian et d'Andrew Revkin du New York Times. En réalité, les journalistes en question se sont surtout comportés, il y a quelques années, comme de véritables porte-voix pour diffuser les messages et complaire aux demandes pressantes de quelques personnalités du Team.

A titre d'exemple de cette collusion, voici la référence des emails échangés entre Georges Monbiot du Guardian et Mike Mann : Mann demandait à Monbiot de "descendre" le documentaire "The Great Global Warming Swindle" qui devait paraître en UK. Monbiot cherchait le meilleur moyen de le faire.
Dans ces conditions, il est un peu surprenant que les courriels du Climategate 1.0 aient quelque peu horrifié Georges Monbiot qui ne s'est pas privé de le faire savoir, à l'époque.. Ce qui a étonné beaucoup de monde. Inutile d'ajouter que ce dernier s'est "bien" repris, depuis lors.

Andy Revkin a subi récemment de nombreuses attaques suite aux révélations des échanges contenus dans les courriels du Climategate 2.0. Revkin a éprouvé le besoin de se justifier via un questionnaire Q&A (Questions-réponses) dans un article publié sur son blog du New York Times.
Et de fait, on peut penser qu'Andy Revkin a récemment évolué dans le sens d'une relative impartialité, avec quelques rechutes occasionnelles, cependant. Tout le monde lui (à lui et aux autres) accorde que s'il est parfaitement normal qu'un journaliste s'informe auprès des scientifiques du domaine avant d'écrire un papier, en tant que journaliste impartial il doit s'abstenir de certaines initiatives que le contenu de certains des emails du Climategate 2.0 met en lumière (par exemple, celle-ci). Son désir de présenter une sélection orientée, avec l'aide des membres du "Team"; même sous le prétexte de pédagogie, laisse sérieusement à désirer quant à son désir d'informer objectivement les lecteurs du NYT.

Quant à la BBC dont le biais, dans cette matière, ne dépare guère celui des médias francophones, elle admet ouvertement sa partialité sur ce sujet, par la voix d'un de ses principaux journalistes environnementaux, Alex Kirby.
Voici la copie d'un courriel que Kirby avait adressé en réponse à Phil Jones qui se plaignait que la BBC n'ait pas diffusé le sujet qu'il avait choisi.

Courriel 4894 , de Alex Kirby (BBC) à Phil Jones (8 décembre 2004)

I can well understand your unhappiness at our running the other piece. But we are constantly being savaged by the loonies for not giving them any coverage at all, especially as you say with the COP in the offing, and
being the objective impartial (ho ho) BBC that we are, there is an
expectation in some quarters that we will every now and then let them say something. I hope though that the weight of our coverage makes it clear that we think they are talking through their hats.

Je peux bien comprendre votre mécontentement que nous ayons diffusé l'autre sujet. Mais nous sommes constamment attaqués par les cinglés pour ne pas leur avoir donné de couverture du tout, tout spécialement lorsque le COP (NdT : C'était le COP10 à Buenos-Aires) est en vue, et étant donné que nous sommes la BBC impartiale et objective (ah , ah, ah ! (Ndt : Je rigole)), il y a une attente dans certains milieux pour que nous leur laissions dire quelque chose de temps en temps. Cependant, j'espère que le poids de notre couverture rend évident le fait que nous pensons qu'ils ne profèrent que des stupidités.

4 - Couverture médiatique du Climategate 2.0 :

S'il est incontestable que la couverture médiatique du Climategate 2.0 n'a pas atteint le niveau (particulièrement élevé) de celle du Climategate 1.0 qui avait fait grand bruit dans les médias US, UK, Australiens, Canadiens etc, de nombreux journalistes anglophones ont, cette fois-ci encore, fait leur travail d'information.
Plusieurs explications peuvent être avancées, pour expliquer cette évolution :

-La "climate fatigue". Mentionnée par les responsables anglophones des médias.
En gros "Le réchauffement Climatique ne se vend plus". Malgré les gros efforts déployés par certains, surtout à l'approche du sommet de Durban (COP17), il est évident que les médias ont sérieusement limité la couverture médiatique sur le sujet du réchauffement climatique.
Les médias francophones ont également sérieusement baissé le ton, sauf quelques rares et notables exceptions, jusques et y compris pour ce qui concerne les événements qui se déroulent au COP17 de Durban.

-Un nombre notable de journalistes qui ne sont sans doute pas donné le mal de lire et de décoder une fraction importante des courriels du Climategate 2.0, ont jugé, d'emblée, qu'il ne contenaient rien de vraiment nouveau par rapport à ceux du Climategate 1.0.
Quelques scientifiques et quelques sites francophones favorables au GIEC ont été jusqu'à affirmer, sans rire, que les 5200 emails du Climategate 2.0 étaient, en réalité, les mêmes que les 1037 du Climategate 1.0 !

Voici, néanmoins, pour les lecteurs anglophones, les références de quelques articles qui sont parus dans la presse (papier ou online) aux Etats-Unis, au Royaume Uni et au Canada. Je ne cite que les médias qui ont fait l'effort de commenter ou de citer le texte des quelques emails contenus dans le FOIA2011. Les autres, c'est à dire ceux qui se sont contenté de vagues généralités, comme les agences de presse ou les médias francophones, sans donner le moindre exemple précis, ne sont pas inclus dans cette liste :

Forbes : "Climategate II : Encore des preuves tangibles de l'establishment du réchauffement climatique."
Washington Times : "Climat de fraude : de nouveaux emails mettent en évidence le racket du réchauffement climatique."
National Review online : "Des scientifiques se conduisent mal : Encore des clous dans le cercueil du réchauffement climatique anthropique."
Wall Street Journal : "Climategate 2.0"
Daily Mail on Line (UK) : (Une série d'articles, pendant une semaine, dont " Les scientifiques du Climategate ont bénéficié de la complicité de fonctionnaires gouvernementaux pour dissimuler la recherche qui ne collait pas avec leur réchauffement global apocalyptique.")
Forbes :"Climategate 2.0: De nouveaux emails ébranlent les débat sur le réchauffement climatique."
News Buster : "ClimateGate 2.0: 5.000 nouveaux emails confirment l'existence de manipulations et de complicités par les alarmistes."
The Telegraph (UK) : "Oh, les cinglés du réchauffement climatique : voila qu'arrive le Climategate II !"
The Globe and Mail (Canada) : " La suppression du débat sur le climat est une catastrophe pour la science."

cgate2

The Weekly Standard (Hebdomadaire républicain US) titre : "Des scientifiques se conduisent mal (2ème partie) : Comment la cabale climatique élimine la contestation."

Comme on le voit, plusieurs médias s'en sont donné à coeur joie et quelle que soit sa propre orientation politique, on constate, qu'à la différence des francophones, les lecteurs/auditeurs/spectateurs anglophones ont eu accès à différents points de vue.
D'autre part, les lecteurs anglophones ont également pu lire eux-mêmes le contenu des emails, ce qui, compte-tenu de la langue, est aisé pour celles et ceux qui désirent se faire une opinion indépendante et juger par eux-mêmes.

De manière générale, la capacité à lire couramment l'anglais constitue une énorme différence qui explique, sans aucun doute, les perceptions opposées du Réchauffement Climatique par le public anglophone (plutôt sceptique) et par le public francophone (plutôt croyant, pense-t-on).

 

 

Pour sa part, et comme lors du Climategate de 2009, la presse et les médias francophones, toutes tendances confondues, se sont abstenus de donner quelque précision que ce soit au sujet du contenu réel des emails du dossier FOIA2011.yann-climategate2

A ma connaissance (j'aimerais me tromper), et même parmi ceux qui ont mentionné cette nouvelle fuite des courriels du CRU qui sont pourtant très révélateurs sur le comportement et les incertitudes des chercheurs qui sont les piliers du GIEC, aucun journaliste ne s'est donné le mal d'en donner la moindre traduction, ni le moindre lien, ni la moindre référence à ses lecteurs/auditeurs/spectateurs afin que ces derniers puissent, au moins, se faire par eux-mêmes, une opinion en connaissance de cause.

Par contre, et à la différence de ce qui s'était passé en Novembre 2009 où la presse était pratiquement restée muette sur ces révélations, cette dernière a réagi, cette fois-ci, avec une étonnante célérité, en publiant, dès le 22 Novembre, quelques brefs articles signalant le hacking (souvent comme un acte criminel alors que les mêmes s'étaient félicités des fuites du Wikileaks !) et en concluant par quelque chose dans le style du traditionnel "Circulez. Il n'y a rien à voir."

C'est évidemment à tous ceux et à toutes celles qui étaient en position de le faire mais qui se sont abstenu de communiquer au public les informations nécessaires, qui les ont minimisées ou qui les ont carrément "balayées sous le tapis" que Pensee-Unique dédie le bonnet d'âne du mois de Novembre 2011, ainsi que le cartoon de Yann Goap, ci-contre. Ce dessin est une variante mise à jour de celui qui figurait dans un billet sur le premier Climategate, en 2009.
Les heureux récipiendaires apprécieront, sans aucun doute, le coup de pinceau du dessinateur.

F- Quelques réactions au Climategate 2.0 et conclusions

Après avoir lu une quantité substantielle des courriels du FOIA2011, (mais évidemment pas la totalité des 5000 courriels), comme je l'avais fait en 2009 pour le FOIA2009, je peux avancer quelques éléments de réflexion qui me semble ressortir de cette longue collection d'échanges entre les membres du Team, qui, je vous le rappelle, sont à l'origine de la science du WG1 sur laquelle reposent les rapports du GIEC de l'ONU.

1 - Les chercheurs impliqués dans ces courriels, expriment, (parfois vertement), des avis divergents sur un certain nombre de questions relatives aux sciences du climat ainsi et aussi sur la présentation qui en est faite, par un petit nombre d'entre eux, dans les articles ou lors des communications au public ou aux médias.
En particulier et s'agissant de la
"crosse de hockey", qui a joué un rôle décisif dans les différents rapport du GIEC et dans la carbophobie ambiante, le contenu de ces courriels montre que plusieurs chercheurs du Team mettent en doute le travail initial de Michael Mann ainsi que ses tentatives ultérieures, avec des arguments qui sont très proches de ceux des sceptiques qui ont travaillé sur la question.
Il est intéressant de constater, comme je l'ai fait, et comme l'a déclaré Ross Mc Kittrick (qui a travaillé avec Steve McIntyre sur la crosse de hockey et qui vient de publier un article très critique au sujet de la nécessaire réforme du GIEC) qu' "Ils attaquaient les sceptiques parce qu'ils se posaient des questions sur la science, mais en privé, ils se les posaient eux-mêmes." (source).
Il est évident, à la lecture de ces échanges, qu'une fraction notable des chercheurs du "Team" sont parfaitement conscients des incertitudes et des doutes qui pèsent sur les affirmations officielles de la science climatique actuelle. Dès lors, on peut se demander pour quelle raison, ces doutes, sérieux et documentés, n'apparaissent que de manière très atténuée (ou pas du tout), dans les rapports du GIEC et dans la communication qui en est faite aux médias et au grand public.
Pourquoi ne pas ouvrir un réel débat sur les doutes et les incertitudes, les hypothèses alternatives, les observations qui ne "collent" pas, entre les uns et les autres ? C'est d'ailleurs ce que recommande
Judy Curry.

2 - Des chercheurs du Team s'inquiètent des conséquences que pourraient avoir toute cette affaire ainsi que le comportement de certains membres du Team, pour eux-mêmes, pour leur image, et pour leur carrière, si ce n'est pour l'image de la science climatique elle-même (comme Judy Curry).
S'il est parfaitement normal que des conflits, parfois sévères, se développent au sein d'une communauté de scientifiques qui travaillent sur le même sujet, il est inhabituel que les critiques évoquent
des manquements à l'honnêteté comme on peut le voir, exprimé de manière explicite, dans plusieurs messages. En particulier, les refus successifs de communiquer des données à ceux qui en font la demande pour vérification et recherche ultérieure, est généralement considéré comme une faute grave dans le milieu scientifique et, aussi - c'est heureux - au sein même du "Team".
Toute cela est relativement rassurant et on peut en conclure qu'un nombre notable des chercheurs qui font partie du "Team", ont des comportements conformes à l'éthique scientifique, telle qu'elle est de règle dans d'autres domaines de la science.

3 - Comme dans les 1037 courriels du FOIA2009, il apparaît, de manière évidente que Phil Jones et, surtout, Michael Mann jouent un rôle fondamental dans toute cette affaire.

Plusieurs courriels montrent que le comportement et les publications de Mike Mann sont loin de faire l'unanimité au sein du Team. Certains s'inquiètent de l'obstination de Mann qui s'entête et "fait une affaire personnelle" de la crosse de hockey. A noter également que le comportement de Kevin Trenberth est également sévèrement critiqué par certains de ses collègues, pour raisons identiques. Il apparaît ainsi, et c'est encore plus évident dans les courriels du FOIA2011 que dans ceux du FOIA2009, que l'affaire est menée par un tout petit groupe, très restreint, de chercheurs influents qui, in fine, disposent du pouvoir décisionnel, orientent le débat et qui, finalement, font la pluie et le beau temps au sein du WG1 du GIEC ainsi que pour la communication avec les médias et les politiques.
C'est ce que nous disait
Tim Carter, Professeur à Helsinki :

Courriel 1611 (Timothy Carter, 18 Oct 2000) ...]It seems that a few people have a very strong say, and no matter how much talking goes on beforehand, the big decisions are made at the eleventh hour by a select core group. Il semble que quelques personnes ont un très fort pouvoir décisionnel et peu importe la quantité des discussions que l'on peut avoir auparavant, les grandes décisions sont prises à la XIème heure par un petit groupe sélectionné au coeur du système.


Enfin, deux climatologues renommés et qui sont souvent cités dans ce site, Roy Spencer et Roger Pielke Sr., nous donnent leur avis sur le Climategate 2.0 :

Roy Spencer a rédigé un article qui est intitulé "Climategate 2.0 : Le biais dans la recherche scientifique". Il y évoque notamment Michael Mann et "La Cause"...
Il conclut son article ainsi :

"Depuis des années, John Christy et moi-même avons conseillé au Congrès qu'une fraction des fonds spécifiques attribués aux agences fédérales qui supportent la recherche sur le changement climatique, soit attribuée pour supporter ceux qui défendent des hypothèses alternatives sur le changement climatique. Il est temps que le pendule se balance dans l'autre sens.
Après tout, les scientifiques iront là où est l'argent. Si les scientifiques sont financés pour trouver des preuves des causes naturelles du changement climatique, croyez-moi, ils en trouveront. Si vous mettez en place un tel terrain de jeu, ils y viendront.
Mais quand une seule hypothèse est autorisée pour expliquer le changement climatique (c'est-à dire : "la science est comprise", "the science is settled"), le biais devient si épais et si putride que tout le monde peut sentir la puanteur. Tout le monde, excepté la direction de GIEC, je veux dire. "

Pour sa part, Roger Pielke Sr. a rédigé un article intitulé :
"Signification du Climategate #2 - Une preuve de plus de l'absence d'une analyse précise et appropriée de la science du climat."

Roger Pielke nous dit : "Cependant, ces emails du Climategate ne sont que la partie émergée de l'iceberg que nous avons seulement la possibilité de voir parce que cette source d'information a été "hackée". J'ai donné des informations supplémentaires sur "le réseau des vieux copains" dans ce post : L'oligarchie de l'analyse du climat - le GIEC.

Sa conclusion :

"Malheureusement, en dépit de ces mises en accusation concernant l’échec du processus actuel d’analyse du climat, la même démarche perdure. La raison en est claire. Il existe une relation symbiotique entre les organismes de financement, les chercheurs principaux, les comités d’évaluation nationaux et internationaux, et le leadership des organisations professionnelles pour persister dans les énormes attributions de financement de la recherche. Les résultats de ce financement font souvent les gros titres dans les communiqués de presse transmis aux médias dans le but d’influer sur les décisions politiques qui concernent un vaste éventail de questions sociales et environnementales, y compris l’énergie.

Il n’y a pas stimulus interne parmi ces groupes, pour changer l’approche présente. C'est de l'extérieur de ces établissements que devront être imposés ces changements, en particulier par ceux qui, au sein du gouvernement, supervisent cette gabegie financière."

A propos d'oligarchie des scientifiques (le pouvoir entre les mains d'un nombre limité de personnes), on peut se souvenir de la pertinence (de la prescience ?) du Discours d'Adieu (The Farewell address) du Président D.W Einsehower qui déclarait, en 1961 :

"La possibilité de la domination des savants de notre nation par le biais des recrutements, des attributions de contrats et par le pouvoir de l'argent, est toujours présente . Elle doit être envisagée avec gravité.
Cependant, tout en considérant avec respect la recherche scientifique et les découvertes, comme il se doit, nous devons aussi être vigilants vis à vis du danger tout aussi grand et inverse, que la puissance publique elle-même, pourrait devenir captive d'une élite scientifico-technologique."

_________________________________________________________________________________________________________________________

Voilà, chère lectrice et cher lecteur, (si vous avez eu la patience de parvenir jusqu'ici), et ce n'est une petite partie de ce que l'on pouvait dire sur ce sujet.
A suivre. Il reste encore 220.000 courriels (cachés)!!! Le Climategate III ?

Stay Tuned !

22 Août 2011 : Le bonnet à antennes du mois d'Août 2011 : Les aliens pourraient nous attaquer, à titre préventif, si martiennous émettons trop de CO2, affirment, parmi d'autres perles du même genre, les auteurs d'un article "scientifique", dûment peer-reviewed et paru dans la revue honorablement connue, Acta Astronautica de Elsevier..

Il était déjà évident que l'imagination de ceux qui militent pour une réduction drastique de nos émissions de gaz carbonique, ne connaissait pas de limites. Surtout pas celles imposées par le simple bon sens, comme le montre la fabuleuse collection des 862 liens du Prof. Brignell que j'ai déjà mentionnée dans ce site.

Pourtant, malgré ce foisonnement improbable, personne n'avait, jusqu'à présent, pensé à établir un lien entre nos émissions carbonées (ou celles, naturelles, de la planète) et l'irascibilité potentielle des Aliens-écolos (s'il y en a).
Voilà qui est fait. Le mérite en revient à trois (jeunes) doctorants et post-doctorants américains, anciens ou actuels membres de la Pennsylvania State University (l'un d'eux est maintenant chercheur associé à la NASA) qui est, comme le savent les lecteurs de ce site, l'Université où officie Michael Mann, le célèbre créateur de la crosse de hockey.

Bien que nous soyons au mois d'août et que beaucoup de lecteurs soient encore en vacances, on pourrait penser qu'il s'agit là d'un vulgaire poisson d'avril, quelque peu anticipé.
Point du tout ! Et pour preuve de ce que j'avance, voici une copie de l'en-tête de l'article "scientifique" qui évoque la possibilité d'attaques extraterrestres dirigées "à titre préventif" contre notre planète, causées, notamment, par notre sur-consommation actuelle (selon les auteurs) de carburants fossiles suivant un raisonnement et une argumentation que je vous laisse apprécier (et déguster) ci-dessous.

Baum1

 

Le titre de cet article quelque peu révolutionnaire publié dans la revue (de bonne renommée) Acta Astronautica (68, (2011), 2114-2129) est le suivant:

"Des contacts avec les extraterrestres seraient-ils bénéfiques ou nuisibles pour l'humanité ? Une analyse basée sur des scénarios."

Deux auteurs, Baum et Haqq-Misra font partie respectivement du département de Géographie et du département de Météorologie de Penn State Université.baum2

Seth Baum (ci-contre) est un doctorant et Jacob Haqq-Misra est un tout jeune post-doctorant (thèse soutenue en Oct. 2010)

 

Le troisième auteur (ci-dessous) , domagalShawn D. Domagal-Goldman est un petit peu plus âgé que ses collègues. Sa thèse date de 2007. Il l'a préparée et présentée à l'Université de Penn State.

Shawn D-G est actuellement chercheur associé à la Division des Sciences Planétaires de la NASA (qui n'a pas dû apprécier de voir son nom associé à l'initiative "bizarroïde" de son chercheur, comme nous le verrons ci-dessous).
Shawn Domagal-Goldman et Jacob Haqq-Misra de la Pennsylvania State University n'en sont pas à leur coup d'essai à propos des Aliens. En 2008, Ils proposaient déjà que nous recouvrions la moitié de la Lune avec des miroirs (tiré d'un article du New Scientist) pour attirer l'attention des extraterrestres vigilants.

Du point de vue professionnel, ces trois (très) jeunes chercheurs sont actuellement impliqués, comme beaucoup, dans les questions traditionnelles du réchauffement climatique.

L'article paru dans Acta Astronautica analyse les possibilités offertes par trois séries de scénarios imaginaires selon que la rencontre avec les ETI (Extraterrestres Intelligents) auraient des conséquences bénéfiques, neutres, ou négatives pour l'humanité. Ces trois types de scénarios sont envisagés dans l'optique (évidemment anthropomorphique) que les ETI pourraient être soit "égoïstes" soit "universalistes". Il s'agit d'une dichotomie qui en dit long sur la psychologie des auteurs qui visiblement penchent pour l'universalité.

Si vous avez la patience (le courage) de lire cet article en entier (pdf accessible de l'article complet), vous serez sans doute surpris par le caractère verbeux, pour ne pas dire d'une absolue vacuité, de ses 16 pages qui regorgent de clichés et dont on se demande ce qu'elles viennent faire dans une revue scientifique comme Acta Astronautica.
Il est vrai qu'il doit être relativement malaisé de disserter avec pertinence sur la psychologie d'ETI (extraterrestres intelligents, ou Aliens) dont on ne sait strictement rien, sans tomber dans le piège d'un athropomorphisme hasardeux.
Ce travers (classique, sinon inévitable) est ici visiblement utilisé à dessein, par les trois auteurs, pour faire passer leurs propres convictions.
A noter que faute d'aucune donnée scientifique sur les ETI, ni même sur leur existence, les auteurs se complaisent à citer, comme sources, une série de films de science fiction bien connus tels que la Guerre des Mondes, Independance day, quelques publications de la deep-ecology etc.

Quelques extraits de l'article en question méritent le détour. Ils en disent très long sur la psychologie et l'orientation de nos trois jeunes étudiants-chercheurs. Parmi beaucoup d'autres exemples de la même eau, en voici quelques uns :

"Nous percevons deux types de scénarios selon lesquels les Extraterrestres Intelligents (ETI) pourraient nous nuire eintentionnllement Le premier scénario implique des ETI égoïstes et hostiles qui nous attaqueraient pour maximiser leur propre succès. Ce scénario suggère un conflit standard du type "combat pour vaincre": Une guerre des mondes. Le deuxième scénario implique des ETI qui ne sont en aucun cas égoïstes mais au contraire possèdent un désir d'universalité de faire de la galaxie un endroit plus favorable. (page 2122)"

Cette seconde partie de "l'explication" implique évidemment que l'humanité est forcément nuisible et donc qu'elle pourrait (devrait) être éradiquée au nom du "principe d'universalité". On retrouve cette assertion, exprimée de façon encore plus explicite, un peu plus loin dans le texte.
La voici :

"Si l'un des objectifs est de maximiser l'expansion des écosystèmes, alors peut-être, serait-il préférable que l'humanité n'existe pas ou, au moins, qu'elle existe sous un format nettement plus réduit. De fait, certains humains ont avancé précisément cet argument [80–82]. Ainsi, s'il est possible qu'au moins quelques humains aient évoqué la possibilité de nuire à leur propre civilisation, alors il est au moins plausible que le ETI se proposent de nuire à l'humanité en suivant des principes analogues." (page 2124)

L'argument est imparable : En bref, si quelques extrémistes illuminés ont avancée l'idée d'un vaste génocide, pourquoi les ETI ne le feraient-ils pas ? A la base, on retrouve un argument Malthusien traditionnel, dans la droite ligne de la "deep ecology" américaine.
Les trois références [80-82] citées par les auteurs gagnent à être connues. Les voici :

killyslf
[80] " Le Front de Libération de Gaïa, description des objectifs (une modeste proposition)" 1994- (l'Eglise de l'Euthanasie,)" . (A titre d'exemple (léger) , voir cette vidéo).
[81] P.Linkola, "La vie peut-elle prévaloir ? Une approche radicale à la crise environnementale", Integral Tradition Publishing, London, 2009.
[82] Le Mouvement Volontaire de l'Extinction de l'Humanité. (Oui, ce mouvement existe et on vous propose d'y adhérer). Comme il est écrit sur la banderolle ci-contre, ses adhérents ou ceux de l'Eglise de l'Euthanasie (rien à voir avec la question des malades en fin de vie, il s'agit d'euthanasie de gens bien-portants) "Sauvez la planète : Tuez-vous".

Sans doute pour détendre l'atmosphère et influencés par le célèbre film "La planète des Singes", nos trois auteurs de la Penn State University, imaginent aussi des scénarios presque cocasses (quoique...) :

"Ainsi dans un des scénarios de contacts avec les ETI, les extraterrestres pourraient utiliser l'humanité dans des buts d'amusement, tels que nous le faisons nous-mêmes avec les phoques et avec les otaries." [...]
"De la même manière, un ETI peut simplement être intéressé par l'idée de nous utiliser comme un moyen pour faire croître son économie. D'un point de vue individuel, il peut ne pas avoir intérêt à nous tuer, mais il peut penser à nous incorporer dans leur civilisation en nous vendant leur production, en nous gardant comme animaux de compagnie, ou en nous faisant extraire des matériaux pour eux." (page 2123).

En passant, nos trois auteurs de la Penn State University, recommandent, que vu les avanies que nous avons déjà fait subir à à notre pauvre Terre (selon eux) il faut "se la jouer cool" avec les extraterrestres et surtout, surtout, de ne pas chercher à les tromper....Les ETI détestent le mensonge, pensent nos trois auteurs.

"Etant donné que nous avons déjà altéré notre environnement d'une manière qui peut être perçue comme contraire à la morale par des Aliens, il peut-être prudent d'éviter d'envoyer des messages qui mettent en évidence le côté négatif de notre impact environnemental....tel que des messages qui indiquent une augmentation rapide et globale de la destruction de la biodiversité ou encore des messages qui précisent la rapidité de notre taux d'expansion. Tout cela peut-être dangereux.
D'autre part, [les Aliens] peuvent déjà être au courant de la rapidité de notre impact sur l'environnement en écoutant nos signaux électromagnétiques ou en observant la signature spectrale de la Terre. Dans ce cas, il serait prudent que dans chaque message que nous envoyons, nous évitions de nier notre impact environnemental
de manière à éviter que les Aliens nous prennent en flagrant délit de mensonge." (page 2124)

Voila (enfin) un indice intéressant qui nous permet d'affirmer sans craindre de se tromper que les Aliens-écolos doivent être de culture anglo-saxonne (et certainement pas gréco-latine). Car, comme chacun le sait, seuls les anglo-saxons ont une sainte horreur du mensonge. Les gréco-latins sont, en général, plus "flexibles" sur cette question.

Enfin, dans la conclusion, les trois auteurs en viennent aux recommandations qui, selon eux, permettraient de minimiser le danger que pourrait faire courir à l'humanité, une confrontation avec les ETI :

" Une autre recommandation est que l'humanité devrait éviter de donner l'impression qu'elle est une civilisation en rapide expansion. Si une Intelligence Extraterrestre (ETI) perçoit l'humanité de cette manière, alors elle peut être poussée à tenter une frappe préventive contre nous de manière à nous empêcher de devenir une menace pour les Intelligences Extraterrestres ou d'autres dans la galaxie. De la même manière, les Intelligences Extraterrestres qui chérissent les écosystèmes à l'échelle de l'Univers, pourraient observer les tendances destructrices de l'écologie par l'humanité et ainsi, détruire l'humanité de manière à préserver le système Terre comme un tout. Ces scénarios nous donnent des motivations pour que nous limitions notre croissance et réduisions notre impact sur les écosystèmes du globe. Il serait particulièrement important pour nous que nous limitions nos émissions de gaz à effet de serre parce que la composition de l'atmosphère peut être observée à partir des autres planètes." (page 2126)

Voici un argument qui ne manque pas d'originalité et qui ne déparera pas la collection du Professeur Brignell. En gros, si vous voulez que les Aliens-écolos ne détruisent pas l'humanité, il faut respecter notre environnement et il faut aussi réduire nos émissions de gaz à effets de serre car notre atmosphère se voit de très loin. Car les Aliens-écolos ont, comme les humains-écolos, certainement horreur du gaz carbonique et du méthane.

A ce propos et grâce aux recherches menées par nos trois brillants chercheurs de la Penn State University (et de la NASA), nous tenons (enfin) une explication crédible sur la disparition des dinosaures, il y a environ 65 millions d'années. Ces derniers ont certainement été éliminés par les Aliens-écolos vigilants qui avaient détecté une augmentation d'un facteur 3 ou 4 du taux de dioxyde de carbone de notre planète par rapport aux taux actuel. Les Aliens-écolos ont certainement frappé préemptivement et les dinosaures ont disparu.
Dès lors pourquoi s'obstiner à invoquer naïvement la chute d'un astéroïde au Mexique ou la recrudescence de l'activité volcanique, à cette époque ?

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Epilogue et conclusion :

guardian1

La plupart des nombreux commentateurs qui ont rapporté sur cet "article" dans la presse et les blogs anglo-saxons, se sont déclarés stupéfaits. Beaucoup sont hilares. D'autres (nombreux) se montrent inquiets de l'état d'esprit qui semble régner parmi les chercheurs de la génération montante.
Seul, le Guardian (ci-contre, avec une illustration de Mars attack) reste fidèle au poste et publie, sans aucun humour (il faut plutôt lire les commentaires pour en trouver beaucoup) un papier rédigé, sans doute, par le dernier "correspondant scientifique" survivant qui ne soit pas mort de rire en lisant cet article de science-fiction mâtiné à la sauce écolo.

Voici le titre du Guardian qui, comme d'habitude, dans ce genre d'affaire, ne se pose pas de questions : "Les Aliens pourraient détruire l'humanité pour protéger les autres civilisations, déclarent des scientifiques. L'augmentation des émissions de gaz à effet de serre pourraient avertir les aliens que nous sommes une menace en expansion rapide, déclare un rapport."

D'autres, enfin, comme moi, se demandent encore comment un tel "navet" a pu franchir le barrage des referees d'une revue scientifique. Le processus de relecture par les pairs n'est plus ce qu'il était, mais tout de même. Le fait que cet article ait été soumis au mois d'Août (2010) n'explique pas une telle négligence de la part des relecteurs. S'il est vrai que le processus de relecture a été sérieusement remis en cause pour la Science Climatique (voir les courriels du CRU), on ne s'attendait pas à ce que l'Astronautique soit, elle-même, contaminée.

Comme je l'ai signalé, La NASA et tout spécialement la prestigieuse Division des Sciences Planétaires à laquelle nous devons tant et à à laquelle Shawn D. Domagal-Goldman est (très provisoirement, sans doute) associé, n'a pas apprécié que son nom soit cité lors de la publication genre "Science-fiction écolovertie" de son ressortissant stagiaire. Ceci explique sans aucun doute les plates excuses de l'étudiant SDDG publiées dans ce site et reproduit dans d'autres sites qui avaient marqué leur étonnement (comme Nasa Watch) :

"Mais j'admets tout à fait avoir commis une terrible erreur. Je suis par nature honnête et naïf..mais c'était quand même une erreur. Je n'aurai pas dû mentionner mon affiliation en tant que membre "du Quartier Général de la NASA". Je l'ai fait à cause de mon affiliation académique actuelle. Mais quand je l'ai fait, je n'ai pas réalisé les implications que cela pourrait avoir. Je suis vraiment désolé pour cela mais c'est une erreur qui vient de notre négligence et de notre inexpérience et de rien d'autre. Je ferai ce que je pourrai pour rectifier ceci, jusques et y compris en distribuant ce courrier au Guardian, à Drudge et à NASA Watch.
S'il vous plait, aidez moi à diffuser ce billet là où vous pourriez voir que cet article a été faussement attribué à la NASA."


Voilà qui est fait, Dear Shawn !

Chacun se fera son opinion mais qu'il me soit permis d'avancer quelques éléments d'explications (qui n'engagent que moi) :

Nos trois jeunes étudiants-chercheurs baignent en permanence dans un milieu extrêmement orienté du côté de la deep-ecology, très présente dans certaines universités américaines (telle Stanford et Penn State) (et allemandes). Ils ont cherché et trouvé (ce qui est quand même à mettre à leur actif !) un moyen innovant pour faire peur à leurs contemporains s'ils n'adhèrent pas aux idées de la frange ultra-activiste écologiste dont ils sont littéralement imprégnés.

Sans doute, l'échec de Copenhague, le Climategate, la perte d'audience du réchauffement climatique anthropique dans l'opinion publique, les espoirs très limités d'obtenir un prolongement des accords de Kyoto, les déboires successifs et répétés du GIEC, de l'UNEP et des organisations internationales du même type ont probablement joué un rôle prépondérant dans leur décision de publier cet article "ébouriffant". gargouille
Une ultime cartouche en quelque sorte.

Après tout, ne sculptait-on pas des monstres de l'enfer sur les piliers de nos églises pour susciter la peur et canaliser et assagir les comportements des habitants du Moyen-âge ?

 

 


Au fond, nos étudiants, un peu loufoques, ont cherché à utiliser ces même ressorts qui ont fait leurs preuves. alien1Mais cette fois-ci en agitant le spectre, non plus de l'enfer et de la religion qui ne font plus recette, mais celui des extraterrestres, qui font plus "modernes".

 

 


Ce n'est plus le Diable qui nous guette du fond de l'enfer. Désormais, ce sont les grands méchants Aliens-Universalistes-Ecolos (tel que celui dessiné à droite) qui jugent notre comportement, tapis au fond de l'espace... et qui s'apprêtent à frapper. Soyez écolos ! Sinon....

 

Les trois étudiants docs ou post-docs de l'Université de Pennsylannia, férus de science-fiction, d'OVNIS et d'écologie, ont vraiment bien mérité leurs superbes bonnets d'ânes équipés de deux antennes destinés à l'espionnage des Terriens, comme celles que sont censés porter les Aliens.

Addendum : Parmi d'autres candidats, Le Matin obtient un accessit pour un article du 23 août intitulé "l'Invasion des aliens a-t-elle commencé ?"
En affirmant, bien sûr, que tout cela vient d'un rapport de la NASA. Félicitations au journaliste pour la recherche des sources !!
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.... Bon, tout ça, bien que parfaitement authentique, c'était juste pour se détendre un peu, en cette période estivale. La réalité dépasse parfois la fiction.
Bonne fin de vacances, mes chères lectrices et chers lecteurs.


13 Juillet 2011 : Encore une énorme bourde du GIEC et de son Directeur qui exaspère jusqu'à ses plus fidèles supporters...

I - Introduction :

Cette nouvelle affaire que certains ont affublé du nom de GIECgate, a commencé par un communiqué de presse publié aux alentours du 10 Mai dernier dans un très grand nombre de médias, tels que :

(Mail online UK) : "Les sources renouvelables pourraient fournir 80% de l'énergie nécessaire pour le monde vers 2050, affirme un rapport de l'ONU"
(Reuters) - "Les sources renouvelables telles que le solaire, le vent ou l'hydroélectrique pourraient fournir près de 80% de la demande énergétique mondiale vers 2050 si on applique les bonnes politiques, selon un rapport de l'ONU qui a reçu l'approbation des gouvernements ce lundi."
Le Huffington Post US), "L'énergie renouvelable pourrait subvenir à 80% des besoins de la planète vers 2050, dit l'ONU."
Le Guardian (UK) : "L'énergie renouvelable peut approvisionner le monde déclare un rapport marquant du GIEC."

Les journalistes français se sont montrés un peu plus prudents que leurs collègues outre-manche et outre-atlantique :
Libération : "Le Giec optimiste pour les énergies renouvelables… si les politiques suivent".
Le Monde : " Le GIEC croit au développement des énergies renouvelables"
etc...
Ainsi, bien entendu, qu'une multitude de sites anglophones et francophones qui ne se sont pas posé de questions.

De fait, cette affirmation, plutôt "novatrice", émanait directement d'un communiqué de presse du responsable de la communication du GIEC de l'ONU. Elle faisait référence à un rapport "spécial" publié par cette organisation. Voici la référence de rapport dit "spécial":

"Rapport spécial sur les sources renouvelables d'énergie et sur la lutte contre le changement climatique" (en abrégé du GIEC, les SRREN.)

Un examen superficiel du contenu de ce rapport montrait qu'en réalité, les nombreux auteurs qui ont participé à ce rapport avaient envisagé de multiples scénarios. Il y en avait pas moins de 164.
Des scénarios, peut-être un peu moins outranciers que celui qui a fait la une des médias, prédisaient que
15% de l'énergie pourrait provenir du renouvelable en 2050 (contre environ moins de 13% en 2000, nous dit Libération). Comme on l'a vu, ces derniers scénarios n'ont visiblement pas eu les honneurs du communiqué de presse du Responsable de la Communication du GIEC. C'est évidemment le scénario le plus extrême qui seul, a été mis en avant et que les médias se sont empressés de répercuter, sans se poser de questions.
Ce chiffre de 80% d'énergie provenant du renouvelable en 2050 avait de quoi éveiller la vigilance de
Steve McIntyre que les lecteurs de ce site connaissent bien. McIntyre est un observateur particulièrement critique et attentif de tout ce qui est publié par le GIEC ou par ceux qui lui sont attachés. McIntyre s'est notamment rendu célèbre pour ses critiques documentées des fameuses "crosse de hockey" de Mann et al.
Une fois de plus, McIntyre s'est donc sérieusement penché sur la question... Et il est allé de découvertes en découvertes, toutes plus stupéfiantes et embarrassantes (pour le GIEC et son président) les unes que les autres...

Ce qui est particulièrement intéressant, dans le cas présent, c'est que, cette fois-ci, les climato-réalistes (ou les climato-sceptiques) n'ont guère eu besoin de s'indigner, comme on dit à présent. De fait, ce sont, pour la plupart, les partisans et les défenseurs habituels du GIEC et de la thèse officielle qui sont monté aux créneau avec une certaine vigueur, comme vous allez le constater.

Faisant suite aux multiples anomalies relevées et pointées du doigt dans le dernier rapport AR4 du GIEC (Himalayagate, Malariagate, Nederlandgate etc...) qui ont notamment motivé une série de recommandations (pour ne pas dire remontrances) de la part du "International Academic Council IAC, personne ne pouvait imaginer que le GIEC et son Président remettraient ça, et en plus fort.
Eh bien si !

Tout d'abord, voyons ce que nous dit au sujet de ce "rapport spécial du GIEC", Steve McIntyre dont Mark Lynas (un activiste notoire du réchauffement climatique, voir ci-dessous) apprécie "l'oeil d'aigle"(sic) :
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II- Steve McIntyre : titre son article sur ce sujet par un cinglant : "Le groupe de travail III du GIEC et le karaoké de Greenpeace"

McIntyre commence par extraire la phrase choisie par le communiqué de presse du GIEC qui déclare que :

" Près de 80 pour cent de l'approvisionnement énergétique du Monde pourrait être fourni par les renouvelables vers la moitié du siècle, si les politiques correctes le permettant sont mises en place, nous indique un nouveau rapport".
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Note : Comment parvient-on à ce chiffre ? C'est simple. On suppose que les autres formes d'énergie (nucléaire, fossiles) auront disparu ou seront en voie de disparition, ce qui diminue le dénominateur de la fraction et on suppose que les besoins en énergie auront considérablement diminué du fait de mesures de restrictions drastiques pour la population de la planète. De plus, on imagine la Terre couverte d'éoliennes et de panneaux solaires...On imagine !
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McIntyre cherche et trouve que les auteurs des scénarios des "près de 80%.." en question ne sont autres que Sven Teske et al 2010 – en ligne ici – Cet article est cité dans le rapport comme suit :

Teske, S., T[homas] Pregger, S[onja] Simon, T[obias] Naegler, W[ina] Graus, and C[hristine] Lins (2010).

"Energy [R]evolution 2010—a sustainable world energy outlook. Energy Efficiency, doi:10.1007/s12053-010-9098-y."

McIntyre poursuit :

"Cependant, en cherchant le titre avec Google, j'ai trouvé un autre article avec pratiquement le même titre :

‘energy [ r]evolution:A SUSTAINABLE GLOBAL ENERGY OUTLOOK’ en ligne ici.

Cette version est une publication conjointe de Greenpeace et du European Renewable Energy Council qui se décrit lui-même comme une organisation parapluie (Ndt : C'est à dire un consortium) de l'Industrie Européenne de l'Energie Renouvelable."

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Note : Voici le descriptif que l'on trouve sur le site de cette Organisation Parapluie de l'énergie renouvelable Européenne, comme elle se définit elle-même. Inutile de préciser que cette organisation EREC, installée à Bruxelles, est un lobbyer incontournable pour tout ce qui concerne les énergies renouvelables auprès de la Commission Européenne..De fait, L'EREC couvre tous les secteurs du renouvelable Européen.
EREC-GP

"Créée le 13 Avril 2000, Le Conseil Européen de l'Energie Renouvelable (EREC) est l'organisation parapluie de l'industrie Européenne de l'énergie renouvelable, de son commerce et des associations de recherches actives dans les domaines du photovoltaïque, des petits installations hydroélectriques, du thermique solaire, de la bioénergie, de l'énergie solaire concentrée et de l'énergie éolienne. EREC représente une industrie avec un turnover annuel de 70 milliards d'Euros. Elle fournit 550.000 emplois."

On comprend que l'EREC a grand intérêt à cosigner des "rapports-scénarios" avec Greenpeace. Que ces scénarios se retrouvent ensuite dans un rapport officiel du GIEC censé informer impartialement les décideurs de la planète, pose quand même quelques questions de déontologie que n'a pas manqué de poser McIntyre et un certain nombre d'autres auteurs.

Vous trouverez le rapport de l'EREC (photo ci-contre) "Energie [r]évolution" co-publié avec Greenpeace, à cette adresse sur le site de l'EREC. Vous retrouverez le pendant "Greenpeace" de ce rapport à cette adresse. Toujours sous le même titre.
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McIntyre poursuit : "La page du titre indique (caractères gras ajoutés par PU ):

"Directeur du Projet & Auteur Principal – Sven Teske
EREC Oliver Schäfer, Arthouros Zervos,
Greenpeace International – Sven Teske, Jan Béranek, Stephanie Tunmore
research & co-authors
DLR, Institute of Technical Thermodynamics, Department of Systems Analysis and
Technology Assessment, Stuttgart, Germany: Dr. Wolfram Krewitt, Dr. Sonja Simon, Dr. Thomas Pregger.
DLR, Institute of Vehicle Concepts, Stuttgart, Germany: Dr. Stephan Schmid
Ecofys BV, Utrecht, The Netherlands: Wina Graus, Eliane Blomen.

La préface du rapport de Greenpeace était signée par un certain R.K. Pachauri qui déclarait :

L'édition des Scénarios d'Energie [R]évolution fournit une analyse détaillée du potentiel d'amélioration de l'efficacité énergétique et des choix dans le secteur du transport. Les données présentées dans cette publication donnent une base utile pour la considération des politiques spécifiques et sur les développements qui seraient bénéfiques non seulement pour le monde mais pour différents pays qui cherchent à gérer les défi global du changement climatique auxquels ils sont confrontés. Le travail rapporté dans les pages qui suivent est complet et rigoureux et même ceux qui pourraient ne pas être d'accord avec l'analyse qui est présentée pourraient, peut-être, bénéficier d'une étude approfondie des hypothèses sous-jacentes liées aux questions d'énergies spécifiques pour les scénarios du futur.

Dr. R. K. Pachauri
DIRECTEUR-GENERAL du TERI (THE ENERGY AND RESOURCES INSTITUTE )et PRESIDENT DU GIEC."

Note : Ces déclarations de R. K. Pachauri qui figurent dans le rapport de Greenpeace (conjoint avec l'EREC) et notamment ses affirmations qu'il s'agissait d'un rapport "complet et rigoureux", ont été rapportées dans nombre de dépêches telles que celles de Reuters, ThaiIndian news, NewScientist.

McIntyre conclut son exposé :

"Si on retourne maintenant au lien initial qui est à l'origine du Communiqué de Presse du GIE sur les Renouvelables :

"Près de 80 pour cent de l'approvisionnement énergétique du Monde pourrait être fourni par les renouvelables vers la moitié du siècle, si les politiques correctes le permettant sont mises en place, nous indique un nouveau rapport".

La base de cette affirmation est un scénario de Greenpeace. L'auteur Principal du Rapport du GIEC du scénario de Greenpeace était le même employé de Greenpeace qui avait rédigé les scénarios de Greenpeace, dont l'introduction a été écrite par le Président du GIEC, R.K. Pachauri.

Le public et les décideurs politiques sont avides d'obtenir une analyse décisive pour déterminer avec précision quel poids on doit accorder aux énergies renouvelables dans le futur. Ils attendent beaucoup mieux de la part du groupe III du GIEC qu'une version karaoke du scénario de Greenpeace.

Il est totalement inacceptable que le GIEC emploie comme Auteur Principal du chapitre crucial N°10, un membre de Greenpeace, parce qu'un Auteur Principal serait (comme l'ont été Michael Mann et Keith Briffa dans des situations comparables) responsable de la relecture de son propre travail et qu'au vu d'un tel manque d'indépendance et d'un tel manquement au devoir élémentaire de précaution (due diligence), le GIEC aurait dû indiquer dans son communiqué de presse que le scénario sur les renouvelables venait de Greenpeace.

Tous les membres du groupe III du GIEC devraient être licensiés (du GIEC) et, si cette institution devait perdurer, elle devrait être restructurée à parti de zéro."

Note : Autrement dit, R.K. Pachauri signe sous le sceau de son autorité de Président du GIEC (organisme intergouvernemental censé être neutre et indépendant) , la préface d'un rapport de Greenpeace, rédigé par un membre dirigeant de Greenpeace International. Ce dernier se voit bombardé, par le GIEC, auteur principal du rapport "spécial" du GIEC et son scénario Greenpeace figure en bonne place dans le rapport du GIEC. C'est ce scénario "Greenpeace" qui sert de base au communiqué de presse du GIEC. Lequel fera le tour des rédactions des médias du Monde entier.
En tant qu'Auteur Principal dont la mission est précisément de revoir les textes des auteurs contributeurs au rapport, S. Teske de Greenpeace, a été conduit a approuver son propre texte, ce qui est pour le moins problématique (l'auto-peer-review !). L'implication indirecte d'un consortium industriel des renouvelables (l'EREC) dans un rapport censé apporter “des informations scientifiques rigoureuses et équilibrées aux décideurs" sur les renouvelables, est également problématique.

En bref, les très nombreuses critiques sur les multiples conflits d'intérêts (Greenpeace, WWF etc.), déjà formulées à l'encontre du rapport AR4 (2007) du GIEC et de Pachauri, n'ont visiblement servi à rien.
Les "conseils" éclairés prodigués depuis, par l'International Academic Council, IAC (voir Judy Curry, plus bas) non plus.

Ceci explique sans aucun doute que certains des hussards les plus fidèles du GIEC (et de Pachauri) aient été scandalisés. Comme nous allons le voir :

Andrew Revkin, il y a peu encore, était journaliste scientifique en titre au New York Times. Il a constamment démontré son adhésion aux thèses défendues par le GIEC. Revkin a conservé son blog appelé Dot Earth dans les colonnes du NYT. Cependant, depuis quelque temps, et en parallèle à l'évolution de Judith Curry, il se montre plus sensible aux arguments des "climato-sceptiques". En tout cas, et au vu de son style généralement très pondéré, il n'est visiblement pas satisfait du tout du comportement du GIEC dans cette nouvelle affaire.

NYT
III - Andrew Revkin
(ci contre, son blog DotEarth sur le site du NYT) "Un examen approfondi d'un Rapport sur l'Energie pose de graves questions. "revkin1

 

" J'ai été troublé quand le résumé du rapport a été publié un mois avant la publication du rapport complet (une tradition du groupe d'experts sur le climat). (Ndt : Revkin fait sans doute allusion au fait que le GIEC avait fait la même chose, en publiant le résumé pour les décideurs SPM, bien avant la sortie du rapport complet AR4 de 2007).
L'analyse de McIntyre montre la profonde implication d'un activiste de Greenpeace International dans la rédaction d'un chapitre important qui s'achève en se focalisant sur un scénario sur les technologies de l'énergie développées par nul autre que Greenpeace. Il est dur de trouver une faille dans la conclusion définitive de McIntyre sur le rapport et sur le groupe de travail numéro 3 (WG3) dont le travail consiste à faire la liste et à étudier les réponses possibles au changement climatique."

Et Andy Revkin de citer les extraits significatifs des textes de McIntyre et de Mark Lynas, (ci dessous), puis de conclure en écrivant :

"Bien entendu, mon souci initial à propos de ce rapport résulte de la lassitude. C'était encore une nouvelle étude qui impliquait que les choix en matière d'énergie renouvelable -en théorie et bien que confrontés aux coûts de développement élevés et aux autres contraintes incontournables- pourraient être la source dominante en matière de réduction des émissions, vers 2050.

Effectivement, et nous pourrions tous cesser de rouler en voiture demain, mais nous ne le ferons pas.

Les nouvelles et légitimes questions qui sont posées au sujet de ce rapport sur l'énergie sont particulièrement importantes en ce sens qu'elles constituent un test de la volonté du GIEC à se conformer à ses récentes déclarations qui stipulaient qu'il se montrerait réceptif aux critiques. "

Caractères engraissés par l'auteur de ce site PU.

Selon Wikipedia, Mark Lynas (né en 1973) est un auteur britannique, un journaliste et un activiste de l'environnement qui s'est spécialisé dans le changement climatique." Il s'est notamment fait connaître en "entartant" Bjorn Lomborg en 2001, l'auteur de "L'Environnementaliste Sceptique" lors d'une présentation de son livre par ce dernier.
De formation strictement littéraire, Lynas est considéré (par ses collègues), comme "un expert en changement climatique". Il a publié plusieurs livres en faveur de l'écologie. Il signe fréquemment des articles dans ce sens dans le Guardian UK.

Lynas est très mécontent du comportement du GIEC et de son Président, et son texte est plutôt féroce, comme vous allez le voir :

IV - Mark Lynas lynas titre " Une nouvelle erreur du GIEC : Les conclusions du Rapport sur les Renouvelables ont été dictées par Greenpeace". Les questions auxquelles doit répondre de GIEC de manière urgente.

Mark Lynas écrit (liens d'origine):

"Voici le scénario : Un employé d'Exxon-Mobil - admettons qu'il soit un spécialiste de l'énergie avec une formation de base en ingénierie - sert comme Auteur Principal d'un rapport important du GIEC qui concerne le futur des énergies fossiles. Le type d'Exxon-Mobil et ses collègues auteurs principaux rapportent sur un large éventail de littérature mais sélectionnent, pour un traitement spécial, 4 articles particuliers - Un est produit par Exxon-Mobil. Ce papier proclame un avenir radieux pour les carburants fossiles suggérant qu'ils peuvent subvenir à 80% des besoins de la planète en énergie en 2050, et cette affirmation constitue le titre du communiqué de presse subséquent du GIEC. Lequel est sélectionné et répété sans aucune critique dans les médias du monde entier.
Satisfaits, l'employé d'Exxon publie un communiqué de presse s'auto-congratulant en précisant que cet article a joué un rôle central dans le rapport du GIEC et en demandant aux gouvernements du monde entier de poursuivre dans l'ouverture de nouvelles zones pour le forage pétrolier et ceci pour le bénéfice de nous tous.

Eh bien, vous pouvez imaginer la fureur de Greenpeace en voyant cela. Le GIEC serait discrédité à jamais en tant qu'organe indépendant. On assisterait à de pieux défilés de bannières des activistes de Greenpeace vouant aux gémonies les directeurs de Exxon et critiquant vertement la terrible mainmise des intérêts des carburants fossiles sur la science supposée indépendante. Les activistes seraient partout sur le pied de guerre. Greenpeace se sentirait doublement justifié pour mener des actions directes contre les nouveaux forages qui s'ouvriraient en Arctique et ses activistes pourraient faire preuve d'actes courageux et mener des actions héroïques en s'attaquant au pouvoir de l'industrie pétrolière avec quelques cordes et un dinghy en caoutchouc quelque part vers le Groenland.

En quoi le scénario avec Exxon est-il différent de celui qui vient de se produire dans le rapport du GIEC sur les renouvelables ?"
[...]

Plus loin, Lynas ajoute :

"Eh bien, si les "négationnistes" sont les seuls qui se dressent pour défendre l'intégrité du processus scientifique et l'indépendance du GIEC, alors oui, moi aussi je suis un "négationniste". Et de fait, McIntyre et moi-même, avons formé un duo improbable en posant une série de questions - avec la collaboration d'Andrew Revkin du New York Times - à l'Auteur Principal du rapport du GIEC, le Professeur Ottmar Edenhofe. "
[...]

Plus loin, encore, Mark Lynas poursuit :

"Le GIEC doit, de manière urgente, revoir ses politiques de choix des auteurs principaux - et j'aurais pensé que non seulement la littérature "grise" devrait être rejetée, mais aussi que les activistes des ONG ne devraient pas être autorisés à rejoindre le groupe des auteurs principaux qui sont ainsi conduits à porter un jugement sur leur propre travail. Il y a même un conflit d'intérêt commercial ici puisque les industries du renouvelable sont les principaux bénéficiaires de toute évolution des politiques gouvernementales basées sur les conclusions du rapport du GIEC. S'il y avait eu une intervention de l'industrie pétrolière qui avait conduit le GIEC à une conclusion particulière, Greenpeace et al auraient immédiatement hurlé à la mort.

De plus, le rapport conjoint de Greenpeace et des Industries du renouvelable est si défaillant qu'il n'aurait même pas dû être considéré du tout par le GIEC. Tandis que la version publiée par la revue a les apparences d'un travail scientifique correct, la version propagandiste sur le site de Greenpeace a tous les attributs d'un travail qui est parti des conclusions et cherche ensuite à les justifier. Il y a une section entière dédiée à la "sale et dangereuse énergie nucléaire" et le scénario implique une suppression totale de toute construction de centrale ultérieure à 2008, pour la planète entière.[...]"

Et Marc Lynas de rappeler quelques principes fondamentaux, tellement évidents qu'ils devraient aller sans le dire :

"Il y a là quelques leçons très claires à tirer par le GIEC :

- Des activistes - ou des employés de l'industrie - ne devraient pas être auteurs principaux dans les rapport du GIEC et ceci dans aucun des groupes de travail.
- Bien qu'il puisse être intéressant d'évaluer la littérature "grise", celle-ci ne devrait pas être évaluée par ceux qui l'ont écrite.
- Cette règle s'applique de manière plus générale : Aucun auteur ne devrait être chargé d'évaluer "indépendamment" son propre travail, et ceci pour tous les groupes de travail. (Ndt : On croit rêver ! L'auto-review est pourtant le plus commode !)
- Les communiqués de presse et les Résumés pour les Décideurs ne devraient pas être publiés tant que le rapport complet dont ils sont issus n'ont pas été publiés.
- Une réglementation claire au sujet des conflits d'intérêt devrait être agréée par le GIEC et implémentée immédiatement. Elle devrait s'appliquer aussi bien aux auteurs actuels qu'aux futurs."

Mark Lynas en rajoute une couche lors de sa dernière mise à jour :
Des promoteurs (financièrement impliqués) de l'énergie hydroélectrique ont également eu l'occasion de faire avancer leur agenda, en participant à la rédaction du rapport "Energie" du GIEC, nous dit Mark Linas :

"Les neuf auteurs principaux incluent des représentants de deux des agences les plus importantes au monde du développement de l'hydroélectrique, un consultant en hydroélectrique et trois agences faisant la promotion de l'hydroélectrique à l'échelon national".


Note : Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais en fait de rapport scientifique "indépendant" sur les renouvelables , il y aurait beaucoup à dire. Cela ressemblerait plutôt à une brochure publicitaire pour les énergies renouvelables, rédigée par les industriels intéressés à la fourniture des matériels..



V -
J'ai déjà eu l'occasion d'épingler la revue Nature qui, depuis deux décennies, ne laisse jamais passer une occasion de faire dans le catastrophisme climatique (entre autres). C'est elle qui a notamment et parmi beaucoup d'autres, laissé passer, sans critique approfondie, les papiers sur la fameuse crosse de hockey de Michael Mann et al. Nature a, dans le passé, vraiment fait le maximum tolérable pour le GIEC. L'irritation, que l'on ressent à la lecture de son article, résulte sans doute de la déception des éditeurs, même si les euphémismes parfois cocasses quand on connaît la réalité (et les oublis, sont de rigueur. Compte tenu du passé chargé de Nature en la matière, le texte qui suit est tout à fait étonnant.

Son précédent éditeur en chef, John Maddox, qui avait revitalisé et tiré de l'oubli Nature, doit se retourner dans sa tombe. Maddox, dont l'intégrité et la neutralité étaient proverbiales, avait publié un livre en 1972 ("The Doomsday Syndrome" soit Le syndrome de la fin du monde) qui dénonçait les graves conséquences sociétales du catastrophisme. Les choses ont beaucoup changé à Nature depuis son décès et beaucoup considèrent désormais Nature comme une revue "grise".

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Nature 474, 541 (30 June 2011) doi:10.1038/474541a

Editorial :

"Se tirer une balle dans le pied" " ( Titre original : "Shot with its own gun")

"Durant les deux dernières années, le GIEC a démontré un talent pour se placer lui-même dans des situations embarrassantes, se mettant ainsi en situation de cible facile pour les critiques et les sceptiques du climat.

Les problèmes ont commencé à la fin 2009 quand il fut rapporté que le 4ème Rapport d'experts, publié deux ans auparavant affirmait à tort que tous les glaciers Himalayens pourraient fondre en 2035. Les conséquences qui en furent tirées ont sérieusement endommagé la crédibilité du GIEC et elles ont été exacerbées par les tentatives ineptes du Président du Groupe, Rajendra Pachauri de contenir la crise. Une revue subséquente de la gouvernance de l'organisme et des actions menées, l'ont enjoint de procéder à un certain nombre de réformes de grande portée.

Ce mois-ci, le GIEC est de nouveau dans le collimateur de la lunette. La révélation qu'un analyste de l'énergie de Greenpeace a aidé à rédiger un chapitre clef du Rapport Spécial du GIEC sur les Sources d'Energie Renouvelables et la Lutte contre le Changement Climatique, a déclenché une vague de critiques largement répandues dans la blogosphère. Comparé au faux-pas sur les glaciers, le dernier incident est banal. Mais il devrait rappeler au GIEC que la mise en place d'une réforme de son comportement et de ses procédures doit être mise en place, de manière visible et rapidement.

En réponse à la bourde sur les glaciers, le GIEC a plaidé qu'il serait plus vigilant sur les processus qu'il utilise pour choisir les experts scientifiques et pour évaluer la littérature grise et aussi pour s'assurer que le travail (bénévole) réalisé pour le Groupe d'Experts ne provoquerait aucun conflit d'intérêt résultant des affiliations professionnelles des membres participants et des auteurs contributeurs (voir Nature 473, 261; 2011). Mais il (NdT : le GIEC) a failli, en ce sens qu'il n'a pas précisé quand cette nouvelle politique rentrera en action et qui elle concernera. Il doit le faire - et vite.

C'est la seule solution pour que l'organisation puisse contrer les affirmations récurrentes affirmant qu'elle est moins politiquement neutre que son mandat des Nations-Unies ne l'y contraint. En particulier, elle doit clarifier la position des Groupes sur les Impacts et les Adaptations au changement climatique (le Groupe scientifique a adopté une politique stricte vis à vis des conflits d'intérêts, l'année dernière). On se souvient que Pachauri aurait déclaré que la nouvelle politique vis à vis des conflits d'intérêts ne s'appliquerait pas aux centaines d'auteurs déjà sélectionnées pour le 5ème Rapport d'Etude qui doit sortir en 2014. Ceci est inacceptable. Il devrait considérer comme une priorité de s'assurer que les règles s'appliquent à tous les gens impliqués - y compris à lui-même...(NdT : Je rappelle que Pachauri est lui-même le Président de TERI, une organisation qui fait la promotion du renouvelable).

La vulnérabilité du GIEC à de telles attaques devrait aussi l'inciter à reconsidérer la manière dont il rend publiques ses avancées. Les journalistes et les critiques aussi, ont tendance à se tourner vers les affirmations extrêmes. Ainsi quand le contenu du communiqué de presse met en avant l'idée que les renouvelables pourraient remplir "près de 80%" de l'énergie du monde vers 2050, il n'était pas surprenant que ceci ferait les grands titres - et ferait des vagues. Le GIEC se serait épargné beaucoup d'ennuis et quelques critiques injustifiées s'il avait explicité l'origine de ce scénario."

C'est dit du bout des lèvres avec les précautions d'usage et sans se renier, mais c'est clairement exprimé. Venant de la part de la revue en pointe dans ces affaires et comme je l'ai dit, c'est étonnant. Il est perceptible que les éditeurs de cette revue n'ont guère le désir d'être associés, dans le futur, aux errements à répétition du GIEC et surtout, de son Président. C'est ce que explique sans doute la publication de cet éditorial dont le ton est très inhabituel (pour cette revue).

VI - Voici maintenant, toujours sur le même sujet, un texte de la climatologue US Judith Curry qui se qualifiait elle-même de "grande prêtresse du changement climatique." J'ai déjà fréquemment mentionné les billets de Judith Curry (notamment ici et ici) qui se démarquent désormais sensiblement de la doxa et vigueur. Notamment et selon ses dires, depuis qu'elles a lu les courriels du Climategate et qu'elle a pu constater les anomalies du fonctionnement du GIEC.
Dans le texte suivant, Judy Curry se focalise sur la question épineuse et récurrente des conflits d'intérêts très fréquemment évoqués dans les affaires du GIEC.

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Judith Curry : Il faut éliminer les conflits d'intérêt du GIEC.

Judith Curry commence par mentionner la mise en demeure plutôt énergique vis à vis du GIEC et de son Président de la part de la Commission concernée du Sénat US :

"Paul Broun (R-GA), le Président de la Commission de Recherche et de Contrôle a envoyé une lettre au Secrétaire Général des Nations Unies (ONU) Ban Ki-Moon, réclamant l'adoption d'une réglementation pour les Conflits d'Intérêt pour le Groupe Intergouvernemental pour le Changement Climatique de l'ONU (le GIEC)

“En dépit de mes demandes précédentes pour que le GIEC adopte et instaure une réglementation plus stricte vis à vis des conflits d'intérêt et de l'usage de citations issues de la littérature "grise", le GIEC a retardé sa mise en place ".

Dans sa lettre, Broun écrit qu'il était "impératif que le GIEC adopte une réglementation rigoureuse vis à vis des conflits d'intérêts avant sa 34ème session, provisoirement planifiée pour Janvier 2012."

Judy Curry poursuit en rappelant les recommandations du IAC (International Academic Council) énoncées à la suite des scandales qui ont secoués le microcosme du GIEC, en 2009.

" Le IAC a recommandé que :

"Recommandation. Le GIEC devrait développer et adopter une réglementation rigoureuse vis à vis des conflits d'intérêts qui s'applique à tous les personnels directement impliqués dans la préparation des rapports du GIEC en y incluant les membres dirigeants du GIEC (le Président du GIEC et les Vice-Présidents), les auteurs qui ont la responsabilité du contenu du rapport (c'est à dire les co-directeurs des groupes de travail, les auteurs qui ont des responsabilités dans le contenu du rapport ( c'est à dire, les co-présidents des groupes de travail, les auteurs principaux coordinateurs, et les auteurs principaux). Les Editeurs relecteurs et l'équipe technique directement impliquée dans la préparation du rapport (c'est à dire, l'équipe des unités de support technique ainsi que le secrétariat du GIEC)."

Voila qui est suffisamment détaillé pour être clair. Cela aurait dû suffire pour faire bouger les lignes. Il n'en a rien été.

Judy Curry donne son opinion de la manière suivante :

"Pour ce qui concerne le Groupe de Travail III, les conflits d'intérêts peuvent être si accablants qu'ils ne peuvent pas être gérés de quelque manière raisonnable que ce soit. A mon avis, les gens qualifiés de Greenpeace et d'Exxon-Mobil devraient être capables de participer au GIEC en tant que relecteurs ou, peut-être, en tant qu'auteurs contributeurs, mais ils ne devraient pas participer en tant qu'Auteurs Principaux."

En bref, Judy pense que pour ce qui concerne, au moins, les activités du groupe III (adaptation et mesures contre le réchauffement climatique), il est difficile de trouver des arbitres ou des auteurs non impliqués dans les ONG ou/et l'industrie. C'est vrai. Mais faut-il pour autant donner des responsabilités aux membres d'organisations ou d'industries directement intéressées par l'inflexion des politiques gouvernementales qui pourraient en résulter ? Certainement non.

Je rappelle que la mission du GIECde l'ONU, consiste, selon son ordre de mission à :

  • Fournir "une information scientifique rigoureuse et équilibrée aux décideurs."
  • Rédiger des rapports qui sont "objectifs et complets".
  • Demeurer “neutre du point de vue politique et ne jamais s'impliquer dans la définition des politiques à mener".

Un problème analogue s'est posé récemment en France et à l'ONU (l'OMS) lorsqu'on s'est aperçu que la très grande majorité des experts invités à donner leur avis sur la gestion de la grippe H1N1...relevaient presque tous, plus ou moins directement, des grands groupes de l'industrie pharmaceutique. On a vu le résultat.

Comme d'habitude, si les médias se sont largement fait l'écho du communiqué de presse du GIEC, ils se sont généralement abstenus de se faire l'écho des développements que je viens d'évoquer.
Au titre des exceptions remarquables :
The Telegraph : "Le GIEC déclare Greenpeace dans notre époque."
The Economics : "Le scandale renouvelable" (ou des renouvelables)"

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Dans la presse francophone : Rien. Comme d'habitude et notamment comme lors du Climategate (2009) : "Circulez, il n'y a rien à voir".
(Je serais ravi d'être démenti !)

Par contre, dans de très nombreux sites, la blogosphère mondiale a raconté en détail l'histoire du fameux "Rapport Spécial du GIEC/ONU".
Mark Lynas, décidément très remonté, en a rajouté une couche en signalant un autre conflit d'intérêts dans le chapitre sur l'énergie hydroélectrique.

Le titre de l'article du Télégraph UK "Le GIEC déclare Greenpeace dans notre époque" n'esgreenpeacet sans doute pas transparent pour les lecteurs francophones. Voici donc quelques explications à ce sujet :

Le dessin en couleur de Josh, ci-contre, représente R. Pachauri présentant le fameux rapport sur les énergies renouvelables qui est l'objet de ce billet. Ce dessin a connu un certain succès sur l'Internet.

"Greenpeace in our time" signifie "Greenpeace pour notre époque".





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Ce "cartoon" qui est explicite pour les anglophones, fait allusion à la célèbre phrase ("Peace in our time", La paix pour notre époque) prononcée par Sir Neville Chamberlain, premier Ministre britannique, lors de son retour sur le sol anglais après la signature des accords de Munich. "La paix pour notre époque", c'était, selon Neville Chamberlain, un document sur lequel était apposée sa signature à côté de celle de Herr Hitler (sic). Neville Chamberlain montrait (fièrement) ce papier à la foule enthousisaste. Nous étions le 30 septembre 1938.



La mise en évidence de cette collusion manifeste du GIEC avec les ONG activistes et avec les industriels du renouvelable, porte un rude coup à la crédibilité, déjà largement entamée, du GIEC. Et de manière plus générale, à l'ONU et à ses yannpachaureolorganisations satellites.

R. K. Pachauri et le bureau du GIEC ne semblent pas avoir compris ce que la communauté internationale attend d'eux et de l'organisation dont ils sont les responsables. En tout cas, certainement pas un "karaoké de Greenpeace", comme l'écrivent McIntyre et Andy Revkin.

Ainsi, le multi-récidiviste R. K. Pachauri a bien mérité son super-bonnet d'âne équipé d'éoliennes (qui ne fourniront guère que quelques 25% de la puissance nominale, comme celles qui sont actuellement installées, à grands frais et grâce à eux, dans l'Europe toute entière.)
Le voici ci-contre, issu de la plume de notre dessinateur préféré.

Bien entendu, un nombre considérable d'accessits (bonnets d'âne ordinaires, sans les éoliennes, donc beaucoup moins coûteux) sont généreusement décernés.
Comme à l'accoutumée, les heureux récipiendaires sont les organes de presse et les médias francophones qui ont dissimulé au grand public, ce mini-scandale très révélateur.
Ils ont l'habitude. Ils se reconnaîtront.


Mars 2011 : Le GIEC, l'Académie des Sciences et "l'accélération" du réchauffement climatique.

Il semble qu'un grand nombre de lecteurs, attentifs (comme moi) à l'évolution des courbes de la température du globe, se soient étonnés des affirmations, fréquemment répétées, jusques et y compris dans les écrits des Académiciens français, selon lesquelles le réchauffement climatique est en voie d'accélération ou d'augmentation.
Sachant, comme beaucoup, que la température moyenne du globe n'a pas varié de manière significative depuis, au moins, 12 ans, cela ne peut manquer de susciter des interrogations.

En réalité, une analyse un peu plus approfondie de ce qui a été écrit et publié à ce sujet, se révèle indispensable. Elle permet de mettre le doigt sur un certain nombre de pratiques, plus ou moins hasardeuses, que je ne manquerai pas de vous signaler au passage.

Pour commencer - à tout seigneur tout honneur - référons-nous au dernier rapport AR4 du GIEC (2007).

  • Le GIEC :

Dans le dernier rapport du GIEC (IPCC 2007, Fourth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change), on trouve la Figure 1 dans la page 253 du chapitre 3 (Observations : Changement climatique en surface et dans l'atmosphère).
Cette figure est censée montrer qu'une nouvelle augmentation de température, en accélération, est survenue pendant les 25 années 1981-2005.
La partie supérieure de cette figure est représentée ci-dessous :

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La légende de cette figure dont vous retrouverez l'intégralité dans le rapport du GIEC se termine par ces observations :

 

"Depuis environ 1940 jusqu'en1970, du fait de l''industrialisation qui a suivi la deuxième guerre mondiale, l'augmentation de la pollution de l'hémisphère Nord, a contribué au refroidissement, tandis que l'augmentation du dioxyde de carbone et des autres gaz à effet de serre a dominé le réchauffement observé après les années post-1975."

 

 

 

 

Sachant qu'il n' y avait pas de mesures satellitaires à l'époque 1940-1975, non plus que de mesures globales de la pollution, on peut s'interroger sur l'interprétation que donne le GIEC du refroidissement des années 1940-1975. Les lecteurs de ce site savent qu'il existe d'autres explications plus convaincantes pour expliquer cette baisse de température. Mais là n'est pas notre propos.

Ce qui est surprenant, et qui devrait étonner quelques scientifiques, se trouve sur la droite du graphe ci-dessus. En effet, une succession de droites (bleues, rouges et jaunes) sont censées représenter les variations de tendances de l'anomalie de température durant la seconde moitié du XXème siècle et le début du XXIème. Ceci est supposé démontrer une tendance à "l'accélération" du réchauffement climatique", avec des taux de variations indiqués dans le cartouche inséré en bas à droite du graphe. On se dit aussi qu'avec un procédé analogue, on aurait pu analyser la totalité du graphique présenté par le GIEC et trouver des accélérations et des décélérations, à peu près partout, de 1850 à nos jours. C'est ce que nous verrons ci-dessous.

De plus, un oeil exercé ne manquera pas de remarquer que si on remonte un peu dans le temps et qu'on examine ce qu'il s'est passé de 1910 à 1940, c'est à dire pendant 30 ans, tout comme de 1970 à 2000, on observe que la température a augmenté assez précisément avec la même vitesse qu'elle l'a fait entre 1970 et 2000. Or, selon les termes même de la légende de la figure du GIEC, l'influence "réchauffante" du CO2 atmosphérique ne se serait faite clairement ressentir qu'après 1975. Dès lors, on peut se demander, à juste titre, qu'est-ce qui a bien pu pousser les températures à la hausse de 1910 à 1940. Si ce n'est pas le CO2, qu'elle en est la cause ? (Voir ici).

Nous verrons un peu plus loin, ce qu'il en est, en réalité, des variations de températures durant ces 158 dernières années.
Nous savons ce qu'en pense le GIEC. Voyons maintenant ce qu'en a dit l'Académie des Sciences (française).

  • L'Académie des Sciences (française)

Nous savons tous que, suite à la demande de Mme Pécresse, Ministre de la Recherche à cette époque, l'Académie des Sciences a organisé une séance de discussion au sujet du "Réchauffement Climatique". Après quelques délais de réflexion et, sans doute, après des discussions animées entre les tenants du GIEC et leurs opposants, tous les membres de cette vénérable institution ont décidé de signer une synthèse des débats (et non pas un rapport final comme la presse s'en est fait l'écho), publiée le 26 Octobre 2010. Cette synthèse est d'ailleurs précédée d'un avertissement significatif qui semble avoir quelque peu échappé à la grande majorité de la presse. Je vous le rappelle : " Le présent rapport est une synthèse des interventions et discussions prononcées lors du débat sur le climat le 20 septembre 2010 à l’Académie des sciences, des contributions écrites qui l’ont précédé et des nombreux échanges et commentaires qui l’ont suivi."

Alors que nous dit cette "synthèse des interventions et discussions", au sujet du réchauffement climatique et notamment de celui qui est relatif à la dernière période du XXème siècle (les académiciens étant, semble-t-il, tombés d'accord pour reconnaître la stagnation des températures durant le début du XXIème) ?
Très exactement, ceci :

"Plusieurs indicateurs indépendants montrent une augmentation du réchauffement climatique de 1975 à 2003."
(page 14 dans les conclusions de la synthèse des interventions et des discussions)

Tout d'abord on peut s'interroger sur la signification précise des termes "augmentation du réchauffement climatique".
De quoi s'agit-il exactement ?
En effet, par définition, le réchauffement climatique est mesuré par la variation (à la hausse) de la température moyenne de la terre. Par exemple, on dit que le réchauffement climatique a été de 0,7°C /100ans. Autrement dit, le réchauffement est mesuré par la pente, c'est à dire par la dérivée première T'(t) par rapport au temps, de la courbe représentative de la température T(t) durant cette période. Une "augmentation de la variation" (à la hausse) de la température du globe, C'est à dire une "augmentation du réchauffement climatique" représente donc bien la dérivée seconde T"(t) de la courbe représentative de la température. C'est une accélération.
Il peut-être amusant de se rappeler que la version initiale de la "synthèse des interventions et discussions" qui a figuré, un temps, sur le site de l'Académie, indiquait que :"Plusieurs indicateurs indépendants montrent une accélération du réchauffement climatique de 1975 à 2003".
On peut aisément imaginer les âpres discussions qui ont conduit nos immortels a modérer cette affirmation, poussée, sans aucun doute, par les tenants du GIEC, qui tenaient pour acquis que la dérivée troisième par rapport au temps de la courbe représentative de la température moyenne de la planète, était à l'oeuvre. Car c'est très précisément ce que signifie "une accélération du réchauffement climatique".
Si j'osais me permettre un petit conseil aux collègues, membres de cette docte assemblée, je leur suggérerais de parler de "variations de température" plutôt que de "variations du réchauffement climatique", ce qui permettrait d'éviter des rédactions, pour le moins, hasardeuses.

Ces quelques considérations basiques au sujet des dérivées premières, secondes et troisièmes (!) de la fonction T(t) (température en fonction du temps) peuvent sembler anodines. Elles ne le sont pas, comme vous allez le voir.

Dans l'immédiat, et pour vous montrer qu'au vu des données factuelles, il est abusif d'interpréter le graphique reporté ci-dessus comme l'a fait le GIEC, nous allons faire un retour en arrière, de quelques 66 ans, en appliquant, à la lettre, les "méthodes du GIEC" aux données qui étaient connues à l'époque.
Il s'agit d'un petit sketch qui vous raconte ce qui se serait passé ... si le GIEC avait existé et si nous n'avions pas eu autre chose à faire, au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Flashback : Nous sommes en 1946 ...

Dans l'immédiat après guerre, la Société des Nations qui avait fait la preuve de son inefficacité, fut remplacée par l'Organisation des Nations Unies sur laquelle, à l'époque, reposaient tous les espoirs.
C'est à cette époque que le Congrès des USA fut alerté par un astronome spécialiste de la planète Vénus, James Hanson qui avait prévu que, si des mesures drastiques n'étaient pas prises immédiatement, la Terre deviendrait invivable du fait du réchauffement climatique, et ceci dès la fin du XXème siècle. Il se pourrait même, affirmait-il, que notre planète bascule dans un état proche de celui de Vénus (+460°C). L'ONU décida alors de créer, dans les plus brefs délais, un organisme international qui fut nommé le GIOC (Groupe Intergouvernemental d'Observation du Climat). Le GIOC de l'ONU fédéra immédiatement un nombre important de chercheurs, jusqu'alors inconnus et chichement dotés. Il faut savoir qu'à cette époque, les recherches sur le climat ne faisaient pas recette.
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Dans le premier rapport du GIOC, publié en 1946, (le FAR du GIOC) on trouve, à la page 3023, la figure ci-contre, basée sur les données des années précédentes (il fut décidé que les observations post-1943 seraient écartées). Ce graphe était accompagné de la légende suivante :

"Depuis environ 1880 jusqu'en 1910, du fait de l'industrialisation, l'augmentation de la pollution de l'hémisphère Nord, a contribué au refroidissement, tandis que l'augmentation du dioxyde de carbone et des autres gaz à effet de serre ont dominé le réchauffement observé après les années post-1910."

Bien que le taux de CO2 n'ait augmenté que d'environ 0,001% durant la période 1910-1940 - ce qui semblait infime - Le GIOC affirmait que c'était alarmant et qu'il s'agissait bien d'une accélération puisque la pente de la tendance de l'évolution de la température, sur différentes périodes (95 ans, 50 ans et 25 ans) précédant 1945, avait considérablement augmenté, jusqu'à atteindre la valeur de 0,177°C par décennie, comme on peut le voir sur cette figure.

A noter que la valeur de 0,177°C par décennie de 1920 à 1945 est très exactement la même que celle qui figure dans le rapport du GIEC AR4 de 2007, pour la période 1985-2005 (Voir le graphe du GIEC ci-dessus).
La courbe (ci-dessus) représentative de la variation de l'anomalie de température (du HadCRUT3v) de 1850 à 1945, les tendances représentées par les segments de droites en bleu, rouge et jaune, ainsi que les valeurs des taux d'augmentation de la température, au cours de cette période,
sont parfaitement authentiques.
Vous pouvez les recalculer vous-même en utilisant les graphiques interactifs de WFT.

Les médias (radio et journaux), alertés par les agences de presse, en firent leurs gros titres. Ils recrutèrent immédiatement un grand nombre de journalistes, formés tout spécialement dans de nouvelles sections dédiées des écoles de journalisme On pourrait compter sur eux dans l'avenir.
Voici un exemple, parmi beaucoup d'autres, de ce qu'on pouvait lire dans les journaux publiés en 1947 :

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The Argus, Melbourne, journal fondé en 1846. 48 pages.

Samedi le 31 Mai 1947

L'Arctique est en train de fondre, déclare un scientifique.

Los Angeles (AAP)
Un réchauffement mystérieux du climat de l'Arctique se manifeste lentement, a déclaré hier le Dr Hans Ahlmann, un géophysicien de l'Université de Californie.

Si les régions glacées de l'Antarctique et de la principale calotte polaire du Groenland devaient continuer à se réduire à la vitesse actuelle de la présente fonte, dit-il, les surfaces océaniques s'élèveraient dans des proportions catastrophiques. Les gens qui vivent dans les zones à basse altitude, le long des côtes, seraient inondés.
Les températures dans l'Arctique ont augmenté de 10 degré Farenheit depuis 1900 ce qui constitue une hausse "énorme" du point de vue scientifique. Le niveau des eaux dans la zone du Spitzberg est monté de 1 à 1,5 mm par an.

Source. h/t S. Goddard.

De gigantesques réunions d'experts et de politiques furent planifiées et devaient être organisées dans des endroits bien choisis de la planète.
Les politiques décidèrent de suivre le mouvement et leurs électeurs. Il fut décidé que des "taxes carbone" seraient mises en place en vertu du principe de précaution qui, peu à peu, perfusait le monde occidental, sous l'oeil intéressé de l'Union Soviétique qui, elle, s'apprêtait à mettre en place le rideau de fer.
De nombreux ouvrages, annonçant la fin du monde, fleurirent sur les étalages des libraires et les livres de classe furent modifiés en conséquence. Il était important que nos enfants sachent ce qui les attendait.
Bref, en peu d'années, un climat de panique et un état d'esprit de repentance, envahit l'occident. Le réchauffement s'accélérait, disait-on. Tout est de notre faute. Nous devons agir de toute urgence, affirmaient les journalistes.

A cette époque, il y eut bien quelques scientifiques qui, connaissant très bien la très longue histoire de la planète, s'émurent de cette panique généralisée, poussée par quelques scientifiques fédérés par le GIOC et généreusement entretenue par les médias. Ils protestèrent et arguèrent de la faiblesse des arguments qui sous-tendaient les affirmations des chercheurs qui adhéraient au GIOC. Ces derniers, se considérant offensés, en appelèrent au gouvernement (provisoire) de l'époque. Celui-ci, ne sachant comment trancher un débat pour lequel il n'avait d'ailleurs strictement aucune compétence, décida d'en référer à l'Académie des Sciences dont le prestige et l'intégrité, sinon la connaissance du problème, devait définitivement, espérait-on, séparer le vrai du faux et dire ce qu'il fallait penser.
C'est ainsi qu'au mois de Septembre 1946, eut lieu, à huis clos (au grand dam des journalistes), une séance de discussion entre les alarmistes et leurs opposants dont plusieurs étaient des membres élus de la prestigieuse institution. L'Académie des Sciences soucieuse de ne pas prendre parti afin de préserver son unité, décida de ne publier qu'une "synthèse des interventions et des discussions" que les journalistes s'empressèrent de considérer comme un rapport conclusif, en oubliant de lire et de rapporter sur ce qui dérangeait le dogme du réchauffement climatique qui peu à peu, avait envahi la fraction la plus crédule de notre société. Il faut rappeler que, sans doute au vu du graphe précédent, les immortels avaient longtemps hésité pour décider s'il fallait écrire dans leur "synthèse des interventions et des discussions" qu'il s'agissait d'une "accélération du réchauffement climatique" comme le souhaitaient les adhérents du GIOC, ou bien, comme cela fut retenu, in fine, "d'une augmentation du réchauffement climatique de 1910 à 1940". Quoiqu'il en soit, tous les académiciens signèrent cette "synthèse des interventions et des discussions" et l'unité de l'Académie fut préservée. Chacun s'en réjouit.

C'est alors que, dans les années 1947-48, après une courte période de stagnation de quelques années que l'on n'avait guère aperçue, la température du globe chuta brutalement de quelques dixièmes de degré, puis se mit à osciller paisiblement, jusque vers l'année 1976, sans jamais remonter jusqu'au maximum atteint pendant des années 1940-45. Les pôles récupérèrent leurs glaces d'antan. ole5


Un refroidissement de quelques 0,3°C, cela semble très peu mais le réchauffement précédent qui avait suffi à créer la panique, n'était pas bien grand non plus. Il s'agissait dans tous les cas de quelques dixièmes de degré.

Quoiqu'il en soit, ces quelques dixièmes de degré manquants suffirent à créer et à alimenter une panique d'un genre nouveau : La peur du refroidissement à venir.
Les médias.(Time 1977 à gauche, Newsweek 1975, à droite ) se déchaînèrent sur ce nouveau marronnier. jan77
1975

S. Rasool and Stephen Schneider, utilisant un programme informatique mis au point par James Hanson, cité plus haut, publièrent un article dans Science (Juillet 1971) qui prédisait que la température pourrait baisser de 3,5°C à cause de l'activité industrielle qui propulsait des aérosols (des poussières) dans l'atmosphère.
Quelques ouvrages (e.g. Lowel Ponte) envisagèrent les détestables conséquences d'un futur Petit Age Glaciaire. D'éminents biologistes de Stanford (Stephen Schneider, Paul Ehrlich) avancèrent des prédictions de famines catastrophiques et donnèrent des conseils pour se prémunir du froid à venir, tels que l'achat de boites de conserves. Il fallut corriger et rééditer les livres de classe pour que nos enfants sachent à quoi s'en tenir sur la période glaciale qu'ils allaient devoir supporter.

Par la suite, les températures repartiraient de nouveau à la hausse pour une trentaine d'années (1976-1998) puis se stabiliseraient dans les années 1998-2010. Les mêmes qui avaient redouté le petit âge glaciaire, sonnèrent désormais le tocsin du réchauffement climatique. On réédita les livres de classe pour que nos enfants soient correctement informés du sort qui les attendait.

Cependant, les leçons du passé avaient été retenues et il fut décidé de remplacer désormais l'expression "réchauffement climatique" par l'expression "changement climatique" qui permet de faire face à toutes les éventualités.
C'était plus prudent. On ne sait jamais.


  • Nous voici revenu en 2011. Pour la suite de ce billet, et toujours au sujet de "l'accélération du réchauffement climatique", je donne la parole à un climatologue Norvégien, le Professeur Ole Humlum de l'Université d'Oslo
    ole1(photo ci-contre, sa situation actuelle ici, sa bibliographie ici).

Ole Humlum gère l'excellent site Climate4you.com (en anglais). A l'exception du premier graphe qui figure ci-dessous, les graphes suivants (qui datent de 2008) sont extraits de son site qui regroupe un très grand nombre de données factuelles sur le climat, très régulièrement remises à jour, ainsi que quelques analyses qui me semblent fort pertinentes.
Je ne peux que vous en recommander une lecture attentive.

Voici donc, une fois encore, le graphe authentique de 1850 à nos jours, non lissé et non moyenné sur des périodes diverses, qui donne mois après mois, l'évolution de la température moyenne du globe, selon la base des données dite HadCRUT3v. Je rappelle que cette base de données, très utilisée, résulte de la collaboration du CRU de l'Université d'East Anglia et du Hadley Center (UK).
ole6

Cette courbe, pour autant qu'elle reflète la réalité objective, montre :

-Une augmentation de la température approximativement linéaire de 1910 à 1945 avec la même pente que la montée, tout aussi linéaire, qui s'est produite de 1976 à 2000 environ, comme nous l'avons ci-dessus.

-Une baisse de la température assez brutale, survenue en 1946 suivie d'une stagnation relative qui s'est prolongée jusque vers 1976.

-et enfin, la stagnation de la température d'environ 12-13 ans, comme nous l'avons vu en détails dans ce billet.

 

 

 

Il est effectivement très difficile, même pour un oeil exercé, de percevoir une accélération quelconque de la hausse des températures depuis 1975. Ce que l'on perçoit, sur toute la période, ce sont des tendances différentes selon les périodes considérées, avec des hausses (1850-1880 ; 1910-1940; 1975-2000) et des baisses successives (1880-1910, 1945-1975), le tout suivi de la stagnation de ces 13 dernières années. Tout cela étant évidemment très "bruité" par les fluctuations et, sans aucun doute aussi, par les problèmes d'instrumentation.

Ole Humlum est parfaitement de cet avis. Cependant, il souhaite en savoir un peu plus en évitant de tracer des droites de tendances dans des fenêtres de tailles différentes comme l'a fait le GIEC. Ce qui constitue, selon moi, une sorte de perversion scientifique.
Humlum
qui est, sans doute, plus aimable que je ne le suis, qualifie cette présentation du GIEC de "unfortunate" (malencontreuse), comme vous le verrez plus bas. C'est un euphémisme.

ole7

De manière à en savoir un peu plus sur cette fameuse "accélération ou augmentation du réchauffement climatique" due aux gaz à effets de serre qui auraient pris le dessus, selon le GIEC, depuis 1975, et pour voir si on est capable d'observer une différence entre la variation de température observée entre 1975 et 2008 par rapport aux variations antérieures, Ole Humlum décide de soustraire de l'évolution des températures, une augmentation constante qui correspond à la tendance 1910-2008. Les américains utilisent le mot "detrend", c'est à dire soustraire la tendance générale (trend) qui est évidemment perceptible sur tous ces graphes.

Ole Humlum nous montre, sur le graphe ci-contre, tiré des bases de données HadCRUT, la droite qui représente la montée moyenne de la température durant ces 98 dernières années et qui, comme chacun le sait, est d'environ 0,75°C/100 ans.

Dès lors, il suffit de soustraire cette croissance moyenne de la température qui se prolonge depuis un siècle de la courbe réelle des températures rapportée ci-dessus.
Voici, ci-dessous, l'allure de la courbe ole8HadCRUT "détrendée" :

En bleu, la courbe originale (moins la tendance générale depuis 1910) et en vert la même courbe lissée sur 5 années consécutives.

L'idée du climatologue, Ole Humlum est très simple (Figure E) :
Si l'effet du CO2 et des autres gaz à effets de serre s'est fait ressentir fortement depuis les années 1975-80, comme l'affirment le GIEC (et l'Académie des Sciences), ce graphe doit montrer un comportement de la variation de la température depuis 1980, différent de celui des variations précédentes (de 1910 à 1980).

Au vu de ce graphe, Humlum conclut évidemment qu'il n'en est rien et que si on perçoit quelque chose, c'est plutôt une sorte d'oscillation (de période environ 60-70 ans comme l'ont déjà observé plusieurs auteurs). La période indiquée par le petit rectangle grisé figurant au dessus de l'axe des abscisses, où l'effet des serre anthropique serait primordial (selon le GIEC) ne présente aucune particularité par rapport aux périodes précédentes où l'effet de gaz à effet de serre anthropiques était négligeable.

ole9

Humlum propose une autre manière, peut-être plus simple, (mais peut-être aussi plus critiquable en ce sens que le calcul suivant affecte un poids excessif aux fluctuations mensuelles), de voir les choses. Il s'agit de calculer la variation de mois en mois de la température moyenne du globe (sans retirer la tendance moyenne) du HadCRUT (courbe en bleu)

Sur la Figure F, La courbe en jaune représente la moyenne lissée sur 5 ans de la courbe en bleu.

Le raisonnement de Humlum est simple. Si une accélération ou un changement du taux de variation de la température existe vers la période 1980-2005, celui-ci sera perçu par une valeur différente de cette différence de croissance d'un mois sur l'autre qui n'est rien d'autre que la dérivée avec un pas de temps égal à un mois.
Comme on le voit, il n'en est rien. Les variations de température d'un mois sur le suivant, n'ont pas changé, sauf peut-être de 1943 à 1950 où la baisse des températures a été assez rapide.
Une fois de plus, rien ne distingue la période 1980-2005 à celle qui allait de 1910 à 1975.

Ole Humlum en tire les conclusions suivantes :

Summing up: The unfortunate procedure of comparing linear fits calculated for time windows of different lengths lead IPCC 2007 to the unwarranted conclusion that the temperature rise 1981-2005 was unique (Figure A). In reality, this is not the case. The temperature increase leading up to the warm peak around 1940 is entirely comparable to that characterising the period 1981-2005 (Figure E). Also when the monthly temperature change is considered, the 1981-2005 does not stand out (Figure F). Consequently the latter part of the post Little Ice Age warming do not differ from the early part of the warming period. The whole warming period since 1908 may therefore bee seen as representing one single development, not showing a new trend corresponding to the rising atmospheric levels of carbon dioxide and other greenhouse gases after the mid-1970s. Thus, the simplest interpretation of the global temperature increase since 1908 is that it represents mainly a natural recovery from low Little Ice Age temperatures, without clear anthropogenic impact.
This is not the first time this simple interpretation of the post Little Ice Age warming has been suggested. The interested reader should definitely visit the homepage of Dr. Syun-Ichi Akasofu. In the present context, especially his paper Is the Earth still recovering from the "Little Ice Age"? A possible cause of global warming is of high relevance.

Soit : " La procédure malencontreuse qui consiste à comparer des ajustements linéaires pour des périodes de différentes durées a conduit le GIEC à la conclusion infondée que la hausse de température de 1981 à 2005 était exceptionnelle (Figure A). En réalité, ce n'est pas le cas. La hausse de température qui a conduit au pic chaud aux alentours de 1940 est entièrement comparable à celle qui caractérise la période 1981-2005 (Figure E). De plus, lorsque l'on considère la variation de température d'un mois sur l'autre, la période 1981-2005 ne montre rien de particulier (Figure F). En conséquence, la dernière partie du dernier petit âge glaciaire ne diffère pas de la période récente de réchauffement. La période complète du réchauffement depuis 1908 peut donc être considérée comme représentative d'un seul développement qui ne montre aucune nouvelle tendance correspondante à l'augmentation, dans l'atmosphère, du taux de dioxyde de carbone et d'autres gaz à effets de serre, après le milieu des années 1970. Ainsi, l'interprétation la plus simple de l'augmentation de la température depuis 1908 est qu'elle représente principalement une récupération (c'est à dire la remontée des températures après une période froide temporaire) naturelle des basses températures du Petit Age Glaciaire, sans impact anthropique visible.
Ce n'est pas la première fois que cette interprétation de la récupération du Petit Age Glaciaire est suggérée. Le lecteur intéressé pourra, sans aucun doute, visiter la page d'accueil du site du Dr. Syun Ichi Akasofu. En ce qui concerne le sujet abordé ici, son article "Est-ce que la Terre est en voie de récupération du "Petit Age Glaciaire". Une cause possible du réchauffement global" est particulièrement pertinent."akasof

 


On l'aura compris, Ole Humlum est un supporter des idées de Syun Ichi Akasofu, telles que je les ai évoquées dans ce billet. Vous pourrez également lire l'article le plus récent d'Akasofu dans lequel il parle aussi des oscillations océaniques et de la stagnation actuelle de la température moyenne du globe.
A noter que Syun Ichi Akasofu vient d'être honoré par l'EGU (European Geophysical Union) par l'attribution de la médaille Hannes Alfven (cf les ondes de H. Alfven) pour se travaux sur les "substorms".


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yann2011a

Comme vous avez pu le constater, on peut retourner la courbe des températures officielles dans tous les sens, sans apercevoir la moindre trace "d'une augmentation et, a fortiori, d'une accélération du réchauffement climatique" durant la période 1975-2003" pendant laquelle l'augmentation des gaz à effet de serre anthropique est censée avoir gravement endommagé le climat de notre planète.

Une fois de plus le GIEC et, tout particulièrement, les auteurs de la Figure 1 dans la page 253 du chapitre 3 du rapport AR4 (2007) qui inclut la courbe bizarrement "interprétée", citée en tête de ce billet, se voient donc décerner un superbe bonnet d'âne en poil d'hermine (synthétique et durable) du mois de Mars 2011
.

Du moins, jusqu'à ce qu'ils nous aient expliqué en quoi la hausse des températures qui est survenue pendant les 28 ans écoulés entre 1975 et 2003 (avec une augmentation d'environ +60ppm de CO2 dans l'atmosphère) est différente de celle qui est survenue pendant les 30 ans écoulés entre 1910 et 1940, avec une variation du taux de CO2 environ 6 fois plus petite (c'est à dire avec une augmentation infime de +10ppm de CO2 dans l'atmosphère).
Je précise que le logarithme de la loi d'Arrhénius ne change strictement rien à l'affaire.

Mais vous n'oubliez pas l'Académie ? me reprocheront les lecteurs(trices).
Pour être franc, je considère que l'Académie mérite des félicitations pour s'être aussi habilement tirée de la chausse-trape dans laquelle la Ministre et ceux qui l'ont inspirée, l'avait placée. En réalité, l'Académie ne s'est pas prononcée et a fait preuve d'une grande prudence. Elle a stigmatisé les doutes et les incertitudes. Elle poursuit ses investigations, notamment sur la modélisation du climat, comme l'a précisé récemment son Président.

Stay Tuned !

20 Février 2011 : Nature : The Serial Catastropher ? Après avoir provoqué une quantité astronomique de catastrophes (sécheresses, plus de pluies, plus de neige, mois de neige, plus froid, moins froid etc.), l'activité humaine contribuerait également à générer des extrémas de précipitations plus intenses.... C'est ce qu'affirme un article, pour le moins criticable et critiqué, y compris par les collègues des auteurs, qui vient de paraître dans Nature.
Voici ses références :

"La contribution humaine à l'accroissement des extrémas de précipitations."
Human contribution to more-intense precipitation extremes
Seung-Ki Min, Xuebin Zhang, Francis W. Zwiers and Gabriele C. Hegerl
Nature. 17 Février 2011.

Comme on peut s'y attendre, et sans se poser la moindre question qui pourrait perturber les croyances des adeptes du changement climatique apocalyptique, la cohorte des médias, déjà titulaire d'un grand nombre de bonnets d'âne, s'est efforcée de nous en faire un compte rendu aussi cataclysmique que définitif : L'AFP (en tête, bien sûr), The Guardian, Le Monde, RTL, la BBC, TF1 et beaucoup d'autres, tout en évitant de mentionner les graves incertitudes qui pèsent sur ces résultats ainsi que les critiques fondamentales exprimés par plusieurs climatologues éminents...
Comme d'habitude, devrais-je dire.

Pourtant, une analyse un peu plus approfondie que la simple reproduction (en la dramatisant, si possible) des dépêches d'agence, aurait permis à nos journalistes d'en savoir un peu plus et de faire leur travail, au grand bénéfice de leurs lecteurs. Comme l'ont d'ailleurs fait certains journalistes outre-atlantique et outre-manche.

Voici une traduction de la fin du résumé de l'article (le début n'est qu'une introduction générale) qui a suscité l'enthousiasme pour ne pas dire le déchaînement de nos médias et de quelques scientifiques qui fréquentent assidûment le studios de nos "étranges lucarnes" (expression du Canard Enchaîné pour la télévision) :

"Etant donné que l'on estime que la capacité de rétention de l'eau dans l'atmosphère varie grossièrement de manière exponentielle avec la température - et que le contenu en vapeur d'eau de l'atmosphère varie en accord avec cette attente - il a été suggéré que le réchauffement climatique influencé par l'homme peut être, en partie, responsable de l'augmentation des fortes précipitations. Du fait de la limitation du nombre d'observations quotidiennes, cependant, la plupart des études précédentes ont limité leurs études du changement potentiel des précipitations aux comparaisons modèles-modèles.Ici, nous montrons que les gaz à effets de serre générés par l'homme ont contribué à l'augmentation des événements à forte précipitation observés sur approximativement deux tiers des terres de l'hémisphère Nord où l'on dispose de données. Ces résultats sont basés sur une comparaison entre les observations et les multi-simulations des modèles des fortes précipitations sur la dernière moitié du XXème siècle et sur les parties émergées de l'hémisphère Nord. Les résultats sont analysés avec une technique multi-empreinte optimale. Les variations dans les précipitations extrêmes projetées par les modèles et ainsi les impacts des évolutions futures des précipitations extrêmes peuvent être sous-estimées parce que les modèles semblent sous-estimer l'augmentation observée des précipitations extrêmes avec le réchauffement."

Le journal "Nature" interdit la reproduction gratuite des figures faisant partie intégrante de ses articles. Je ne peux donc reproduire la figure maîtresse de l'article cité ci-dessus avec une taille convenable. Néanmoins, la vignette ci-contre qui est la figure maîtresse de l'article devrait donner une idée assez superficielle mais correcte des analyses faites dans cet article.

Sur ces quatre figures, Le trait noir représente l'évolution observée des "événements pluvieux extrêmes" dans l'hémisphère Nord de 1950 à 2000. cata1

 

Les autres courbes en couleur, indiquent les réalisations obtenues à l'aide de différents modèles informatiques bien connus du GIEC. Comme on peut le constater, les divergences observations-modèles sont nombreuses même si l'allure générale de la croissance est, à peu près, respectée ce qui compte-tenu des variations erratiques des modèles et des observations ne constitue guère un exploit.

D'autant plus qu'il est regrettable que, dans ce genre de graphique, les résultats des modèles et les observations ne soient pas complétés de leurs marges d'incertitudes qui sont très importantes comme vous le verrez ci-dessous. Dans ces conditions, il est extrêmement hasardeux de se prononcer sur le caractère significatif de ces confrontations, surtout s'agissant de courbes qui varient de façon plus ou moins monotone...

Quelques remarques : Pour faire simple, on sait que le contenu en vapeur d'eau de l'atmosphère augmente avec la température. On sait également que la température globale a faiblement augmenté au moins de 1910 à 1940, puis de manière identique de 1975 à 2000, après une nette interruption de 1945 à 1975 ainsi d'ailleurs que de 1998 -2000 à 2010 (au moins).

Le contenu en vapeur d'eau de l'atmosphère a donc augmenté en fonction des lois élémentaires de la physique, comme on le sait. On observe que la pluviométrie a également augmenté, ce qui est également attendu, bien qu'on ne sache toujours pas comment se constituent les nuages. Les auteurs tirent un argument, qui leur paraît décisif pour prouver l'influence humaine, du fait que les observations sont conformes aux résultats de leurs modélisations informatiques qui impliquent les gaz à effet de serre. Ce faisant, ils oublient, semble-t-il, qu'il peut exister des causes naturelles qui font également monter la pluviométrie, surtout sur des périodes aussi limitées. Ce raisonnement est exactement le même que celui qui a été menée pour la température globale. Mais comme on le sait, le fait que celle-ci ait augmenté durant deux périodes successives (de 30 ans) ne constitue, en aucun cas, une preuve que les modèles utilisant l'effet de serre sont la seule explication. Ce sera peut-être le cas, lorsque toutes les autres causes naturelles possibles auront été envisagées sérieusement et éliminées.
C'est d'ailleurs, très exactement, le défi lancé par le climatologue Roy Spencer aux tenants du réchauffement climatique anthropique... auquel il n'a évidemment jamais été répondu.


On peut faire remarquer aux auteurs que comme les modèles informatiques basés sur l'effet de serre, prévoient, bien entendu, un réchauffement de la planète, il n'est pas étonnant qu'ils trouvent également une augmentation de la pluviométrie. C'est de la physique. Ceci est sans aucun doute, une indication que les modèles (et c'est la moindre des choses) sont auto-consistants. Par contre, il est évident que si l'augmentation de la température provient d'une cause naturelle, cela conduit strictement aux mêmes observations. A mon avis - et je ne suis pas le seul à le penser - ce test n'est donc nullement discriminant pas plus que ne l'est la confrontation de l'évolution de la température globale avec les modèles (qui ne fonctionne d'ailleurs pas comme on peut le constater, au moins, depuis 1998 jusqu'à nos jours). En fait, il s'agit d'un raisonnement circulaire.

A noter que des journalistes consciencieux auraient pu (dû) relever également le fait qu'un accroissement de pluviométrie implique une augmentation de l'ennuagement, surtout à basse altitude, et donc une augmentation de l'albedo, ce qui constitue une rétroaction négative (et non positive) de l'effet des gaz à effet de serre et donc réduit la "sensibilité" climatique. En d'autres termes, comme cela a été plusieurs fois signalé, une augmentation de l'évaporation des océans due à un réchauffement quelconque peut induire une rétroaction négative via la création de nuages à basse altitude (peu ou non prise en compte par le GIEC). Cette question vient immédiatement à l'esprit quand on lit l'article cité de Nature. Et de fait, la question des nuages est l'une des grandes inconnues qui pèsent lourdement sur les scénarios climatiques, comme cela a été rappelé dans le récent rapport de l'Académie des Sciences française.

Cette question est cruciale et il est pour le moins curieux que les auteurs de l'article n'aient pas évoqué cette problématique, et notamment celle des téléconnexions des précipitations extrêmes avec l'ENSO (La Niña et El Niño), dont tout le monde sait, depuis les observations de Darwin, (et surtout les Australiens qui viennent de subir une inondation remarquable, mais guère exceptionnelle en temps de fort La Niña comme c'est le cas en ce moment) qu'elles jouent un rôle absolument essentiel pour déterminer les événements extrêmes tels que ceux évoqués dans l'article de Nature.

C'est d'ailleurs cette question importante qu'évoquait Kevin Trenberth dans un courrier adressé à Michael Mann, le 14 octobre 2009, révélé lors de l'affaire du Climategate (ignorée par les médias francophones).
L'original (en anglais) est ici. J'ai rapporté sur ces échanges de courriers dans cette page.
A ce propos; je recommande aux lecteurs avertis, la lecture assidue de ces courriels échangés entre les climatologues impliqués dans ces recherches.Ils sont très éclairants sur beaucoup de sujets notamment parce que les chercheurs s'y expriment sans aucune contrainte. On ne ment pas quand on discute, en privé, avec ses propres collègues.

Voici donc un extrait significatif, rédigé par Kevin Trenberth qui est l'un des leaders du GIEC : trenberth

"Où est passée toute cette chaleur ? Nous savons qu'il existe une augmentation de la chaleur des océans avant un El Niño et une décharge (et un réchauffement de la surface) pendant les derniers stades du El Niño, mais le système d'observation est-il suffisant pour le suivre ? Tout à fait en dehors des changements dans les océans, nous savons qu'il se produit des changements majeurs dans les trajectoires des tempêtes et leurs téléconnexions avec l'ENSO et qu'il y a BEAUCOUP plus de pluie sur les continents durant La Niña (plus de sécheresse pendant un El Niño), alors comment l'albedo change-t-il (changements dans les nuages) ? Pour le moins, l'excédent de pluie qui tombe sur les continents implique que beaucoup plus de chaleur sert à l'évaporation qu'à faire monter les températures, et ainsi, refroidit les terres et ainsi devrait générer des nuages. Mais le refroidissement dû à l'évaporation signifie que la chaleur va dans l'atmosphère et devrait être irradiée dans l'espace."...

(le caractères engraissés sont de l'auteur de PU. Les caractères en majuscules sont de Kevin Trenberth).

Tout ceci est parfaitement sensé et bien connu des climatologues (voir Judy Curry, ci-dessous). Comment se fait-il que ces causes aussi essentielles que naturelles n'aient pas été évoquées et examinées par les auteurs de l'article de Nature (et par le referee) ? Il aurait sans doute été plus probant de suivre l'évolution des oscillations ENSO au cours du demi-siècle écoulé et de tester leur corrélations éventuelles avec les gaz à effet de serre et avec la pluviométrie.
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Voyons maintenant comment les climatologues, collègues des auteurs de l'article tant vanté par nos médias, ont commenté ce dernier. Le constat d'un véritable journaliste scientifique (non climato-sceptique) mérite aussi d'être relaté :

1) Le Point de vue du climatologue Gavin Schmidt (GISS-NASA). Comme les lecteurs de ce site le savent, il est extrêmement rare que je mentionne le site RealClimate fondé par Michael Mann et dans lequel exerce Gavin Schmidt, le bras droit du gourou du réchauffement climatique anthropique, James Hansen. Une fois n'est pas coutume, mais, cette fois-ci, Gavin Schmidt énonce un certain nombre de vérités (sauf deux mots) scientifiques au sujet de la question des "extrêmes" évoqués par l'article de Nature cité ci-dessus.
Voici ce qu'il a écrit sur son site. J'ai respecté la mise en forme de son texte ainsi que la casse originale (les italiques). gavinschmidt

  • Tous les extrêmes ne sont pas de même nature. Les discussions sur les "changements des extrêmes", en général, sans spécifier exactement de ce dont il s'agit exactement, n'ont aucun sens (Ndt : Ils sont pourtant très fréquemment évoqués, de manière générale, dans nos médias). Une tornade est un événement extrême mais c'est un de ceux dont les causes, la sensibilité au changement et les impacts n'ont rien à voir avec ceux qui sont relatifs à une tempête de glace, ou à une vague de chaleur, ou d'air froid, ou à une sécheresse.

  • Il n'existe pas de théorie ou de résultat qui indique que le changement climatique augmente les extrêmes en général. Ceci est un corollaire de l'affirmation précédente - chaque sorte d'extrême doit être considéré de manière spécifique - tout autant que de manière régionale.

  • Certains extrêmes vont devenir plus communs dans le futur (et d'autres moins). Nous discuterons de ces spécificités ci-dessous.

  • L'Attribution des extrêmes est difficile. Il n'existe qu'un nombre limité de données résultant des observations pour démarrer ainsi que des tests insuffisants des simulations des modèles climatiques pour les extrêmes et également (jusqu'à présent) une appréciation limitée des projections des modèles.

A la lecture des déclarations contenues dans le dernier paragraphe qui constitue une sévère remise en cause du contenu de l'article de Nature (grandes incertitudes sur les données, comme sur les modèles), on s'étonne de lire que Gavin Schmidt affirme, dans le troisième paragraphe, que "certains extrêmes vont devenir plus fréquents". En effet, si, comme il le dit, les observations sont déficientes et les résultats des modèles incertains, comment peut-il être aussi sûr de lui pour avancer ce genre de prévisions ?
Pour essayer de comprendre cette rhétorique un peu étonnante, mais que l'on retrouve fréquemment sous la plume de Gavin Schmidt, on peut se reporter à un article du New York Times, publié à l'époque de la récente vague de chaleur en Russie. Le NYT interrogeait Gavin Schmidt à ce sujet. Gavin Schmidt répondit : " Si vous me posez la question en tant que personne, pour savoir si je pense que la vague de chaleur en Russie a quelque chose à voir avec le changement climatique, ma réponse est oui. Si vous me posez la question en tant que scientifique pour savoir si je l'ai prouvé, la réponse est non - du moins, pas encore."

Les choses sont claires. Gavin Schmidt fait des prédictions que la science n'a pas prouvé. "Pas encore" dit-il.
Après tout, pourquoi pas ? Mais dans ce cas-là, il ne faut pas présenter les choses comme des prédictions avérées, comme il l'a écrit plus haut (en italiques). Ce ne sont que des hypothèses, parmi bien d'autres.

pielke1

2) Le point de vue du climatologue Roger Pielke Sr à Boulder (Colorado)

Voici ce que ce dernier a écrit sur son site officiel, toujours au sujet de l'article de Nature :

 

pielke

"Il apparaît que l'objectif de la plupart des médias et de Nature a été de propulser une explication étriquée pour les augmentations de précipitations extrêmes (comme résultant essentiellement du CO2 ajouté et de quelques autres gaz à effet de serre). Ils ont ignorés les autres explications dues au forçage humain (NdT : comme l'évolution de l'utilisation des sols dont Pielke Sr. sur laquelle il a écrit plusieurs articles dont certains portent sur les précipitations extrêmes), ainsi que le rôle de la variabilité naturelle comme cela a été discuté efficacement dans les billets de Judy Curry (I et II)."

Pour sa part, le fils de Roger Pielke Sr, Roger Pielke Jr (Professeur de Sciences Environnementales à l'Université de Boulder (Co). Tout comme son père, il n'est pas, à proprement parler, un climato-sceptique), est encore plus sévère. Après avoir rappelé les propos de Gavin Schmidt cités ci-dessus, il conclut par une phrase polie mais acerbe :
pielkejr

En bref, les nouvelles études sont intéressantes et ajoutent à notre savoir. Mais elles ne changent pas l'état de nos connaissances en ce qui concerne la tendance des désastres sur le globe et comment ceux-ci pourraient être reliés aux gaz à effet de serre (NdT : ce qui est pourtant le but affirmé de l'article de Nature). Mais, quand même, je m'attends à ce que beaucoup veuillent encore compléter les pointillés entre les gaz à effet de serre et les inondations récentes.
Compléter les pointillés, c'est amusant, mais ce n'est pas de la science.

caractères engraissés par PU.

2) Le point de vue de la climatologue Judy Curry (souvent citée dans ce site. Elle est la grande prêtresse du réchauffement climatique, comme elle le dit elle-même) qui a rédigé, dans son blog "Climate etc.", deux sections consacrées à "l'attribution des événements extrêmes".

Voici ce qu'elle a écrit au sujet de l'article de Nature : judy1

"Dans la partie I, je disais que je n'étais pas du tout convaincue par les stratégies utilisées pour attribuer les événements extrêmes au réchauffement climatique. Aujourd'hui, deux nouveaux articles ont été publiés dans Nature qui attribuent les fortes pluies récentes au réchauffement climatique. Pour un résumé, voir cet article lié au Huffington Post.

J'étais l'une des 10 experts extérieurs interviewés par Seth Borenstein (Ndt : du New York Times, au sujet de l'article dans Nature). Voici la brève réponse que je lui ai faite par email :

"Hello Seth, j'ai peu de temps en ce moment mais j'ai rédigé un billet sur ce sujet, pris de manière plus générale.

Je pense que ce genre d'analyse n'est absolument pas convaincante. Elle ne prend pas en compte le rôle de la variabilité naturelle interne telle que l'Oscillation Arctique, La Niña etc. dans la genèse des inondations. Aucune des inondations récentes est extrême dans le contexte historique."

Caractères engraissés par PU.

4) Le point de vue d'un journaliste scientifique (sérieux) : Andrew Revkin (Journaliste scientifique au New York Times pendant des années, jusqu'à récemment). Je suggère au Monde, à Libération, au Figaro, à l'Express, au Point, à TF1 etc. de l'embaucher. Il n'est pas climato-sceptique. Il est simplement libre et honnête...(surtout depuis qu'il a quitté la rédaction du NYT).

Dans un article de son site Dot Earth du
New York Times intitulé : " A propos des tempêtes, du réchauffement, du signalement des incertitudes et de la première page", Andrew Revkin nous donne une belle leçon de journalisme et, aussi, de déontologie pour les scientifiquesrevkin.
Son point de vue sur l'article de Nature en question est on ne peut plus clair.
Voici quelque extraits de son texte que je vous conseille de lire intégralement si vous êtes anglophone. Il vaut son pesant d'octets et il expose, avec le talent qu'on lui connaît, nombre de mes objections sur la couverture médiatique quasi-hystérique du réchauffement climatique ainsi que sur le comportement "quasi-médiatique" de certains chercheurs.

Andrew Revkin écrit, au sujet de l'article de Nature :

"...Mais est-ce vraiment nouveau ?

A voir l'explosion de la couverture médiatique (y compris dans les pages de News du Times), c'est certain. Et ce n'est pas une surprise quand on voit la principale conclusion, exposée sans aucune restriction, dans l'introduction résumée de l'article ." (Ici, Revkin nous rappelle quelques lignes "définitives" tirées du résumé traduit ci-dessus.)

Un peu plus loin , Revkin écrit :
" Le problème est que cet article de Nature n'est pas du tout définitif, comme vous allez le voir".

... "Ceci soulève de graves questions sur la déontologie des scientifiques et sur l'utilisation journalistique de la présentation et du résumé de travaux complexes, ainsi que de la nécessité évidente pour les journalistes - et les lecteurs - d'explorer de tels travaux comme si une étiquette "à manipuler avec précaution" y était attachée.

Il s'agit de rapporter de manière responsable.

Un exemple précédent s'est produit en 2006 quand un article publié dans Science au sujet des grenouilles qui mouraient au Costa Rica et qui incluait cette brève et forte affirmation " Ici nous montrons que la récente extinction de masse associée avec l'explosion d'agents pathogènes, est liée au réchauffement climatique. " (NdT : Cet article totalement abusif a été sévèrement critiqué depuis lors).
Bien entendu, les choses étaient beaucoup plus complexes, comme vous avez pu le lire dans mon article de 2008 intitulé "La disparition des grenouilles, le Climat, et les titres des journaux".

Revkin poursuit et explique :

"Alors, quel est le problème avec cette nouvelle étude sur les mauvaises tempêtes et le réchauffement ?

Cet article s'ouvre sur une affirmation préliminaire extraordinaire qui est reprise dans les communiqués de presse disséminés par le journal (Ndt : Nature). Ici, Revkin re-cite le résumé :

" Ici nous montrons que l'augmentation humaine des gaz à effet de serre a contribué à l'intensification observée des fortes précipitations..."

Juste au cas où il resterait quelques doutes dans la communauté scientifique, car ceci est l'élément nouveau de cet article qui serait, sans cela, honorable mais anodin.

A la fin de la conclusion de l'article complet, en chapeau à un paragraphe sur un point faible de l'analyse - que la tendance observée dans les précipitations extrêmes excède celle qui résulte des différents modèles climatiques - survient une phrase sur les incertitudes :

"Cependant, il existe des incertitudes liées aux limitations observationnelles, au forçage manquant ou incertain et aux performances des modèles".

Il n'y a aucune indication que ces incertitudes (qui sont référencées par 9 citations d'articles) s'appliquent à la conclusion générale. Les auteurs ont-ils insisté sur les incertitudes lors de leurs discussions avec les journalistes ? Cela ne semble certainement pas être le cas.
Les journalistes auraient-ils dû chercher à creuser davantage lorsqu'ils se sont trouvés en face d'affirmations aussi définitives ?
A mon avis, oui. "

En fin d'article, Andrew Revkin, s'inquiète de la dérive actuelle qui pousse les chercheurs et les revues comme Nature ou Science (Que Roy Spencer appelle les "revues grises" pour la même raison) à écrire des articles "qui crèvent l'écran"; tout en rejetant en fin d'articles la mention (discrète) des inévitables incertitudes que la "Science Climatique" semble avoir oubliées depuis longtemps. Voici ce qu'il ajoute dans la suite de son article :

"Tel que je le vois, en tant que reporter, les auteurs et le journal (NdT : Nature) essayent de jouer sur les deux tableaux - en incluant des affirmations péremptoires dans des résumés qui attirent l'attention de la presse et du grand public, puis qui disent que, non, ceci n'est pas définitif... S'il vous plait, allez voir les incertitudes dans la dernière ligne (même si cette dernière ligne n'est pas rhétoriquement liée aux affirmations péremptoires).

Ceci me rappelle, hélas, les questions que j'ai soulevées au sujet de la manière dont le résumé pour les décideurs du GIEC (NdT : SPM Summary for Policymakers) incluait des affirmations péremptoires, en formes de titres, tandis que les auteurs pointaient, après coup, vers les incertitudes enfouies, plus loin, dans le texte.

Existe-t-il, tout simplement, une norme différente pour la littérature scientifique qui permet qu'un résumé rédigé comme celui-ci (Ndt : Le résumé très affirmatif de l'article de Nature) soit considéré comme résumant les résultats avec exactitude ?

En matière de journalisme, il est impossible de jouer sur les deux tableaux, si vous voulez garder votre crédibilité. Si l'introduction d'un article de journal ne reflète pas ce qui est écrit plus bas, vous pouvez, à juste titre, vous faire démolir pour exagération.

(NdT : Puisse-t-il être entendu ! Belle leçon de déontologie pour les nombreux titulaires du bonnet d'âne et, également, pour beaucoup de scientifiques, notamment ceux qui sont volontiers médiatisés.)

Caractères engraissés par PU.

Dans la suite de son article, Andrew Revkin raconte son entretien avec Gabriele C. Hegerl (l'un des auteurs anglais de l'article en question) au sujet des excès mentionnés ci-dessus.. Ce dernier rejette, entre autres, la responsabilité sur le journal Nature qui impose, par exemple, que l'on commence son article par "Here, we show"; "Ici, nous montrons que", ce qui pousse évidemment les chercheurs à la faute.
Je conseille aux anglophones de lire cette section avec attention. Elle est est très éclairante sur le comportement des revues grises comme Nature, sur les chercheurs, les incertitudes, les médias etc
Ce qui est amusant, c'est que Hegerl illustre son propos en renvoyant Revkin à un cartoon de Jorge Cham que j'avais cité et expliqué dans la page "méthode scientifique" à laquelle je vous renvoie pour ne pas allonger ce billet.

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Conclusion : Le bonnet d'âne est décerné aux journalistes francophones et anglophones des médias cités en tête de ce billet qui ont désinformé le public au sujet du contenu et de la signification réelle de l'article de Nature, qui, selon eux, prouve de manière définitive le lien entre l'activité humaine et l'aggravation de l'activité pluviométrique. La plupart de ces journalistes sont des récidivistes qui bénéficieront de la peine plancher (c'est à dire qu'il obtiennent le bonnet avec les palmes).

Le journal Nature se voit décerner son premier bonnet d'âne.
maddox

Je le regrette. D''autant plus que le très remarquable précédent éditeur en chef; feu Sir John Maddox (ci-contre), avait redressé et porté très haut le flambeau de cette vénérable revue scientifique.
Dans sa nécrologie,du journal The Times
, on peut lire ceci : " Lorsqu'une vague de pessimisme environnemental balaya le monde de l'Ouest dans les années 1970, il était l'un des rares à résister. Il écrivit un livre intitulé ' The Doomsday Syndrome (1972)" (Le syndrome de la fin du monde) qui dénonçait le fait que l'alarmisme était très exagéré."
John Maddox doit se retourner dans sa tombe s'il voit ce qu'ils ont fait de sa très chère revue.

A défaut d'une formation minimale en matière de recherche scientifique, j'invite tous les heureux récipiendaires du bonnet d'âne, à lire et à relire, avec la plus grande attention, le billet de leur collègue,
Andrew Revkin, ex-journaliste scientifique au New York Times, cité ci-dessus.
Ils comprendront peut être et enfin, ce qu'impose, en réalité, la fonction de journaliste.
J'ai bien peur d'avoir perdu mes illusions à ce sujet...

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Note : Le journal Nature a également publié, dans le même numéro, un second article (résumé et références ici) entièrement basé sur les modèles numériques pour "expliquer" les inondations qu'a subi l'angleterre en 2000. Les performances des modèles climatiques à l'échelle locale ont été analysées en profondeur par plusieurs équipes dont celle du Professeur Koutsoyannis (il existe un article plus récent, publié en 2010, qui fait les mêmes constatations que celui de 2008, sur un plus grand nombre d'exemples) qui concluent que les prévisions des modèles sont totalement déficientes. Je n'ai pas jugé utile d'alourdir ce billet en répétant un certain nombre de constats tels qu'exposés ci-dessus.

 

4 février 2011 : 2010 année record de température "depuis toujours"... ont dit certains.
Ou une fois encore, de l'art de la sélection des données et de la présentation au public.

Que n'avons-nous pas lu dans les journaux, vu à la télévision ou entendu à la radio, au mois de Janvier, au sujet de l'année 2010 qui aurait été selon certains, emportés par leur enthousiasme ou par leurs convictions, "la-plus-chaude-de-tous-les-temps" ?
Voici quelques exemples, parmi beaucoup d'autres, de ces déclarations aussi péremptoires que peu fondées, mais propres à faire "les gros titres" et à appâter le chaland (gogo ?), relevés par plusieurs lecteurs que je remercie.

Maxisciences : "2010, année la plus chaude : un record absolu confirmé". Reprenant le début d'une déclaration de Mr Michel Jarraud, grand responsable de l'OMM (L'Organisation Météorologique Mondiale qui a fondé le GIEC), Maxisciences "oublie" la suite de la déclaration de ce dernier qui précisait qu'en réalité, et selon les bases qu'il a sélectionnées (voir ci-dessous), cette année 2010 est identique (à 0,01°C près !) aux années 1998 (Il y a donc douze ans) et 2005. Ce qui, soit dit en passant, n'indique pas précisément une tendance au réchauffement puisque 2010 est identique à 1998... surtout avec une augmentation du taux de CO2 de 5% pendant la même période, comme aimerait nous en convaincre Maxisciences et M. Jarraud de l'ONU. En réalité, il s'agit d'une stagnation des températures comme je vous le montrerai ci-dessous, avec quelques détails. Et, de fait, ce plateau de 12 années est très dérangeant pour les modèles du réchauffement climatique résultant des gaz à effets de serre. Même si une hirondelle ne fait pas printemps, elle n'annonce certainement pas l'hiver...

D'autre part, il ne s'agit pas d'un "
record absolu confirmé". D'autres institutions officielles (l'office Anglais, le HadCRUT, par exemple) ne placent 2010 qu'en seconde position derrière 1998, comme je vous le montrerai ci-dessous.

Le Nouvel Obs ne fait pas dans la dentelle et ne craint pas le ridicule en titrant en très gros caractères :"2010, année la plus chaude de l'histoire : C'est ce que confirme l'Organisation météorologique mondiale, qui y voit une tendance "significative" au réchauffement à long terme."
Evidemment non. Même Michel Jarraud n'est pas allé jusqu'à prétendre que 2010 est l'année la plus chaude de l'histoire. Il ne parle que de la période écoulée depuis que les relevés existent (vers 1880 et encore, s'agissant du globe...). M. Jarraud doit connaître l'existence des autres périodes chaudes de l'holocène, si on se contente de remonter jusque-là, et on est très loin d'avoir une idée des températures "globales" de la planète au cours de l'histoire à partir de quelques indicateurs fossiles prélevés ici ou là. D'autre part, on se demande bien ce que signifient les guillemets qui encadrent "significatives".
2010a

Pour sa part, le Journal "La Croix" n'a pas failli à sa mission : Voici le placard (ci-contre) que l'on trouve dans son édition du 21 Janvier.
Honnêteté oblige : Après avoir affirmé que "les données 2010 confirment le réchauffement", ce qui n'est pas le cas puisqu'il s'agit au contraire d'une stagnation de température, malgré une hausse du taux de CO2, La Croix précise que 2010 est la plus chaude avec 2005 et 1998. Ce qui est déjà plus proche de la réalité.

L'agence Reuters relayée par Yahoo : "2010 a été la deuxième année la plus chaude après 1998 dans les annales météorologiques, dont la création remonte à 1850, a déclaré mercredi Phil Jones, directeur d'un centre britannique de recherche sur le réchauffement climatique. "
Reuters nous refait le coup du bonneteau, en oubliant de parler de la tendance et de préciser que s'il faisait plus chaud, il y a douze ans, cela ne constitue guère une preuve du réchauffement climatique, comme ont dû le penser beaucoup de lecteurs avertis.

Le Monde, (titulaire du bonnet d'âne du mois de Janvier, avec quelques autres, pour avoir relayé, sans hésitation, une dépêche de l'AFP délirante, retirée peu après : "L'année 2010 a été la plus chaude sur le globe, ex aequo avec 2005".
On ne se refait pas. Une seule base de donnée fait les beaux jours de ce journal qui ignore toutes les autres.

Le Figaro (également titulaire du bonnet d'âne du mois de Janvier, avec quelques autres, toujours pour avoir relayé une dépêche de l'AFP délirante, retirée peu après, reprenant une dépêche de l'AFP (ils devraient se méfier) titre sobrement :"Climat: 2010, année la plus chaude" tout en reconnaissant qu'elle est seulement "légèrement supérieure aux années 2005 et 1998". Ce n'est pas le cas. Nous verrons cela.

Libération (autre titulaire du bonnet d'âne du mois de Janvier) avait déjà claironné, dès le mois de Mai que l'année 2010 était sur la voie du record absolu "depuis 130 ans", puis de nouveau en septembre, puis, encore, en Novembre, toujours en se basant sur les mesures d'un seul et unique organisme : le GISS de James Hansen sans jamais évoquer ne serait-ce que l'existence des quatre autres organismes officiels qui sont beaucoup moins affirmatifs ou qui donnent des résultats différents comme nous le verrons. Cela s'appelle du "cherry picking" systématique, de la sélection des données. On verra, avec amusement, s'ils seront tentés de poursuivre cette série d'épisodes alarmistes au cours de l'année 2011.

Puis
El watan, Nice-Matin, La Tribune, etc. Et une kyrielle d'autres journaux francophones qui reprennent les dépêches de l'AFP ou de Reuters et les affirmations du responsable de l'OMM. Sans oublier la quasi-totalité de la presse régionale.

Et je ne prends pas la peine de relever ce qu'ils ont raconté à la télévision : verba volant !

Par contre -et certains s'en sont plaint- la presse anglophone qui doit regarder les choses de plus près
, s'est assez globalement abstenue d'en faire trop sur ce sujet et si elle a reproduit la déclaration du WMO (l'OMM en anglais), elle l'a souvent accompagnée de diverses explications relatives au El Niño 2009-2010, et, parfois même en citant les autres organismes qui fournissent des données, délibérément "oubliés"par les journaux francophones (s'ils sont au courant)...

En aparté, il est toujours intéressant de lire les commentaires des lecteurs abonnés à ces journaux, suite à ces déclarations catastrophistes. On y constate que le public est, en général, beaucoup moins crédule et souvent mieux informé que les éditorialistes.
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Comme vous le savez, à Pensee-unique.fr (hélas sans accent pour complaire au web anglophone), devant une telle avalanche de déclarations tronquées, exagérées, proférées sans explication ni replacées dans leur contexte, nous aimons bien vérifier, par nous-mêmes, les affirmations que l'on lit, entend et voit dans les médias. Une longue expérience nous a rendus prudents comme on peut le voir dans la suite de cette même page...

De plus, cette longue liste de déclarations péremptoires va nous donner l'occasion de voir d'un peu plus près de quoi il s'agit exactement quand on parle de la "température du Globe". Le moins que l'on puisse en dire, c'est qu'il s'agit là d'un sujet particulièrement polémique qui a certainement fait couler beaucoup d'encre et de méga(giga)octets. En réalité, mesurer la température moyenne du Globe avec la précision requise, est une tâche titanesque, sinon impossible, comme nous allons le voir.

Pour ma part, je me contenterai d'utiliser les données officielles fournies par les organismes patentés tout en vous montrant qu'il est relativement aisé de faire dire à peu près ce que l'on veut aux résultats des mesures de température, surtout quand on oublie de préciser les incertitudes, comme cela se pratique le plus souvent.

D'autre part, il faut savoir que les mesures de température sont, de manière générale, parmi les plus délicates qui soient et qu'elles sont sujettes à de nombreux ajustements plus ou moins justifiés. En bref, si chacun peut étalonner et lire les indications d'un thermomètre, il lui est beaucoup moins aisé de savoir exactement ce qu'il mesure.
Souvenez-vous de ce que nous disait Pierre Morel (entre autres éminentes fonctions sur les affaires de climat, le fondateur du Laboratoire de Météorologie Dynamique et ancien secrétaire général du programme mondial de recherche sur le climat) lors d'une récente conférence :
morel1

Morel expliquait que même aux Etats-Unis où la méthodologie est très contrôlée, la mesure des températures se heurte à de nombreuses difficultés : changement d'appareil, sauts instantanés ..."ça peut être un degré ou un degré et demi en plus ou en moins... Il faut corriger ça. On moyenne. Il y a aussi des biais systématiques. On corrige...
On voit un réchauffement progressif qui se monte à 0,6°C en un siècle, mais sur ce 0,6°C en un siècle, il y en a 0,4 qui sont des corrections ".


Nous en verrons un ou deux exemples, ci-dessous. Il en existe des kyrielles, scrutés à la loupe (quand les traitements infligés aux températures sont rendus publics et sont trop évidents) par les climato-sceptiques qui font finalement office de "vigilants" dans cette sombre affaire de température du Globe, comme dans d'autres.

Venant d'un homme particulièrement averti comme Pierre Morel, voilà qui devrait refroidir les enthousiasmes de certaines déclarations telles que celles que nous avons citées ci-dessus. Quand on connaît la réalité, somme toute défaillante et plutôt rustique, des techniques de mesure de la température moyenne du globe, on s'abstient de ce genre d'affirmation. Et, mieux encore, on l'explique à ses lecteurs, ne serait-ce qu'en quelques lignes.

Tout d'abord, donnons quelques mots sur les définitions, les méthodes et les diverses institutions qui mesurent ce qu'ils appellent "la température globale" mais qui n'est en fait que l'anomalie de température du globe c'est à dire l'écart par rapport à une température moyenne de référence antérieure qui, d'ailleurs, dépend des institutions :

Quelques rappels :

A - Mesures thermométriques : Contrairement à une croyance très répandue et pour obtenir ce que l'on appelle la "température du globe", on ne mesure jamais la température de la Terre elle-même, c'est à dire la température du sol de la planète. Ceci serait rigoureusement impossible car les inhomogénéités y sont tellement importantes qu'il faudrait disposer d'une quantité astronomique de thermomètres pour pouvoir le faire. Pour le réaliser, il suffit d'imaginer la situation d'un petit caillou noir placé sur une plage de sable blanc. Il n'est pas douteux que, par temps ensoleillé, la température de l'objet noir sera nettement plus élevée que celle du sable blanc parce qu'il absorbera fortement les rayons solaires ce que le sable blanc ne fera pas.

Ainsi, et compte-tenu de la diversité infinie des objets dont est constituée la surface de notre planète, tout espoir est vain de ce côté.
Aussi et de manière à obtenir une mesure de la température significative, au moins, pour une certaine (?) étendue, on mesure la température de l'air à proximité du sol. C'est une manière commode pour "moyenner" ou "intégrer" les inhomogénétés de la surface du sol de la planète. Pour cela et par convention on dispos(e)ait d'un instrument à peu près normalisé et situé sur un trépied à 1,50 m du sol. Les thermomètres de différentes factures (à liquide ou électroniques) sont placés dans ce que l'on appelle des abris de Stevenson et qui seront (sont) peu à peu remplacées par des abris cylindriques à lamelles utilisant des thermomètres électroniques (voir le site de Météo-France) et des télémesures. cook1

En réalité, les objectifs poursuivis par les
abris de Stevenson ou par leurs versions modernisées, sont presque antagonistes. Il s'agit, bien entendu, de conserver les thermomètres à l'ombre et à l'abri des intempéries, sans les réchauffer ou refroidir pour autant, tout en ménageant une circulation d'air venant de l'extérieur. Ceci est obtenu, dans une certaine mesure, en utilisant un petit abri, dont l'extérieur est peint en blanc, et dont les parois sont équipées d'ouvertures munies de volets inclinés, comme on peut le voir sur le dessin humoristique ci-contre. Inutile de faire observer que l'efficacité de ces systèmes est toute relative. Ainsi, et entre autres, un air chargé d'humidité provoquera une baisse artificielle de la température notamment par temps de grand vent, ce qui, quelle que soient les précautions prises, affectera les mesures. De manière plus générale, et après des années de scrutation par des spécialistes de la question, et sans rentrer dans les détails techniques que l'on verra évoqués dans les deux articles donnés en lien ci-dessous, on peut conclure que la mesure de la température moyenne du globe est grandement affectée par :

  • Le mauvais entretien, le remplacement, le déplacement, voire la suppression des stations de mesure.
    Ces abris ainsi que leurs thermomètres doivent répondre à des critères très stricts aussi bien sur leur emplacement (éloignés des sources de chaleur, des constructions, du bitume etc.) que sur leur entretien. Les abris doivent être parfaitement entretenus et régulièrement repeints en blanc pour des raisons évidentes. Les thermomètres doivent être périodiquement ré-étalonnés. On imagine aisément ce qu'il doit en être de l'entretien (et de l'étalonnage régulier), dans de nombreux pays peu développés ou dans les zones d'accès difficile.
    Il faut savoir aussi que, dans les années 1980, la planète disposait de quelques 15000 stations réparties sur tous les continents et les océans (bouées thermométriques, thermomètres à bord de navires). Après de savants calculs et confronté avec les difficultés de la gestion d'un tel parc de stations de mesure, il a été "estimé" qu'environ 5000 stations devraient suffire à donner une image fiable de l'évolution de la température du globe. Il en résulte que de nombreuses et immenses surfaces de la planète ne sont plus couvertes (Afrique, zones arctiques etc.). Cette réduction drastique du nombre de capteurs se paye au prix d'extrapolations de données tout à fait étonnantes sur des distances allant jusqu'à 1200 km ! A noter qu'il existe 1221 stations USHCN (voir ci-dessous) aux Etats Unis, ce qui en fait, de très très loin, le pays le mieux instrumenté.

  • L'effet d'îlot Urbain (UHI: Urban Heat Island, en anglais) qui est aisément compréhensible:
    Pour éviter les perturbations liées à l'environnement urbain et pour des raisons de commodité, les abris de Stevenson et leur thermomètres étaient autrefois placés dans des zones situées autant que possible à l'écart des villes, mais quand même accessibles et dans des emplacements où l'activité humaine était minimale. Il s'agissait souvent de zones isolées sur des aéroports.
    Cependant au cours du temps, les villes se sont étendues, l'industrie s'est beaucoup développée, l'aménagement des sols a varié (remplacer une forêt par une zone cultivée n'est pas anodin). Sur les aéroports, le trafic aérien a énormément augmenté ce qui a conduit à un réchauffement localisé, des constructions y ont été aménagées et peu à peu, les thermomètres, autrefois isolés, se sont retrouvés dans des zones où l'activité humaine est loin d'être négligeable. Toutes ces perturbations qui ont progressivement affecté les mesures de températures, conduisent inévitablement à
    une surestimation de l'élévation de température "globale" depuis la première moitié du XXème siècle.
    Comme on peut s'en douter, les polémiques vont bon train sur ce sujet. Le
    GIEC affirme avoir montré que l'effet UHI était peu important, mais de nombreux articles scientifiques, revus par les pairs, montrent qu'il n'en est rien, au point que certains vont jusqu'à affirmer que la hausse des températures (+0,6 ou 0,7°C) enregistrée au 20ème siècle est, en bonne partie, due à l'UHI dont on n'aurait pas assez tenu compte...Tout cela fait l'objet de quantités de polémiques, comme on s'en doute.

C'est le NCDC (National Climatic Data Center) de la NOAA à Ashville qui demeure le gestionnaire et la source du GHCN (Global Historical Climate Network), autrement dit, de la collection complète des données brutes des relevés de température du Globe ainsi que du USHCN (US Historical Climate Network) propre aux Etats-Unis.

Le CRU (Climate Research Unit) du Hadley Center à l'Université d'East Anglia (Phil Jones) est responsable des données HadCRUT utilisées par le Met Office anglais. Ces données HadCRUT reposent en majeure partie sur les données thermométriques fournies par le NCDC-NOAA.

Les données thermométriques NCDC-NOAA sont également à la base des données de températures publiées par le GISS (Goddard Institute for Space Studies) de la NASA (James Hansen et Gavin Schmidt).

Comme vous le voyez, il n'existe qu'une seule base de données thermométriques utilisée par trois institutions dont deux sont américaines (la NOAA et le GISS) et la troisième, anglaise (Le Hadley Center). Pourtant, les résultats finaux de ces différents organismes diffèrent assez sensiblement comme nous le verrons ci-dessous.

Ceux qui voudraient se plonger dans les obscures arcanes des mesures de température pourront trouver des analyses détaillées dans (au moins) deux articles. L'un est de R. Pielke Sr, l'autre (récent et assez détaillé) est l'oeuvre des météorologues Joseph d'Aleo et Anthony Watts. Ce dernier s'est fait connaître en procédant à l'examen, aussi systématique que possible, de l'état des dispositifs de mesure de température situés aux USA et utilisés par les grands organismes qui utilisent les données thermométriques. Les résultats de cette investigation sont confondants. Les stations de mesures des USA sont très loin de répondre aux exigences indispensables. C'est le moins que l'on puisse dire. Et que penser des autres ?
On imagine aisément ce qu'il doit en être de l'entretien et du recalibrage des stations qui se trouvent dans certains "pays en développement" ou dans les zones d'accès difficile.

B - Mesures satellitaires : Elles consistent à mesurer, au moyen de capteurs installés à bord de divers satellites, l'irradiance infra-rouge des composantes de la basse troposphère telles que l'oxygène moléculaire et ceci jusqu'à une altitude de 5km environ ( Description assez détaillée des mesures RSS). Ces mesures impliquent également une mesure moyennée de la température de la surface terrestre. Ces mesures sont appelées TLT (Temperature Lower Troposphere) ou (et) AMSU (Microwave sounding unit, autrefois MSU, le A signifiant améliorées). Il va de soi que ces mesures sont réellement globales, ne sont pas affectées par les effets "d'îlots urbains" et ne nécessitent pas d'extrapolations pour les zones non couvertes. Autant dire aussi que les problèmes liés aux mesures des températures océaniques sont résolus. Par contre, il existe des problèmes spécifiques à ce genre de mesures (notamment le changement de satellites ou leur dérive orbitale) qui ont mobilisé l'attention des spécialistes, depuis 1978.
Vous trouverez dans cette page rédigée par Roy Spencer de l'UAH ou également ici, quelques explications sur les techniques de mesure utilisées par les satellites.
Bien que très élaborées, ces techniques ont cependant fait l'objet de critiques dans les années 2005. De fait les mesures satellitaires étaient perturbées par le "drift" (la dérive, c'est à dire la variation orbitale des satellites). Les corrections ( très minimes) indispensables ont été apportées et les satellites actuels qui disposent de l'énergie nécessaire, ne "chutent" pas (Satellites Aqua). On peut considérer maintenant que ces mesures sont particulièrement fiables même si elles ne sont, en pratique, jamais utilisées dans les rapports du GIEC, ce qui est étonnant.

Deux organismes gèrent les mesures de température effectuées à l'aide de plusieurs satellites de la NASA émettant sur une série de canaux.

UAH : Université de l'Alabama Huntsville. Roy Spencer est le responsable du projet de mesure des températures par satellites. A noter que les instruments de mesure placés à bord des satellites sont constamment réétalonnés "on board", à partir d'étalons placés sur les satellites. Spencer et son collègue Braswell gèrent un site remarquabe (Java requis) qui permet de suivre les données de la température globale (Aqua ch5 V2), presqu'au jour le jour.

RSS est une compagnie Californienne qui utilise aussi les différents capteurs à bord des satellites de la NASA-NOAA. Comme nous le verrons ci-dessous, les mesures satellitaires diffèrent très peu les unes des autres.
En réalité, les petites différences observées proviennent des corrections et des algorithmes utilisées par l'une et l'autre source qui ne travaillent pas ensemble et qui sont plutôt en concurrence.

C - Température moyenne du globe ?

Le concept même de température globale (c'est à dire du globe) est contestable comme l'a montré, entre autres, un article publié au Journal of Non-Equilibirum Thermodynamics (Vol 32-1) (Preprint disponible).
La température est une grandeur définie en thermodynamique. En réalité, la température est une mesure de l'agitation thermique à l'échelle moléculaire ou atomique. Comme il est matériellement impossible d'observer directement et de mesurer l'agitation thermique moléculaire (ou autre), on utilise un proxy (un indicateur). En l'occurence, les proxys utilisés sont les thermomètres. Il en existe de différents types mais tous, sans exception, dérivent dans le temps et exigent une re-calibration régulière, surtout si on veut pouvoir mesurer la température à mieux que le dixième de degré. De fait, ce sont des instruments d'utilisation délicate si on désire travailler avec précision.
D'autre part, la température est une
variable intensive (c'est à dire qui ne dépend pas de la taille du système, comme la vitesse, l'accélération, la pression etc.). Ainsi, s'il est toujours possible d'effectuer des statistiques sur des moyennes de température comme sur tout autre jeu de variables, les températures moyennes n'ont aucun sens en matière de thermodynamique. En d'autres termes, la température moyenne globale relève de la statistique mais pas de la physique. En particulier, il est imprudent (illégal) de l'utiliser dans les formules de la thermodynamique comme les lois du corps noir (Stefan, Wien, Planck).
Même si, de prime abord, ceci peut paraître étonnant à ceux qui ne sont pas familiers avec la notion de variable intensive/extensive, j'en ai donné un exemple révélateur, parmi d'autres, dans cette page dans laquelle je rappelle que plusieurs auteurs ont montré que l"irradiance moyenne" de la planète obtenue à partir de la "température moyenne" n'a pas de sens thermodynamique et n'est, en aucun cas, égale à la véritable irradiance moyenne obtenue en faisant la moyenne des irradiances mesurées en chaque point.Ce qui explique d'ailleurs le fait que les climatologues avertis parlent (maintenant) d'une "température radiative effective", et non pas de "température moyenne", pour les calculs thermodynamiques (comme la loi de Stefan).
Pour prendre l'exemple d'une autre variable intensive - la vitesse -, on constate aisément que l'énergie cinétique moyenne de deux véhicules, calculée à partir de la moyenne de leurs vitesses, n'est pas égale (elle est inférieure) à la moyenne vraie de leur énergies cinétiques. Ceci résulte de l'inégalité de Jensen (ou de Hölder). De fait, ce qui est réellement significatif lorsque l'on désire calculer des sommes ou des moyennes de quantités impliquant les températures, ce sont les quantités (comme les flux ou les irradiances) qui résultent d'un produit ou d'une puissance de la variable intensive (la température) par des variables extensives. Ces produits (ou puissances) donnent ainsi des variables extensives avec lesquelles il est loisible de calculer des moyennes ou autres combinaisons. C'est ainsi que
R. Pielke Sr. suggère d'utiliser les irradiances moyennes (correctement calculées) plutôt que les températures moyennes, pour caractériser le déséquilibre énergétique de la planète. ( "Unresolved issues with the assessment of multi-decadal global land surface temperature trends". J. Geophys. Res., 112, D24S08, doi:10.1029/2006JD008229).

2010m

La température moyenne du globe est obtenue en mesurant, en de multiples situations géographiques plus ou moins (plutôt moins que plus comme on le voit sur les images ci-contre) également réparties sur la planète, les températures maximales et minimales quotidiennes à l'aide de thermomètres adaptés. La demi somme de ces deux températures donne la température moyenne locale. Cette température moyenne locale est censée représenter la température moyenne qui règne sur une "certaine" surface. Le jeu consiste alors à obtenir un nombre suffisant de mesures pour que la somme des surfaces ainsi définies, couvre la surface de la planète. Inutile d'ajouter que ce type d'extrapolations, d'ajustements et autres manipulations, est extrêmement flexible et évidemment sujet à de nombreuses contestations. Comme nous le verrons ci-dessous et pour ce qui concerne les mesures instrumentales thermométriques, le fait que nous ne disposions que d'une seule base de données brutes et, surtout, le fait que les institutions qui les utilisent soient, en réalité, fortement conniventes, ne favorise guère le contrôle réciproque que l'on pourrait espérer.
En bref, cette affaire de mesure des températures de l'air proche de la surface est une des plus polémiques qui soient et les incertitudes (± 0,05°C au mieux) annoncées sur les mesures de la température moyenne d'un objet aussi vaste et hétérogène que le globe, laissent rêveur.

Les images ci-contre montrent la situation des stations de mesure dans le monde et son évolution au cours des dernières décennies. Comme on peut le constater, le nombre des stations de mesure a considérablement décru dans les années 1990, (le nombre a été divisé par 3), ce qui a créé de gros problèmes "d'ajustements".
Il reste actuellement de grandes zones non couvertes (Amérique du Sud, Sibérie, Groenland (seules les côtes en disposent), l'Afrique centrale, le Canada, Arctique) pour lesquelles des "extrapolations" sur des distances considérables (1200km !), s'avèrent aussi indispensables que sujettes à caution. A en juger par ces cartes, les stations de mesure des températures océaniques sont déficientes mais il existe d'autres méthodes, notamment par satellites. A noter que les USA disposent d'une couverture exceptionnelle, au moins du point de vue du nombre de stations..

Les opérations évoquées précédemment sont effectuées pour les deux hémisphères Sud et Nord, pris séparément. La température moyenne du globe est alors, tout simplement, la moyenne des températures des deux hémisphères. Là aussi, il s'agit de statistique mais pas de physique. Dans la réalité, les deux hémisphères présentent des différences physiques, géographiques et climatiques fondamentales. Pourtant, ils subissent des traitements identiques du point de vue du calcul de la température moyenne du Globe.

D- Quelle est la marge d'incertitude qui affecte la "température moyenne du Globe" ?
Compte tenu des multiples opérations, corrections, estimations, approximations, extrapolations, sans compter les "résultats non parvenus", les stations en panne, mal entretenues, mal relevées ou abandonnées etc... qui sont nécessairement appliquées aux mesures brutes (raw) de température dont les résultats sont moyennés pour obtenir une "température moyenne du Globe", et si on a un tant soit peu pratiqué l'expérimentation, on se dit que les incertitudes qui doivent (encadrer) affecter les résultats obtenus, doivent être considérables. Quels que soient les traitements statistiques utilisés, il est clair que les erreurs, systématiques ou non, sont de nature si diverses que le résultat doit souffrir d'une grande imprécision. Il est cependant évident que s'agissant d'obtenir une "anomalie de température", les conditions à réaliser pour obtenir une précision acceptable sont moins problématiques que s'il s'agissait de mesurer la valeur absolue de la température, si la fidélité des instruments est excellente, et si rien ne change, bien entendu. Ce qui est très loin d'être le cas pour les mesures thermométriques.
Quoiqu'il en soit, je n'ai personnellement encore jamais encore vu de calcul d'erreur rigoureux appliqué à ce genre de mesures. On peut supposer qu'il en existe qui justifient les marges d'erreurs étonnament réduites indiquées ci-dessous.
Même s'ils ne semblent pas avoir convaincu Pierre Morel (et moi-même).

Il est donc assez surprenant de constater que les organismes qui utilisent essentiellement les données thermométriques affichent leurs résultats avec des marges d'erreurs extrêmement faibles comme on le voit sur les deux graphiques suivants :

2011h

 

Graphe affiché sur le site du MetOffice qui utilise les données dites HadCRUT3 du Hadley Center et du Climate Research Unit (Le CRU du fameux Climategate).

Courbe complète, mois par mois et sans lissage (le lissage affecte considérablement les extrémités des courbes).

Comme on peut le constater, et comme l'affirment ces institutions, les incertitudes estimées par le Hadley Center-Met Office, sont de l'ordre de ±0,05°C. A noter que les incertitudes sur la température moyenne du Globe en 1850, ne sont que de l'ordre de ± 0,2 °C, ce qui constitue encore une remarquable (et étonnante) performance.


Les données de la NOAA-NCDC (voir les différents organismes ci-dessous)

2010k

(Courbe lissée, à jour fin décembre 2010). On y voit, correctement représentées (ce qui est rare dans ce genre de graphique), les marges d'erreurs qui sont de ± 0,06 °C pour la période récente.
Ces incertitudes étaient de ± 0,2°C dans les années 1900.

 

 

 

 

 

Pour leur part, les données satellitaires effectuées par l'UAH et par le RSS seraient affectées des mêmes incertitudes (±0,05°C), ce qui est également tout à fait remarquable.

  • Voici la liste des institutions et les références des bases de données utilisées dans la suite de ce billet :
HADCRUT3 Température Globale (UK)
Organisme : Climatic Research Unit, UEA; Met Office Hadley Centre
Source des données.
GISTEMP (GISS) Température Globale (USA)
Organisme : NASA Goddard Institute for Space Studies
Source des données.

NOAA-NCDC (NOAA) (USA)
Organismes : National Oceanic and Atmospheric Administration et National Climatic Data Center
Source de données.

UAH NSSTC Température de la basse troposhère
Organisme : UAH National Space Science and Technology Center
Source des données.
RSS Lower troposphere temperature
Organisme : Remote Sensing Systems
Source des donnés.

A noter que les températures moyennes de référence à partir desquelles sont mesurées les "anomalies de température", diffèrent selon les institutions. Voici la liste des périodes dont les moyennes ont été prises comme origine par le HadCRUT, le GISS, le NCDC-NOAA, l'UAH et le RSS. Les satellites servant aux mesures de températures n'ont été opérationnels qu'à partir de 1979. A noter également que les données anglaises, issues des données du Hadley Center (elles mêmes provenant en grande partie du NCDC-NOAA ) sont utilisées de trois manières différentes, selon les utilisateurs (par exemple Met Office) comme le mentionne David Whitehouse dans un article tout récent (de ce jour !). Pour ma part, et pour simplifier, je n'ai utilisé que les données dites HadCRUT3V (variance adjusted), soit le CRU HadCRUT dans la terminologie de Whitehouse, ce qui ne change pas les commentaires et les résultats.

Source Période origine
HADCRUT3 Jan 1961 - Déc 1990 (30 ans)
GISTEMP Jan 1951 - Déc 1980 (30 ans)
NOAA-NCDC Jan 1901 - Déc 2000 (100 ans)
UAH Jan 1979 - Déc 1998 (20 ans)
RSS Jan 1979 - Déc 1998 (20 ans)


Ces origines différentes pour calculer les anomalies de températures ne sont évidemment pas sans conséquence sur les affichages. En réalité la période utilisée par le GISS était d'environ 0,24°C plus froide que celle qui a été utilisée par les mesures satellitaires (UAH et RSS). Celle utilisée par le HadCRUT était plus froide de 0,15°C, toujours par rapport à celle des mesures satellitaires. Il ne s'agit que d'une translation verticale qui ne change évidemment pas les tendances. Il convient néanmoins d'utiliser ces facteurs correctifs quand on veut comparer les données instrumentales entre elles, ou encore, les données instrumentales avec les mesures satellitaires. Ceci sera clairement indiqué dans les graphiques affichés ci-dessous.

Les graphiques présentés dans la suite de cette page ont été obtenus à partir des bases de données officielles dont les liens sont indiqués ci-dessous. Il s'agit de documents en format texte qu'il est aisé de placer dans un tableur comme Excel. Pour ma part, j'ai utilisé le logiciel scientifique "Origin" qui a le grand mérite d'être très flexible et qui est très souvent utilisé pour la présentation de documents scientifiques professionnels.

A noter qu'à partir de cette année, Roy Spencer qui gère les données satellite UAH a décidé d'utiliser la période de base allant de Janvier 1980 à Décembre 2010 (30 ans) de manière à se conformer à la convention (base de 30 ans) adoptée par les autres institutions. Dans la suite, j'ai utilisé les données UAH relatives à l'ancienne base, ce qui ne change d'ailleurs strictement rien aux commentaires et aux conclusions.

  • Comparaison des mesures des anomalies de température globale fournies par les différentes institutions

Toutes les données présentées dans les graphes ci-dessous sont actualisées avec les valeurs de décembre 2010. Les graphes suivants concernent donc les 14 dernières années, couvrant la période [Janvier 1997 à Décembre 2010] (bornes incluses)

Voici, tirées des bases de données cités ci-dessus, les graphes des anomalies de températures (non corrigées pour tenir compte des différentes dates de référence) des trois organismes qui utilisent essentiellement les données fournies par le NCDC américain. Comme vous pouvez le constater les anomalies de température de la NOAA-NCDC sont très peu différentes de celles du GISS de la NASA gérées par Gavin Schmidt et James Hansen. Ces organismes (NOAA, NCDC et NASA) travaillent en étroite collaboration tout comme d'ailleurs le Hadley Center (et le CRU) Anglais comme on a pu le voir dans les courriels du Climategate. Il est donc faux de prétendre que les organismes utilisent des bases de données différentes, comme cela a été affirmé.

On observe, dès maintenant, que la pente des données (c'est à dire la montée de la température) du HadCRUT (décalées vers le bas pour une meilleure lisibilité) est inférieure à celle de ses deux collègues américains.

De fait, si pour leur plus grande part, les données brutes sont les mêmes pour les trois organismes, les traitements sont différents.

Cependant, le Hadley Center (CRU) utilise, en partie, les données satellitaires et les données SST (sea surface temperature). Les "extrapolations" ne sont pas nécessairement identiques à celles de leurs collègues américains.

2010l


Voici un graphique qui compare l'évolution moyenne
(supposée linéaire et ajustée avec une méthode des moindres carrés) de la température durant les 14 dernières années pour deux organismes qui utilisent, en grande partie, la même base de données (celles du NCDC).

Comme on peut le constater, alors que le HadCRUT (UK) n'indique qu'une variation presque imperceptible des températures (statistiquement non significative) de 1997 à 2010, le GISS (NASA), lui, trouve que les températures ont continué à augmenter.

2010b

Comme on peut le voir sur le graphique ci-contre, les deux organismes (UAH et RSS) qui utilisent tous deux les données des différents satellites de la NASA mais avec des traitements différents, donnent des résultats très proches l'un de l'autre.

Le écarts observés entre les données des deux organismes sont, au pire, de l'ordre de 0,1°C, ce qui est proche de l'incertitude estimée de ces mesures de la "température du globe". Une telle précision serait remarquable mais serait sans doute optimiste, compte tenu de l'inhomogénéité thermique de la basse troposphère et de la planète.

Notez la présence très visible des deux pics de températures observés en temps d'El Niño fort, en 1998 et en 2009-2010 et du La NIña de 2008 (Voir ci-dessous pour les décalages temporels entre les événements ENSO et la température globale).
A noter que les événements ENSO (El Niño-La Niña) sont nettement plus perceptibles sur les données satellitaires qui possèdent certainement une meilleure couverture des océans.

2010c

Voici maintenant une comparaison suggestive des données satellitaires (UAH) et instrumentales (HadCRUT).

Correction étant faite pour la référence de base des anomalies (le -0,15°C appliqué aux mesures HadCRUT), on observe que les deux graphes sont raisonnablement compatibles sauf en période d'El Niño fort (1998-2010) et de La Niña fort (2009, 2008).
Comme je l'ai fait remarquer ci-dessus les mesures satellitaires sont systématiquement plus sensibles aux événements ENSO. Dans les cas extrêmes, les écarts entre ces deux types de mesures peuvent atteindre 0,3°C.

Cependant, comme on peut le voir, les mesures du HadCRUT rendent également nettement compte de ces oscillations ENSO mais dans une moindre mesure que les mesures satellites.

On constate que les tendances de l'évolution des températures fournies par le HadCRUT (thermomètres), l'UAH et le RSS (satellitaires) sont compatibles entre elles mais incompatibles avec celles du GISS de la NASA.

2010d
  • Jeux de mains, jeux de vilains : Quelques bizarreries et des astuces de présentation...


Pour donner un petit aperçu des curieuses manipulations (rétroactives)
auxquelles sont soumises les bases de données thermométriques (mais, en général, pas celles de mesures satellitaires quoique le RSS vient de me faire mentir...), voici un exemple tout récent du traitement subi par la base de données HadCRUT de l'année 2010.

La courbe grise représente la variation de la température globale obtenue à partir de la base de données du HadCRUT telles qu'elles figuraient sur le site indiqué, mois après mois depuis Janvier jusqu'en Novembre dernier.

Lorsque les données du mois de Décembre ont été introduites (vers le 20 janvier), nous avons observé une correction rétroactive qui remonte jusqu'au mois de janvier 2010. La correction la plus étonnante concerne la température du mois de Novembre. Celle-ci a été brusquement remontée de 0,17°C ce qui est très important à l'échelle de ces variations et également, bien supérieur aux incertitudes affichées.
Ces traitements rétroactifs sont très fréquents dans la base de données du GISS, plus rares dans la base HadCRUT. Sans faire de procès d'intention, on peut seulement s'étonner, comme l'a dit Richard Lindzen, que ces corrections aillent toujours dans le sens du réchauffement. Jamais dans celui du refroidissement. Logiquement, les erreurs devraient se répartir symétriquement dans les deux sens.
A noter que sans ce réchauffement rétroactif du mois de Novembre, 2010 aurait été classée au troisième ou quatrième rang au lieu de deuxième (derrière 1998) par le HadCRUT. C'était peut-être difficilement supportable par rapport aux "collègues" et aux médias.

2010g


Voici un exemple assez typique des bizarreries que l'on rencontre quand on examine soigneusement les bases de données qui servent de bases aux rapports du GIEC et aux affirmations alarmistes claironnées dans les médias :

Le graphe ci-contre compare les températures moyennes du globe, de Janvier 2010 à fin Décembre 2010, pour des 4 bases de données principales, deux thermométriques (GISS et HadCRUT corrigées suivant leurs bases) et deux satellitaires (UAH et RSS).

Les écarts entre les températures mensuelles sont souvent supérieurs à 0,20 °C, pour les données de même origine (thermométrique) ce qui est étonnant pour des données qui affichent, chacune, une incertitude de 0,05°C.

A noter que la correction (indiquée ci-dessus) du HadCRUT réalisée en Décembre pour le mois de Novembre (+0,17°C) a permis à Phil Jones (HadCRUT) de n'afficher qu'un écart de 0,21°C par rapport à James Hansen (GISS) au lieu de 0,37°C, ce qui aurait fait "désordre". L'email doit fonctionner activement, comme on l'a déjà vu.
Pour estimer l'importance de ces écarts, il faut se souvenir que la hausse des températures pour le siècle dernier (100 ans) n'est que de
0,7°C, c'est à dire environ seulement 3 fois la marge d'erreur observée entre les moyennes affichées.

2010h

L'art de présenter les données ...

Calculer la température d'une année calendaire (ou autre) revient à faire une sommation sur les douze températures des douze mois de l'année. Mais pourquoi se limiter à une année ? Pourquoi pas 2, 3 ou même dix ans?

Prenons, par exemple, la dernière décennie qui va du début 2001 à la fin 2010 et effectuons un "best fit", c'est à dire une approximation linéaire (technique des moindres carrés) de l'anomalie de température en fonction du temps.
La droite ainsi calculée est représentée en bleu sur ce dessin. Elle est obtenue à partir des données officielles du HadCRUT.

Comme vous le voyez, la tendance de la température est à la baisse pendant cette période.

Si j'étais un mauvais "journaliste d'opinion scientifique", je pourrais, avec ce genre de présentation, faire les gros titres dans la presse, comme l'ont fait de nombreux médias pour "2010, l'année la plus chaude de tous les temps", avec un titre en caractères gras du type." La température du Globe est en baisse depuis dix ans "

Mais, évidemment, je ne le ferai pas car nous savons que, compte tenu de l'imprécision des mesures de températures, ce genre d'affirmation n'a aucun sens. Pas plus que le classement des températures moyennes annuelles qui ne diffèrent pas de plus de quelques (certains disent trois, voire quatre) dixièmes de degré. En réalité, on n'en sait rien...
Encore faudrait-il avoir l'honnêteté de l'avouer et ne pas en tirer de conclusion hâtives comme l'OMM (WMO), entre autres.

 

2010i

 

  • L'année 2010 a-t-elle été "la plus chaude de toute l'histoire" (comme l'écrit le Nouvel Obs)?

Voici un diagramme, toujours tiré à partir des bases de données officielles référencées plus haut, indiquant les classements des températures les plus élevées pour les cinq organismes cités ci-dessus : Le RSS, l'UAH, Le GISS, le HadCRUT et le NCDC-NOAA.

Comme indiqué, les trois couleurs (rouge =1998), (vert=2005) et (bleu=2010) sont relatives aux années considérées comme les plus chaudes de ces 13 dernières années.

Comme on le voit immédiatement, un seul organisme sur les cinq, le GISS de la NASA, indique que la température en 2010 aurait été supérieure à celle de l'année 2005, (considérée comme le précédent record par le NCDC et le GISS), mais d'un tout petit 0,01°C ! ce qui est bien inférieur aux incertitudes annoncées (±0,05°C) et certainement encore plus inférieur aux incertitudes réelles.

Le NOAA-NCDC, lui, trouve que 2010 est strictement équivalente à 2005 à 0,001°C (!) près. Quant à 1998, elle ne serait inférieure que de 0,02°C , ce qui est encore largement dans la marge d'erreurs (±0,06°C) affiché par cette institution.

Les trois autres organismes (UAH, RSS et HadCRUT) persistent à placer 1998 en tête des années les plus chaudes. Pour l'UAH l'écart 1998-2010 est inférieur aux incertitudes. Mais 1998 serait significativement plus chaude que 2005. (+0,18°C)
Pour le
HadCRUT, 1998 resterait très légèrement plus chaude que 2010 et 2005 ( à la limite de l'incertitude affichée). Pour le RSS, 1998 est à peine plus chaude que 2010 ( à la limite de l'incertitude) mais apparemment plus chaude que 2005 (+0,17°C).

2010n

Comme vous le constatez, les cinq institututions ne sont pas d'accord entre elles. Il faut dire que les écarts sont si faibles et qu'il est impossible d'en tirer quelque conclusion que ce soit.
Pourtant, l'OMM (Michel Jarraud) et la plupart des médias se sont précipités pour annoncer que 2010 était le record absolu, l'année la plus chaude (de l'histoire !), que cela prouvait que le réchauffement continuait etc.

Et bien sûr, ils se sont limités aux affirmations non statistiquement significatives du GISS en oubliant toutes les autres et en oubliant de préciser que les écarts avec les autres années sont bien inférieurs aux incertitudes...

Si, comme sur le graphe ci-contre, on additionne les résultats fournis par les cinq institutions citées, on trouve que 2010 est légèrement en dessous de 1998, mais une fois encore, la différence n'est pas significative.

2010o
  • Des prévisions à cinq mois, basées sur la comparaison de l'évolution de l'indice MEI-ENSO et des températures moyenne de la surface du Globe :


En fin d'année 2008, j'avais montré qu'il existe une remarquable corrélation entre le comportement de la température moyenne du Globe et l'indice MEI de l'ENSO (El Niño et La Niña), en avance de 5 mois sur l'évolution de la température.
Autrement dit l'ENSO jouerait un rôle essentiel pour déterminer la température moyenne du globe et son influence ne se ferait ressentir que quelques 5 mois plus tard, ce qui présente l'avantage de prévoir, dans une certaine mesure, les variations de températures quelques mois à l'avance.

Un article paru en 2009 rapportait une observation identique à partir (bien entendu) d'une étude beaucoup plus détaillée. Cet article publié en 2009 dans le JOURNAL OF GEOPHYSICAL RESEARCH, VOL. 114, D14104, doi:10.1029/2008JD011637, 2009, était signé par J. D. McLean, C. R. de Freitas, and R. M. Carter.

Les mois ont passé et en ce début 2011 et nous voyons ci-contre ce que donne la superposition de l'indice MEI de l'ENSO avec les courbes des températures globales UAH (ci-contre) et HadCRUT ci-dessous.
La corrélation est toujours aussi bonne, comme nous allons le voir ci-dessous.

 

2010e

Comme on peut l'observer sur le graphique, si on retarde le graphe de l'indice MEI de l'ENSO de 5 mois, la corrélation entre l'évolution de la température globale (en haut, la courbe UAH et en bas la courbe HadCRUT) et cet indice ENSO (retardé de 5 mois), est remarquable .

Je l'avais déjà noté en Décembre 2008. De fait, la corrélation s'est prolongée jusqu'à ce jour. Autrement dit, les El Niño et La Niña jouent un rôle très important sur les fluctuations de température du Globe est l'effet n'est ressenti que quelques 5 mois plus tard.

Dès lors comment ne pas s'étonner quand on lit la déclaration suivante de James Hansen, le pape du réchauffement climatique du GISS (de la NASA) (voir ci-dessous) ?

"Il est certainement intéressant que 2010 ait été aussi chaud malgré la présence du La Niña et d'un soleil remarquablement inactif, deux facteurs qui poussent au refroidissement de la planète, mais ce qui est plus important que le classement de n'importe quelle année, ce sont les tendances décennales"

Peut-on imaginer qu'Hansen ignore que les effets des oscillations ENSO (La Niña-El Niño) ne se font ressentir sur la température du globe que quelques cinq mois plus tard, alors que n'importe quel graphique (comme celui ci-contre) le montre clairement, et que de ce fait, l'année calendaire 2010 s'est, au contraire, trouvée coïncider parfaitement avec le réchauffement dû au précédent El Niño et l'actuel La Niña qui a commencé en Juin 2010 ne s'est fait ressentir qu'en Novembre de cette même année, comme on le voit sur ces graphiques ? Tout comme lors du El Niño de 1998 d'ailleurs.
Hansen n'a sans doute pas lu l'article du JOURNAL OF GEOPHYSICAL RESEARCH, VOL. 114, D14104, cité plus haut...

Peut-on imaginer qu'Hansen ignore également que les effets de l'activité solaire ne se font ressentir qu'avec un certain retard (de 5 à 7 ans, voire plus disent certains) ?
Et où est la cohérence de son propos avec le rapport AR4 du GIEC qui nie carrément toute influence de l'activité solaire sur les variations climatiques ?

A noter que si cette corrélation ENSO/Température est solide, comme elle semble l'être, nous pouvons prévoir, dès à présent, que la température du globe va sérieusement baisser , au moins, pendant les 5 mois à venir comme l'affirment de nombreux météorologues qui annoncent une année 2011 plutôt froide...Nous verrons.


2010f

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2010j

  • Remarques et conclusions :

Il est clair que la plupart des déclarations que l'on a pu lire dans la presse, voir à la télévision ou entendre à la radio, sur l'évolution des températures du Globe en ce début d'année 2011, sont erronées, sinon carrément mensongères.

En réalité :

  1. Il est impossible d'effectuer un classement réellement significatif de la plupart des 13 dernières années selon leur température moyenne, et tout particulièrement celles de 2005, 1998 et 2010, parce que les écarts de température sont bien inférieurs aux incertitudes affichées par les différents organismes et sans aucun doute, très largement inférieurs aux incertitudes réelles qui affectent ces mesures globales.

  2. Les trois années qui, selon les différentes institutions, semblent se détacher (2005, 1998, 2010), sont toutes les trois des années à El Niños remarquables. Il est abusif, pour ne pas dire plus, de tirer argument d'événements parfaitement naturels qui poussent périodiquement et légèrement les températures à la hausse pour entretenir l'hypothèse du "réchauffement climatique anthropique" dans l'esprit du grand public.

  3. La température moyenne de l'air à la surface du Globe n'a pas varié, de manière significative, depuis, au moins, 14 ans, en dépit d'une augmentation nette (+5%) de la quantité de CO2 présente dans l'atmosphère durant cette même période. Cette tendance commence à poser un sérieux problème à l'hypothèse du changement climatique anthropique. Il est malhonnête de tirer argument de la température mesurée en 2010 (tout comme des autres, d'ailleurs) pour affirmer que "ces données confirment le réchauffement." comme cela a été fait par l'OMM. Bien au contraire !

yann2011c

Est-il impossible d'obtenir de la part des rédacteurs des différents médias, une description qui se rapproche de la réalité objective, telle que la suivante que je leur suggère (sans prélever de droits d'auteur) d'utiliser ? :

" La température moyenne du Globe, mesurée pendant l'année 2010, est identique à celle qui avait été mesurée en 1998 et en 2005, selon les différentes institutions responsables de ces mesures. La température moyenne du globe n'a pas varié de manière significative depuis 13 ans.
Il semble que le réchauffement climatique observé pendant les périodes 1910-1940 puis 1975-1998 se soit arrêté, au moins temporairement."

 

Ainsi et au vu des débordements infondés ou des mensonges par omission dont nous ont gratifié les médias en ce début Janvier 2011, je me fais un plaisir de décerner une série de bonnets d'âne fourrés (en prévision de l'avenir) à Maxisciences (qui n'en est pas à son coup d'essai en la matière), pour son "2010, année la plus chaude : un record absolu confirmé", au Nouvel Observateur pour un titre délirant et mensonger ("la plus chaude de l'histoire"), au journal La Croix, pour le titre de l'encart "Les données 2010 confirment le réchauffement", au Figaro, pour un gros mensonge par omission :"Climat: 2010, année la plus chaude" et bien sûr, le bonnet d'âne d'honneur, avec palmes, pour le responsable de l'OMM (coutumier du fait ) pour son fameux "les données 2010 confirment le réchauffement à long terme" repris par toute la presse... ainsi qu'à beaucoup d'autres qui se reconnaîtront.

Pour ce qui est de l'avenir, je me fais un devoir de vous rappeler ce graphe tracé, en 2003, par deux chercheurs Russes qui travaillaient aux Etats-Unis : Klyashtorin et Lyubushin.klyashtorin

En 2003, sur la base d'analyses statistiques, ces deux chercheurs ont décrit l'oscillation de 60-65 ans, également rapportée depuis par beaucoup d'autres (tels S.I. Akasofu, William Gray, N. Scafetta, J.d'Aleo etc.)

A noter que vous retrouverez une reconstruction très proche de celle-ci dans l'excellent site de bases de données climate4you du Prof. norvégien Ole Humlum

En 2003, Klyashtorin et Lyubushin avaient correctement prévu que la température du globe stagnerait sur un plateau (correspondant au maximum de la pseudo-sinusoÏde) s'étendant de 2000 à 2010 environ, précédant une descente des températures analogue à celle que nous avons connue en 1945-1976.
A mon avis, un des mérites de cette analyse est qu'elle montre une montée identique de la température pendant les périodes 1910-1940 et 1975-2000, ce qui est effectivement observé. A noter que la montée sous-jacente (la pente médiane de la sinusoïde) n'est que de quelques 0,05°C par décennie.

Ouf ! Je me rends compte que ce billet est excessivement long. Que les lecteurs(trices) me pardonnent mais il fallait bien évoquer, un jour ou l'autre, cette épineuse question des mesures de températures.

Nous verrons .. En attendant, il est sans doute prudent d'acheter de solides bottes fourrées (pour trente ans !) comme je vous l'ai dit dans cette page.
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Addendum (05/02): Klaus Voltz , expert de l'ENSO à la NOAA explique qu'il y a nettement plus d'une chance sur deux que le La Niña actuel dure deux ans, c'est à dire jusqu'en 2012... Brrrr... Et gare aux inondations en Australie, aux sécheresses en Amérique etc.et à toutes les calamités associées aux La Niñas déjà mentionnées par... Darwin.
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Mise à jour du 12/02/11 : Une bonne nouvelle : L'université de Berkeley (Californie) entreprend une refondation complète des bases de données de la température de la Terre.

Voici l'intitulé du projet tel que vous pourrez le voir sur le site dédié de Berkeley UC. Il semblerait que le projet soit astucieusement nommé BEST (Berkeley Earth Surface Temperatures). Acceptons en l'augure.

Une approche transparente
Basée sur l'analyse des données

Notre objectif est de résoudre les critiques actuelles sur les analyses de température et de préparer un registre ouvert des données qui apportera une réponse rapide aux critiques et aux suggestions. Nos résultats incluront non seulement nos propres estimations pour le changement de la température du Globe mais aussi les estimations des incertitudes dans les enregistrements.

Il est rassurant de constater que les graves défauts mentionnés ci-dessous (transparence douteuse, abandon d'un grand nombre de stations dans les années 1990, effet UHI, flou sur les marges d'incertitudes etc...) ont suscité la mise en place d'une structure dédiée à la transparence et à la récupération des données délaissées par le GHCN cité ci-dessus. Voici un premier aperçu des projets de l'équipe de Berkeley :2010p

 


Restitutions des stations abandonnées :
La courbe en gris-vert représente l'évolution du nombre de stations de mesures utilisées par le GHCH au cours des 180 dernières années. Comme on le voit et comme cela a été mentionné ci-dessus, la couverture de la planète s'était rétrécie comme peau de chagrin dans les années 1990.


La démarche proposée par Berkeley équivant donc à une multiplication par un facteur 8 à 10 du nombre de stations qui sont actuellement utilisées par le GHCN.




2010q


La démarche de BEST de Berkeley se traduit, évidemment, par un quadrillage beaucoup plus serré des stations que celui utilisé par le GHCN qui sert de référence pour le GISS, la NOAA-NCDC et le HadCRUT...ce qui, comme nous l'avons vu, donne libre cours aux extrapolations de toutes sortes.
On peut espérer, également, que Berkeley fera la distinction entre les stations urbaines et les stations extra-urbaines (l'effet UHI)

Comme on le voit sur l'image ci-contre, issue, comme la précédente, du nouveau site de Berkeley :

 

Les stations marquées d'un point bleu sont celles qui sont actuellement utilisées par le GHCN. Les points rouges sont les stations introduites par l'équipe de Berkeley.

Mais comme toujours, il faut .. attendre et voir.Il semble que l'organisation (Novim) finançant ce projet soit très impliquée dans la géoingénierie, ce qui n'est guère rassurant.
Stay Tuned !

19 Janvier 2011 : Encore un scoop du célèbre team, Agence France Presse et journal Le Monde !

Se basant sur les affirmations d'une ONG activiste, ils rapportent que le Globe pourrait s'échauffer, au cours des dix prochaines années, au moins 17 fois plus rapidement qu'il ne l'a fait au cours du XXème siècle, en désaccord flagrant avec toutes le prédictions scientifiques. Après les nombreux scandales -les GIECgate- résultant de comportements similaires, on aurait pu espérer que les organes de la presse francophone deviendraient plus circonspects.
Que nenni !
La plupart sont tombés dans le piège, la tête la première. Leurs confrères anglais et américains se sont montrés beaucoup plus avisés...


Le bonnet d'âne
(avec palmes) de ce mois de Janvier 2011 leur revient, sans contestation possible et une fois encore, pour une dépêche qui restera certainement dans les annales de l'alarmisme climatique en délire. Au même titre que l'annonce fracassante (retirée depuis) dans le dernier rapport AR4 du GIEC, que l'Himalaya aurait fondu en 2035...

MAJ du 20 Janvier 2011 : En réalité, le "team" était plus étoffé que je ne le pensais. A côté du Journal Le Monde et de l'AFP, on retrouvait, bien entendu, les journaux Libération et Sciences et Avenir et aussi Le Figaro qui avaient également repris le texte de l'AFP, sans sourciller. C'était donc, au moins, un quintuor. J'ai corrigé les graphes en conséquence. A noter que Libération avait décidé de ne pas autoriser de commentaires sur ce billet. C'est dommage pour eux. Il est certain que les forumers auraient levé le lièvre immédiatement.
Il va de soi que Libération, Sciences et Avenir et Le Figaro se voient également coiffés du bonnet d'âne pour incompétence caractérisée.

Voici le début de la dépêche de l'AFP (reprise in extenso par Libération, Sciences et Vie et sans doute quelques autres) qui n'a rien à envier avec celle de cette brillante agence de presse, particulièrement inventive, qui nous annonçait récemment l'existence de "rayons cosmétiques" et dont les "meilleurs morceaux" ont été repris, sans hésitation, par Le Monde dans sa section "Planète".

afp12

Réchauffement et population accrue entraîneraient des pénuries alimentaires d'ici 2020

De Jean-Louis SANTINI (AFP) – Il y a 14 heures

WASHINGTON — Le réchauffement possible d'au moins 2,4 degrés de la température du globe d'ici 2020 combiné à un important accroissement de la population va créer des pénuries mondiales dans la production des principales cultures, prédit mardi un rapport d'experts privés.
Si rien de plus n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, dont surtout le CO2 produit par la combustion des hydrocarbures et du charbon, un tel scénario est alors très plausible, insistent les auteurs de cette étude publiée par l'"Universal Ecological Fund", une organisation non gouvernementale argentine avec des bureaux aux Etats-Unis....

Les caractères engraissés sont de l'auteur de ce site.

Cette dépêche de l'AFP, reprise par le Monde et quelques autres, affirme qu'il est possible que la Terre se réchauffe de 2,4°C en dix ans. Quand on sait que le taux de croissance de la température a tourné autour de 0,12-0,16°C par décennie lors de la hausse des température qui s'est produite de 1976 à 2000, ou encore de 1910 à 1945, on peut se poser quelques questions. Pour parvenir à des valeurs aussi extravagantes, il faudrait que la vitesse de montée soit multipliée par un facteur d'environ 17. Ce qui est évidemment totalement exclu d'autant plus que chacun sait que la température du globe est pratiquement stationnaire depuis plus de 12 ans et que beaucoup prévoient qu'elle va baisser plutôt que monter. .

  • Quid par rapport aux scénarios du GIEC ?

Pour illustrer ce propos extravagant qui n'aurait certainement jamais dû être repris ni par Le Monde, ni par l'AFP (voir la récente réaction des journalistes anglais ci-dessous : addendum) , il est bon de rappeler les prévisions (scénarios, projections) du GIEC et notamment, le graphe publié tout récemment (dans un document appelé SPM5 (Résumé pour les décideurs N°5 qui fait suite à l'AR4 de 2007 mais dont il ne diffère que dans la forme).
Voici donc le graphe présentant les scénarios du GIEC allant de 1900 à 2100.


J'ai superposé, à ce graphe bien connu qui rapporte les projections (scénarios, prédictions) des super-ordinateurs des organismes qui travaillent pour le GIEC, en fonction de différentes hypothèses sur les taux de croissance des gaz à effet de serre et sur la maîtrise de nombreux paramètres, le point rouge indiquant la prédiction de l'ONG appelée "Universal Ecological Fund (voir ci-dessous)", répercutée par l'AFP et le Monde.

Inutile d'ajouter que surpasser, à ce point, les scénarios les plus pessimistes du GIEC relève de l'exploit.

Et on ne voit vraiment pas comment la température du globe pourrait monter de 2,4°C de 2011 à 2020..

 

 

 

afplemonde2

 

 

Ou encore celle-ci avec les marges d'incertitudes, extraite du rapport TAR du GIEC

 

 

 

 

 

 

D'autant plus que la nature ne semble pas satisfaire aux scénarios du GIEC, depuis plusieurs années, comme le montre ce graphique (à jour en fin Nov. 2010) publié par le HadCRUT (UK) hadcrut2

 

Comme on le voit sur ce graphique officiel, et comme le savent les visiteurs de la page indicateurs, la température du globe stagne depuis une bonne dizaine d'années...contrairement aux prévisions du GIEC et, a fortiori, des auteurs de l'article en question dans ce billet.

 

 

 

Dans le même ordre d'idée, on peut également situer cette prévision apocalyptique dans le cadre des scénarios présentés par James Hansen devant le sénat américain en 1988. Il faut savoir que beaucoup estiment que cette déclaration de Hansen est à l'origine de l'hystérie climatique que nous subissons depuis lors.

  • Quid par rapport aux scénarios de James Hansen ?

hansen1988

hansen88James Hansen, directeur du GISS et responsable des mesures de température dites GISTEMP, présentant ses "scénarios" alarmistes devant le Sénat US en 1988.

 

Le scénario A (courbe en trait plein) supposait que les émissions de gaz à effet de serre allaient continuer à croître comme ils l'ont fait entre 1970-1980.
Le scénario B (courbe en tireté) supposait une réduction du taux d'émission de gaz à effet de serre de telle manière que le forçage resterait ce qu'il était en 1988. Autrement dit ceci correspond à une stabilisation des émissions.
Le scénario C (courbe en pointillé) supposait une réduction drastique du taux d'émission de gaz à effet de serre de 1990 à 2000. Autrement dit, ceci correspond à un recul très important des émissions de gaz à effet de serre qui ne s'est pas produit. Bien au contraire.

Le graphe initial, publié par James Hansen est en noir et blanc.
J'ai superposé à ce graphique :

-
Un double rond rouge pour indiquer la "prévision" rapportée par le Monde et l'AFP. Ici, j'ai utilisé la même base de référence que James Hansen (l'article en question ne donne d'ailleurs aucune précision à ce sujet. Peut-être s'agit-il d'une augmentation de 2,4°C par rapport à la période actuelle, ce qui serait encore pire)..
Il est évidemment totalement impensable que l'on puisse passer de la situation actuelle indiquée par un rond bleu, à celle indiquée par un rond rouge. D'autant plus que de nombreux chercheurs, dont plusieurs collaborateurs du GIEC, pensent que nous nous dirigeons plutôt vers une période de stagnation ou de refroidissement prolongée pour des raisons que j'ai longuement évoquées dans cette page et dans celle-ci.

-Un double rond bleu, pour indiquer la situation actuelle de la température globale (en fin 2010) selon les mesures du GISS (piloté par J. Hansen). Cette mesure est un "outsider"par rapport aux trois autres qui se recoupent sensiblement. Elle est la plus pessimiste des quatre séries de mesures officielles que j'ai rapportées dans la page indicateurs. Comme on le voit, elle se trouve très nettement (plus de 40%) en dessous du scénario A. Ces dernières mesures ("l'année la plus chaude avec 2005", disent les journalistes) du GISS se trouvent très proches du scénario C qui supposait que nous aurions très sérieusement limité les émissions de gaz à effet de serre dans les années 1990-2000.
Autrement dit et comme tout le monde peut le voir,
les scénarios présentés par James Hansen devant le Sénat Américain en 1988, comme des preuves absolues du réchauffement à venir, n'ont rien à voir avec la réalité observée.

  • Quid de la "Fondation Ecologique Universelle" (quelle modestie !) qui prétend que la température terrestre va augmenter de 2,4°C jusqu'en 2020

Le " Universal Ecological Fund" est le bras, aux Etats-Unis, de la "Federacion Ecologica Universal" argentine qui fait partie d'une structure ONG appelée l' ECODES. L'ECODES est référencée dans Wikipedia (en anglais). Voici ce qu'on peut y lire:

"ECODES a été constitué le 10 Mars 1992 à  Zaragosse en Espagne dans le but de trouver des solutions au problèmes communs et de contribuer au changement social en devenant un acteur non-gouvernemental influent capable de mobiliser des soutiens et d'ouvrir un dialogue avec les actionnaires concernés.... Dans l'hémisphère Nord, l'ECODES se consacre à la transformation des structures économiques et sociales. Dans l'hémisphère Sud et plus particulièrement en Amérique Latine, ECODES offre son expertise et son aide pour les questions techniques et pour le financement. " (caractères engraissés par l'auteur du site).

Comme on peut le constater, le but de cette ONG est fondamentalement politique.

A noter que le "responsable scientifique" de "l'Universal Ecological Fund" (et de la FEU basée en Argentine) est un des anciens grands leaders du GIEC. Il s'agit du Dr Osvaldo Canziani, l'ancien co-directeur du Groupe de travail II du GIEC (le groupe qui était responsable de l'Himalayagate et de bien d'autres "curiosités" comme le malariagate cher au professeur Reiter.
Canziani affirme que "l'analyse et les données sont basées sur des documents clefs déjà publiés par le GIEC et d'autres agences de l'ONU."

Evidemment, la nouvelle "découverte" de l'UEF a fait les grands titres de la presse qui, comme l'AFP, le Monde, Libération et Sciences et Avenir ne vérifient pas la crédibilité de leurs sources et n'hésitent pas à qualifier "d'experts" les ressortissants d'organisations activistes dont les objectifs politiques sont clairement affichés, tout comme l'a fait le GIEC dans l'AR4, d'ailleurs.

L'AFP, le Monde, Libération, Sciences et Avenir et Le Figaro ne sont évidemment pas les seuls à s'être précipités pour annoncer cette "nouvelle" effectivement ébouriffante mais qui aurait dû les inciter la prudence. La "nouvelle" a fait le tour des salles de rédactions peu scrupuleuses :

Certains s'inquiètent : The EconomicTimes of India titre yann2011a
" Le monde pourrait être de 2,4°C plus chaud en 2020. L'Inde serait la plus durement touchée."
D'autres y voient un espoir de cultures plus abondantes :
Yahoo News titre (toujours à partie de la dépêche AFP, en anglais) : "Le changement climatique pourrait augmenter les cultures aux USA, en Chine."
"The Scientific American", autrefois une revue de bonne qualité, avale l'hameçon, le bouchon et la ligne et raconte des âneries à ses lecteurs.

etc.. Tout cela basé sur les affirmations d'une ONG baptisée "Ecologique Universelle".
On croit rêver. N'est-ce pas ?
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Addendum du 19 Jan. 2011: Une bonne nouvelle quand même : Il reste quelques journalistes sensés. Du moins au Royaume Uni.
The Guardian (UK) fait état de protestations énergiques contre la promotion des affirmations délirantes qui sont le sujet de ce billet et qui ont justifié un bonnet d'âne amplement mérité pour le journal Le Monde, à l'AFP et quelques autres.
Le titre de l'article : "Online news service promotes false climate change study".
"Une agence de presse en ligne met en avant une étude fallacieuse sur le changement climatique." Les "news" en question sont EurekaAlert souvent utilisée par l'AAAS , l'association américaine (dont je suis membre !) qui fait la promotion de la science et qui est l'éditeur de la revue Science dont l'orientation ultra-alarmiste n'est un secret pour personne.
A noter que l'AAAS a fait supprimer l'article de EurekAlert dès le 20 Janvier, avec quelques plates excuses..
Entre autres, l'article du Guardian indique que les journalistes ont essayé de joindre le Dr. Osvaldo Canziani, le conseiller scientifique de l'ONG "Universal Ecological Fund" et ex-co-directeur du groupe II du GIEC (rapport TAR et AR4), pour explications. On leur a répondu qu'il était souffrant...
Dommage que nos journalistes francophones du Monde, de l'AFP, de Libé, de Sciences et Avenir et du Figaro, n'aient pas eu la même idée.

Bien entendu, les blogosphères francophones et anglophones s'amusent beaucoup de ce nouveau "press-gate".
Le 20 Janvier, les journaux qui ont publié ces âneries le 19, commencent à publier des rétractations et à faire disparaitre leurs articles (qui resteront dans le cache de Google)...
Les démentis des scientifiques affidés au GIEC se multiplient... Ils avaient prévenus l'ONG, affirment-ils.
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Addendum du 22 Janvier : Plutôt que de reconnaître honnêtement son erreur, Le Monde a sorti, le 21 Janvier, un article intitulé : "Un rapport trompeur sur le changement climatique circule sur le Net", tout en éclipsant, purement et simplement, son article délirant figurant sur son propre site, relatant le contenu de la dépêche AFP cité ci-dessus.

De fait, vu son énormité (+24°C en cent ans !) le rapport en question n'était trompeur que pour ceux qui voulaient être trompés où publiaient la dépêche sans la lire ou la comprendre.

Si c'est bien Eurekalert (officine habituelle de l'AAAS) qui a lancé la nouvelle (sans doute à la demande de l'EFU. L'AAAS, cela fait sérieux), celle-ci a été reprise immédiatement par l'AFP (agences française et américaine), puis relayée, et "analysée" par Le Monde (et beaucoup d'autres) à partir de la source AFP, sans le moindre esprit critique. Le Monde n'a donc pas tiré son "information" du Net mais bien d'une agence de presse officielle censée vérifier ses sources.

"Le Net", comme dit le Monde, n'a réagi que par la suite, à la lecture des compte-rendus publiés par les journaux comme Le Monde, et c'est bien le "le Net" qui a relevé la bourde qui avait échappé aux journalistes de l'AFP, du Monde et des autres journaux, visiblement aussi peu scrupuleux les uns que les autres.
Les réactions des abonnés au Monde dans les commentaires qui suivent cet article sur le "rapport trompeur" en disent long sur l'exaspération de nombre de ses lecteurs. Lisez-les, avant que le journal ne les supprime à leur tour.
Le journal ne présente pas le moindre mot d'excuse auprès de ses lecteurs pour avoir relayé cette bourde inacceptable, ce qui aurait été la moindre des choses. Ni d'ailleurs de remerciement pour ceux qui ont signalé cette énormité.

Par contre, l'ex-Journal de Références avance une attaque sournoise contre "Le Net" qui semble être devenu le grand Satan des journalistes parce qu'il ne laisse (et ne laissera) plus rien passer.
Hélas, il est vrai que c'est moins facile qu'auparavant. Dure époque pour les journalistes approximatifs ou(et) militants !

A signaler également que Le Monde publie (dans son édition papier, le 22) un interview élogieux de James Hansen, le "gourou" du réchauffement climatique anthropique, dont vous avez pu apprécier, ci-dessus, les dons de prévisionniste inspiré.


Bref, encore une grosse bourde qui s'ajoute à la longue collection de celles qui sont énumérées, ci-dessous, dans cette page.
Entre autres, je vous recommande la lecture de ce billet alerte de V. Bénard, titré " Réchauffement climatique : la presse française ne sait même plus désinformer intelligemment".

En conclusion, et bien que de manière globale, la couverture médiatique du réchauffement climatique ne fasse plus recette et soit en chute libre comme l'a montré une étude récente, on assiste et on assistera sans doute encore à des surenchères délirantes du type de celle commentée ici, de la part d'individus ou d'organisations activistes qui ont tout investi dans cette affaire. On les comprend.

Par contre, il est regrettable que nos "faiseurs d'opinion" que sont l'
Agence France Presse (qui n'en est pas à son coup d'essai) ainsi que quelques autres et, surtout l'ex "journal de référence" (Le Monde) qui ne leur cède en rien sur ce sujet, en soient arrivés là.
Dans ces conditions, il n'est guère surprenant que Le Monde (comme les autres) perde des lecteurs, mois après mois, et ceci depuis des années.

L'activisme affiché de certains de ces "
journalistes d'opinion scientifique", hors de propos en matière de sciences incertaines comme la climatologie, n'y est probablement pas étranger.
La mission des journalistes scientifiques n'est-elle pas de rapporter factuellement sur les progrès de la science, sans prendre part aux débats et aux querelles qui ont, de tout temps, eu lieu entre les scientifiques et pour lesquels les journalistes sont très loin d'avoir les qualifications et l'expérience requises ?

C'est ainsi qu'on a vu récemment certains de ces "journalistes d'opinion scientifique" faire la leçon à plusieurs académiciens chevronnés tout en les assimilant à des "ennemis de la science".
Curieuse époque !


Mais peut-être n'est-ce pas si nouveau. Un lecteur érudit (merci à lui) m'a fait passer des copies de textes d'époque (1864) qui montrent l'extrême violence des attaques journalistiques (ainsi d'ailleurs que de la part de membres de l'académie des sciences) subies par Louis Pasteur, lorsque ce dernier entreprit, à juste titre, de démonter l'idée absurde de la génération spontanée.
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PS : De très nombreux lecteurs se sont inquiétés que j'aie quelque peu délaissé, pendant quelques mois, nos chers bonnets d'âne. Ce n'était pourtant pas les candidatures qui manquaient et les propositions affluaient de la part des lecteurs assidus de ce site. En réalité, il n'y a pas que le nombre de candidats aux bonnets d'âne qui se soient multipliés. Nous vivons actuellement une période enrichissante dans laquelle la science climatique fait de gros progrès. De manière remarquable, de plus en plus nombreux sont les articles qui s'écartent du dogme en vigueur et traitent, entre autres, des possibles influences du soleil, des oscillations océaniques etc. sur le climat et suivre tout cela au jour le jour devient très chronophage.

Stay tuned !


10 Juin 2010 : "Notre planète en danger : Si l'oxygène vient à manquer ... ". Tel est le titre d'un livre (photo de couverture ci-contre) qu'Amazon.fr, qui connaît visiblement très bien mes centres d'intérêt (!), vient de lyonnet1m'inviter à faire l'emplette en m'aguichant avec la promesse d'une livraison gratuite....
Ils sont bien tombés !

Après avoir admiré la couverture ci-contre qui ne nous montre sûrement pas des panaches de CO2 mais plus probablement de la vapeur d'eau condensée, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager le commentaire aussi risible qu'apocalyptique de l'éditeur. Il vaut le détour (et aussi un accessit au bonnet d'âne de ce mois-ci). Un vrai morceau d'anthologie.
La présentation de l'Editeur, généralement rédigée pour attirer le chaland, figure probablement en "4-de-couv" comme disent les professionnels de l'édition.

Présentation de l'éditeur

Nous, locataires de la planète Terre, industrialisés et informatisés, assistés depuis deux bons siècles par trois bonnes énergies fossiles et depuis un demi-siècle par une meilleure énergie nucléaire, sommes-nous conscients, aujourd'hui, de nos erreurs et de nos excès ? Le temps nous est compté, cessons de détruire pour construire et préserver à notre planète, son oxygène. En pleine polémique sur la taxe carbone, un livre à lire absolument ! La production de gaz à effet de serre augmente de jour en jour et nous commençons juste à nous inquiéter de ses répercussions sur notre environnement. Parallèlement, le problème de l'oxygène reste dans l'ombre alors qu'il doit être considéré comme primordial. Sans oxygène, pas de vie possible. S'il venait à manquer, quelle vie pour nous et nos enfants ? Plus nous produisons des gaz nocifs, plus nous nous privons d'un oxygène indispensable. Il est tellement facile de respirer que le manque nous semble fort improbable. Pourtant… Notre folie destructrice nous conduit vers une inévitable diminution de ce gaz vital avec pour conséquence une modification irréversible de notre mode de vie.

L'Editeur s'appelle "les trois spirales" (infernales, sans doute) et ce monument de la littérature, écrit par Sophie et Michel Lyonnet qui n'en sont pas à leur coup d'essai, figure dans la collection pompeusement, et surtout abusivement, nommée "Dossier Vérité". Est-ce de l'ironie ?
Ce livre est paru le 6 avril 2010. Le 1er avril aurait été plus indiqué.

Ainsi, après les divagations de Paul Erhlich (de Stanford, dans les années 60) sur ce même sujet et sur d'autres qui figurent en place d'honneur dans le bêtisier, après celles de Peter Tatchell, activiste anglais notoire et titulaire du deuxième bonnet d'âne du mois d'août 2008 pour un article consternant, publié dans le Guardian UK, (Tatchell faisait la pub de son collègue Roddy Newman qui devait publier un livre mémorable intitulé "The Oxygen crisis", dont je ne trouve pas trace), voici qu'un couple et un éditeur français en rajoutent une couche..

C'est à désespérer ! Le bon sens le plus élémentaire, un peu de recherche sur les variations de la teneur en oxygène de notre planète au cours des âges et de sa dépendance avec l'altitude, de simples calculs d'ordre de grandeur, ne sont-ils pas à la portée du premier venu ? Il semble que non.

Me faut-il, une fois encore, rappeler que des scientifiques de renom se sont clairement prononcés sur ce sujet ?

Tel
l'éminent professeur Wallace Broecker de l'Université de Columbia qui nous dit que de 1989 à 2008, la concentration en oxygène de l'atmosphère a décru d'environ 2 parties par million (2 ppmv) par an. Compte tenu du fait que l'atmosphère contient 209.500 ppmv (NDT: c'est à dire 20,9% environ, tandis que le CO2 n'est que 0,039%) on voit immédiatement que la variation est absolument infinitésimale. Broecker ajoute :

"Pour faire simple, disons que notre atmosphère est dotée d'une réserve si énorme de ce gaz (NDT : l'oxygène) que même si nous brûlions toutes nos réserves fossiles, tous nos arbres et toute la matière organique stockée dans les sols, nous n'utiliserions qu'une faible fraction de de l'oxygène disponible. Quelle que soit l'idiotie de notre comportement vis à vis de notre héritage environnemental, nous n'avons tout simplement pas la capacité de faire plus qu'une petite brèche dans notre réserve en oxygène."

Ou encore Ray Langenfelds du CSIRO (le CNRS australien) qui nous dit que pendant les 20 années où il a été mesuré, le taux d'oxygène n'a décru que de 0,03% . Il ajoute que les fluctuations typiques du taux d'oxygène dans un intérieur de maison sont bien supérieures à cette variation. Il est superflu d'ajouter que cette variation est absolument négligeable par rapport aux 20,95% de l'atmosphère et que cela n'a rigoureusement aucune conséquence sur la respiration de la biosphère, des mers, des continents et des humains. Comme le CO2, quelle que soit son origine, est inévitablement fabriqué avec de l'oxygène, il est absolument naturel que quand le taux de CO2 augmente, le taux de O2 diminue. Comme on peut l'observer.

D'autres sont moins indulgents avec des affirmations du genre "Si l'oxygène vient à manquer" du livre publié par les Lyonnet. Ainsi Roy Spencer que je cite parce que les lecteurs de ce site le connaissent bien, avait dit, à propos de la "crise de l'oxygène" annoncée par Tatchell "Il est difficile de faire plus stupide"...C'est exactement ce que je pense au sujet de ce livre du couple Lyonnet ainsi que du commentaire de l'éditeur des "Trois spirales".
On peut, certes, vouloir protéger la planète et tout ce qui y vit, mais certainement pas au prix de tels délires apocalyptiques qui font beaucoup plus de mal que de bien à la cause qu'ils prétendent défendre.yanoxy1

Comment ont réagi les lecteurs potentiels, dès la sortie de ce livre, le 6 avril 2010 ?
Visiblement très mal. Aucun commentaire, ce qui n'est pas bon signe. D'autre part, ce livre est immédiatement tombé dans les limbes du classement d'Amazon.fr. Deux mois -seulement- après sa parution, cet ouvrage consternant est classé au rang 78.000, ce qui est, sans aucun doute, le critère d'un échec commercial retentissant. Les lecteurs sont visiblement beaucoup moins crédules et, surtout, beaucoup plus éduqués que que ne le pensent les éditeurs de ce genre de bouquin qui était -je vous le rappelle-, et selon l'éditeur, destiné à soutenir la "taxe carbone". On comprend qu'Amazon.fr ne fasse pas payer le port d'un tel navet...

Dans ces conditions, l'attribution du bonnet d'âne (modèle ordinaire), avec palmes et félicitations du jury, du mois de Juin 2010, n'est qu'une formalité. Félicitations aux heureux récipiendaires. Comme de juste, l'éditeur des "trois spirales" reçoit un accessit, bien mérité, lui aussi.
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Comme vous l'avez certainement compris, la parution de ce "livre" des époux Lyonnet, ne mérite guère plus que les quelques lignes que j'ai écrites ci-dessus pour détendre l'atmosphère et souffler un peu avant la publication (à venir) d'articles autrement plus importants, sur les premiers résultats encourageants du projet CLOUD (effets des rayonnements ionisants sur la formation des nuages) en cours au CERN de Genève, sur les reculs des glaciers alpins corrélés à l'Oscillation Atlantique Multidécennale, sur les cycles planétaires en relation avec les cycles climatiques etc...

La science progresse à pas de géant, en ce moment.
Chers lecteurs, lectrices, "stay tuned", restez à l'écoute !


09 Mars 2010 : Le journal Libération pratique l'acharnement thérapeutique pour tenter de sauver, entre autres, le rapport scientifique 2007 du GIEC qui se trouve en état de mort clinique, écrasé sous le poids de ses erreurs et par l'utilisation d'une multitude de citations de références aussi risibles que fantaisistes (brochure d'alpinistes, rapports d'étudiants, dossiers WWF ou Greenpeace, coupures de presse etc...) (voir ci-dessous). Libé nous annonce une grande nouvelle dans son blog intitulé Sciences2:

"l'Amazongate s'écroule" ..

Tiens donc ! Voyons cela.

Nous (et quelques milliers d'autres) aurions donc mal interprété le fait que la source primaire citée par le GIEC pour soutenir l'idée que 40% de la forêt amazonienne risquait de disparaître en cas de sécheresse, n'est rien qu'autre qu'une brochure de l'an 2000 (Y2K ?) du WWF/IUCN (deux associations écologistes renommées) signée par les désormais célèbres duettistes Rowel et Moore, dont l'un (Moore) est, de son propre aveu, un analyste décisionnel et un spécialiste des questions administratives (CV ici) et l'autre un journaliste "freelance" (pour le Guardian) et un activiste vert (voir plus bas des détails sur ces deux "sommités" jugées dignes de figurer comme référence dans un rapport scientifique du GIEC).

De même , nous aurions mal interprété le fait que cette brochure écologiste est, elle même, basée sur un article de Nature 1999 intitulé "Appauvrissement à grande échelle des forêts Amazoniennes par bûcheronnage et feux" qui est ainsi jugé par un spécialiste de la question (Simon Lewis, membre élu de la Royal Society, à l'Université de Leeds) comme non pertinente pour le but poursuivi, en ces termes :

"L'article de Nature traite des interactions entre les dommages causés par la déforestation, le feux et les sécheresses périodiques, qui sont tous extrêmement importants pour comprendre la vulnérabilité de la forêt Amazonienne, mais cet article ne concerne pas la vulnérabilité de ces forêts à cause de réduction de pluviométrie. " a-t-il déclaré.
"A mon avis, le rapport de
Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée."

...ce qui explique, sans doute, pourquoi les auteurs du rapport du GIEC n'ont pas voulu prendre cet article de Nature comme source primaire et lui ont préféré une brochure du WWF/IUCN
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Addendum du 27 juin 2010 : Misère ! L'Amazongate bouge encore ! : Vers la fin du mois de Juin 2010, Simon Lewis a émis une protestation auprès du Sunday Times en déclarant que ce journal aurait dénaturé ses propos (sa citation ci-dessus), ce dont le Guardian UK sous la plume de Monbiot et Libération (qui en déduit "que le vent tourne" !) ont immédiatement tiré parti pour en conclure que le rapport du GIEC 2007 était parfaitement correct et que l'Amazongate était définitivement mort et enterré parce que le Sunday Times avait baissé les bras...

On peut déjà s'étonner que les affirmations publiées, dans un sens ou dans l'autre, dans un journal grand public tel que le Sunday Times, ou les autres, puissent modifier en quoi que ce soit, le contenu d'un rapport du GIEC publié il y a déjà trois ans.

Quoiqu'il en soit et pour se prononcer en connaissance de cause, il est plus intéressant, et surtout plus honnête, de lire le texte de la lettre de protestation adressée par Simon Lewis à Jonathan Leake du Sunday Times, le journaliste anglais auteur d'un billet plutôt provocateur sur l'Amazongate. On y trouve, entre autres, le texte de cet email adressé par Simon Lewis à Jonathan Leake, extrait de la page 5 de la lettre de Lewis à Jonathan Leake (pdf) ::

"The 40% claim is not actually referenced in the Rowell & Moore 2000 report (they use Nepstad to reference the specific figures in the next sentence). The Nepstad Nature paper is about the interactions of logging damage, fire, and periodic droughts, all extremely important in understanding the vulnerability of Amazon forest to drought, but is not related to the vulnerability of these forests to reductions in rainfall. I don’t see how that can be the source of Rowell’s 40% claim. Its more likely an unreferenced statement by Rowell."

Traduction :" L'affirmation sur les 40% n'est effectivement pas référencée dans le rapport de Rowell & Moore 2000 (Ils ont utilisé Nepstad pour référencer les données spécifiques dans la phrase suivante). L'article dans Nature de Nepstad traite des interactions entre les dommages causés par le bûcheronnage et les feux et les sécheresses périodiques qui sont tous importants pour comprendre la vulnérabilité des forêts Amazoniennes vis à vis des sécheresses, mais il n'est pas en rapport avec la vulnérabilité des ces forêts vis à vis des réductions de pluviométrie. Je ne vois pas comment ceci peut-être la source des 40% de Rowell. Il s'agit plus probablement d'une affirmation de Rowell, non supportée par une référence."

Pour comparer, revoici ci-dessous, le texte initial publié en janvier dernier, par le Times online et le Sunday Times :

"L'article de Nature traite des interactions entre les dommages causés par la déforestation, le feux et les sécheresses périodiques, qui sont tous extrêmement importants pour comprendre la vulnérabilité de la forêt Amazonienne, mais cet article ne concerne pas la vulnérabilité de ces forêts à cause de réduction de pluviométrie. " a-t-il déclaré.
"A mon avis, le rapport de
Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée."

Je ne sais pas pour vous, mais je ne vois guère de différence notable avec le texte initial publié par le Sunday Times (le deux textes rejettent l'article de Nature comme non pertinent), sauf, peut-être, pour la conclusion adoucie, mais malheureusement toujours aussi destructrice vis à vis d'un rapport du GIEC qui se voit comme la référence absolue en la matière : " Je ne vois pas comment ceci peut-être la source des 40% de Rowell. Il s'agit plus probablement d'une affirmation de Rowell, non supportée par une référence, " qui remplace le texte initial du Sunday Times " "A mon avis, le rapport de Rowell et Moore n'aurait pas dû être cité. Il ne contient aucun résultat de recherche de source fondée"

A l'exception du fait que Simon Lewis ne semble plus voir d'objection à ce que les rapports officiels du GIEC se réfèrent à des sources non peer-reviewées (un rapport du WWF qui se référe, lui-même, à un article non pertinent sur la question) et à des estimations chiffrées non publiées, ou introuvables (les fameux 40%)- ce qui est quand même un comble pour un scientifique-, le texte rectificatif de Lewis n'apporte rien de nouveau.
Juste un "adoucissement", et son soutien aux allégations du GIEC (et du WWF). Ce que l'on comprend très bien quand on imagine le scandale soulevé par le texte initial du Sunday Times parmi les amis de Simon Lewis qui travaillent avec lui sur le projet "Valuing the Arc" auquel collaborent justement ...WWF-Tanzanie et WWF-US ...Lewis a dû se faire sérieusement sonner les cloches aussi bien par ses amis du WWF que par ses collègues de l'Université de Leeds qui figure, avec l'Université d'East Anglia (celle des emails volés et du Climategate) dans les petits papiers... et les dotations du WWF . On comprend que Lewis se donne du mal pour rattraper la gaffe.
Amusant ! Mais vraiment inquiétant pour ce qui est de l'indépendance des chercheurs qui travaillent dans ce domaine.

A noter aussi que le texte initial de la déclaration de Simon Lewis que j'avais repris du Times-on-line (et non pas du Sunday Times) semble avoir été retiré par l'éditeur de ce journal. Visiblement, les journalistes anglais ont d'autres chats à fouetter en ce moment.
Je ne vois pas la nécessité d'en dire plus sur cette question qui ne me paraît guère avoir évolué contrairement aux affirmations de certains :

Les faits qui sont reprochés au rapport AR4 du GIEC demeurent très exactement ce qu'ils étaient et les récentes déclarations de Simon Lewis ne font que les confirmer : Citation exclusive d'un rapport du WWF non peer-reviewé se référant à un article non pertinent ainsi qu'affirmations chiffrées ne reposant sur aucune source identifiable et vérifiable.

C'est plutôt grave pour un "rapport scientifique de référence". Et ce n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres.

rain

D'autres, qui ont pris cette affaire au sérieux, ont consacré du temps pour effectuer une analyse complète de cette tempête dans un dé à coudre. Si vous lisez l'anglais, et si cette affaire vous intéresse encore, vous devriez lire ceci où on trouve un graphique intéressant (ci-contre)

Ce graphique indique les précipitations (en mm/an) de 1910 à 2010 sur l'Amazonie d'après quatre agences officielles CRU, NCDC, GPCC et TRMM (TRMM, plus recent, est basée sur les mesures satellites).

Comme vous le voyez, aucune tendance à la baisse de la pluviométrie n'est actuellement décelable sur les cent dernières années. Il tombe entre 2 m et 2,5 m d'eau par an sur l'Amazonie, ce qui est considérable.


Quoiqu'il en soit, on peut espérer que le prochain rapport scientifique de l'IPCC, l'AR5, sera beaucoup plus circonspect sur ses affirmations (du genre "l'Himalaya aura fondu en 2035") et beaucoup plus vigilant quant à la qualité de ses références.


C'est d'ailleurs tout ce que nous demandons.
Du moins à Pensee-Unique.fr.

Dernière minute : 07/07/10 : Richard North qui a eu une sévère prise de bec avec Monbiot du Guardian UK au sujet de l'Amazongate, aurait retrouvé la source du fameux 40% sur laquelle se serait basé Rowel du WWF.Inutile d'ajouter que cette source dont on ne connait même pas l'auteur, n'a strictement rien d'un document scientifique...
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Outre le fait que l' article de Nature s'intéresse fondamentalement aux zones dévastées par le bûcheronnage, nous aurions (nous et des milliers d'autres) mal lu et mal compris cet article qui me mentionne jamais une prévision de 40% pour la proportion de la disparition de la forêt Amazonienne (c'est à dire y compris celle qui est intacte) par effet de sécheresse ?
Ce serait quand même un peu étonnant ....

Mais alors, quel est le fait nouveau, déniché par le journaliste de Libération, qui justifie son affirmation que l'"Amazongate s'écroule" ?
Ce fait nouveau, décisif selon Libé, ce sont les déclarations d'un chercheur.

1) Ce chercheur, qui est-il et où travaille-t-il ?

Il s'appelle Daniel Nepstad et figure, en premier, dans la liste des auteurs de l'article de Nature 1999 qui est cité dans la brochure du WWF/IUCN qui elle-même, sert de référénce primaire au rapport du GIEC sur la sécheresse en Amazonie..
whrc

Libération nous affirme qu'il est un chercheur 'réputé' du Woods Hole Research Center (WHRC) dont voici le logo ci-contre. En réalité, le WHRC n'est rien d'autre qu'une Organisation de Défense de l'Environnement privée (où d'ailleurs était inscrit John Holdren, malthusien notoire (il a rédigé un livre sur ce sujet avec Paul Ehrlich) et ... récemment promu conseiller du Président Obama).
whoi

La ressemblance des noms prête souvent à confusion entre le WHRC, organisation privée écologiste, avec la très réputée Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) qui, elle, fait de la recherche intensive, sérieuse et reconnue.

2) Que nous a déclaré le chercheur du WHRC qui justifie "l'écroulement de l'Amazongate", selon Libération ?

Nepstad, le chercheur réputé du WHRC, a publié un "communiqué énervé", (nous dit Libération) qui nous affirme -ses propres articles à l'appui et en oubliant tous les autres- que le GIEC avait bien raison avec ses fameux 40%.
Si une telle déclaration de la part d'un chercheur travaillant au sein d'une organisation dédiée à l'environnement n'est pas vraiment étonnante, il est plus surprenant que ce dernier, prétendant faire le point sur la question, ne fasse pas mention d'autres articles que les siens et notamment de ceux qui ne vont pas dans son sens, comme cet article de
Science de 2007 que j'ai commenté dans cette page. Lequel constate un reverdissement étonnant et non prévu par les modèles, de la forêt amazonienne pendant la sécheresse de 2005. Ce qui a évidemment surpris tous les spécialistes de la question.
Pour mémoire, en voici le titre, les auteurs et le résumé :


Amazon Forests Green-Up During 2005 Drought ( Scott R. Saleska, Kamel Didan, Alfredo R. Huete, Humberto R. da Rocha)

"Coupled climate-carbon cycle models suggest that Amazon forests are vulnerable to both long- and short-term droughts, but satellite observations showed a large-scale photosynthetic green-up in intact evergreen forests of the Amazon in response to a short, intense drought in 2005. These findings suggest that Amazon forests, although threatened by human-caused deforestation and fire and possibly by more severe long-term droughts, may be more resilient to climate changes than ecosystem models assume."

Soit : "Reverdissement des forêts Amazoniennes durant la sécheresse de 2005"

"Les modèles couplés climat-cycle du carbone suggèrent que les forêts Amazoniennes sont vulnérables à la fois aux sécheresses de courtes et de longues durées, mais les observations satellites ont montré un reverdissement photosynthétique à grande échelle dans les forêts amazoniennes toujours vertes et intactes, en réponse à la brève mais intense sécheresse de 2005. Ces observations suggèrent que les forêts amazoniennes, bien que menacées par la déforestation humaine et les incendies et, peut-être, par les sécheresses plus sévères et de longue durée, peuvent être plus résistantes aux changements climatiques que les modèles des écosystèmes le suggèrent."

Addendum du 13 Mars 2010 : Un article tout chaud sur ce sujet vient de paraître au GRL qui utilise un nouveau traitement d'image et un nouveau dispositif de mesure (NASA MODIS) . L'auteur principal de cet article déclare “We found no big differences in the greenness level of these forests between drought and non-drought years, which suggests that these forests may be more tolerant of droughts than we previously thought,” said Arindam Samanta, the study’s lead author from Boston University. Soit : "Nous n'avons pas trouvé de grandes différences dans les niveaux de vert de ces forêts entre les années avec et sans sécheresses, ce qui suggère que ces forêts peuvent être plus tolérantes aux sécheresses que nous le pensions auparavant." a déclaré Arindam Samanta, l'auteur principal de l'Université de Boston." A titre exceptionnel, l'article en pdf est ici.
Autrement dit, peut-être pas de reverdissement évident, mais la résilience des forêts amazoniennes à la sécheresse intense de 2005 est confirmée.

Nepstad, notre "réputé" chercheur du WHRC n'aurait-il pas fait un peu de "cherry-picking" (sélection d'articles) pour parvenir à sa conclusion ? On peut se le demander.

3) Mais ce qui est plus intéressant et que Libération s'est bien gardé de mentionner, c'est la conclusion du "communiqué énervé" du chercheur Nepstad. (in cauda venenum)
La voici :

"In sum, the IPCC statement on the Amazon was correct. The report that is cited in support of the IPCC statement (Rowell and Moore 2000) omitted some citations in support of the 40% value statement."

"En résumé, la déclaration du GIEC sur l'Amazonie était correcte. Le rapport qui est cité pour soutenir la déclaration du GIEC (Rowell et Moore 2000) a omis des citations pour étayer l'affirmation sur la valeur de 40%"

C'est le moins que l'on puisse dire ! En effet, l'article de Rowell et Moore du WWF/IUCN, cité par le GIEC comme source primaire " a omis des citations pour soutenir l'affirmation sur la valeur de 40% ".
En fait, il les a toutes oubliées... s'il y en avait.

Et en réalité, si des articles mentionnés par Nepstad prouvaient ce qu'il affirme, on se demande vraiment pourquoi, avec ses 2500+ de participants dont le GIEC se réclame constamment, les auteurs principaux de l'AR4 n'ont rien trouvé d'autre qu'une brochure du WWF/NIHC, citant un article inapproprié, pour soutenir leur argumentaire ....C'est aussi impardonnable que ridicule.

Et c'est très précisément cela qui a valu l'appellation "d'Amazongate" à cette partie du rapport du GIEC : L'incapacité flagrante de ses auteurs à s'appuyer sur des sources scientifiques avérées.
Merci donc au chercheur réputé (Nepstad) du WHRC, cité par Libération, de l'avoir confirmé par écrit.

De manière plus générale - répétons-le- ce que l'on reproche au GIEC et qui lui a valu toute une série de xxxx-gates et une convocation de son CEO (Pachauri) par son patron, au siège de l'UNEP de l'ONU, c'est son incapacité à publier, tous les 6 ans, un rapport scientifique digne de ce nom alors qu'il prétend servir de référence à la prise de décisions fondamentales au niveau mondial.
Rien que ça. C'est quand même une assez lourde responsabilité qui mériterait un peu de rigueur et d'attention. Non ?
Même si ce rapport comporte 3000 pages, avec les 2500+ "top-scientists", cela ne fait pas beaucoup plus d'une page à vérifier par "top-scientist"... tous les 6 ans. N'est ce pas ?

fourmilier

Je crois que cette "confusion" volontaire ou non, de la part de Libération mérite un joli bonnet d'âne en poil de fourmilier (ci-contre : C'est un animal sympathique fréquent en Amazonie. Si j'avais été "énervé", comme Nepstad, j'aurais choisi un tatoo. C'est beaucoup moins soyeux, un tatoo).
Si je compte bien, cela doit être le deuxième bonnet d'âne en quelques mois.

On se fait sa petite collection ?

Vous trouverez ci-dessous une analyse beaucoup plus détaillée sur cet Amazongate qui est très loin de s'écrouler... Il n'en va sans doute pas de même du GIEC, du moins tel que nous l'avons connu.

 

02 Février 2010 : GIECgate ? Le Glaciergate décrit ci-dessous est loin d'être un cas isolé dans le rapport 2007 du GIEC. Il y a aussi le Malarigate, l'Amazongate, le Nederlandgate, l'Africagate...toute une série d'affirmations alarmistes erronées ou basées sur du vent.
Une relecture attentive de ce "monument" rédigé par les auteurs principaux et contributeurs du GIEC, montre que plusieurs
affirmations ultra-alarmistes publiées dans ce rapport officiel, ne sont basées que sur des articles non-publiés (voire, démentis peu après) ou des brochures non revues par les pairs, rédigées par des organisations partisanes et parfois pire encore.

Les rédacteurs du rapport GIEC AR4 (2007) ont fait vraiment très fort. Et ceci, en totale contradiction avec les statuts de l'organisation et les affirmations de son directeur (R. Pachauri) qui répétait sans cesse que les rapports du GIEC ne reposaient que sur des articles scientifiques revus par les pairs (peer-reviewed) ou des articles "rigoureusement sélectionnés" rédigés, bien entendu, par les meilleurs des 2500 "top-scientists" de la planète. La crème, quelque sorte....

Comme on pouvait s'en douter et alors que la suspicion s'est installée dans les esprits à la suite du Glaciergate et du Climategate décrits dans les billets précédents (ci-dessous), un certain nombre de scientifiques, de journalistes ou d'experts avertis se sont lancés dans l'examen scrupuleux du volumineux document officiel que représente l'AR4 du GIEC.Et notamment, la partie rédigée par le groupe II, le WG2 qui s'intéresse aux conséquences prévisibles du réchauffement climatique. Etudier scrupuleusement ce document implique non seulement une lecture attentive du texte mais, aussi et surtout, la recherche et la vérification des sources, la cohérence du texte avec les sources, les qualifications des auteurs etc..

Il est d'ailleurs étonnant de constater qu'il a fallu attendre plus de deux ans pour qu'un examen attentif de ce document soit enfin entrepris. Sans doute, les multiples et subtils processus d'élaboration, de relecture.et de correction constamment mentionnés par le Chairman du GIEC, R. Pachauri, avaient-ils fini par persuader qu'un tel monument ne pouvait être que parfait et, donc, ne pouvait souffrir la moindre critique...
ipccprocess

D'ailleurs le diagramme ci-contre qui figure sur le site du GIEC et qui explique succinctement la longue marche qui conduit aux rapports finaux, est très impressionnant...

Ce processus long, patient et rigoureux (?) a été utilisé pour la publication pluriannuelle (tous les 6 ans environ) des rapports appelés successivement FAR (First assessment report), SAR (Second AR), TAR (Third AR) et finalement l'AR4 (fourth AR) qui est le plus récent. l'AR4 est sorti en 2007 plusieurs mois après la parution du résumé appelé SPM (Résumé pour les Décideurs) ce qui a paru plutôt inhabituel à quelques esprits enclins à la critique qui s'étonnaient perfidement qu'on puisse publier un "résumé pour les politiques" plusieurs mois avant de disposer du document scientifique complet.

De fait, cela semble être une pratique naturelle pour ceux qui ont conçu le diagramme ci-contre. L'idée -on l'a compris- est "d'adapter" le volumineux rapport scientifique, avant sa publication, afin qu'il soit rendu cohérent avec le "Résumé pour les Décideurs" qui a été, préalablement, examiné et approuvé par les représentants des gouvernements pour lesquels le volumineux rapport scientifique est parfaitement indigeste.
C'est aussi une reconnaissance du fait que les assertions des scientifiques sont, en général, beaucoup plus mesurées et prudentes que celles que l'on peut lire dans le "Résumé pour les Décideurs". Il convenait donc que la différence ne soit pas trop visible...
Tout ceci est évidemment profondément choquant pour les esprits naïfs qui, comme moi, pensent que le constat scientifique doit précéder la prise de décision, non l'inverse, et que la politique n'a pas à "dicter la science"...

Ainsi et au fil des 19 années (le FAR date de 1991) écoulées, et à l'exception notable des querelles scientifiques de spécialistes qui ont cours autour du rapport du WGI (Groupe I : les bases scientifiques du Réchauffement Climatique) mais qui n'ont que très rarement débordé la sphère des milieux scientifiques (sauf lors du Climategate) les rapports successifs du GIEC n'ont guère fait l'objet de critiques connues du grand public. En tout cas, et jusqu'à ces dernières semaines, aucune n'était parvenue à percer l'armure de la sphère médiatique.
Pourtant, l'alarme avait été déjà tirée il y a quelques années et répétée à de nombreuses reprises depuis lors. Mais c'était "vox clamans in deserto", semble-t-il. Cette affaire, si elle avait été connue des médias (anglophones) et du grand public, aurait, sans aucun doute, été baptisée :

Le Malariagate : reiter2


En effet, un membre éminent du GIEC, le Professeur Paul Reiter (ci-contre), scientifique mondialement connu et estimé, avait tiré le signal d'alarme sur les dysfonctionnements inacceptables du GIEC, lors de la rédaction du TAR (en 2000).

Reiter dirige l' "Unité Insectes et Maladies Infectieuses" de l'Institut Pasteur de Paris. Son désaccord profond avec le comité de rédaction du WGII (celui-là même du glaciergate, mais dans la section "Impacts sur la Santé") et les instances du GIEC ont motivé sa démission. Depuis lors, Le professeur Paul Reiter s'évertue à lutter contre ce qu'il appelle, par exemple et entre autres, "Les mythes sur les liens entre paludisme et changements climatiques" (9 sept 2009).
Reiter, visiblement outré par ce qu'il avait aperçu du fonctionnement du GIEC pour la partie qui le concerne, a rédigé un mémorandum pour la Chambre de Lords anglaise. Ce mémorandum qui date de mars 2005, mérite d'être lu et médité. Il dévoilait, quelques années à l'avance, les graves défectuosités d'une instance qui fait encore l'admiration des autorités et de la presse françaises mais que les presses anglophone et germanophone n'hésitent plus à dénoncer.

Voici des extraits du témoignage de Paul Reiter adressé aux Lords Anglais, en 2005, au sujet des rapports SAR, TAR et AR4 (en préparation à l'époque). Le texte suivant exclut les références bibliographiques que vous retrouverez dans l'original :
C'est, sans doute, un peu long à lire mais ce témoignage est révélateur du fonctionnement interne du GIEC. Il permet de mieux comprendre les véritables fondements des erreurs qui sont actuellement reprochées au rapport AR4 du GIEC.
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Du paragraphe 1 à 10, Paul Reiter se présente et donne quelques détails sur ses qualifications. Il explique que le développement de la malaria n'est pas corrélé avec la température et que celle-ci a causé des ravages très importants dans les régions froides (en Sibérie et dans le cercle arctique, par exemple) comme dans les régions chaudes et humides. Il rappelle que le House of Parliament anglais est bâti sur les lieux même d'un ancien marécage qui était connu pour être un foyer de propagation de la malaria pendant la période froide du petit âge glaciaire (XVIème-XVIIIème siècle)...En bref, la malaria comme d'autres maladies transportées par les insectes, est loin d'être une maladie exclusivement tropicale. Reiter poursuit :

"GIEC SAR Groupe de travail II . Chapitre 18. Santé humaine.

  11.  Ce chapitre est sorti à un moment critique du débat sur le changement climatique. Un bon tiers était consacré aux maladies propagées par les moustiques, principalement la malaria. Ce chapitre eut un impact très important dans le débat public et il est même encore cité de nos jours, malgré le chapitre mieux informé sur ce sujet du TAR (voir ci-dessous).

  12.  La littérature scientifique sur les maladies propagées par les moustiques est volumineuse, mais les références du texte du chapitre étaient limitées à une poignée d'articles, dont beaucoup sont relativement obscurs [NDT : c'est à dire peu connus] et dont pratiquement la totalité suggérait une augmentation de la maladie dans un climat plus chaud. La pauvreté de l'information n'est pas vraiment surprenante : Pas un seul des auteurs principaux n'avait jamais rédigé un article scientifique sur ce sujet. En outre, deux des auteurs, tous les deux médecins, avaient passé toute leur carrière en tant qu'activistes environnementalistes. Un de ces militants avait publié des articles "professionnels" en tant qu'expert sur 32 sujets différents qui allaient de l'empoisonnement par le mercure aux mines anti-personnel, de la globalisation et du virus de l'Ouest du Nil au Sida.

  13. Parmi les auteurs contributeurs il y avait un entomologiste professionnel et une personne qui avait écrit un article peu connu sur la dengue et El Niño, mais sa préoccupation principale concernait l'efficacité des casques anti-crash de moto (plus un article sur les effets des téléphones cellulaires sur la santé).

  14.  L'amateurisme du texte de ce chapitre reflète les connaissances limités des 22 auteurs ...

  15.  Parmi les indicateurs éclatants de l'ignorance des auteurs on trouvait l'affirmation que " Bien que le moustique anophèle qui transmet la malaria ne survive pas habituellement quand la température moyenne en hiver descend en dessous de 16-18°C, certaines espèces des hautes latitudes sont capables d'hiberner dans des endroits protégés."
En réalité, beaucoup d'espèces tropicales peuvent survivre à des températures au dessous de ces limites et beaucoup des espèces des régions tempérées peuvent survivre à des températures de -25°C, même dans des endroits "relativement exposés".

  16.  De plus, les auteurs affirmaient que le changement climatique provoquait déjà une remontée de la malaria vers les hautes altitudes (par exemple au Rwanda). Ils citaient des informations publiées par des non-spécialistes qui avaient été vivement démenties dans la littérature scientifique. Dans les années qui ont suivi, ces affirmations ont été répétées à de nombreuses reprises par les activistes environnementalistes, en dépit des recherches rigoureuses et des preuves contraires avancées par quelques uns des meilleurs spécialistes mondiaux de la malaria.[....] Les auteurs du GIEC allaient jusqu'à affirmer qu'"une hausse relativement faible de la température hivernale au Kenya" pourrait étendre l'habitat des moustiques et permettre que la malaria dépasse l'altitude limite habituelle qui est d'environ 2500m pour atteindre les populations des grandes villes non atteintes par la malaria, situées en haute altitude, telles que Nairobi." Et ceci en dépit du fait qu'en 1960 les moustiques étaient présents au dessus de 3000m et que Nairobi n'est qu'à 1600m.
 
GIEC TAR Groupe de travail II . Chapitre 18. Santé humaine.

  24.  Le troisième rapport impliquait plus de 65 auteurs, dont un seul -un des mes collègues- était une autorité reconnue sur les maladies propagées par les insectes...

25.  Mon collègue et moi-même, nous sommes constamment retrouvés en conflit avec des personnes qui insistaient pour faire des déclarations péremptoires, bien qu'elles n'aient que peu ou pas du tout de connaissance de notre spécialité....

  30.  Les organisations militantes telles que Word Wildlife Funds (WWF) continuent de citer l'affirmation du GIEC selon laquelle la malaria ne peut être transmise que dans les régions ou la température hivernale est au dessus de 16°C. Plusieurs des organisations de ce type affirment même que des cas isolés de malaria aux USA et au Canada pendant "des périodes particulièrement chaudes et humides" sont compatibles avec les projections du GIEC..

GIEC AR4 Groupe de travail II . Chapitre 18. Santé humaine. (NDT : l'AR4 n'est paru qu'en 2007. Reiter n'évoque donc que la préparation)

 31. Il sera intéressant de voir comment le chapitre sur la santé sera rédigé. Seul l'un des auteurs principaux a déjà été auteur principal et il n'a jamais rien publié sur les maladies propagées par les moustiques. Seul, l'un des auteurs contributeurs dispose d'une liste de publications importante dans le domaine de la santé humaine. Il est un spécialiste de la santé en milieu industriel et toutes ses publications sont en Russe. Plusieurs parmi les autres n'ont jamais publié aucun article.

  34.  ...J'ai répondu par une question à propos des deux auteurs principaux sélectionnés : " Il est souvent affirmé que le GIEC représente les meilleurs scientifiques du monde. Je vous copie les listes de publications de ces deux auteurs principaux sélectionnés. Vous pourrez constater que le premier n'a jamais écrit aucun article et que le second est l'auteur de seulement 5 articles. Est-il possible de considérer ces "auteurs principaux" comme étant expérimentés et représentatifs des meilleurs scientifiques du monde et des spécialistes de ces questions de santé humaine ?

  35.  J'ai aussi fait remarquer que l'un des auteurs principaux était un "hygiéniste" et l'autre spécialiste des déjections fossiles et que tous les deux avaient été co-auteurs de publications d'activistes environnementalistes..

NDT : Réponse du GIEC : En accord avec les statuts, ils ont été proposés par les gouvernements...

Résumé :

  41.  ... A mon avis, le GIEC a rendu un mauvais service à la société en se reposant sur des "experts" qui n'ont qu'une connaissance faible ou inexistante sur le sujet et en leur permettant de proférer des affirmations péremptoires qui ne sont pas basées sur une science avérée. En vérité, les déterminants principaux de la transmission de la malaria et des autres maladies propagées par les moustiques sont la politique, l'économie et les activités humaines...."
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Bref et en résumé, Paul Reiter témoignait, dès 2005 et, au moins pour la partie qui le concerne, de l'incompétence avérée de nombreux auteurs principaux et contributeurs aux rapports du GIEC, de leurs liens évidents avec des associations "activistes environnementalistes" comme le WWF ainsi que leur propension à insérer dans les rapports des affirmations aussi péremptoires que non avérées du point de vue scientifique.

Dès lors, il ne faut pas s'étonner que des affaires comme le Glaciergate (de l'Himalaya) puissent éclater de nos jours. Les symptômes sont d'ailleurs les mêmes : Auteurs peu compétents sur le sujet, affirmations péremptoires infondées et citations de sources telles que des brochures de groupes activistes tels que le WWF, Greenpeace etc. Une analyse montre qu'il y a pas moins de 16 citations de brochures du WWF et 8 de Greenpeace dans l'AR4. Un peu moins dans le TAR.
En voici un autre exemple récent qui a défrayé, et défraye encore, la chronique (anglophone et germanophone) :

L'Amazongate : Toujours dans le rapport du WGII de l'AR4 du GIEC (Chapitre 13), des affirmations alarmistes sur la forêt amazongate2amazonienne, fondées sur une publication incontrôlée du WWF et de l'IUCN, elle-même fondée sur un article de la revue Nature qui, en réalité, ... traite d'un tout autre sujet.


La forêt naturelle amazonienne est en danger. Sans aucun doute, le bucheronnage et le défrichement pour l'agriculture, emputent le territoire naturel au détriment de ce qu'on appelait autrefois (à tort) le poumon de la planète, comme l'ont démontré de nombreuses publications scientifiques de bon aloi.
Concernant le réchauffement climatique et l'influence supposée dramatique des sécheresses, il semble que les idées devaient être un peu trop primaires puisque, comme je vous l'ai expliqué dans cette page, selon un article paru dans Science, la forêt amazonienne avait considérablement reverdi pendant la grande sécheresse Brésilienne de 2005, contrairement aux prévisions des ordinateurs.

Mais cela ne devait pas paraître intéressant aux auteurs principaux et aux contributeurs chargés de la rédaction du chapitre 13 de la section du groupe II du dernier rapport du GIEC. Voici ce qu'ils écrivaient à ce sujet, à la page 596 : (caractères engraissés de PU)

"Up to 40%of the Amazonian forests could react drastically to even a slight reduction in precipitation; this means that the tropical vegetation, hydrology and climate system in South America could change very rapidly to another steady state, not necessarily producing gradual changes between the current and the future situation (Rowell and Moore, 2000). It is more probable that forests will be replaced by ecosystems that have more resistance to multiple stresses caused by temperature increase, droughts and fires, such as tropical savannas."

Soit Jusqu'à 40% des forêts Amazoniennes pourraient réagir dramatiquement à une réduction, même faible, du taux de précipitation. Ceci signifie que la végétation tropicale, l'hydrologie et le système climatique de l'Amérique du Sud pourrait changer très rapidement pour se retrouver dans un nouvel état stable et ceci en n'induisant pas nécessairement un changement progressif entre la situation actuelle et la situation future (Rowel and Moore, 2000). Il est plus probable que les forêts seront remplacées par des écosystèmes qui ont une meilleure résistance à des stress multiples causés par l'augmentation de la température, les sécheresses et les feux, telles que les savanes tropicales. "

Les examinateurs attentifs ont recherché la référence (Rowell and Moore, 2000) qui est indiquée dans ce texte et qui justifie, paraît-il, l'affirmation précédente (en gras) et notamment le chiffre de 40% qui paraît considérable..La voici :amazongate4
Il s'agit encore une fois, d'un document publié lors d'une collaboration entre le WWF (déjà impliqué dans le cas du Glaciergate) et l'IUCN (International union for conservation of Nature) qui sont toutes deux des organisations militantes écologistes bien connues dont les publications ne bénéficient d'aucune certification scientifique avérée. Le lien indiqué ne fonctionne pas mais le rapport auquel il est fait allusion se trouve sur le site de l'UICN.

Quant aux deux auteurs, Rowell et Moore dont les écrits servent de source primaire pour les affirmations de l'AR4 du GIEC, il est rapidement découvert qu'aucun d'entre eux n'est scientifique ni spécialiste, de près ou de loin, de l'Amazonie non plus que des problèmes de sécheresse et de précipitation.

P. Moore est, de son propre aveu, un analyste décisionnel et un spécialiste des questions administratives (CV ici).. Il n'a aucun lien avec la forêt amazonienne.. Andy Rowel est un journaliste "freelance" (pour le Guardian) et un activiste vert. La lecture de son CV se passe de commentaires quand à sa capacité à prévoir le devenir de la forêt amazonienne en cas de faible pluviosité.
" Andy Rowel est un écrivain indépendant et journaliste d'investigation avec plus de 12 années d'expérience sur les sujets environnementaux, la nourriture, la santé et les questions de globalisation. Rowell a entrepris des recherches pointues pour, entre autres, Action sur le fait de Fumer et la Santé, La Campagne pour Libérer les Enfants du Tabac, Les Amis de la Terre, Greenpeace, IFAW, l'Organisation Panaméricaine de la Santé, le Projet Underground, l'Organisation Mondiale de la Santé, Le Monde en Action et le World Wildlife Fund"

Si on est indulgent (mais il est difficile de l'être quand il s'agit du rapport du GIEC qui est censé servir de base à la prise de décisions fondamentales au niveau mondial), on peut se dire que même si les deux auteurs en question sont incompétents, ils ont pu emprunter leurs affirmations à des sources scientifiquement avérées.
Et de fait, nos deux amateurs éco-scientifiques, citent à l'appui de leurs affirmations une lettre (peer-reviewée) parue dans la revue Nature en 1999 qui, elle, bénéficie de l'aval des scientifiques.
Dès lors, puisqu'une source avérée existe, et bien qu'elle soit plutôt ancienne, on se demande pourquoi les auteurs du texte de WGII du GIEC en question n'ont pas utilisé cette référence comme source primaire plutôt que la brochure du WWF-IUCN dont la crédibilité en matière scientifique est plus que douteuse. La réponse apparaît évidente quand on lit le titre de la Lettre de Nature en question. Le voici :

"Large-scale impoverishment of Amazonian forests by logging and fire" soit " Appauvrissement à grande échelle des forêts Amazoniennes par bucheronnage et feux". Cet article est signé par plusieurs chercheurs brésiliens et par deux chercheurs du Wood Hole Research Center et du NASA Ames Center en Californie, une organisation de défense de l'environnement, qu'il ne faut surtout pas confondre avec le très sérieux et réputé Wood Hole Oceanographic Institution qui, lui, fait de la recherche intensive et reconnue. Curieuse cette ressemblance de noms.

Si on recherche, dans cet article pris comme référence par le WWF-IUCN, le chiffre de 40%, on le trouve mentionné comme mesurant la perte de biomasse provoqué par la déforestation ou les feux et non pas comme celui indiquant une quelconque hyper sensibilité "à une variation même faible des précipitations " dont il n'est jamais fait mention dans l'article. Il n'y pas non plus d'indication de possibilité de transformation de forêt en savane tropicale qui semble donc être une pure invention des auteurs du rapport GIEC.
Si on cherche maintenant, toujours dans cette même lettre à Nature, quelle est la proportion de la surface de la forêt amazonienne qui pourrait souffrir du manque d'eau lors d'une sécheresse prononcée et en prenant les chiffres les plus pessimistes, on trouve que seulement 10% (et non pas 40%) serait vulnérable.

En bref, il s'agit purement et simplement d'une invention à partir de l'article de Nature par le WWF-IUCN, lui même encore amplifié par le texte du GIEC, comme nous allons le voir. Voici l'avis d'un spécialiste de la question :

Simon Lewis, membre élu de la Royal Society à l'Université de Leeds, qui est un spécialiste de l'écologie des forêts tropicales a déclaré que la section de Rowell et Moore qui prédisait la possibilité de la destruction d'une large fraction de la forêt amazonienne, était "du n'importe quoi".

"L'article de Nature traite des interactions entre les dommages causés par la déforestation, le feux et les sécheresses périodiques, qui sont tous e